La crise couvait à la GLAMF presque depuis l’installation de son deuxième Grand Maître Claude Beau en janvier 2016. Celui-ci, semblait alors encore pétris des valeurs de la GLNF qu’il affirmait auprès du journaliste F. Koch…
Or ce n’était pas la « part de marché » que désirait occuper le duo constitué de Claude Seiler et de Dominique Moreau, les véritables patrons de la GLAMF. Lesquels le lui ont rappelé se sont empressés de mettre Claude Beau au pas, et lui ont rappelé que son rôle ne consistait qu’à communiquer sur leurs décisions, voire à les mettre en œuvre.
Claude Beau, conscient du fait que le rapport de force ne jouait pas en sa faveur, s’est exécuté.
Dès lors, d’ardent défenseur des formes de la régularité, il est devenu du jour au lendemain le chantre du libéralisme en maçonnerie, allant jusqu’à accepter des inter visites bien éloignées de ses convictions premières.
Mais plus grave encore, le duo Seiler – Moreau désirant verrouiller leur obédience pour en conserver le pouvoir le plus longtemps possible, s'est lancé dans une entreprise visant à changer les institutions, de telle sorte à contrôler tous les organes et à empêcher l’inverse, à savoir d’empêcher tout organe de la GLAMF de contrôler son exécutif…
Si ce n’était tragique, on sourirait en rappelant le slogan de départ des factieux qui ont fondé cette obédience, et qui la main sur le cœur proclamaient : « Nous ne luttons pas pour prendre le pouvoir, mais pour vous le donner » !...
Or, la GLAMF s’est construite en s’appuyant sur des Maison de Rites (6) dont la plus grande est la Maison des Maîtres Maçons du Rite Ecossais Ancien et Accepté, forte de 11.240 Frères sur les 15.000 que revendique la GLAMF. Autrement dit, une obédience dans l’obédience.
Une situation que les chefs de la GLAMF estiment dangereuse pour eux puisqu’ainsi, la MMMREAA dispose sur le papier d’un réel contre-pouvoir. Inacceptable pour le trio Seiler-Moreau – Beau qui sont entré en guerre contre les chefs de cette Maison de Rite, qui disposent comme les autres chefs de Maison de Rite au sein de la GLAMF, du statut d’Assistant Grand Maître, titre honorifique dénué de tout pouvoir.
Le précédent chef de la Maison du REAA, Jean-Claude Pers. usé, en a été tellement écœuré qu’il a démissionné de ses responsabilités et de la GLAMF, avant de mourir emporté par un cancer…Les Frères présents aux obsèques m’ont rapporté avoir été particulièrement choqué de l’absence des dirigeants de la GLAMF…
Son successeur, Xavier Est. a lui aussi été rapidement neutralisé, en étant suspendu de ses fonctions sous un motif si futile et si injuste, qu’il a été réintégré dans toutes ses prérogatives par le Grand Maître Beau, obligé de se déjuger (voir article précédent).
Le Myosotis Occitan, blog administré par un des plus ardents fondateurs de la GLAMF publie depuis quelques jours les actes des différentes phases de la guerre que se livre la direction de la GLAMF (Claude Seiler – Dominique Moreau – Claude Beau) qui s’appuient sur une sorte de clan constitué par les administrateurs des blogs dont Dominique Moreau était le chef de file durant la crise de la GLNF, et qui tous juraient ne se battre que pour les idéaux et non pour le pouvoir. Pouvoir qu’ils verrouillent cependant dans cette obédience depuis sa création en 2012.
