Des blogs pensant faire du « sensationnel » ont cru bon de se faire l’écho d’une affaire qui ressemblerait plus à « cloche merle » si les ingrédients qui la composait ne tenait pas du sordide.
Sordide, parce que donner à une affaire personnelleou au pire locale une portée nationale n’est pas convenable.
Sordide, parce que l’administrateur d’un de ces blogs qui se prétend – a corps et à cris – maçonnique, tout comme il s’autoproclame journaliste, rentre dans ce jeux, et sans même prendre la peine de s’informer sur le contexte de cette affaire, bâtit un article sur la seule base d’éléments fournis par l’une des partie. Il en va de même pour le second.
Sordide, parce que les faits comme le contexte le sont…
Bien sûr, le mieux aurait été de ne pas relever, mais si tel avait été le cas, certains auraient accusé le Myosotis du Dauphiné-Savoie d’étouffer « l’affaire », et d’être inféodé…
De quoi s’agit-il ?
Un frère (P.I.) de la Province de Massilia, accuse un Grand Officier National d’être « un manipulateur, un escroc, un profiteur, un gourou, un menteur, un voleur ». Rien de moins.
Plus précisément, il accuse ce G.O.N. de faire payer depuis des années ses cotisations par des frères de sa loge, de ne payer ni apéritifs ni agapes, de se faire rembourser des déplacements fictifs comme des fausses factures, d’avoir demandé au trésorier de sa Loge mère la vignette de paiement confirmé pour l’année 2013/2014 car il « aurait été exonéré par Paris»…Pire, il aurait obtenu de manière indue plusieurs aides de l’O.A.F. en demandant à un Frère de faire la demande à son bénéfice, et de lui remettre les fonds ainsi obtenus.
Suivent aussi toutes sortes d’accusations ayant trait à la vie privée de ce frère, et qui sont du même acabit, affirmant notamment qu’il refuse obstinément toute proposition d’emploi qui lui permettrait de sortir de sa situation très précaire.
P.I. saisit alors (mars 2014) les instances Provinciales locales de la GLNF, par le « dépôt d’une plainte maçonnique formulé dans l’intérêt absolu de sauvegarder les intérêts financiers à quatre niveaux (la GLNF, l’O.A.F. les Arches Royales, les Préceptories) », et demande la « radiation immédiate » de ce frère.
Le Grand Maître Provincial de Massilia réagit rapidement en suspendant les deux protagonistes, l’un en raison des graves accusations qui pèsent sur lui, et l’autre pour avoir diffusé ses accusations à force de mailings.
Parallèlement, le Grand Porte Glaive Provincial est saisi par le G.’.M.’.P.’. et, après enquête comprenant l’audition des deux intéressés et de quelques témoins, remet un rapport au terme duquel il apparait que certains éléments apportés par l’accusateur sont probants.
Le mis en cause, étant quand à lui G.O.N., il bénéficie d’un privilège de juridiction et sera convoqué par le Conseil de Discipline National, puisque dès que le Grand Maître a été informé de la teneur de ce dossier, il a procédé à sa suspension immédiate, et a saisi le C.D.N.
Procédures habituelles, donc.
Or le 29 août 2014, à trois jours du Conseil de Discipline Provincial, l’accusateur démissionne de la GLNF. Pourquoi ?
Celle-ci, voulant toute la lumière sur cette affaire, a maintenue l’audience qui a donc eu lieu en présence de l’intéressé.
P.I. en fera d’ailleurs un compte-rendu dans le cadre d’une circulaire qu’il a elle aussi largement diffusée, et dans laquelle il mentionne (entre autres) qu’après lecture de « L’excellent rapport du Grand Porte Glaive de tous les délits et escroqueries bien détaillés commis par ce F… officier national actif, aucun commentaire des membres du Conseil de Discipline (ndlr : ne lui a été formulé). ».
Pourtant il n’a pas été occulté que P.I., l’accusateur, hébergeait celui qu’il accuse, et qu’au nombre des graves accusations formulées, figure celle d’avoir eu un des gestes, des paroles et un comportement incorrect à l’égard de son épouse durant ses absences professionnelles. Cette précision donne un relief particulier à toute l’affaire, et confirme son contexte sordide. Et rappelle que ce genre de situation arrive malheureusement parfois dans la vie des obédiences. On ne peut que le déplorer.
Mais ce qui est donc important, c’est leur capacité à réagir à ces situations dès qu’elles sont connues.
Et dans ce cas, la GLNF a réagit de manière adéquate à tous les niveaux, même si, parfois, la procédure prévue par le R.I. n’a pas été complètement respectée au niveau Provincial.
Cela alors que dans l’intervalle, on a appris la radiation par sa Loge de ce G.O.N. pour non payement de ses cotisations.
En conclusion, les deux protagonistes de cette affaire ne font plus partie de la GLNF.
Cependant, celle-ci, décidée à purger la situation, continue d’instruire afin de connaître toute la vérité.
Cette affaire a-t-elle un intérêt ? Y-a-t’il matière à faire du battage médiatique ? Il semble bien clair que non.
Certes, de nos jours, beaucoup aiment renifler l’odeur du sang…
Cela reste concevable lorsqu’il s’agit des ennemis de la Franc-maçonnerie. Beaucoup moins lorsque cela vient de Frères.
Je suis de ceux qui pensent que le scandale réside souvent dans les faits dénoncés, et non de ceux qui les dénoncent. Or dans cette affaire, il apparaît bien que le scandale a été traité de la manière la plus appropriée…et qu’il n’y a pas de sang !
Mais les requins restent les requins, avec ou sans sang…