Une délégation de la R.’.L.’.La Rose des Alpes n°1768 conduite par son V.’.M.’., Olivier Alp. (qui malheureusement a dû rentrer prématurément pour des raisons familiales) s’est rendue sur l’île de beauté, du 20 au 27 mai dernier afin de visiter les Frères de la R.’.L.’. Granitula n° 1285 à l’Or.’. de Bastia. A cette occasion, ils ont pu assister à la Tenue des Frères Corses. Ce voyage a laissé un souvenir impérissable. A tel point que hier soir, lors de la Tenue de la R.’.L.’. La Rose des Alpes, Tenue qui s’est déroulée avec l’atmosphère chaleureuse habituelle, un éminent Frère (qui a demandé à garder l’anonymat) a tenue à présenter un compte-rendu de ce voyage aux Frères de la loge ainsi qu’aux nombreux visiteurs. La relation qu’il a faite de ce périple m’a profondément ému, raison pour laquelle je pense adéquat de la partager avec les lecteurs de ce blog, cela pour trois raisons :
- Le désir de rendre hommage à ce Frère qui se dévoue pour la Province du Dauphiné-Savoie depuis de nombreuses années. Présent hier soir à la Tenue afin de rendre hommage aux hôtes corses, il a fait montre d’un bien grand courage alors que dès ce matin de bonne heure, il devait subir une intervention chirurgicale des plus pénible.
- Parce que le récit poignant qu’il a fait, saisi parfaitement et subtilement des étincelles de l’âme corse, la simplicité mais la profondeur des valeurs que ce peuple perpétue dans un monde ambiant qui en est de plus en plus dépourvu. Il y a en corse beaucoup de ce que nous appelons en yiddish des « mentche », des hommes, des vrais, qui ne cherchent pas des prétextes pour se dérober lorsque le devoir les appelle. Des hommes d’honneur et de courage, fiers de leurs racine, de leur culture, de leur religion et de leur pays. Ils peuvent en remontrer, et sur le continent, on serait bien inspiré de prendre exemple sur eux dans bien des domaines. Ce n’est pas pour rien qu’au sein des communautés juives du monde entier, on l’appelle « l’Ile des Justes », car, durant la seconde guerre mondiale et notamment au temps de l’occupation allemande, les juifs ont été massivement aidé et protégés par la population. Nous, les hébreux, nous sommes le Peuple de la Mémoire, et nous n’oublions pas.
- Le destin m’a fait parrain d’une petite (aujourd’hui jeune femme) corse, ce que j’ai endossé comme une immense responsabilité, et m’a fait connaître « le clan ». Cela m’a beaucoup ému, d’autant que le « clan » s’est déplacé chez moi en Israël, lors de la Bar Mitzva de mon fils…
Voici donc le récit de notre R.’.F.’. Georges G. dont je préserve ici l’anonymat. 😅
« V.’.M.’. et vous tous mes frères en vos grades et qualités, notre voyage en Corse ne peut pas se raconter, il doit se vivre.
Comment vous décrire l’accueil de nos FF.’. au sein de la R.L. Granitula n° 1285 à l’Or. de Bastia ? Tout d’abord la simplicité, comme si on s’était déjà vu la veille, je ne vous parle pas de l’apéritif où de la charcuterie, les pizze et le vin qui nous imprégnaient déjà de l’atmosphère que nous allions vivre. Puis l’entrée en Loge orchestrée par le M.’.D.’.C.’. qui appelle et annonce chaque F.’. et chaque visiteur selon leur grade, la porte s’ouvre par le F.’. expert et chacun pénètre dans la noirceur profonde dans laquelle est plongée la Loge, nous rappelant que nous sortons du temps.