Et le Myosotis Occitan, disposant d’informations qui lui viennent des meilleures sources, décrit documents à l’appui, la guerre de position que se livre la direction de la GLAMF et la Maison du REAA. Le 15 septembre 2015, il écrivait : « C’est ainsi encore que nous apprenons que cette CMF, que nous avons saluée lors de sa création, n’existe plus depuis Septembre 2015. Mieux encore, une nouvelle instance l’aurait remplacée, à laquelle nous appartenons aussi, sans avoir été consultés et sans en connaître l’objet ni les statuts. En outre, le titre « Pôle Tradition » de cette nouvelle instance permet de nourrir les pires craintes, tant la notion de tradition a été récupérée. Il ne s'agit plus de comprendre le génie d'un rite ancestral au cœur de son époque pour en tirer les enseignements en les adaptant aux problèmes et aux outils contemporains. Il ne s'agit souvent que de rebaptiser les archaïsmes pour "que tout change sans rien changer". La gouvernance de la GL-AMF, réduite à quelques idéologues d’eux-mêmes qui s’auto-légitiment par le jeu des nominations croisées et se croient tout permis, conduit ses petites affaires dans une tranquille opacité. Cela lui permet de cacher ainsi une absence de vision qu’elle compense par des postures variables : Régulière, Spiritualiste, Traditionnelle ; ou des promesses : Souveraineté des LL, liberté des hommes, transparence d’organisation, trahissant les unes et les autres au gré des évènements et sans souci de cohérence, avec le plus grand mépris pour l’institution que nous lui avons confiée. »
Or, on apprenait que le Conseil de surveillance avait l’intention d’auditer le Bureau National de la GLAMF, dans ses locaux…Ce que l’exécutif de l’obédience, par la voix de son Grand Secrétaire Fred Pic. ne pouvait accepter, et inversait les choses en convoquant dans le plus pur style stifanien le Président du Conseil de surveillance à la même date, dans les mêmes lieux non pour auditer mais pour fournir des explications « avant de prendre éventuellement les mesures qui s’imposeraient »
Le Myosotis Occitan poursuivait le 3 octobre 2015 ainsi : « Le VF, Claude BEAU, Pdt-GM n’a jamais abusé de la communication pour nous informer. Mais, tout-à-coup, il nous fait part de la mise en garde solennelle qu’il adresse au Conseil de Surveillance, et il ouvre le courrier qu'il lui adresse à tous les membres de la GL-AMF, auprès desquels sans doute cette réaction est supposée affirmer son autorité. Ce n'est pas de la transparence, c'est de la propagande. Mais, les membres du Conseil de Surveillance sont les élus des loges, et mieux que lui élus puisqu’ils n’ont pas bénéficié d’un suffrage censitaire. Et c’est donc aux loges et à leurs représentants plus légitimes que lui que le Pdt-GM tient les propos caporalistes dont il fait complaisamment état. Qu'est-ce qui lui a pris? N'a-t-il pas compris la situation ? Dans quel monde se croit-il pour reprocher à des élus d’informer leurs électeurs ? Le Conseil de Surveillance est la seule instance qui dans son rôle dispose de la crédibilité conférée par l’élection de ses membres par les loges, à la différence des autres instances de la GL-AMF. Jusqu’à ce jour, cette instance s’était cantonnée dans un alignement paisible que nous n’avons pas manqué de lui reprocher, lui rappelant qu’elle est la voix des loges, une voix longtemps, trop longtemps, inaudible. Aujourd'hui, alors que cette voix se fait entendre, le VF Claude BEAU, Pdt-GM, profite d’un système verrouillé méticuleusement par son prédécesseur Alain JUILLET, aidé par quelques caciques dont les nominations croisées au sein de nos différentes instances constituent un bloc organisé pour durer, pour lui intimer de se taire ! Le Conseil de Surveillance est la seule instance qui, par l’élection directe de ses membres, est indépendante du blockhaus de la gouvernance. Aussi, son initiative d’ouverture est-elle pour cette gouvernance l’indice d’un danger. Ce qui explique la crainte et la très vive réaction du VF Claude BEAU ».
