Devant les tentatives de ce qu’il faut bien appeler des spécialistes de la manipulation qui tentent de transformer l’échec magistral de la délégation de la GLAMF à la conférence de Baltimore en victoire de communication, il convient de rétablir les faits, et surtout, pour l’analyste sérieux, de se baser sur les seuls éléments qui rentrent en ligne de compte, c’est-à-dire les écrits.
Dans le cas présent, il est indispensable de se fonder uniquement sur le rapport de la commission de reconnaissance des Grandes Loges américaines à Baltimore, le 18 février 2014. Voté à l’unanimité des délégués, seul lui compte, à l’exception de toute autre spéculation intellectuelle, qui ne peut être que le reflet de la fantaisie de son auteur…
Il est très important de relever que dès son préambule, le rapport prend la peine de rappeler et de marteler quels sont les standards de la reconnaissance. Ceux-ci sont fondamentaux et se résument comme suit:
1. Légitimité d'origine.
2. Compétence territoriale exclusive, sauf par consentement mutuel et / ou /par traité.
3. Adhésion aux Anciens Landmarks - en particulier, une croyance en Dieu, le Volume de la Loi Sacrée comme un élément indispensable de la Loge, et l'interdiction de discussion politique et de religion.
Il convient de préciser que lorsque la commission de reconnaissance à Baltimore à mis le sujet de la France à l’examen, se sont exprimés l’ancien Grand Maître de la Grande Loge Régulière de Belgique(?...), le Grand Maître des Grandes Loges Unies d’Allemagne et Alain Juillet qui, premier à parler, a dit qu’il ne venait pas chercher une reconnaissance (tiens donc !) mais présenter les évolutions de la confédération, dont il compte toujours, parmi ses membres, la GLTSO qui s’en est pourtant retirée…Drôle de manière de faire parler malgré eux les absents volontaires…
De son côté, Jean-Pierre Servel, a rappelé dans son intervention que la GLNF était toujours régulière, ce qu’avait d’ailleurs relevé le rapport de la même commission à Atlanta en 2012, mais aussi les différentes déclarations de la Grande Loge Unie d’Angleterre, et que de ce fait rien ne justifiait les ingérences des 5 Grandes Loges européennes. Il a souligné que la GLNF restait attachée avant tous à tous les Standards de la Régularité et de la Reconnaissance.
Or, à l’issue de ces auditions, que s’est-il passé ?
Cela fait deux ans qu’Alain Juillet accompagné de Bruno Ver. viennent parler de la GLAMF et de la confédération à la Commission de reconnaissance des Grands Maîtres américains.
Pourtant, celle-ci n’en a pas tenu compte. Elle ne dit pas un mot ni sur la GLAMF ni sur la Confédération Maçonnique Française. C’est clair.
Que dit-elle ?
« FRANCE
Il apparaît que les problèmes administratifs au sein de la Grande Loge Nationale Française ont été résolus. D'autres changements constitutionnels seront soumis au vote en avril 2014. Dans le rapport 2012 de la commission, il était écrit « qu'un mode d'action raisonnable à considérer serait de suspendre les relations avec la GLNF ». Considérant la résolution des problèmes administratifs, les Grandes Loges membres peuvent, si elles le souhaitent, reconsidérer cette suspension. »
Concrètement, chaque Grande Loge membre de cette conférence demeure autonome, et donc cette Commission ne fait que des recommandations, et n’a pas de caractère coercitif.
Dès lors, chaque Grand Secrétaire fera un rapport à sa Grande Loge, et le sujet de reprise des relations avec la GLNF sera évoqué, étant rappelé que dans sa recommandation de 2012, la Commission avait utilisée le mot « suspension » et non rupture.
C’est ainsi que dès l’année dernière, certaines Grandes Loges américaines avaient décidé de la reprise de leurs relations avec la GLNF (35 les avaient toujours gardées).
Avec la recommandation de cette année, on peut raisonnablement penser que d’ici la fin de l’année, nombre de celles qui avaient observé une distance auront repris leurs relations pleines et entières.
Le texte ci-dessus, est donc une défaite cinglante pour l’action que mène Alain Juillet.
Du reste, dès son retour, il a n’a pas caché sa déception à ses proches.
Malgré d’intenses pressions, il n’a rien obtenu, si ce n’est que d’éventuels remerciements de dernière minute aux 5 Grandes Loges européennes, pour leur « sauver la face ».
Face à cela, la GLNF se voit confirmée comme étant LA Grande Loge régulière en France, ce qui implique que son territoire n’est pas vierge, et que rien ne peut, de ce fait, être fait ou décidé sans son accord.
Voila quelle est la réalité du texte américain, lequel confirme les différentes prises de positions anglaises de ces dernières années.
Fort de ce constat, certains voudraient faire croire l’inverse de la réalité, et transformer leur défaite sur le plan maçonnique en victoire dans le domaine de la superficialité, c’est-à-dire en matière de communication, en publiant des propos contraires à la réalité.
D’autres, de bonne foi, s’interrogent sur le sens à donner à quelques paroles…
Pour clarifier la situation, il suffit de poser des questions claires, et d’apporter des réponses sans langue de bois :
Question : La GLAMF est-elle reconnue ?
