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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 07:30
Le Second Temple de Jérusalem

Le Second Temple de Jérusalem

Notre Bien Aimé Frère Lux tenebris, commentateur occasionnel de ce blog, nous propose sous forme de Tribune libre, un article paru dans le Figaro sous la plume de Luc Ferry, philosophe et ancien ministre de l’éducation nationale.

Notre Frère, comprends les arguments de Luc Ferry analysant le déclin de l’Europe comme étant comparables à ce qui divise désormais les Frères de la GLNF et de la GLAMF, c’est-à-dire ce qui sépare spirituellement les Francs-Maçons de Tradition et ceux qui préfèrent s’affranchir de leurs racines monothéistes au bénéfice d'une prétendue "liberté de conscience".

« L’article ci-après écrit par Luc Ferry en s’appuyant tout d’abord sur l’actualité, démontre de façon claire, combien et pourquoi les deux conceptions que symbolisent ces deux berceaux de la pensée sont inconciliables.

Si l’aspect politique d’hier et d’aujourd’hui sur la question n’est pas notre préoccupation, laissant chacun à ses convictions, il apparaît toutefois que dans les arguments que développe Luc Ferry pour expliquer cette antinomie, se dessinent tout autant deux conceptions de la Maçonnerie qui pour les mêmes raisons ne peuvent trouver de réelle convergence dans leur approche de la spiritualité et donc pas davantage dans la démarche qui leur est propre.

Certes, ne serait-t-il pas sérieux de réduire la Maçonnerie Régulière de Tradition à Jérusalem et pas davantage, celle qui propose à ses adeptes de s’affranchir « d’un amour serviteur » pour « une intelligence autonome » à Athènes.

Il est néanmoins manifeste que la conception de la spiritualité qui unit les Frères de la GLNF de toute confession, sans distinction aucune, est celle d'un monothéisme révélé, dont le Temple de Jérusalem est l’archétype intemporel et universel de réalisation personnelle.

Il est tout aussi clair que les références philosophiques helléniques que certains Maçons cultivent à grand renfort de Platon, Socrate, Aristote,…pour teinter la symbolique de nos rituels d’un panthéisme qui est à l’opposé de leurs sens intrinsèque et permanent, n’ont pas d’autre but que de les conduire vers une voie détournée, qui les mènera non pas vers Jérusalem mais vers Athènes, au nom et dans le dessein d’une volonté de « libre conscience », aujourd’hui ouvertement affirmée et revendiquée.

Or, si le parcours initiatique fait passer l’adepte de Babylone à Jérusalem, Athènes n’est ni une étape ni moins encore sa destination. Le Temple qui lui est proposé de construire symboliquement, a toujours été, est et restera celui de Jérusalem.
 

Le Parthénon à Athènes.

Le Parthénon à Athènes.

De toute évidence, l’Union européenne aurait dû restructurer la dette grecque quand l’excellent Antonis Samaras était encore au pouvoir, qu’on pouvait l’aider à y rester en échange des efforts que, contrairement à Tsipras, le Mélenchon local, il ne cessait de faire. Pourquoi garder encore la Grèce en Europe, en dépit de l’absurde politique aujourd’hui menée par l’extrême gauche ? Parce que c’est culturellement si légitime que s’en priver serait malheureux, comme c’est un malheur de voir nos compatriotes juifs s’exiler vers Israël sous la menace de l’islamisme. Athènes et Jérusalem, villes symboles de deux peuples minuscules, pourtant à l’origine de créations sociales-historiques incomparables : d’un côté, la philosophie et la démocratie ; de l’autre, la conquête du Dieu personnel et la religion du livre, un modèle qui servira de matrice à l’islam autant qu’au christianisme.

Depuis l’aube des temps jusqu’à nos jours, la question n’a cessé de hanter théologiens, historiens et philosophes : quels liens, mais aussi et peut-être même surtout, quelles divergences entre Athènes et Jérusalem, entre philosophie grecque et religion juive, entre rationalisme démocratique et monothéisme de la révélation ? Ces interrogations ont suscité des milliers d’articles, d’ouvrages savants, de débats interminables. Tout dernièrement encore, Arte leur consacrait un documentaire conçu par P.H. Sarfati et J. Attali. Selon Athènes et Jérusalem, le livre majeur de Leo Strauss, qui fut en Allemagne, dans les années 1920, l’élève de Heidegger aux côtés de Lévinas et d’Arendt, les deux mondes spirituels seraient inconciliables : « La civilisation occidentale, écrit-il, est composée de deux éléments dont les racines sont en total désaccord. Nous appellerons ces éléments Jérusalem et Athènes, toute l’histoire de l’Occident se présentant au premier abord comme une tentative de les harmoniser… Or ces tentatives furent condamnées à l’échec, chacune des deux racines du monde occidental ne tenant pour nécessaire qu’une seule chose. Pour le dire très simplement et quelque peu crûment : la seule chose nécessaire pour la philosophie grecque est une vie sous le signe d’une intelligence autonome, la seule chose nécessaire, selon la Bible, est la vie sous le signe d’un amour serviteur. » Les chrétiens, mais aussi les Juifs grecs, les Romaniotes, ont tenté bien des fois depuis Philon d’Alexandrie de concilier les deux univers, mais sans succès, Strauss a raison.

Du côté grec, en effet, on trouve le polythéisme, mais aussi le rationalisme, la démocratie, l’idéal de l’autonomie, l’immanence absolue de l’homme à la nature comme on le voit dans le mythe de Pyrrha et Deucalion, la version grecque du récit du déluge qui se termine par une réconciliation parfaite des humains avec la « belle totalité cosmique ». Chez les Grecs encore, les humains mortels vivent dans la proximité des dieux – qui ne cessent du reste de coucher avec eux et de leur faire des enfants. Enfin, leurs aventures se déroulent dans une histoire qui est cyclique à l’image des rythmes de la nature (succession des saisons, des jours et des nuits, de la pluie et du beau temps, etc.). De là l’héroïsme grec, qui ne se conçoit, comme l’avait vu Arendt, que dans l’optique d’une compétition entre le provisoire humain et l’éternel cosmique, la gloire permettant au héros d’échapper à l’empire de l’éphémère qui caractérise le commun des mortels.

