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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 00:30
NOUS AVONS DESIRE LA LUMIERE...

Tout Franc-maçon s’est interrogé sur la création du monde, et particulièrement de la Lumière, ainsi que sur le sens à lui accorder.

Ne disons-nous-pas que nous avons désiré la lumière ? Oui, mais pour quoi en faire? Surtout, comment faire pour que cela ne reste pas une formule creuse ?

Dans le cadre de cette réflexion, chacun de nous a recherché selon sa sensibilité, sa culture, ses connaissances, sa curiosité aussi… Pour ma part, si l’aspect scientifique de la Création du monde et donc de la lumière m’a passionné – et souvent interloqué – j’ai beaucoup apprécié d’en découvrir l’approche qu’en ont les différentes religions qui se réfèrent au récit qu’en fait la Thora, plus communément appelé la Bible.

Parmi elles, bien-sûr, j’ai particulièrement approfondi la vision hébraïque, et je voudrais partager avec mes lecteurs qui me le réclament souvent, une étude qui nous touche particulièrement :

Dans la chronique de la Création, un détail frappe avec la force du mystère : pourquoi la lumière fut-elle créée avant toute chose, alors qu’il n’y avait aucun profit à en tirer ? La déclaration des Sages de la Thora au sujet de cette lumière ne fait qu’ajouter au mystère, car ils disent qu’elle fut immédiatement « cachée et gardée pour les justes dans la vie future ».

Un des principaux Maître du Hassidisme contemporain, le rabbi de Loubavitch, aujourd’hui disparu, explique la difficulté, en montrant les implications du récit de la Création pour l’individu et la conduite de sa vie.

La Première Création.

« Et l’Eternel dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut » (Genèse, 1,3). C’est la première des dix expressions formulées par D-ieu et par lesquelles Il créa le monde. Et la lumière fut la première de toutes les créations. Mais pourquoi en fut-il ainsi ? Car la lumière n’a pas en elle-même de valeur. Son utilité dépend des autres choses éclairées par elle, ou qui profitent d’elle. Alors, encore une fois, pourquoi la lumière fut-elle créée quand rien d’autre n’existait ? On ne saurait dire que c’étaient simplement des préparatifs pour ce qui allait être créé par la suite (de la même manière que le Talmud dit que l’homme fut créé en dernier « afin que tout fût prêt pour lui » (Traité Sanhédrin, 31a). Car s’il en était ainsi, la lumière aurait du être créée juste avant les animaux (qui peuvent distinguer la lumière de l’obscurité) ou, au plus tôt, juste avant les plantes (qui poussent avec son aide), le troisième jour de la Création.

La Lumière Cachée.

Nous avons vu que les Sages de la Thora déclarent que « la lumière créée le premier jour fut « cachée et gardée pour les justes dans la vie future » (Talmud Traité Haguiga12a sur Genèse 3,6). Mais il y a là un sacré paradoxe ! Puisque le seul but de la lumière est d’éclairer, pourquoi fallait-il la cacher aussitôt après sa création ? N’étais-ce pas nier sa raison d’être ? Si ces sages ont expliqué les raisons pour lesquelles la lumière devait être cachée, il reste à comprendre pourquoi, D-ieu prévoyant cela, l’a quand même créée dès le début… Un autre commentaire qui a lui aussi besoin d’une explication est celui du Zohar (Hadash III 28b) qui remarque que les mots hébraïques pour le mot lumière (OR composé des lettre Aleph, Vav et Rèch) et le mot secret sont numériquement équivalents (RAZ composé des lettre Rèch et Zaïn). Or, quand deux choses ont la même valeur numérique, c’est là, en Guematria, un signe qu’elles sont reliées l’une à l’autre (car, les choses ayant été créées au moyen de permutations de lettre du Verbe Divin, deux choses dont les noms sont formés de lettres de même valeur, partagent une forme commune essentielle). Mais là aussi nous sommes en présence d’un paradoxe : la lumière est, de par son essence, une chose révélée. Et un secret est nécessairement caché. Dès lors, comment deux contraires peuvent-ils partager une forme commune ?

Architecture de l’Univers.

Pour résoudre ces difficultés, il faut considérer une remarque faite par le Midrach : « De même qu’un roi désirant construire un palais, ne le fait que d’après un plan architectural préconçu, ainsi D-ieu se pencha sur la Thora et créa le monde » (Bereshit Rabbah sur au commencement).

