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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 13:26
TRIBUNE LIBRE SUR « INITIATION ET FEMINITE ».

Dans le cadre des Tribunes Libres que le Myosotis du Dauphiné-Savoie met à la disposition des Frères (ET Sœurs, pourquoi pas ?) qui souhaitent s’exprimer librement, voici la réflexion d’un de nos B.’.A.’.F.’. connu sur la blogosphère par le pseudo « Ma Contribution ».

Il était prévisible que le sujet suscite pareille intervention, car il n’a jamais laissé indifférent, et Bruno Pinchard, le V.’.M.’. de la R.’.L.’. Nationale de Recherches de la GLNF Villard de Honnecourt l’a bien martelé dans l’introduction de son invitation pour sa conférence.

Et de fait, nombre de Frères réguliers sont parfaitement conscients de ce que les Femmes sont parfaitement aptes à l’Initiation, et même de manière plus profonde que ce que nous connaissons en tant qu’hommes. La féminité, en tant que matrice de la vie, étant par essence Initiatique…

Notre Frère « Ma Contribution », amène une réflexion très marquée par sa culture catholique, parfois aux antipodes de la mienne. Je ne cache pas que lorsque j’ai lu des termes - concepts tels que « Dieu vient au monde par une femme », je ne peux, par ma culture hébraïque qu’être heurté.

Mais, ce blog est ouvert précisément à tous ceux qui souhaitent s’exprimer librement, et il est donc normal que notre frère le fasse ainsi ici. C’est ainsi que nous nous comprenons de mieux en mieux.

Relevons que, s’agissant de l’Initiation féminine, il semble prendre comme point de départ la destinée de Marie, femme de Joseph et mère de Jésus de Nazareth…

Or, il me semble qu’elle démarre bien plus loin dans le temps. En faisant abstraction de bien d’autres civilisations et en focalisant sur celle dans laquelle nous vivons et nous épanouissons, la civilisation judéo-chrétienne (si mal nommée), nous pouvons nous interroger d’emblée sur la vocation d’Eve, mais plus particulièrement sur celle de Lilith…

Mais plus intéressant, (et qui va certainement interpeller mon Bien Aimé Frère et filleul « le Compagnon qui… » lequel vient de visiter Jérusalem en ma compagnie), un texte qui retient peu l’attention en Occident : dans la Genèse, le Chapitre XXI au verset 12, relate l’épisode où Abraham, le fondateur du monothéisme, sur la demande de sa femme Sarah s’apprête de mauvais cœur à renvoyer sa servante Agar et le fils qu’il a eu d’elle, Ismaël : « Mais D-ieu dit à Abraham : « Ne sois pas mécontent au sujet de l’enfant et de ton esclave ; pour tout ce que Sara te dit, écoute sa voix : car c’est la postérité d’Isaac qui portera ton nom ». Rashi (Rabbin qui vivait en France à Troyes au Moyen-Âge et qui commenta au mot à mot à la fois l’ensemble du Pentateuque et du Talmud (en une vie !!!)) explique que « cela prouve qu’Abraham était inférieur à Sara dans le degré de la prophétie ».

Et la Genèse de démontrer ce constat de la supériorité de la vision des femmes lorsqu’elle nous relate que Rebecca force la main de son mari Isaac pour qu’il bénisse son fils Jacob afin qu’il porte la destinée spirituelle de sa descendance (Jacob s’appellera Israël après son combat avec l’ange).

Mais surtout, comment ne pas se souvenir de la prophétesse Myriam, sœur ainée de Moïse, qui en le cachant et en le sauvant, établit la destinée d’Israël et prépare la Sortie d’Egypte, c’est-à-dire, ni plus ni moins, établit la naissance d’Israël en tant que peuple.

La Tradition d’Israël, reconnait d’ailleurs tellement la centralité de la femme, que c’est par elle et non par l’homme que passe la transmission de la judéité, ainsi que l’éducation des enfants…

D’ailleurs, a-t-on oublié que, dès l’antiquité, le peuple hébreu est dirigé par une Juge, Déborah ?

Ce que nous dit « Ma Contribution », en réalité, et qui rejoint aussi ma vision, c’est que les femmes n’ont pas besoin que les hommes reconnaissent leur aptitudes à l’Initiation. La vie en a fait des Initiées par nature.