Du côté du judaïsme, c’est presque partout l’inverse : la religion monothéiste et révélée plutôt que le polythéisme et le rationalisme ; la transcendance absolue de l’homme par rapport à la nature (comme on le voit dans le mythe du déluge, inverse du mythe grec), la transcendance non moins absolue de Dieu par rapport à l’humanité (on imagine mal le Dieu des Juifs couchant avec des mortelles comme Zeus avec Alcmène ou Sémélé), l’hétéronomie radicale d’une révélation qui ne se concilie guère avec l’exigence d’autonomie qu’implique la démocratie grecque, le tout dans une vision de l’histoire qui n’est pas cyclique, mais infinie, utopique et messianique.

Athènes et Jérusalem sont comme les deux réacteurs d’un avion nommé Europe qui a besoin de l’un et l’autre pour s’envoler. C’est de leur alliage improbable que provient ce que notre civilisation, celle du livre, du divin, de la liberté, des droits de l’homme, de la charité publique et de la philosophie, a de meilleur. Pour des raisons différentes, nous sommes en train de rompre avec ce double héritage et, dans cette rupture, nous risquons tout simplement de perdre notre âme.

Par Luc Ferry – Le Figaro

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Published by Emmanuel S.19864 - Fidèle d'Amour
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commentaires

ma contribution 21/07/2015 03:25

Allons donc chercher le vent !
Où donc souffle-t-il encore comme il veut ?

Bonsoir à tous,
Salutations fraternelles et chaleureuses à Emmanuel et à tous,

Un peu d’humour (mais pas toujours flagrant) un peu hors-sujet par rapport à l’article (mais pas toujours) surtout en réaction à quelques bloggeurs quasi professionnels qui sévissent un peu sur tous les blogs, font feu de tous bois ; je les trouve assez exaspérants quand ils s'en prennent systématiquement à la GLNF. C’est leur dada !! Je m'en prends ici plus précisement à l'utopie voire l'ideologie "trans-humaniste" qui revient et soustend plusieurs des écrits de ces faux amis bloggers.

Je les regroupe et les appelle de manière flatteuse pour eux "Mont tout-puissant". Tout cela est ironique vous vous en doutez.

Mont tout-puissant au somment duquel l’on entend que le vent, l’on ne voit que le ciel, l’on ne sent que le soleil. Ce n’est pas une attaque ad hominem, méchante ou basse, c’est une caricature … non sacro-sainte caricature, non caricature au point d’être ou d’apparaitre profanation. C’est plutôt une digression qui suit son petit bonheur de chemin, pour se détendre, surtout sans velléité recherchée ou même déguisée, ou si peu, impertinente. C’est aussi dériver sans s’interdire d’interdire et cela sera donc bien entendu un post à traverser pour qui veut si notre hôte peut bien permettre ce qui ne pourra pour une fois n’être qu’écriture ou lecture non fantaisiste mais ecrite très rapidement longue et certainement truffée de maladresses. Je n'ai malheureusement pas le temps de mieux faire et m'en excuse auprès des courageux qui liront ce texte.

A propos des Hôtes de blogs -je le dis sans m’en plaindre- il y en a aussi certains peu enclin non à une apologie de la GLNF, mais à rester a minima objectif avec elle… toutefois –et là je les félicite- peu enclin non plus à laisser aller règlements de compte ou à laisser venir parachutes dorées et grosses huiles sur les terres de leur ranch.

Allons donc chercher le vent ! Où donc souffle-t-il encore comme il veut ? Vous avez encore une fois -ou mille ou dix milles fois- raison amis bloggeurs en croisade anti-GLNF donnant bien toujours et encore des lettres de noblesse à cette chanson, qui fait un peu ritournelle télévisuelle désuète :

… Par le petit bout, par le petit bout, par le petit bout de la lorgnette, on y voit bien mieux, on y voit bien mieux, on y voit bien mieux que par le grand bout …

Vous avez certainement le petit bout de la lorgnette à l’œil (et non dans l’œil), ce serait donc, je veux dire, que vous tiendriez le bon bout.

Merci -oui si alors- pour cette science que vous possédez et déployez, implacable et capable – ou est-ce l’inverse, je ne sais plus à force- de nous vouloir tous dotés d'une telle lunette, astronomique, enfin … (oui «enfin» car tout ou presque dans vos écrits appelle, aspire, à un «enfin», pour le bien de vos détracteurs, contradicteurs, interlocuteurs, votre «dire» porte souvent l’espoir de la «Grâce» ou celui d’une «Conversion, Prise de Conscience, Métanoïa, un Décilage des Yeux comme raison sociale de votre entreprise … fraternelle, je n’en doute pas au fond», que se décile les yeux des autres, de vos autres, de vos pauvres, de moi par exemple; ceci est d’une certaine manière bien à votre honneur.

Cela dit «point trop n’en faut» comme aiment à dire les campagnards

… enfin donc, nous permettant d'avoir, assurément par nos yeux équipées de votre si bel engin, obtenus un regard plus juste et plus précis de ce que, jusqu’à ce jour, nous observions naïvement ou grisés, prenions d’apparence comme certitude et surtout révérions religieusement, tel l’astre lunaire comme un objet régit au sein d’un ordre divin surnaturel, objet qui par vous et vos artifices se révèle finalement n’être qu'un agglomérat chaotique rugueux de matières, peut-être métalliques, certes concourant nécessairement aux mouvements du reste extérieur, faisant flux et reflux, dons et retraits, étant en partie âme de certains maux et en partie mal pour certaines âmes, action une et duale dont la présence et l’existence est de caractère sine qua non pour l’équilibre et le mouvement de la sphère bleue d’en-face, la sphère terre, sine qua none pour la vie elle-même telle que nous la connaissons, mais lune dont les cratères désormais connus attestent l’existence d’obstacles rencontrés en chemin, de résistances à des heurts, à des chocs, des évènements de chutes, d’explosions, la présence du danger jusqu’au désastre possible.

Aussi on l’appréhende désormais parfois comme une lumière, noire ou blanche, mais sans couleur, un reflet sans âme, vision d’un sol dévitalisé, mais trace aussi allégoriquement et possiblement significative de turpitudes de marionnettistes qui nous manipulent, transposition d’objets, allégories, symboles, mafia et sacrements.