Puis, le 4 octobre 2015 : « Devant la manifestation d'indépendance du Conseil de Surveillance, le VF Claude BEAU, Pdt-GM, n'a pas caché son inquiétude avant l'audit prévu le 7 septembre (…) du Bureau National qu'il préside, par le Conseil de Surveillance. Ainsi, soucieux de légitimité et nuancé comme il sait l'être, le Pdt-GM a annulé arbitrairement cet audit supposé contrôler l'action de son Bureau, et l'a retourné contre le Président et plusieurs membres du Conseil de Surveillance, qu'il met en examen. Chacun peut s'inquiéter de cet autoritarisme colérique peu éclairé, et comprendra que cet audit revêt désormais une grande importance, en ce que l'on s'interroge sur les raisons que le GM avait de le craindre à ce point. Cf. ci-dessous copie de la lettre édifiante du VF Claude BEAU, Pdt-GM, au Président du Conseil de Surveillance ».
Or, je puis affirmer que Xavier Est., chef de la Maison du REAA, a peine réintégré dans ses prérogatives par une « Conciliation » et non par une décision de la Chambre de Justice (ce qui en dit long sur le contexte de cette « négociation ») a pris position en demandant le 5 octobre 2015 (soit au lendemain de la mise en garde/ menace de Claude Beau à son Conseil de Surveillance) à ce même Conseil de Surveillance d’examiner « les disfonctionnement manifestes de notre association au regard de ses propres dispositions statutaires, comme des Constitutions Maçonniques et Règlements associés. ».
Il soulignait :
1) la contravention permanente à l'application de l'article 23 des Constitutions relatif au « Grand Secrétariat », s’élevant contre « la rétention et la centralisation de toute information utile entre ses mains et à sa discrétion, comme le refus réitéré de rétablir pour les Officiers de la Maison du R.E.A.A. toute possibilité d'extraction directe du fichier de l'association, constituent à cet égard une entrave manifeste anormale et continue au fonctionnement normal de l'association à travers ses instances légitimes et régulières. »
2) l'immixtion du Grand Secrétaire de l'association dans la gestion comptable de l'association et dans celle de la Maison du R.E.A.A. en violation de l'article 24 des Constitutions.
Et de conclure ainsi : « Au regard de ces deux éléments, révélateurs à notre sens de l'aggravation des dérives fonctionnelles du Bureau associatif de l'Obédience, et conformément aux attributions statutaires du Conseil de Surveillance de la GL-AMF, je viens donc par la présente solliciter l'intervention du Conseil de Surveillance en vue de contrôler dans les meilleurs délais la nature de l'activité et des interventions du Bureau de notre association. En effet, en vertu des dispositions de l'article 4 des statuts, cette instance civile est appelée à exercer ses fonctions sous le contrôle du Conseil de Surveillance, ce qui confère à ce dernier une responsabilité particulière en la matière. »
Ce même 5 octobre 2016 je publiais un article (voir ci-dessous) dans lequel je titrais que le Grand Maître Claude Beau s’était déjugé en réintégrant le chef de la Maison du REAA près avoir écrit le concernant que « face à ses responsabilités et vu l’extrême gravité d’un comportement qui le déshonore, une seule issue s’impose à lui : la démission »…
Sa crédibilité après cela demeurait forcément très aléatoire…
C’est probablement ce qu’ont fait valoir auprès de lui nombre de Frères, au premier rang desquels se trouvaient le duo Seiler – Moreau…
En démissionnant, Claude Beau a beau se faire passer pour une victime, la réalité est bel et bien qu’il a tenté de museler l’essentiel de son obédience, en tentant de prendre progressivement tous les pouvoirs par des retouches successives aux constitutions.
Ce qui est plus surprenant, c’est la démission du chef de la Maison du REAA qui survient presque simultanément, et après celle de son précédent Député qui avait assuré l’intérim durant sa suspension.