Sur le plan maçonnique, elles ont aussi démontré la qualité et le sérieux de leurs travaux. L’idée de notre Frère, correspondant à un besoin, et à l’aspiration de beaucoup de Sœurs que se constitue une maçonnerie spécifiquement régulière et exclusivement féminine. Il s’avère que certaines d’entre elles pensent ne pas trouver ces caractéristiques au sein de leur Obédiences respectives…

Une Franc-maçonnerie spécifiquement féminine, bâtie sur les principaux Landmarks, faisant référence à D-ieu Grand Architecte de l’Univers et non à de vagues « principes ou symboles » indéterminés, reste en effet à créer…

Le chantier, moderne s’il en est, est en effet excitant…Pour peu que l’on sache en tracer les plans de manière régulière.

Voici la Tribune de notre T.’.C.’.F.’. « Ma Contribution » :

« MMTTCCFF de la GLNF, Cher Emmanuel, Chers Tous,

Je suis fidèle lecteur de ce blog que j'apprécie énormément et ce depuis des années mais n'y ai laissé qu'une seule fois, au titre de "ma contribution", une contribution justement intervenant plus volontiers sur le blog de La Maçonne, aussi pour son accueil et la qualité de ses articles et voyant en cela aussi de la part de tous deux un signe d'ouverture et même un geste fraternel.

Toutefois je me suis souvent dis que je devrais aussi honorer le blog d'Emmanuel, et pour que soit perçut clairement que je me reconnais pleinement dans les valeurs qui ici sont défendues depuis la crise, désormais derrière nous. Notre maison n’est pas la caricature absolument scandaleuse que font certain encore qui pratiquent des attaques - dont je me dispense de redire les mots offensants - comme on exploite un fonds de commerce pour en vivre.

Je m’exprime aujourd’hui avec ce que je suis et ce que je connais, avec mon cœur et mon esprit, sans renier bien au contraire mes convictions et mon identité, mais en reconnaissant aussi que d’autres ne les partagent pas. Nous nous acceptons ainsi justement. C’est donc comme Franc-maçon chrétien catholique que j’ose m’exprimer ; mais le chrétien catholique que je suis se déploie et déploie sa réflexion avec tous ses autres frères comme une des branches du tronc commun qui nous unit et que je qualifie de « noachite ».

J'ai souhaité que l’article et l’approche de cette conférence de Bruno Pinchard VM de la RL Villard de Honnecourt soit l'occasion de cette intervention, aussi pour le sujet qui y est annoncé et qui me tient à cœur.

Pour dire d’emblée le fond de ma préoccupation j'aimerais que nous prenions vraiment la mesure d'une réflexion sur notre responsabilité comme Franc-maçon régulier reconnu pour des Sœurs qui souhaiteraient peut-être vivre elles-aussi une Franc-maçonnerie traditionnelle comme la nôtre et ce en dehors du cadre de la mixité. Je ne suis pas certains qu'il existe cette possibilité pour elles, une Obédience qui – d'une certaine manière - serait l'équivalente de la nôtre mais en féminin. Je suis intimement convaincu que des sœurs pourtant pourraient aspirer à ce cadre et à un auspice tel que celui-ci.

Je remercie Emmanuel d’avoir accepté de publier ma réflexion ici sur le sujet «Initiation et Féminité ». Je ne suis pas certain que mon approche soit de même envergure que celle de Bruno mais elle s'enracine elle aussi au plus profond de ce qui constitue une grande part de notre tradition.

Tout est parti d'un tableau que La Maçonne a mis sur la page où elle publiait la même invitation de notre R.’.L.’. de Recherche. Je ferai donc maintenant partager ci-dessous à vous mes Frères de la GLNF et autres visiteurs de ce blog, Sœurs et Frères, le copier de mon post sur le mur de notre Sœur.

Je ne peux rester d’abord sans réagir, non sur le fond et le sujet de l’article, mais pour remercier La Maçonne d'avoir illustré celui-ci d'entré d'une des plus belles toiles de l'annonciation que je connaisse, celle de Simone Martini. Il faut savoir que ce tableau inspira un immense théologien du 20ème siècle, Jürgen Moltmann, qui nous gratifia, à travers toute la profondeur et l'actualité de son œuvre, du retour "au bercail" du thème de l’Espérance, oublié trop longtemps et trop de fois par la pensée chrétienne.