Sans vous, tout ceci échappait à notre regard en profondeur et donc à notre juste appréhension.

Lancez donc la fabrication de l'ustensile en série que tous sortent enfin de l'ignorance et passent de l'Illusion à la Vérité, du Semblant au Réel, du Détournement chargé d’Idolâtrie au Retour à l’Objet ou à la Chose en soi, du Rêve d’Arrières Mondes à la Raison analytique, du Berceau à la Station debout de l’Etre.

Mais en fait ce qui est gênant c’est que vous n’avez pas de Mode d’Emploi, pas de plan, de décodeur ou même pas le bon mélomane, le bon ouvrier à nous fournir qui accompagnerait, expliquerait, le sens de votre musique, de votre outil, de votre science. Tel est le Poison de ce Cadeau que vous faites et refaites.

Absence qui vous arrange aussi particulièrement bien et absence de guide qui provoque et organise déjà une disposition, une préparation des Esprits à se laisser dépasser par une intelligence artificielle et se faire supplanter pas elle dans l’exercice de sa responsabilité et aussi celle de sa liberté, absence qui installe une Position Inaugurale d’une humanité dessaisie d’elle-même jusque dans son incapacité au langage, au moment où cesse le don d’un sens et une orientation que l’on suivait pourtant pour en arriver là, inauguration finalement de la nécessité à terme ou peut-être même déjà d’une trans-humanité entraperçue puis décryptée dans vos écrits, transhumanité qui s’invite à la fête des débâcles. Elle s’impose à l’acte III d’une pièce où toutes mémoires se noient dans un écrasement léthargique asymptotique infiniment creux conduisant les souffrants de confusion au seuil de pamoison, au dessaisissement, et au mutisme. Disons les choses plus clairement et parlons plutôt d’inhumanité comme incapacité à s’Orienter, l’impossibilité à choisir un chemin, à lancer encore des ponts entre les rives, plutôt paresse désastreuse, distraction fatales, renoncer à la complexité et à l’effort même d’exister.

Explorateur d’universelles interfaces que vous êtes, et surfeur d’agents prométhéens de pages et blogs où vous êtes omniprésents, c’est un grand pas pour les petits d’hommes que nous sommes que vous nous avez permis là et –cerise sur le gâteau- vous donnez à notre humanité de pouvoir rester ici-bas à contempler en Pandorama, non plus les arrières mondes qui n’ont que trop fait couler le sang, la sueur et la semence des opprimés de la non-mixité imposée, en cette station qui est aussi celle de vous contempler, vous, Cosmonaute trouvant stabilité par l’équerre, Chevalier emporté par l’infinitude du compas.

Vous êtes même un peu parfois notre Etoile du matin, hermaphrodite humano-divine, lumineuse et diffuse, tel un point G dont le centre est partout en quête de sa circonférence qui est nulle part, un Etre aussi clavier que désenclavé, Etre pensant libéré de ses chaines et sorti non d’une caverne vers la lumière mais de son iglou vers la chaleur, avec ce tempérament sur-zélé que vous conservez et qui vous est propre quand il fond à l’entracte, toujours au moment décisif, clé, quand il s’agit de dénouer l’intrigue de notre show maçonnique.

Avant vous, Passeur, Eveilleur, Initiateur, que sais-je, le JB Baptiste lui-même, le drame du conformisme était pour nous le conformisme du drame de notre parcours initiatique. Désormais depuis vous nous savons. NOUS SAVONS. Pour le moins jours à près jours nous apprenons de guerre lasse à vivre dans la Vérité.

Par Vous, nous savions déjà que les racines des mots pouvaient être carrées. Mieux que cela, Avec Vous nous avons découvert que tous les chats étaient mortels. En Vous «enfin» nous savons que Socrate est mortel et ainsi les plus persévérants d’entre nous, lesquels triomphent en faisant face à tous ces bouleversements comiques, grotesques et dramatiques, reconnaissent et expérimentent alors que Socrate fût un chat.


Vous le savez, la fondamentaliste servilité phallique qui nous est propre, certes sans noblesse quand dite et prise dans son plus simple, grossier et brutal apparat, nous a consciemment ou inconsciemment fait refuser de pourtant laisser se déployer à partir de nos existences et jusqu’à ce jour cette transhumanité, laquelle contraire à tout ce que nous entendons pourtant hériter d’une dignité humaine, ou l’être humain, croyant mais aussi incroyant (même si nous considérons qu’il existe un Dieu auteur de tout ce qui est), est maitre, possesseur, ce qui signifie aussi déjà protecteur de la nature, qu’il est appelé à devenir adulte, libre, autonome et responsable de ses propres actes, mais aussi de l’histoire, de sa société, de ses institutions, qu’il est créatif et créateur d’œuvres, penseur et organisateur de vivre ensemble, d’architectures, inventeur d’outils, nourricier de la vie …Et oui notre servile fondamentalisme nous laisse attachés à un passé mythique périmé et entretient vous le voyez en nous aussi bien paresse intellectuelle, que peur archaïque d’évoluer et absence collective comme individuelle de courage.

Quoique nous fassions, pensions, disions, prions… nous sommes d’abord déclarés coupables d’être dans l’erreur !!!

Mea Culpa que de fois entendus et prononcés à tort et à travers dans la bouche de lâches et d’ignorants de notre histoire. Il y a bien aujourd’hui d’installé une honte et un rejet de son passé, de sa civilisation, de son histoire réduite au sang et non à l’esprit, à la violence et non au partage, à son quant à soi et non à autrui, à ses destructions et non ses édifications. Sans s’exonérer de ses torts ou ses fautes et se boucher la vue ce mea culpa permanent de notre époque est hypocrite et dangereux, signe d’hommes immatures et incapables d’assumer une quelconque responsabilité. Attention danger.