En d’autres termes, en examinant l’ordre dans lequel un homme entreprend de réaliser un projet qui requiert des plans et une réflexion préalable, il est possible d’apprendre quelque chose sur l’ordre dans lequel D-ieu a fait venir le monde à l’existence. D’abord, cet homme se fixe le but à atteindre. Ce n’est qu’ensuite qu’il commence ce travail proprement dit. Nos Rituels ne nous disent pas autre chose. Ce fut aussi la manière adoptée par D-ieu. Et le but du monde qu’Il était sur le point de créer (un lieu où la lumière Divine serait cachée dans les linceuls épais de l’existence matérielle) (en hébreu le mot Monde : OLAM et le mot dissimulation ALOM se composent des mêmes lettres). Fut qu’il devait être purifié et la lumière originelle de D-ieu restaurée. Il Se chercha enfin « une demeure dans le monde inférieur », exprimant par là Sa volonté que le voile (l’obscurité) derrière lequel Il se cachait fut transformé en une présence révélée (la lumière). La lumière étant ainsi le but de la Création, et le but étant la première chose à décider dans l’ordre des travaux à entreprendre, la lumière fut créée dès le premier jour. L’intention de toutes les créations subséquentes était contenue dans la phrase d’ouverture : « Que la lumière soit ».

La Lumière Implicite.

Il y a cependant une allusion à la lumière dans chacun des jours suivant de la Création. Car l’œuvre de chaque jour se terminait par la déclaration « et D-ieu vit que c’était bien ». Or le mot bien fait allusion à la lumière ainsi que l’indique le fondateur du courant hassidique Habbad, Rabbi Shnéour Zalman de Lyadi dans son ouvrage magistral le Tanya, s’appuyant sur la Genèse 1,4 : « Et D-ieu vit la lumière, et que c’était bien ». Il s’ensuit que la lumière était présente chaque jour de la Création. Mais comment cela peut-il être, si la lumière est le but de la Création, et en tant que telle, explicite seulement au départ ? La réponse est que le but se manifeste de deux manières : explicitement au début du travail, et Implicitement à chacune de ses étapes, guidant chaque effort selon un plan préconçu, de façon qu’il se conforme à ce dernier. Il en résulte qu’il y a deux aspects de la lumière originelle : d’abord, comme elle fut révélée, en tant que but de la Création, le premier jour, avant que rien encore n’existât. Ensuite, comme elle fut sentie indirectement (et partant, l’objet seulement d’une allusion) les autres jours, façonnant le reste de la Création dans le sens de sa fonction.

Révélation et Accomplissement.

Il est ainsi maintenant possible de comprendre pourquoi le Zohar met l’accent sur le rapport existant entre « Lumière » et « Secret », et pourquoi il est dit qu’elle fut cachée et gardée pour les justes dans la vie future. Quand un immeuble est en cours de construction, sa forme finale n’est pas apparente. Seul l’architecte, dans son esprit, la perçoit. Elle se révèle seulement lorsque le travail est achevé. Il en est de même pour le monde : seulement quand il aura été amené à sa perfection par notre service durant les six mille ans de l’existence du monde (correspondant aux six jours de la Création) son but (la lumière) sera révélé pleinement. Cette lumière est, pour le moment cachée ; mais dans la vie future (quand le service terrestre aura été achevé), elle brillera à nouveau comme au premier jour. Toutefois, ce qui est caché est caché quelque part. Où donc l’est la lumière ? Les sages d’Israël disent : dans la Torah. Car, de même que le plan dessiné de l’architecte dirige la main du constructeur, ainsi la Thora apprend – par l’étude et l’accomplissement des commandements – à façonner le monde vers son accomplissement.

Du Monde à l’Homme.

Chaque humain est un microcosme du monde, et la destinée de celui-ci est celle de celui-là. Ainsi cet ordre de l’histoire spirituelle est aussi un ordre du service individuel. Ainsi, parmi les autres hommes, la « Lumière » est le but de chaque constructeur, de chaque maçon, qui est de transformer sa situation et ce qui l’environne en lumière. Non seulement de chasser les ténèbres (le mal) en s’abstenant de pêcher, mais de changer l’obscurité même en lumière, en s’engageant positivement dans le bien. Et son ordre doit être celui de D-ieu dans l’acte de création : d’abord, il doit formuler son but. Aussitôt qu’il s’éveille de son sommeil, quand il est une « création nouvelle » (Zohar Hadash 85a), et en fait à chaque instant - puisque le monde est continuellement recréé (Taya II, sur Au commencement) – il doit reconnaître que sa tâche est « que la lumière soit ». Puis il doit faire en sorte que ce but soit implicite dans chacune de ses actions, en les alignant sur le Volume de la Loi Sacrée, qui est le modèle de la Création…

Changer l’Obscurité en Lumière.