Puisqu'il a été mis ici, ce tableau de Simone Martini l’ange de l’annonciation pourrait bien nous permettre une interprétation que j’espère fructueuse et peut-être audacieuse de la féminité, bien que pas forcément nouvelle pour tous ni non plus très révolutionnaire, mais dans la redécouverte de vérités essentielles à notre condition humaine comme ouverture de son être à une extériorité et accueil de cette altérité radicale, comme plénitude de son existence au sein d’un murissement intérieur ou intime et finalement comme don ou offrande de ce qui , par soi, est plus que soi-même.

Tout cela aura pour but de nous aider à réfléchir au sujet et contribuer d’une manière particulière à la conférence de la Loge Villard de Honnecourt, voire de poursuive ensuite par une concrétisation que j’appelle de mes vœux et qui va devenir pour tous corps constitué un nécessaire franchissement à accomplir, redonnant sens a un double mode d’être humain dans sa féminité et sa masculinité.

Initiation et féminité est un thème essentiel si ce n’est peut-être le thème par excellence qu’il devient urgent de reprendre en Franc-Maçonnerie, ou du moins dans celle que je connais. On devrait même donc commencer par enlever un des deux mots du sujet pour se demander ce qu’est en fait tout simplement la féminité ; car s’il y a bien un sujet qu’on occulte il me semble de nos jours c’est celui-ci, et pas seulement dans les Loges.

Abordons donc le tableau. Un ange délivre un message, on voit même en plus du souffle que le tableau représente parfaitement les lettres des paroles se dirigeant vers la femme, Marie. Que viennent faire ces paroles, que disent-elles ? Nous le savons de l’Evangile, elles annoncent à la femme … ce qu’elle va enfanter ou qui elle va recevoir, porter et enfanter!

La réaction de la femme est très bien exprimée, elle est celle de la stupéfaction, du retrait ou de la crainte. « Comment … moi ? » Avant de répondre en fait à l’ange par un « FIAT ! », un oui sans équivoque.

Quelque chose ou quelqu’un, une parole ou une révélation, un logos ou un verbe comme semence vient frapper à la porte de la vie et demander à une femme de l’accueillir pour entrer dans le monde.

Pour les chrétien il s’agit ni plus ni moins que Dieu vient au monde par une femme. C’est pour cela aussi que dans la tradition et la sagesse chrétienne Marie est considérée comme la patronne des théologiens ; elle porte en elle la parole de Dieu, lui donne vie et la donne au Monde. Cette femme est dans notre tradition l’unique et seule DOMUS DEI ET PORTA COELI, maison de Dieu et porte du Ciel. Cette femme mais aussi on devrait pouvoir le dire de toutes les femmes.

Est-ce que cela est initiatique pour la femme?

Que dire au sujet de l’initiation si nous considérons et prenons en compte la féminité ?

Nous le savons, l’initiation maçonnique telle qu’elle est pratiquée est adaptée à la masculinité. Dans son imaginaire, dans ses représentations et par le travail auquel elle invite, la maçonnerie a des rituels qui actuellement sont typiquement virils. Ils exaltent l’acte de bâtir ou de gouverner : les Francs-maçons sont Rois, Architectes, Ouvriers, Chevaliers…

Quelle place cela laisse-t-il à la femme et à sa féminité ?

Or la masculinité n’est pas seule détentrice de la potentialité organisationnelle qu’évoquent toutes ces figures. Gouverner, planifier, s’exprimer avec autorité, prophétiser, sanctifier ou faire preuve de sagesse ont aussi des archétypes féminins qu’il nous faut redécouvrir. Par exemple la reine de Saba ou bien les femmes qui entourent jésus – et je me contenterai d’évoquer ces figures du Nouveau testament dans cet exposé sachant qu’il y en a, comme le rappelle Emmanuel, bien d’autres possibles - et qui jouent un rôle essentiel dans l’économie biblique du salut. Elles entretiennent un rapport aux autres et au monde, à la société et aux institutions, à elle-même et au destin, qui est différent de celui de l’homme mais qui n’en est pas moins intelligible et indispensable pour la vie, pour la société, pour la religiosité et pour le monde, partie intégrante aussi de la tradition et de la tradition la plus ancienne.

Marie mère de Jésus est dans le nouveau testament la première qui intervient auprès de son fils dans une scène symbolisant déjà l’avènement du royaume de Dieu. La réponse du « Fils de l’homme » à Marie à ce moment est de lui dire que son heure n’est pas encore venue. Il est trop tôt pour lui mais est-il trop tôt pour la femme ? Elle est la première à demander l’évènement et elle prend les devants.