Tout regretter et rejeter donc son passé revient à s’exonérer de tout, c’est paradoxalement se considérer innocent en réalité par indifférence. C’est potentiellement perdre le sens commun et la notion morale disant ce qui est du bien et ce qui est du mal, pouvoir ou tacher de les distinguer. Or il y a les fautes que l’on peut regretter, il a de manière évidente du mal, mais il y a aussi du bien, et il y a ce que nous avons édifié et réalisé, collectivement et individuellement, vers le bien. Pourquoi le nier c’est insensé ! La civilisation a engendré des avancées humaines, de la pensée et de la science, de l’art et de la politique etc etc, et qui sont à protéger. L’exemple de la déclaration universelle des droits humains de 1948 représente aujourd’hui pour nous un témoignage de ce que la civilisation peut être mue en vue du Bien.

Liberté, liberté, liberté, haïe, haïe, haïe, liberté chérie, j’épelle ton nom, je t’appelle de ton nom et non te pelle le jon d’un simple non. Notre société est devenue schizophrène. Les pires sont comme les meilleurs. Les méchants des bons. En plus nous imposons au monde ce que nous avons de pire et oublions ce que nous avons de meilleur. Nous serons ainsi très vite à l’avenir de nouveau comme des officiers SS qui obéissaient sans pourquoi, sans conscience et sans crainte. Il faut faire une différence entre le fait qu’il y aurait encore des hommes dans l’avenir et l’image de l’humanité qui pourrait être ou disparaitre dans l’avenir. Il pourrait très bien y avoir encore des hommes dans l’avenir mais pas forcément d’humanité telle qu’universellement nous avons été capable de la définir. Quels hommes est-ce qu’ils seront alors ?

Nos faux Mea Culpa pour le passé laissent place à un lâche mea culpa prononcer d’avance pour le mal à venir que nous sommes prêts à commettre.

Il faut bien avoir conscience que toutes sociétés porteuses de sens, tous véhicules d’initiations au vrai, au juste, au beau, tout corps reposant et constituant de la solidarité, de la fraternité, des dons partagés (eucharistie), toutes formes de liturgies (services publiques), tous espaces publics d’échanges et débats, toutes contradictions, toutes altérités, toutes capacités cérébrales à produire par soi-même des images et du langage … Pourraient bien disparaitre de fond en comble.

Pour certain celles qui restent encore debout doivent disparaitre ou être neutralisées. Ce serait ni plus ni moins que le remplacement des cœurs, des âmes, des esprits … des mémoires et des sentiments …

Dormez braves gens : croyez alors qu’ «enfin» libérés des carcans obédientiels –après avoir mis à bat les Temples, les Universités, les Eglises, les Synagogues, les Mosquées- obédiences qu’on accuse à leur tour d’exploiter notre naïveté très ordinale -voire les bas instincts cardinaux qui sont les nôtres nous serons plus humains ou bien nous aurons seulement détruits toutes institutions garantissant la transmission et la continuité d’un sens et sa codification?

Dormez brave gens : croyez-vous qu’affranchis des conditionnements confessionnels, théologiques, dogmatiques qu’on accuse d’œuvrer au rétrécissement et à l’annihilation de notre faculté de penser et de juger par nous-même de ce qui nous entoure, nous remercierons notre Mont Tout-Puissant de ce qu’il nous aura permis de faire, non ce petit pas que lui réitère en ce qui le concerne dodinant du clavier à chaque page de contributions troglodytes ou pas de chaque blog où on les trouve nous serons plus humains ou bien nous aurons détruits tous repères pour penser et agir?

Pour ma part je ne prône pas un retour à l’obscurantisme d’un monde ancien mais à la préservation de ce que nous avons acquis de haute lutte de valeurs et de lois universelles qui concourent à la dignité humaine.

Mais Grace à Dieu il n’y a pas que cela de lumineux et de numineux se révélant et s’activant de et par notre parcours initiatique maçonnique et il reste en chacun d’entre nous j’en ai la ferme conviction la possibilité de la Générosité et de la Noblesse, comme persistent au plus profond de nous nos sentiments de Crainte et de Sollicitude… sortes de sentiments incurables à l’origine de la rudesse de la Tâche Ethique et de la Responsabilité.

Cette dernière, la Responsabilité, Das Prinzip Verantwortung, est même parvenue pour nous au rang de Principe Anthropique.

Rentrée enfin dans son Eclaircie historial, son Ereignis est le dévoilement de son statut.
De celui-ci provient le sens même de ce que nous appelons la Technique,
Tekhnè à laquelle vous refusez de chercher à fournir un sens, le fameux mode d’emploi, Tekhné que vous refusez à penser et à comprendre.

La Responsabilité se montre en fait comme seul Principe Anthropique capable d’acheminer notre humanité en sa fine fleur, laquelle porte et protège en elle un fruit dont on connaissait déjà le nom mais dont nous ne connaissons encore que bien imparfaitement le déploiement et l’aide qu’il peut nous apporter dans cette tâche assez rude et austère de penser, produire, mettre en pratique et faire appliquer une éthique de la responsabilité pour notre civilisation technologique..


Ce fruit est connu pour porter les noms d’Amour, d’Amitié, de Charité


Foi et Amitié

Voltaire 18/07/2015 19:04

Mes Très Chers Frères,

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt la Tribune de notre Frère Lux Tenebris sur l'article de Luc Ferry, ainsi que les commentaires de nos Frères.
Si je ne me trompe pas, la question posée est : sur la route de Jérusalem, est il nécessaire de faire un détour par Athènes ?

Je ne sais pas, je n'ai pas de certitudes à ce sujet.
Toutefois, si je dois reconstruire le Temple, il m'est indispensable de savoir lequel.
De quel style ?
Est-ce un Temple Judaïque ?
- Sadducéen ?
- Pharisien ?
- Essénien ?
- Zélote ?
- Samaritains ?
- Sépharade kabbaliste - connaissance d'une réalité supérieure naturelle (Gnostique) ?
- Ashkénaze Hassidique – mystique de l'extase et de la contemplation ?
- Sioniste judaïque – politique (pour l'Etat d'Israël) ?

Non ?

Ou alors, plutôt Chrétien, plus moderne et plus proche de nos amis d'Amérique ?
Dans ce cas, est-il plutôt :
- Anabaptiste – Mennonite ?
- Luthérien ?
- Baptiste ?
- Restaurationiste ?
- Pentecôtistes ?
- Méthodiste ?
- Anglican ?
- Calviniste – Presbytérien ?
- Catholique ?
- Orthodoxe ?