Réponse : Non, et par personne. Ni par aucune des cinq Grandes Loges européennes, ni par aucune des Grandes Loges américaines, malgré les efforts déployés par Alain Juillet.
Question : Les 5 Grandes Loges européennes, vont-elles reconnaître la GLAMF ?
Réponse : Probablement pas, car si elles le faisaient elles risqueraient de perdre leur propre reconnaissance. De plus elle créeraient une scission durable dans la maçonnerie régulière européenne.
Question : La Confédération Maçonnique Européenne est-elle reconnue ?
Réponse : Non, pas plus que la GLAMF, et elle ne peut pas l’être, car se côtoient en son sein des Obédiences qui ne sont ni régulières ni reconnues. Quiconque reconnaîtrait la CMF risquerait de perdre sa propre reconnaissance.
Question : La GLAMF est-elle régulière ?
Réponse : Non, elle ne l’est pas, pour diverses raisons, liées entre autres à sa légitimité d’origine, et au fait qu’elle a conclu des accords d’inter-visite avec des Obédiences non régulières.
Question : La Grande Loge de France est-t-elle régulière ?
Réponse : Forte d’une histoire et d’une culture maçonnique très riche, la GLDF poursuit un cheminement original respectable. Il ne correspond cependant à aucun des trois Standarts de reconnaissance rappelés par la Commission de reconnaissance de la Conférence des Grands Maîtres américains. En effet, la GLDF ne dispose pas d’une légitimité d’origine, puisqu’elle est l’émanation d’un Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté (tout comme la GLAMF) ce qui est rédhibitoire pour être reconnu. D’autre part elle intervient dans le débat sociétal régulièrement, ce qui est formellement interdit aux Grandes Loges régulières, et enfin et surtout, en son sein, le G.’.A.’.D.’.L.’.U.’. n’est qu’un symbole comme un autre, alors que, la conférence de Baltimore rappelle ce que nous savons, c’est-à-dire l’obligation de croire en D-ieu. A cet égard, la Commission écrit bel et bien « G-od » c'est-à-dire « D-ieu », et non pas « Etre suprême », ou même G.’.A..D.’.L.’.U.’. !
Chacun comprend que même si elle le voulait ce qui est loin d’être le cas - la GLDF ne pourrait évoluer rapidement sur ce point, car on ne transforme pas des non-croyants en croyants par un simple coup de baguette magique.
Par conséquent, la Grande Loge de France n’est pas régulière, et n’est pas prête de le devenir.
Question : La GLTSO est-elle dans la Confédération ou est-elle sur le point d’y revenir ?
Réponse : Elle s’en est retirée, et par un vote intervenant au mois de mars, elle devrait entériner cette décision.
Question : La Confédération Maçonnique Française a-t-elle une chance de voir le jour.
Réponse : Elle a déjà vu le jour il y a un moment déjà, sans que cela n’intéresse grand monde. Elle n’apporte pas grand-chose si ce n’est de pouvoir dire que cette idée généreuse vit.
Il existe environ 1.100 Loges à la GLNF, et je n’ai pas le temps de toutes les visiter…
Il est regrettable que cette idée, qui sur le fond est intéressante, ait été ainsi exploitée avec tant d’amateurisme. Baltimore n’a rien changé, elle demeure au point mort.
Question : La GLNF veut-elle rejoindre la CMF ?
Réponse : A la lueur de ce qui précède, cette question apparaît comme une blague ! Par contre, dans son rôle de garante de la Régularité en France, il appartient à la GLNF d’être attentive à toute évolution sur ce plan, et pourquoi pas, de diriger celle-ci.
Question : Y-a-t-il des contacts entre la GLNF et les 5 Grands Maîtres européens ?
Réponse : Oui, ils existent. Mais il n’y a aucune négociation entre la GLNF et la CMF.
Question : Alain Juillet prétend que « (…)la GLNF a été contrainte de faire évoluer sa position, désormais plus ouverte » ?
Réponse : La position de la GLNF est la même avant et après Baltimore. Ce que prétend Alain Juillet n’engage que lui, et ne reflète aucunement la réalité des faits... Pareil procédé, désobligeant de la part d'un Grand Maître qui prétend rechercher la paix et l'harmonie, n’incite pas à la confiance, et montre cruellement le besoin d’interlocuteur fiable, animé par des valeurs maçonniques.
En conclusion, il faut donc considérer que, si le Grand Maître Servel est par principe ouvert à toute idée intéressante, il ne juge pas la Confédération Maçonnique Française comme étant un sujet d’actualité brûlante. Car tel n’est pas le cas.
Encore une fois, il ne pourra s’y intéresser que lorsque TOUS les membres de cette Confédération auront montré leur désir de vivre la Régularité non pas seulement par des déclarations d’intentions, mais par la pratique.
La GLNF, sera alors intransigeante sur le respect strict des règles qui forgent la régularité. Et se prononcera après une période d’observation. Comme vu plus haut, nous en sommes encore très loin.
En outre, le Grand Maître Servel ne prendrait pas une décision d’une telle importance sans avoir préalablement saisi toutes les instances internes de la GLNF, telles que le Comité des Sages, la Commission des affaires intérieures et extérieures du Souverain Grand Comité, obtenu un vote de celui-ci, tout comme un vote de l’Assemblée des délégués des Loges de la GLNF.
Là encore, on en est très loin…