Durant son ministère Jésus se retrouve aussi parfois en relations privilégiées de femmes, bien que son cercle rapproché soit masculin. Deux femmes chez qui il se rend ont aussi un rôle et une attitude différente l’une de l’autre et elles ne lui apportent pas la même chose. Il s’agit de Marthe et de Marie. Marthe s’active dans la maison pour qu’elle soit prête et accueillante pour le maitre qui vient et elle veille en sa présence à ce qu’il ne manque de rien. Marie quant à elle se délecte des paroles du maitre et recherche sa présence au plus près. Elle ne voit rien d’autre de plus important ou de plus nécessaire à faire que de se tenir dans cette ouverture, non forcement passivité, mais accueil, un échange spirituel avec le maître. Jésus quant à lui considère l’une et l’autre selon leur place et selon leur différence qu’il respecte.

Enfin ce sont des femmes qui les premières furent témoins de la résurrection et crurent au Christ. Alors que les hommes incrédules à l’annonce de l’évènement, de surcroit leur venant de la bouche des femmes, celles-ci anticipent encore la présence mystérieuse du crucifié-ressuscité au milieu de tous.

On peut finalement se demander si la femme a en fait besoin de l’initiation tant elle devance en réalité les hommes dans la réalisation du plan divin. Elles le portent, l’enfantent et permettent aux hommes d’y accéder. On peut aussi se demander et estimer que c’est finalement toute leur existence, toute l’existence féminine qui est de nature initiatique.

Malgré alors ce privilège que l’on pourrait reconnaitre à la femme de pouvoir se passer de l’initiation ou d’être dans sa nature même initiation ou initiatrice, hommes et femmes partageons pourtant un même sort et un même destin en restant des êtres mortels. Mortels mais surtout aussi incomplets car nous avons toujours besoin d'un autre que soit pour exister, pour naitre au monde et y grandir, besoin de compagnons ou de compagnes pour vivre, de frères ou de sœurs, besoin de passeurs ainsi besoin d’être initié par un autre et par d’autres. Une femme peut en ce sens prendre la place d'Hiram qui emprunte d’une certaine manière un chemin universel. De plus si la femme n'est pas dans la tradition tailleur de Pierre ou chevalier rien n'empêche qu'elle trace les plans, organise l'intérieur d'une maison ou d’un Temple, voire même gouverne un peuple...

Cette interprétation de la féminité et de l’initiation s’appuyant sur des figures bibliques encore une fois pourrait être opérée en faisant appel à des figures autres, tout autant universelles et que d’autres auraient à cœur de développer.

Je précise pour conclure que ce développement n’entretient pas une ambition dissimulée de vouloir changer les choses dans notre Obédience, par exemple en suggérant de mettre en pratique la mixité. Je ne suis pour ma part absolument pas favorable à cela. Les frères que je connais sont pour la plus part du même avis et la sœur avec qui je parle de manière tout à fait privilégiée, laquelle m’a aussi avoué son désir de tradition et de pure régularité, ne souhaite pas non plus de la mixité. Les questions qui pourraient ressortir de mon analyse sont d’un autre ordre : Comment des sœurs aujourd’hui pourraient-elles enfin vivre une régularité reconnue au sein d’une Obédience féminine ? Comment nous qui faisons partie de cette famille soumise à une même règle et qui sommes liés aux autres Obédiences régulières reconnues, mais aussi qui sommes responsables et garants de la règle sur notre territoire, pourrions-nous en concertation avec nos pairs et avec une méthode rigoureuse, nous poser la question et réfléchir à la concrétisation d’une telle Obédience que nous soutiendrions, alors que nous savons aussi qu’il existe déjà des liens d’amitié entre des Obédiences régulières reconnues et des Obédiences féminines ?

Quel grand pas nous ferions, sans trahir la règle en maintenant une distinction entre l’approche masculine propre et l’approche féminine propre, en envisageant la possibilité que l’autre moitié du genre humain puisse aussi se conformer à la règle ! ».