Je ne sais pas.
La seule chose que je sais, c'est qu'une telle diversité de mouvements au sein d'une même religion (ou deux, c'est selon), ne s'explique que par une aussi grande diversité de croyances, de serments fidèles (Foi), et de Vérité(s) Révélée(s).

Bien sûr, je sais qu'il est écrit dans notre livre de la Loi Sacrée "Il y eut un homme envoyé de Dieu: son nom était Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui".
Je ne doute pas non plus que la lumière dont il s'agit est la lumière que donne la "Foi".
Pour autant, nos outils sont aussi les outils de la "Raison", Equerre et Compas.
Et cela me va bien, car la pensée individuelle est bien le seul rempart contre le fanatisme, toutes les formes de fanatisme.

Alors, faut-il être fidèle à une forme d'Amour née à Jérusalem ?
Oui, bien sûr.
Mais avec nos moyens humains, simplement humains, parce qu'il est si difficile d'Aimer universellement.
Et c'est là, pour moi, l'importance d'Athènes.
La Franc Maçonnerie de Tradition n'a pas révélé l'existence de Dieu, elle ne précise pas sa nature, elle promulgue la Fraternité Universelle.
De l'Amour Chrétien à la Fraternité, nous sommes bien dans une trajectoire qui lie l'Amour divin personnifié à son objet sécularisé.
Je ne viens pas de Babylone, je ne cherche pas à aller à Jérusalem ni à Athènes : je me situe exactement entre les deux.
Jérusalem est une source d'inspiration, d'idéal universel, de doctrine à pratiquer – Athènes, la méthode de conversion à l'application quotidienne de la Fraternité.

Un lieu qui se situe à la fois entre l'Amour de la Sagesse et la Sagesse d'Aimer.

Bien Fraternellement.

ma contribution 10/07/2015 14:40

Cher Emmanuel et Très Chers Frères, vos échanges suite à cet article me donnent envie de réagir.

Certes Athènes n’est pas Jérusalem et Jérusalem n’est pas Athènes. Il est courant de les opposer ou plutôt de les constater inconciliables comme le fait le philosophe Leo Strauss et d’autres religieux partisans d’une « césure » opposée à une « synthèse ». Les tentatives de synthèses ont elles toutes échoué, philosophiquement, historiquement ? De St Augustin à Hermann Cohen avec le néo-kantisme et l’école de Marburg, de Rome (dont il faudra bien un jour reparler) à Berlin… Ou Marbourg. Oui en effet on peut se dire que les échecs des plus belles promesses provoquent les plus grandes désillusions. Cette prise de conscience de Franz Rosenzweig dont parle mon Frère Bucheron en est le témoignage poignant.

Mais c’est aussi que nous sommes comme des ânes et vous savez certainement que l’on ne peut forcer un âne qui n’a pas soif à boire ; pourtant tôt ou tard il lui faudra s’abreuver, entêté et libre qu’il est ou se croit être. Athènes et Jérusalem toutes deux nous donnent figures et repères, origines et destin, elles nous interrogent sur notre conduite, tant personnelle que collective, c‘est à dire dans le monde comme fils du Père et comme citoyen, comme peuple et comme cité.

Si je souscris au rappel de mon Frère Chicken Run qu’Athènes ne saurait constituer le socle de notre spiritualité mais reste pour nous un enrichissement, c'est que je suis bien convaincu pour ma part comme Franc-maçon et croyant que Jérusalem revêt une importance capitale dans notre spiritualité.

Je m’interroge alors aussi comme croyant et frère sur ce qui concerne nos sociétés modernes sécularisées dont nous sommes les citoyens non-indifférents à son destin et tenus responsables. De quelle(s) traditio(s) avons-nous reçue(s) la plus belle part d’héritage, celle qui pourrait aujourd’hui pour nous faire sens dans cette aspiration au bonheur pour l’humanité et pour laquelle comme francs-maçons nous sommes aussi les maitres d’ouvres ?

On peut se demander si dans une société qui ne se dit plus ou ne se considère plus comme religieuse, il ne subsiste ou ne resurgit pourtant pas des liens ou des influences sans-doute « non-officielles » du théologique sur le politique ? Le religieux ne continuerait-t-il pas dans ce cas à avoir une action, une influence dans cette société, influence inavouable ou secrète ? La transcendance, l’aspiration à la transcendance, investirait alors ou aurait déjà investi d’autres objets que les objets typiquement religieux : l’argent, la classe sociale, la race, la nation…

Prenons l’éminemment positif de cela, par exemple « les droits de l’homme ». Ils affirment à leur manière une transcendance ou une sacralité de la personne humaine dans sa dignité. N’y a-t-il pas alors une sorte de religion des droits de l’homme ? On pourrait dire la même chose de la démocratie qui sacralise l’individu, la liberté et l’autonomie. Y a t’il alors une religion de la démocratie ?

Moins éminemment positif on peut aussi s’interroger sur la portée de ce qui s’opère pour les masses à travers les médias et la torpeur qu'ils provoquent, à travers cette monstration à la limite stupéfiante et cette volonté d’être en présence du déroulement captivant de l’actualité, de l’histoire qui nous est contemporaine, de ce qu’il se passe dans le monde au moment où cela se passe, dans leur action de relier les hommes entre eux dans le même temps.

Ce sont peut-être les mêmes questions du rapport au sacré c’est à dire sa médiation qui se posent aux sociétés sécularisées comme elles se posaient ou plutôt allaient de soi dans les sociétés religieuses. Le resurgissement du sacré, d’un sentiment du sacré, dans les sociétés dites sécularisées est troublant pour les consciences modernes ; il y a paradoxalement comme la sensation d’une libération de ses carcans d'autrefois et d’une réappropriation de quelque chose de mystérieux ou d’inconnu, quelque chose autrefois bien gardé auquel on avait accès de manière restrictive selon des règles très précises aujourd’hui caduques et sous le contrôle d’un clergé désormais dépossédé d’autorité et de pouvoir public, quelque chose devenu sans retenu livré à notre jouissance, à notre liberté et autonomie.

Mais saurons nous devenir responsables?