Celle-ci, largement diffusée,et publiée dans le Myosotis Occitan (http://data.over-blog-kiwi.com/0/68/39/51/20161008/ob_806638_161007-lettre-demission-xest.pdf ), constitue un état des lieux réel de l’état de cette obédience : « Les jeux de clans et les petits complots, la confiscation numérique de toute communication entre les mains du seul Fred Pic. (en qui, personnellement, je n’ai plus aucune confiance), les campagnes de discrédit méticuleusement orchestrées, les bouffées d’autoritarisme ridicule, le fonctionnement associatif, la gestion opaque et les refus de transparence, les pressions sur le Conseil de Surveillance, le mépris désinvolte des statuts et des Constitutions Maçonniques, la volonté manifeste de rétention des informations à l’égard des Loges et des Frères, la déconstruction méthodique du positionnement initial de l’Alliance, la confusion générale qui en découle et la perte des fondamentaux de la démarche initiatique, tout paraît conduire inéluctablement la GL-AMF vers une déliquescence rapide si la barre n’est pas redressée vigoureusement dans les meilleurs délais. Ce n’est pas la faute dun homme, c’est l’échec d’une équipe : marionnettes et marionnettistes. Dance ce tourbillon de bétises, d’incompétences, et d’actions nuisibles au sein de l’Obédience, qui confinent à l’absurde, la Maison du Rite elle-même se trouve aujourd’hui fragilisée. (…) »
Ainsi, Dominique Moreau, presque 7 ans après le puputche du 4 décembre 2009 au sein de la GLNF, devient enfin, au terme d’une révolution de palais, Grand Maître d’une « obédience » !...
Oui, mais par la petite porte, et non par le choix de ses Frères…
Accordons-lui cependant qu’il n’a pas ménagé son temps pour cela.
Mais, c’est d’une obédience moribonde qu’il prend les commandes, avec l’essentiel de ses membres qui se défient de la ligne qu’il a établi, et tente d’imposer.
Il est d’autant plus fragilisé que dans la « campagne » qui a conduit à l’élection du Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil Pour la France, Moreau a clairement soutenu le candidat du SGC sortant, Jean-Luc Fauque (avec lequel il est lié d’amitié), tenant d’une ligne extrémiste, et qu’il a été battu à plate couture au bénéfice d’Henri Lustman, qui tenait à sauver la Juridiction de l’abîme ou l’a conduit sa précédente direction…
Tout cela, est particulièrement consternant.
On pourrait penser que j’aurais beau jeu de me gargariser d’avoir prédit ce qui arrive depuis bien des années, d’avoir depuis des mois raconté ce qui se passe, d’avoir été le premier à avoir annoncé que la GLAMF était en crise grave dès le printemps dernier sous les dénégations, les quolibets et les insultes de l’organe de communication que dirige en sous-main Dominique Moreau, connu sous l’appellation de blog infâme… Ceux-là, une fois encore sont ridiculisés par les faits, eux qui affirmaient sans rire que « la GLAMF va bien et que la sérénité y règne » ! Observons au passage que les mêmes causes produisent les mêmes effets, que ce soit à la GNF ou à la GLAMF, avec l’équipe Seiler-Moreau…
Pourtant, non, je ne me réjouis pas, loin de là.
Car j’ai tant de Frères avec lesquels je suis lié qui ont été trompés par des dirigeants qui ne pensaient qu’à leur ambition personnelle, et qui aujourd’hui sont désemparés, se rendant compte qu’ils ont été floués…
J’ai de la peine pour eux, car je comprends leur désarroi, j’ai éprouvé le même à l’époque de François Stifani, l’ex Grand Maître aujourd’hui heureusement radié de la GLNF.
C’est maintenant à eux de prendre leur destin en main.
En attendant, je ne peux que me féliciter que la semaine dernière, lors de la Tenue de ma R.’.L.’., Menorah, nous avons voté la réintégration au sein de la GLNF de l’un de nos anciens, revenu de la GLAMF.