Ma Contribution
 

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Published by Emmanuel S.19864 - Fidèle d'Amour
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commentaires

Bucheron 23/04/2015 18:24

MMTTCCFF, cela commence à en faire du monde MTCF Cincinnatus à se retourner dans sa tombe; déjà tu l’évoquais pour Anderson et Desaguliers dans un précédent post et maintenant à propos de ce brave Archiprêtre que tu devais servir religieusement en aube blanche dans cette magnifique Eglise de St Malo. J'ai connu cela moi aussi mon Frère. Sans faire dans la leçon de cathé il me semble juste important pour tous nous frères de faire ici quelques remarques par souci de clarté et pour répondre de cette "expression" qui peut nous faire bondir et grincer nos oreilles fragiles à réentendre appeler un chat un chat.

Je ne pense pas que comme prêtre catholique l'expression "Dieu venant au monde par une femme" doive le secouer plus que quand il lisait avec intelligence le Symbole de foi du Concile œcuménique de Nicée Constantinople (325-381) qui exprime bien, avec son langage conceptuel, ce que l’on entend justement par « Mystère de l’Incarnation » -Dieu prenant chair d’une femme- et quand on se dit chrétien catholique il est difficile d’ignore ce qui représente le point numéro deux de la foi trinitaire et qui concerne, après le Père et avant l‘Esprit, dans son déroulé, « le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, Engendré non pas Créé, de même nature que le Père; et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel; Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme ».

Ton brave curé devait pourtant bien connaitre son catéchisme pour vous le transmettre.
Tu as du confesser alors chaque dimanche ce qu’on appelle le « Symbole des Apôtres » et dit bien :
1. Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre
2. et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur
3. qui a été conçu du Saint-Esprit, (et) qui est né de la Vierge Marie

Mais sans doute était-il chanté en latin … Qu’à cela ne tienne, cela va te rappeler des souvenirs…
1. Credo in Deum, Patrem omnipotentem, Creatorem caeli et terrae
2. Et in Iesum Christum, Filium eius unicum, Dominum nostrum
3. qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria Virgine

Il est vrai que ce n’est peut-être pas évident pour nos Frères non-chrétiens et je reconnais la formule diablement audacieuse -tu as 100% raison en ce qui leur concerne- … même en latin … mais tel est bien la foi confessée dès les premiers siècles… mais un peu oubliée ou noyée dans le flot de doctes autres discours savants… et je suis étonné que cela étonne un chrétien.

Mais trêve de rappel qui ne se veut certainement pas être une apologie mais juste relate avec les mots de la tradition le contenu même de la foi trinitaire d’Eglise apostolique.

Bien entendu il existait bien des courants différents voire gnostiques qui ne se reconnaissaient pas dans ces symboles de foi exprimés avec ces mots et les implications pour Dieu lui-même, Aryens ou Docètes, pour ne citer que ces principaux et pour lesquels il est bien possible pour le coup d’imager qu’ils se retournent encore … là où ils sont et pas forcément dans leur tombe.

Tu suggérais par contre une chose fort intéressante à l’occasion de ton précédent post, en disant «J'ai grande hâte d'entendre les frères s'exprimer! ». Je pense que tu ne voulais pas parler de ces points de doctrine chrétienne mais plutôt de la ou les questions que soulèvent la conférence sur le thème initiation et féminité.

Peut-être alors oui il serait intéressant de revenir sur Christine de Pisan, plus qu’une rue certainement pour nous, femme de lettre, érudite qui veuve du aussi gagner sa vie en écrivant.

J'ai une demande MMTTCCFF et MTC et Bien Aimé Frère Emmanuel. N'ayant pas pu venir à la conférence de Bruno Pinchard VM de la RL Villard de Honnecourt, et je le regrette vivement, est-il possible néanmoins de s'en procurer le contenu, où et comment, ou d'en avoir un accès en ligne ou un compte-rendu?

Merci et haut les coeurs. Je vous embrasse tous très fraternellement.

Emmanuel S.19864 - Fidèle d'Amour 24/04/2015 17:27

Mon Très Cher Frère Bucheron,
Le texte de la conférence de notre B.'.A.'.F.'. Bruno Pinchard se trouve bien sur le site GLNF.
Avec ma fraternelle affection.

Emmanuel S.19864 - Fidèle d'Amour 23/04/2015 18:37

Bonsoir Mon Très Cher Frère Bucheron,
Me trouvant actuellement en Israël, je n'ai pu assister à la conférence de Villard de Honnecourt.
Je présume qu'elle fera l'objet d'une communication dans les cahiers du même nom, et peut-être aussi et avant, sur le site de la GLNF...
Haut les Cœurs, tu as raison, que la joie soit dans les cœurs...
Très fraternellement à toi et à tous!