Ce sacré se manifeste très clairement dans la sexualité, sa pratique et son objet le sexe. Aussi on peut comme illustration constater un renversement de notre rapport à deux objets toujours entre eux et pour nous intiment et mystérieusement liés, le sexe et la mort. Autrefois on cachait le sexe mais on théâtralisait la mort, aujourd’hui la mort est cachée mais c’est le sexe qui est dans la culture objet de monstration faisant reculer toutes limites ou tous tabous.

Tout cela est-il une forme de décadence de nos sociétés qui abandonnent un sacré immuable ou bien est-ce une mutation avec des déplacements dans ce que la société considère comme sacré ?

Il serait peut-être bon de s’interroger sur ce qui a permis l’avènement de sociétés qui ont pu s’affranchir d’une emprise institutionnelle de la transcendance sur le cours de leur existence et sur leur destin. En cela il est difficile de considérer que le christianisme et le judaïsme soient tous deux étrangers à une telle révolution.

Le monothéisme a déjà d’une certaine manière chassé le sacré dans l’altérité du Tout-Autre. Le monothéisme est déjà une tentative de mettre fin aux idoles et aux idolâtries. Le Dieu juif est irreprésentable et radicalement autre que ce que les hommes sont à même d‘envisager comme sacré. Il y a une séparation, un balustre, que l’on ne peut franchir. Le domaine du sacré est inaccessible. Ce qui est manifeste et ce qui est important ce n’est pas le sacré mais ce doit être le saint. Le contenu de la loi juive est éminemment éthique.

Dans le christianisme il y a la prolongation du monothéisme juif même si Jésus est confessé Dieu par la foi des chrétiens. Seulement la foi des chrétiens présente au monde un crucifié qui refuse le pouvoir terrestre, et elle renvoie l’homme à sa conscience, à sa décision personnelle, existentielle et à la responsabilité de son engagement dans le cours des choses et de l’histoire. La foi chrétienne ne propose alors pas l’illusion d’une société qui serait totalement en phase avec la transcendance. Le Dieu des chrétiens est certes le Dieu de la vie mais en étant le Dieu de la résurrection des morts. C’est en quelque sorte l’absence ou la distance de la transcendance qui s’impose dans la descente et dans l’abaissement de Dieu, et dans son expulsion du centre de décision du pouvoir.

Mais cela veut-il dire que la foi et l’espérance bibliques n’auraient rien à dire à la société ? Je ne le crois pas. Si la foi et l’espérance ont été et peuvent encore être des forces structurantes dans la société, elles ne proposent pourtant pas une théologie portée à sacraliser l’ordre social. Le refus du pouvoir de la part de Jésus et sa crucifixion induisent une théologie critique de tous les régimes politiques qui cherchent la sacralité pour eux-mêmes.

Il y a alors une dimension ou un caractère éminemment biblique de la sécularisation qui rend l’humanité adulte et responsable et qui la dégrise en quelque sorte de toutes les illusions qui consistent à voir, dans la société ou dans le pouvoir, une image sacrée du monde. L’homme doit toujours pouvoir se tourner vers la transcendance du Tout-autre qui est donc altérité radicale et au-delà de soi, et il doit refuser de se satisfaire des simulacres du sacré. Mais en choisissant ce qui est saint, les croyants attestent de la permanence de la foi au divin, comme source d’inspiration de leur action.

"difficile liberté"

Dieu prend le risque de faire confiance à l'homme (Péguy dira quelle Im-providence de Dieu!)

Enfin et donc il y a Emmanuel Levinas qui nous redonne d'être avec lui au carrefour d'Athènes et de Jérusalem, philosophe et talmudiste, il est le grand penseur de notre temps, il est pour nous une chance inouïe et sa pensée doit continuer à nous inspirer. Sa pensée philosophique et sa foi s'élèvent déjà cercles après cercles réunis.

Foi et Amitié

ma contribution 10/07/2015 17:26

Shabbat Shalom Ahi Emmanuel

Emmanuel S.19864 - Fidèle d'Amour 10/07/2015 16:49

Mon Très Cher Frère,
D’Israël où je me trouve pour un long moment, mais aussi totalement débordé, je n’ai pas le temps matériel d’ajouter à tes passionnante…contributions ! Le jour commence à tomber, et l’atmosphère ici commence déjà à se métamorphoser, dans cette ambiance unique qui annonce l’entrée du Shabbat. Tu connais, je crois.
Mais juste un petit clin d’œil et un grand merci pour l’hommage à Emmanuel Levinas.
Trois bises, avec ma fraternelle affection

Chicken Run 08/07/2015 21:08

Mon TCF Emmanuel,
Quel plaisir de retrouver un article de fond sur ton site. Tu nous a manqué !
Cela faisait bien longtemps, trop longtemps avant qu'une réponse soit apportée à ces allégations de bigoterie judéo-chrétienne envers notre GLNF, composée de FF accusés de porter la kippa, de fréquenter leurs églises ou leurs mosquées, théistes coupables au regard "d'authentiques Maçons" déistes (!), "libres penseurs", sur le chemin d'un "sans foi ni loi" qui est si loin de notre démarche maçonnique.
Alors, mon F Bucheron, ne doutes pas un instant que la pensée grecque ne nous laisse pas indifférents, qu'elle enrichit notre réflexion mais ne saurait constituer le socle de notre spiritualité.
Sois tout autant convaincu mon F Mathius que jamais nous ne ferons le moindre parallèle entre Athènes et Nuremberg, les oriflammes de ces barbares nazis et leurs manifestations païennes empruntant coupablement et indûment l'héritage romain souvent et celte parfois, c'est déjà bien assez.
Mais laissons donc Athènes aux Athéniens et la Maçonnerie aux Maçons.
Bienveillance à tous mes Frères.

