Au début du texte de la Genèse, il est écrit
וְהָאָרֶץ הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ וְחֹשֶׁךְ עַל־פְּנֵי תְהוֹם וְרוּחַ אֱלֹהִים מְרַחֶפֶת עַל־פְּנֵי הַמָּיִם׃
Véha-aretz hayetah tohu va-bohu, vé’ḥoshekh ‘al-péné tehom, vérouaḥ Elohim meraḥéfet ‘al-péné ha-mayim. « et la terre était tohu bohu, l’obscurité régnait au-dessus des abîmes et l’esprit de D-ieu planait au-dessus des eaux » (Genèse 1,2).
Dès le début, on voit que le monde a été créé obscur, désordonné, avec des forces négatives (tohu, bohu, obscurité et abîmes).
Les sages d’Israël enseignent que ces quatre mots font allusion aux quatre forces du mal, les trois forces du mal complètement impures et la « klipa noga » intermédiaire… mais en même temps, la présence de D-ieu était manifeste puisque son « esprit planait ».
De plus, ces sages enseignent que lorsque la Torah parle de « l’esprit de D-ieu », il s’agit plus précisément de l’esprit du Messie. Selon eux, tout a été créé à la source de manière idéale, le monde comprend déjà son objectif, clairement établi, dès sa création. L’objectif du monde est de parvenir à l’ère messianique, comme il est dit la fin se retrouve au début
«סוֹף מַעֲשֶׂה בְּמַחְשָׁבָה תְּחִלָּה », Sof maassé be-machshava tehila, La fin de l’action est dans la pensée du commencement. (Midrash Bereshit Rabbah 1,4).
Cela existe dans chaque projet, lors de la conception, l’architecte voit déjà le projet terminé et abouti, il voit l’objectif final, ensuite, il commence la réalisation du projet, étape par étape. A fortiori, s’agissant du Grand Architecte De l’Univers. Le Bon D-ieu, l’Architecte du monde, montre à ses créatures les objectifs du monde avec même sa réalisation.
Il montre que dès le début, l’objectif final du monde a été prévu : le dévoilement du Messie qui règne au-dessus des ténèbres, du chaos et de l’obscurité, il les domine et parvient à les transformer en lumière et D-ieu dit « Que la lumière soit, et la lumière fut »…(Genèse (Bereshit), 1,3) וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים יְהִי אוֹר וַיְהִי אוֹר Vayomer Elohim yehi or vayehi or.
« Et Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. »
C’est bien là un enseignement à retenir : Au début de l’année, tout le travail de l’année reste à faire et même encore plus que l’année précédente car D-ieu demande toujours plus. Certes, l’obscurité et les forces négatives règnent dans le monde : une pandémie a paralysée et apeurée récemment le monde entier, le 7 octobre a eu lieu révélant magistralement l’état du monde ; c’est le sens que Rashi, immense exégète de la Torah, (qui vivait à Troye en Champagne au XIème siècle) donne à la formule Tohu Bohu : vide, solitude, chaos et apeurement. Mais « l’esprit de D-ieu plane au-dessus »…
Il nous appartient, créatures de D-ieu d’amener la lumière du Volume de la Loi Sacrée, et plus particulièrement aux enfants d’Israël celle de la Torah et de ses commandements.
De même, ne pas oublier que l’esprit Divin plane, et que, enseignement crucial par les temps qui courent, nous ne devons pas baisser les bras, même si l’obscurité est redoublée, même si les forces négatives essayent de nous décourager !
Il ne faut pas se laisser impressionner par l’obscurité ou par les forces du mal. Le mal existe depuis la création du monde et on ne peut pas penser qu’il existait parce que D-ieu était absent, car tout de suite après, le verset suivant enseigne que D-ieu était bien présent « et l’esprit de D-ieu planait au-dessus des eaux », et déjà la perfection du monde et son aboutissement avec la venue du Messie étaient présents. Il suffit de le souhaiter sincèrement « que la lumière soit » et la lumière apparaîtra et chassera toute l’obscurité. En d’autres termes, il suffit de vouloir, de chérir et de désirer de tout cœur la lumière de D-ieu et de son Messie, pour que les ténèbres disparaissent….
Tout a été créé pour le bien ce qu’on vérifie dans les versets qui suivent : « D-ieu sépara la lumière et des ténèbres, la lumière il l’appela jour et les ténèbres nuit, il fit un soir, il fit un matin, jour un. ».
וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת־הָאוֹר כִּי־טוֹב וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחֹשֶׁךְ׃ וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לָאוֹר יוֹם וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה וַיְהִי־עֶרֶב וַיְהִי־בֹקֶר יוֹם אֶחָד׃
Vayar Elohim et ha-or ki tov; vayavdel Elohim bein ha-or u-vein ha-hosheh.
Vayikra Elohim la-or yom, vela-hosheh kara layla; vayehi erev, vayehi voker, yom ehad.
Le verset mentionne « jour un » et pas, le premier jour, comme il appela les autres jours de la création, deuxième, troisième jour etc... Rashi l’explique d’après le Midrash Rabba, D-ieu était le premier jour seul dans le monde, les anges n’ont pas été créés qu’au deuxième jour.
Par conséquent, en ce premier jour, D-ieu est un, « yahid » seul. Il en est de même après toute la création du monde, comme il est écrit « je suis l’Eternel et je n’ai pas changé ». (Malachie 3,6) (מַלְאָכִי) כִּי אֲנִי יְהוָה לֹא שָׁנִיתִי, וְאַתֶּם בְּנֵי יַעֲקֹב לֹא כְלִיתֶם.
Ki ani Adonaï lo shaniti, ve’atem benei Ya‘akov lo kilitem.
La création n’a produit de changement que par rapport au bas, au monde matériel. La création ex-nihilo n’est appelée ainsi que par rapport à l’humanité, mais la vraie existence est D-ieu qui donne vie au monde entier. Le monde n’existe que parce que le souffle divin le fait vivre en permanence. Le Messie pourra alors amener la réparation aux lumières de Tohu, par l’intermédiaire des lumières de Tikoun (monde de la réparation), par la Bible qui explicitent et montrent comme si on le voyait avec nos yeux matériels que toute la création du monde ne vient que par le souffle et la parole de D-ieu, et sans Lui, il n’y a aucune existence.
Sans Lui, sans sa parole, rien d’autre ne peux exister, pas même une seconde…
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