Cincinnatus 23/04/2015 16:56

« Dieu vient au monde par une femme »,
Diable, si j'ose dire, voilà qui trouble singulièrement tout ce qui m'a été dit quand j'étais enfant de choeur à la cathédrale de St Malo et j'imagine que le brave "archi prêtre" qui en était le curé se retourne dans sa tombe à cette nouvelle!
Je sais bien que depuis Courbet "l'origine du monde" se trouve là où on sait, mais quand même les notions de "transcendance et d'immanence", toujours mal comprises en ce qui me concerne, en prennent un sacré coup.
Donc pour la nième fois voilà que l'on redécouvre l'existence de la femme, c'est bien, pour un peu je dirai même que c'est naturel, et comme dame nature est facétieuse je me demande si la localisation du grand temple de la GLNF là où il se situe n'était pas un signal pour aller dans cette voie!
En effet, quand on lit la biographie de Christine de Pisan, laquelle était quand même d'une autre envergure que Madona, on est édifié sur son rôle de précurseur dans la lutte pour la reconnaissance des droits des femmes! C'était une personne qui faisait du "féminisme" sans le savoir et avant qu'il ne devienne outrancier!
Si la FM avait existé à l'époque soyons certains que belle Christine aurait pu prétendre elle aussi à...l'initiation, et le monde des" gens en tablier" en eut, peut être, été changé!

ma contribution 23/04/2015 00:20

Quelques précisions pour aussi répondre à mes Frères RIC et le voyageur :

- Je n’affirme pas comme certitude pour moi que, de par sa féminité, la femme aurait le privilège de se passer de l’initiation, ou que toute son existence serait de nature initiatique ; je me contente d’ouvrir ces deux pistes de réflexions, sans d’une part vouloir « idéaliser » la féminité, ni d’autre part me servir de tels arguments pour légitimité la situation initiatique actuelle telle qu’elle est vécu par exemple dans mon obédience.

- Je tâche par contre de maintenir deux affirmations selon moi d’évidence « anthropologique ». D’une part qu’il y a bien « deux manières d’être » au cœur de l’humanité, par la féminité et la masculinité, deux manières qui selon moi traversent aussi tous les êtres individuellement. D’autre part je maintiens bien que ces deux manières, bien qu’essentielles, ne viennent pas doubler ce qui est une universalité de l’être humain qui, masculin et féminin -bien que pouvant avoir un différend rapport au destin, et ce selon les points de vue historiques, culturel et religieux- mais qu’elles partagent pourtant de manière essentielle et existentielle un destin commun, tant face à la mort que dans leur incomplétude en tant ipséité. Tout être a besoin des autres sans qui il n’est rien et nul n’est une île. Il n’y a ni être masculin ou féminin qui puisse se dispenser de fraternité par exemple, mais aussi d’amour, de partage, de langage, d’éducation, de tendresse, de nourritures …


- En cela donc je prends le risque d’affirmer que une femme peut donc se mettre à la place d’Hiram et je rejoins l’affirmation que la différence des sexes ne vient pas s’imposer et sur-déterminer l’universalité humaine dans son unicité en la dédoublant, mais je constate bien l’existence significative et persistante de ces deux manières d’être humain qu’avant nous la nature a elle-même codifiées et qu’on ne peut nier pour quelques raisons idéologiques que ce soient, en particulier la mixité imposée et non choisie.

- Etant acquis pour moi que l’initiation féminine n’est pas un contre-sens et concernant l’initiation et la mixité je rapporterai ce que j’ai déjà posté chez LM:

« Au sein du processus de transformation -par l’illumination au contact des autres au sein du cercle de la Loge et menant à s’engager aussi à poursuivre au dehors l’œuvre commencé au-dedans- la mixité peut bien évidement opérer et contribuer de manière tout à fait bénéfique à sa réalisation, si elle fait droit à la spécificité des deux approches différentes inhérentes à notre nature humaine par laquelle nous sommes hommes et femmes. La nature mais aussi la tradition, se concrétisant aussi culturellement de manières selon les âges et les sociétés, attestent que l’humanité est une ontologiquement mais selon un double mode d’être, comme être au masculin et comme être au féminin. Cette raison fondamentale ne peut qu’ordonner la mixité à prendre en considération la spécificité ontologique de l’être au masculin tout autant que la spécificité de l’être au féminin, à respecter sans les confondre ou les renier leur spécificité et ce aussi pour ne pas risquer que l’un ne l’emporte sur l’autre.