Bucheron 08/07/2015 01:50

Très Chers Frères, sur le sujet Athènes et Jérusalem parlons un peu de Jérusalem, sans bien sûr –et comment le pourrions-nous nous les frères et les fils de lumières que nous sommes-, oublier ou négliger Athènes, laquelle est par ailleurs de toute évidence fort mal en point aujourd’hui et pas seulement du point de vue économique,

- soit car congédiée par certains –penseurs- du passé (surtout à partir de la 1ere guerre mondiale de 1914-1918) qui pourtant en furent membres, mais amers revinrent, parfois du creux des tranchées de cette Europe maintes fois déchirée, de l’amour de sa sagesse laquelle goutant à l’orgueil de se retrouver raison triomphante ne sut résister à l’emballement voire à la folie, et ce dès le XXVIIIème siècle,

- soit aussi car ridiculisée, aux yeux de beaucoup d’ignorants (mouvement qui s’amplifie encore de manière terrifiante aujourd’hui et a commencé à enfler dans la seconde moitié du XXème siècle), doctes indifférents ou fanatiques aussi bêtes que méchants, dépouillée qu’elle fut aussi des valeurs qu’elle édifia, se trouva de surcroit privée de sifflet, de tribune, de micro, de chaises, d’accès pour entrer au cœur des nouveaux cénacles. On l’assigna plutôt à résidence en lui déniant toutes prétentions à parler avec légitimité, c’est-à-dire scientifiquement, des orientations à retrouver ou à trouver pour les hommes, des directions à emprunter pour les institutions, d’un sens à donner à un « être », une métaphysique libérée de toute justification à donner de son être qui ne sera plus que ce qu’il est (rupture qui elle s’affirme dès le XVIIème siècle avec la sape de l’unité des sciences, techniques et disciplines et qui creuse un fossé devenue quasi infranchissable entre les sciences qui relèvent de l’esprit –morale, philosophie …- des sciences qui relèvent de la matière –physique, chimie, biologie …- , et enfin


- car quasi assassinée par de nouveaux maitres plus machiavéliques encore et ambitieux que leurs prédécesseurs, prêts à faire taire toutes voix capables de sortir finalement les hommes de l’ombre et de l’esclavage, des faux prétendants en fait à l’art royal, au pouvoir politique ou au sacerdoce, lesquels furent et restent encore de nos jours trop heureux d’avoir vu et de continuer à voir s’effondrer celle qui était auparavant véhicule et langage de l’être ou de la vie, tantôt armature pour la vérité tantôt sa servante, tantôt sœur tantôt fille tantôt mère, tantôt source de sens, tantôt son épaule serviable. Mais à travers tout et plus que tout Athènes fut compagne de route de Jérusalem, partie prenante avec elle d’une intrigue commune, celle qu’est l’existence, c’est-à-dire pour chacun et pour tous, celle de notre passage par l’être -un temps d’une durée limitée et non négociable, en se donnant pour tâche dans leur complémentarité associative et dialectique féconde de chercher et de témoigner toutes deux de la vérité, comme éthique et comme eschatologie,

- mais Athènes compagne que l’on préfère en dernier ressort assassiner pour mieux faire disparaitre er vouer à l’oubli ce que toutes deux portent en elles comme cœur et qui est promesse dangereuse pour tous les usurpateurs ; le danger qu’elles représentent pour ces faux architectes de civilisation va en s’accroissant et dépasse toutes mesure dans le temps non pour les simples tyrans du passé même récent mais désormais pour les systèmes totalitaires. Ce danger est inhérent à la promesse qui ressort à la fois d’Athènes et de Jérusalem, promesse qui est celle d’une libération des hommes : libération de la caverne comme de l’Egypte, de l’ignorance comme de la mort. Le système totalitaire repose sur la l’oubli et la disparition de l’intrigue d’une civilisation poursuivant son histoire édifiante. Dans la civilisation ne sont pourtant pas absents le savoir et la conscience que les empires naissent et meurent, mais Athènes se nourrissant dans son fondement même d’une foi philosophique en la Bonté et en la Justice, en la beauté et en la vérité, en la nation d’ordre opposé au chaos, en l’idée aussi de nature, et ce parallèlement à la foi religieuse de Jérusalem en Dieu et en une espérance messianique, toutes deux cheminèrent avec le temps vécu et partagé, face à l’éternité et la notion d’infini tant biblique que philosophique et qu’elle entrapercevaient toutes deux, ce fut la conscience d’avoir un destin commun qui s’imposa : celui d’avancer vers un universel qui leur donnait dans le présent même l’idée et les prolégomènes d’un avenir commun. La conscience foncière de la durabilité de son avenir que la civilisation a acquise et à laquelle elle ne veut ni ne peut renoncer, et la garantit qu’elle perçoit de la sagesse, de la force et de la beauté de sa propre construction en cours de réalisation depuis son origine, se trouve dans la vertu, dans sa propre vertu, c’est-à-dire dans la loi morale universelle, dans sa propre loi morale universelle, tant biblique que philosophique.

- Une symphonie de ce dialogue alter et de ce destin commun résulte et ressort alors de leur travail d’enfantement -plus que d’évolution au sens moderne qui ne fait pas droit aux notions de catastrophes et plus encore de désastre qui pourtant se répètent aussi sans cesse et désastres desquels sans cesse nous émergeons de nouveau-, symphonie des termes qui se fécondent se font fructifier l’un l’autre, termes qu’on peut nommer commandements divins ou idées métaphysiques, tels l’amour et l’intelligence, la justice et la clémence, la liberté et l’immortalité, la foi et la pensée, la Jérusalem et Athènes, deviennent voix et paradigmes qui appellent tous les hommes à la responsabilité et à la liberté, c’est-à-dire à l’humanité et structures la matière inerte du chaos en l’ordonnant, c’est-à-dire en contribuant à garantir au homme une environnement le moins hostiles possible, c’est-à-dire le monde…


C’est ce destin qui poussait Athènes et Jérusalem l’un vers l’autre, pour l’un avec l’autre et réciproquement pour parvenir à formuler et à réaliser une dignité humaine, c’est-à-dire à garantir à l’humanité son humanité à travers l’humanité dans le monde … mais par-là donnant aussi la possibilité à l’homme de marcher et d’avancer côte à côte avec son Dieu.

