Le jeune Grand Maître de la Grande Loge de Côte d’Ivoire est mort hier mercredi 10 mars 2021 à l’âge de 56 ans des suites d’un cancer très rare, dans un hôpital Freiburg im Breisgau en Allemagne.
Dans le monde profane, il était le premier ministre de la République de Côte d’Ivoire.
Monsieur Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire, lui a rendu un hommage vibrant dans un communiqué : « Je rends hommage au premier ministre, Hamed Bakayoko, mon fils et proche collaborateur, trop tôt arraché à notre affection ».
Né le 8 mars 1965 à Abidjan, dans une famille musulmane de de la classe moyenne, originaire du nord du pays, il s’était intéressé dès sa jeunesse au journalisme et à la politique.
Fondateur à 25 ans, du journal « Le Patriote », devenu le quasi-organe du Rassemblement des républicains (RDR), le parti de M. Elhassane Ouattara, auquel il avait adhéré dès sa fondation, en 1994.
En 1993, il avait dirigé la radio Nostalgie Côte d’Ivoire, la première station commerciale du pays, en plein printemps de la presse ivoirienne, ce qui l’avait fait apprécier des milieux artistiques, de la musique et du show-business.
Il était devenu ministre au début des années 2000. Il avait été ensuite de tous les gouvernements pendant près de vingt ans.
M. Bakayoko avait été évacué en France par avion spécial pour « raisons de santé », avant d’être transféré en Allemagne le week-end dernier.
Nommé chef de gouvernement en juillet dernier, il était aussi ministre de la défense.
Beaucoup voyaient « HamBak », populaire y compris au-delà de son camp politique, comme un possible successeur du président Alassane Ouattara.
En effet, il avait pu exprimer son talent d’homme de paix, quand, après avoir été ministre des télécommunications et des nouvelles technologies ( poste qu’il gardera dans tous les gouvernements d’union nationale, sous le régime de l’ex-président Laurent Gbagbo), il était devenu ministre de l’intérieur avec l’arrivée au pouvoir du Président Alassane Ouattara en 2011, poste qu’il avait conservé jusqu’en 2017, réussissant à maintenir l’ordre dans un pays revenant à la paix, notamment grâce à ses nombreuses relations dans tous les milieux, aussi bien parmi les anciens chefs de la rébellion que dans l’opposition.
En juillet 2017, il avait été nommé ministre d’Etat, ministre de la défense et numéro deux du gouvernement, où il avait eu la lourde tâche de gérer plusieurs mutineries dans l’armée.
En 2018 il avait été élu maire d’Abobo, l’une des deux grandes communes populaires d’Abidjan, au terme d’un scrutin cependant terni par des violences.
En 2020, son nom avait circulé comme présidentiable, avant la désignation du premier ministre Amadou Gon Coulibaly comme candidat du parti au pouvoir pour l’élection présidentielle d’octobre. Après la mort inattendue de ce dernier d’un infarctus, qui a conduit M. Ouattara à revenir sur son engagement et à se faire réélire, M. Bakayoko avait d’abord été désigné pour assurer l’intérim, puis nommé premier ministre. Après la présidentielle du 31 octobre, marquée par le boycottage de l’opposition et des violences ayant fait une centaine de morts, « HamBak » avait ramené l’opposition à la table des négociations, ce qui a permis des élections législatives apaisées, avec la participation de toutes les forces politiques. Quatre jours avant sa mort, il avait lui-même été largement réélu député dans son fief de Séguéla (Nord) aux législatives du 6 mars.
C’était un grand ami de la France. Ne l’oublions pas.