La mixité comme la non-mixité ne peuvent donc être que choisie et non subie et la mixité ne peut être choisie que si elle aménage et garantit un égal respect ontologique du double mode d’être de l’humain. La mixité suppose donc un coexercice par ce travail des deux approches, féminines et masculines. Certainement elle est une richesse pour ceux qui la pratique. Elle est exigeante dans la mesure où une approche ne doit pas dominer ou prendre le pas sur l’autre. Elle est riche dans la mesure où les deux approches s’expriment dans leur spécificité l’une avec l’autre.


La non-mixité choisie n’est en rien une discrimination. Elle est la possibilité pour chacune des spécificités de vivre selon la modalité d’être qui lui est propre. Elle ne signifie pas en soi le rejet de l’autre ou la peur de l’autre. Si on met en balance l’enrichissement pour le processus en Loge que produirait une mixité respectueuse de la double modalité d’être humain avec dans l’autre plateau la richesse de processus en Loge produit dans le cadre d’une non-mixité, on obtiendra à n’en pas douter un résultat favorable à la mixité en terme d’enrichissement d’expérience du processus.


C’est le premier résultat à prendre en compte. Ensuite si on met dans la balance la richesse du processus en Loge dans le cadre d’une non-mixité avec dans l’autre plateau l’appauvrissement pour le processus en Loge que produirait pour l’un ou l’autre mode d’être, masculin ou féminin voire pour les deux, la mise en œuvre d’une mixité non respectueuse de la double modalité d’être humain, le résultat obtenu mettra certainement en évidence qu’il ne vaut pas mieux pratiquer cette mixité et que dans ce cas la non mixité et préférable car plus riche pour le processus. Toutefois on peut encore comparer les deux résultats et se poser la question en terme de risque si nous sommes prêt à tenter toutefois la mixité d’une certaine manière à l’aveugle car il est certainement très difficile de prévoir à l’avance comment l’être humain réagit et s’adapte aux situations auxquelles il est confronté et s’il respectera les règles mises en place de respect des spécificités masculines et féminines et d’abord s’il en a véritablement le souhait ou en comprend le sens et les enjeux.

Bien qu'il ne soit pas ici directement question de FM, mais comme nous faisons toujours référence à l'ancien testament et d'une manière générale aux religions, traditions et aux peuples issus du monothéisme comme ayant favorisé et légitimé une domination ou supériorité masculine sur les femmes, j'ai trouvé un article intéressant de Nadia CHERKAOUI, chercheuse au Centre d’Etudes et de Recherches sur la question des Femmes dans l’Islam et qui évoque une grande figure liée à ces tradition et au monothéisme -plus exactement dans le Coran- je veux parler de la reine de Saba, comme un modèle déjà à l’époque féminin de gouvernance politique. De plus, dans ce qui la rapprocha un temps de l’exercice de sa fonction et dans sa vie au sage Salomon, on peut entrevoir l'idée d'une mixité, ou du moins d'une égalité concernant leur rôle public et leur statut de personnages historiques de référence. Et si il est vrai que la reine se soumet pourtant dans bien des situations qu'elle aura à affronter c'est aussi par intelligence ou tactique politique. Cela vient pour moi renforcer l'idée que le monde -déjà en soi très varié et que l'on a tendance à réduire à ses travers et à méconnaitre- monde des sociétés et des hommes qui proviennent, sont liés culturellement ou se réfèrent, d'une manière générale, à la Bible et au Coran, ne sont pas si simplement que cela et exclusivement la caricature de cette domination patriarcale méprisante, misogyne, intransigeante, humiliante, sans partage du pouvoir et sans ouverture, je ne nie pas non plus que ces faits aient pu avoir lieu mais ce que l'on tient pour vrai faits acquis et affirmons un peu trop machinalement et sans regarder dans les détails les contextes, en oubliant aussi que ces traditions par essence se développent dans un éloignement -pas toujours réussi il est vrai- par rapport aux mythologies, aux religions et récits à mystères, remplis d'arrières mondes et de surhommes, pour mieux au contraire considérer l'homme, le réel de la vie humaine et l'histoire, tenant précieusement aussi à développer une éthique qui se rapporte à notre nature et à la nature elle-même, laquelle nous assigne, jusqu'à ce jour encore, une altérité au cœur même de notre humanité et au cœur du vivant en général. Assignation il est vrai qui aujourd'hui de plus en plus dans notre société du fait de notre prodigieux essor technologique et scientifique peut-être suivie, encadrée, accompagnée, aidée pour plus d'égalité et de dignité entre tous et pour un meilleur bien-être sans pourtant que ces changements ne viennent mettre en danger ce que la nature a tissé de nous, que nous ne comprenons pas véritablement et qui est aussi la branche sur laquelle nous sommes assis. Assis, tiens, c'est une bonne position pour faire cet exercice de penser et de rattraper le retard en matière éthique et philosophique que nous avons aussi pris avec le déploiement fulgurant de notre puissance et pour nous demander à quel bon escient nous pourrions la mettre à profit. Tous les possibles que nous donne notre science ne sont pas forcément souhaitables, cela est aussi vrai dans le domaine social, culturel et éducatif. Mais allez plutôt lire cet article que rester à me considérer, avec de gros yeux –fraternels j’entends-, comme terriblement conservateur et opposé au progrès, ce que je ne suis pourtant pas, au contraire, puisque je le souhaite raisonné et sous notre contrôle à nous les hommes- sic, à nous les humains! »