Que Franz Rosenzweig congédie alors depuis les tranchées des Balkans l’honorable confrérie des philosophes ne signifie pas pour autant la fin de la philosophie. La rupture avec l’emballement de la raison qu’il déclare, qu’il s’applique à lui-même et considère comme consommée ne prophétise pour autant pas la fin de la pensée. Aussi lucide et radical soit-il dans son retournement, et quand il continue à travers le siècle et aujourd’hui encore à nous mettre en garde contre nos démons et à nous mettre face à nos simulacres de vérité, de bonté et de beauté, quand bien même il nous fait même imaginer que fut possible pour sa génération le présage du désastre à venir, déjà né de notre propre ombre, la merveille qu’il a tant chérie de la « dissimilation » de l’unique loi et de l’unique sagesse divine, laquelle selon la tradition juive elle-même apportant aux nations la réponse attendue par elles de leur propre identité et de leur propre vocation humaine, la semence qui a fécondé et illuminé les peuples et les êtres, en particulier les chrétiens, continue son œuvre, se doit de le faire et ne peut d’ailleurs que le faire.

C’est pour cette raison que les nations européennes chrétiennes -certes dans une grande mesure- mais aussi toutes nations de tous continents doivent s’interroger sur la persistance de liens théologiques au sein des sociétés, les institutions, cultures et dans l’histoire passée et contemporaine, à travers aussi le processus lui-même qu’on a appelé celui de la sécularisation.
Il faut alors se demander si la société, si toute société, doit ou ne doit pas -de caractère obligatoire- entretenir, d'une manière ou d'une autre, une relation à une forme de transcendance ou bien est-ce qu'elle peut tout simplement s’en passer ?

Est-ce que toute société conserve une face, une dimension -même secrète- qui serait de nature religieuse pour exister et persister, disons, de manière "convenable", en entretenant une relation à une forme de transcendance, de divinité ou à une dimension du sacré ou bien est-il possible que tous déploiements culturels, sociaux, moraux, familiaux, économiques, éducatifs, historiques, artistiques, narratifs, comportementaux, sociaux-psychologiques et même scientifiques, techniques et médicaux s'assument, s'acceptent et se reconnaissent comme pleinement sécularisés, sans retranchement, séparations ou frontières avec du "sacré", comme totalement désenchantés de tout arrière monde, de toute métaphysique ou de toute espérance eschatologique, de toute vision métaphysique téléologique, de toute théodicée ou vision apocalyptique?

Cette question se pose en fait surtout dans les sociétés dites modernes où il y a une distance, une indifférence, voire un athéisme, qui semble attester qu’il n’y a plus d’allégeance du politique au religieux.

Distance oui mais jusqu’où ? Une société est-elle viable dans la coupure totale à la religion ?

Elle survit certes un certain temps, sous l’ombre de Dieu, mais n’est-elle pas vouée dans un futur plus ou moins proche à la décadence, à la barbarie, la décomposition, car elle ne relie plus le lien social à quelque chose d’au-delà d’elle-même. C’est l’image d’un avion à court de kérosène qui continue quelques temps encore sa course sur sa lancée, en planant en quelque sorte profitant des forces qui l’ont propulsé jusque-là, mais il devra tôt ou tard subir les lois de la gravité sur sa carcasse de ferraille non seulement à sec mais ne bénéficiant plus d’aucune force de propulsion venant de son passé. Cette thèse est une vision pour le moins traditionaliste mais elle rencontre des défenseurs et des théoriciens ; elle est extrêmement pertinente et on ne peut décréter en faire l’impasse.

Mathius 07/07/2015 19:23

Attention aux interprétations.
L'humanité n'est qu'un postulat qui périodiquement remet en question toute morale .... La dernière fois ou l'Europe a perdue son âme fut la complicité de certains peuples avec hiltler qui a eu pour terme les atrocités des nazis . Rien a voir avec le problème maçonnique avec la GLAmf, attention à ne pas accuser des hommes qui se trompent de chemin initiatique avec des barbares qui cherchent le pouvoir par la perversion de leur âme.
Merci et bien fraternellement
Mathius

Aymeric 07/07/2015 13:12

Mes TC et BAF,

C'est avec intérêt que j'ai relu l'article de Luc Ferry. Je ne vous cache pas qu'à la lecture du Figaro je n'avais pas établi une relation avec la FM. J'étais bien absorbé par le problème européen. La 2ème lecture m'a permis d'apprécier une fois de plus la plume de Luc Ferry et surtout savourer la dernière phrase de l'article: " dans cette rupture, nous risquons tout simplement de perdre notre âme"

Cette dernière phrase s'applique à 100% aux FF qui ont quitté la GLNF pour la GLAMF.
Trahir la Maison qui vous a donné Lumière, qui vous a passé et élevé et peut-être vous a Installé, est-il autre chose que perdre son âme? Comment à coup de fausses informations pour ne pas dire de mensonges, certains ont-ils pu créer cette structure et attirer des FF de bonne foi? Cette opération n'est-elle pas une perte de son âme pour ses concepteurs?

Comment peut-on distiller de fausses informations pour attirer du monde dans son "équipe"? Ont-ils jamais eu une âme pour la perdre?

En tout cas, merci d'avoir publié cet article. Tandis que certains transforment leur blog en une publication d'insultes et de vulgarités de tout genre, celui dont nous sommes fiers publient des articles de fond.

Fraternellement,
Aymeric

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  • : Le Myosotis du Dauphiné Savoie - Le Blog de Fidèle d'Amour -
  • : Tribune créée dans un premier temps pour restaurer les valeurs éthiques et morales de la Franc-maçonnerie de Tradition dans la GLNF. Désormais, ayant contribué au succès de cet objectif, elle se consacre à la défense de ceux-ci, à la défense de la GLNF contre des attaques extérieures, et à promouvoir une vision de la Franc-maçonnerie régulière. Par ailleurs, seront présentés des articles reflétant mon étude, mes lectures, mes engagements, et mes sympathies.
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Référence et remerciements:

 

Par arrêt en date du 20 mai 2015, la cour d’appel de Paris a confirmé le jugement rendu le 6 mai 2014 par la chambre de la presse du tribunal de grande instance qui m'a déclaré coupable de diffamation publique envers François Stifani et Sébastien Dulac, à raison de la diffusion d’un message diffusé le 22 septembre 2010 sur le blog le myosotis-dauphine.savoie.over-blog.com. Je considère cet évènement comme l'attribution d'une Légion d'Honneur.

Merci aux soeurs et frères très nombreux qui m'ont soutenu dans ce combat de cinq années dont je m'honore, et dont je ne regrette rien.

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