Ensuite, le V.’.M.’. m’empoigne alors fermement mon bras et me fait cheminer à ses côtés jusqu’à l’Orient où j’ai eu l’honneur de présenter les salutations fraternelles de notre Province et des Loges représentées, Solsequia n° 137 à l’O.’. d’Annemasse, l’Etoile du Mont-Blanc n° 2143 à l’O.’. de Sallanches, puis naturellement, la Rose des Alpes n° 1768 à l’O. de Nangy en excusant bien entendu mon V.’.M.’. Olivier, renté précipitament sur le continent la veille au soir pour raison familiale.
La Tenue s’est déroulée dans une bonne humeur remarquable où il me plait à souligner l’humour corse très particulier qui a permis de dérouler la tenue où nous vécûmes une élévation très inspirante par ses particularités pour lesquelles notre précepteur du R.’.E.’.A.’.A.’., notre T.’.V.F.’. Arnaud Ghe. a pris de nombreuses notes.
J’ai tout naturellement délégué à notre B.’.A.’.F.’. Pascal Lac. (qui s’est occupé admirablement de l’organisation de ce voyage) la mission de monter à l’Or. pour remettre au nom de tous les FF.’. Haut-savoyard présents la médaille de la R.’.L.’. la Rose des Alpes.
Notre T.’.V.’.F.’. Arnaud a également remis l’emblème de la R.’.L.’. l’Etoile du Mont-Blanc symbole de l’Etoile Flamboyante qui illumine désormais les travaux de nos deux loges, ce qui fit prendre au V.’.M.’. Alexandre Del.’. la ferme décision d’organiser un voyage dans nos alpages.
L’égrégore étant à son paroxysme, nous aurions pu nous attendre à passer aux agapes, mais non ! Un présent fut alors distribué à tous les FF.’. présents et j’ai le plaisir de vous transmettre de la part du V.’.M.’. en chaire celui qui vous fut destiné V.’.M.’.
L’humour corse s’exprime ainsi, non seulement par la dérision, mais aussi par l’amour fraternel qui unis tous les FF.’. En effet, à notre grande surprise, le V.’. M .’. s’adressa à nous tous en exprimant son regret que leur R.’.L.’. Granitula ne possède plus de médaille à offrir. Et dans un geste d’amour fraternel remarquable, chaque FF.’. de la Loge s’est levé et s’est dépouillé de sa propre médaille de Granitula fixé sur sa poitrine et l’a offerte à chacun des FF .’. visiteur. L’émotion était à son comble.
Je vous invite à faire circuler celle qui me fut remise…
Maintenant V.’. M .’. , nous ne pouvons pas quitter la Corse sans vous parler de l’âme Corse, raison pour laquelle je vais prendre leur accent pour vous décrire plus profondément ce qui suit :
Les chants polyphoniques corses ne s’écoutent pas seulement avec l’oreille : ils se reçoivent presque comme une mémoire vivante.
Ils portent en eux la rudesse des montagnes, l’isolement des villages, la foi populaire, les deuils, les révoltes, l’honneur familial et cette fraternité profonde qui caractérise l’âme corse.
La polyphonie corse — la paghjella — est née d’un peuple qui a longtemps vécu entre silence et résistance. Trois voix s’élèvent, se cherchent, se heurtent parfois, puis s’unissent dans une harmonie puissante et grave.
Cette manière de chanter traduit toute une mentalité : en Corse, l’individu existe, mais il ne prend pleinement sens qu’au sein de la communauté. Chacun tient sa voix, sans jamais effacer celle des autres.
Écouter ces chants, c’est entendre :
• la spiritualité des confréries dans les églises de pierre ;
• la nostalgie des départs et de l’exil ;
• l’attachement viscéral à la terre et aux anciens ;
• la fierté d’un peuple qui a toujours voulu rester libre ;
• mais aussi une immense tendresse cachée derrière la pudeur corse.
Elles parlent de mort, d’amour, de foi, de transmission et de fidélité. Elles ne cherchent pas l’effet spectaculaire : elles cherchent la vérité humaine.) ».
R.’. F.’. Georges Ghe. La rose des Alpes 3 juin 2026
De tout cœur avec toi Georges, bonne et prompte guérison !
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