http://www.gierfi.org/documents/articles/La_reine_de_Saba_AI.pdf

Ma Contribution

RIC 21/04/2015 13:24

TCF.'. "Ma Contribution",

Apparemment, il semblerait que les intéressants commentaires ci-dessus ne soient circonscrits qu'aux dernières développements que nous vivons actuellement. Or, notamment au siècle passé, ce thème à déjà été traité par divers auteurs maç.'. importants et des solutions possibles envisagées.

A toutes fins utiles éventuelles, je relève donc notamment le chapitre "Initiation féminine et initiation de métier" de l'ouvrage de René Guénon intitulé "Etudes sur la franc-maçonnerie et le compagnonnage", Tome II, page 19 et ss, éd. Traditionnelles 1976.

Oswlad Wirth de son côté avait aussi envisagé une greffe possible sur l'arbre de la tradition initiatique opérative, pour passer ensuite à un aspect spéculatif spécifique au sexe féminin. Il avait même écrit (je ne sais hélas plus où): "Ou donc est la femme qui restituera le symbolisme de l'aiguille.".

Afin d'être clair, je précise encore que à mon sens spirituellement il n'y a aucune différence entre les sexes.

RIC

le voyageur 21/04/2015 10:28

TC Emmanuel,
très intéressant débat. La GLNF est bien dans son rôle:
- chacun (chacune) à sa place et point d'ostracisme. La plus grande injure faite à nos sœurs est d'avoir commencé par des loges d'adoption (orphelines?).
je pense que, comme tout bon agriculteur, je ne rentre jamais dans une meule de foin avec un briquet dans la poche!
De là, à réfléchir sur la supériorité de l'un ou de l'autre.....
Très fraternellement.

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  • : Le Myosotis du Dauphiné Savoie - Le Blog de Fidèle d'Amour -
  • : Tribune créée dans un premier temps pour restaurer les valeurs éthiques et morales de la Franc-maçonnerie de Tradition dans la GLNF. Désormais, ayant contribué au succès de cet objectif, elle se consacre à la défense de ceux-ci, à la défense de la GLNF contre des attaques extérieures, et à promouvoir une vision de la Franc-maçonnerie régulière. Par ailleurs, seront présentés des articles reflétant mon étude, mes lectures, mes engagements, et mes sympathies.
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Référence et remerciements:

 

Par arrêt en date du 20 mai 2015, la cour d’appel de Paris a confirmé le jugement rendu le 6 mai 2014 par la chambre de la presse du tribunal de grande instance qui m'a déclaré coupable de diffamation publique envers François Stifani et Sébastien Dulac, à raison de la diffusion d’un message diffusé le 22 septembre 2010 sur le blog le myosotis-dauphine.savoie.over-blog.com. Je considère cet évènement comme l'attribution d'une Légion d'Honneur.

Merci aux soeurs et frères très nombreux qui m'ont soutenu dans ce combat de cinq années dont je m'honore, et dont je ne regrette rien.

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