Si la lumière est le but de toute chose créée, il en découle qu’elle doit être le but de l’obscurité même. Car celle-ci a un but : elle doit exister non seulement pour être évitée (donnant à l’homme le choix entre le bien et le mal), mais aussi pour être transformée en lumière. Et si l’homme devait parfois désespérer – dans les ténèbres oppressantes d’un monde égaré (Cf. Genèse 1,2) – de faire prévaloir la lumière, sans parler de changer le mal en bien, il lui est dit dès le début : « Au (ou pour le) commencement, D-ieu créa… » à traduire comme nous l’avons vu plus haut par « pour le bien de »… Le monde fut donc fait de telle sorte que par le moyen du Volume de la Loi Sacrée il soit transformé en lumière éternelle de la présence révélée de D-ieu dans l’accomplissement messianique des paroles d’Isaïe : « Ce ne sera plus le soleil qui te servira de lumière pendant le jour, ni la lune qui t’éclairera de sa lueur ; mais l’Eternel sera ta lumière à toujours ». (Isaïe 60,19).

Ainsi, cette phrase, « Nous étions dans les ténèbres, et nous avons désiré la lumière », prend tout son sens en Maçonnerie de Tradition.
 

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Published by Emmanuel S.19864 - Fidèle d'Amour
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commentaires

cincinnatus 13/10/2015 00:36

"Pourquoi la lumière fut elle créée avant toute chose"

S'il en est ainsi alors il faut que je revois mes connaissances en physique!
A priori la lumière est provoquée par des radiations dont la fréquence est telle qu'elles relèvent du spectre visible.
Or une radiation est produite par ce que j'appellerai un retour à la case départ d'électrons qui se sont trouvés "excités" suite à un apport d'énergie, une augmentation de température par exemple.
Qui dit électrons dit matière, donc la matière a précédé la lumière CQFD
Mais mais mais je veux bien admettre que le GADLU puisse inverser l'ordre des choses!!!

Mathius 04/10/2015 22:33

Mon bien aimé frère Emanuel,
Penses tu pas qu'il manque un préambule sur ta définition du temps pour une meilleure compréhension de ta lumière.
Le paradoxe dans ta réflexion est le ton dogmatique de ton discours alors que tu essaies de faire toucher à chacun sa propre vérité pour faire son chemin de vie en paix.
Toute lumière mène à une source lumineuse aveuglante, ã chacun son rayon pour y parvenir... Vive la passion... Rire
Je t'embrasse ainsi tous nos frères.
Mathius

le voyageur 04/10/2015 11:19

TC Emmanuel,
Qu'est que tu veux que je dise de plus?
(:-))
Très fraternellement.

Emmanuel S.19864 - Fidèle d'Amour 04/10/2015 11:27

Bonjour Mon Très Cher Frère Voyageur,
Tout d'abord, te dire ma joie de t'avoir retrouvé il y a 15 jours!...
Ensuite, si tu nous fait part de ce que cette recherche t'inspire (je veux dire TA recherche...)
Avec ma très fraternelle affection.

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  • : Le Myosotis du Dauphiné Savoie - Le Blog de Fidèle d'Amour -
  • : Tribune créée dans un premier temps pour restaurer les valeurs éthiques et morales de la Franc-maçonnerie de Tradition dans la GLNF. Désormais, ayant contribué au succès de cet objectif, elle se consacre à la défense de ceux-ci, à la défense de la GLNF contre des attaques extérieures, et à promouvoir une vision de la Franc-maçonnerie régulière. Par ailleurs, seront présentés des articles reflétant mon étude, mes lectures, mes engagements, et mes sympathies.
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Référence et remerciements:

 

Par arrêt en date du 20 mai 2015, la cour d’appel de Paris a confirmé le jugement rendu le 6 mai 2014 par la chambre de la presse du tribunal de grande instance qui m'a déclaré coupable de diffamation publique envers François Stifani et Sébastien Dulac, à raison de la diffusion d’un message diffusé le 22 septembre 2010 sur le blog le myosotis-dauphine.savoie.over-blog.com. Je considère cet évènement comme l'attribution d'une Légion d'Honneur.

Merci aux soeurs et frères très nombreux qui m'ont soutenu dans ce combat de cinq années dont je m'honore, et dont je ne regrette rien.

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