Dans un précédent article, nous disions qu’il importait, dans la perspective des prochaines Assises de la Refondation de la GLNF, de réfléchir non seulement aux nouvelles institutions indispensables pour notre avenir, mais que surtout et de manière fondamentale, nous devons nous pencher sur l’Esprit de notre Obédience, et surtout à celui qui présidera sa renaissance.
Force est de constater que, celui-ci est bien loin de ce qu’exige l’humanisme inhérent à notre Ordre.
Depuis plus d’un an, et à juste titre, nous critiquons le manque d’Esprit maçonnique de l’actuelle gouvernance, de sa brutalité, de son mépris et de sa condescendance. Ceux-ci sont des faits avérés, quoi que, n’en déplaise à beaucoup d’entre nous, François Stifani ait fait part de ses regrets à ce sujet, et réparé ce qu’il pouvait en réintégrant les Frères passés devant le Conseil de Discipline Nationale, comme annoncé dans la lettre qu’il m’a écrite à l’occasion de Noël, et réaffirmé dans celle écrite à tous les Frères le 3 janvier.
Visiblement, ces dernier éléments n’ont pas suffit à faire oublier les mauvais souvenirs antérieurs.
Nous avons reprochés suffisamment à l’actuelle gouvernance aussi son obsession du chiffre, et notamment un recrutement à tout va, qui, de fait, auront permis à nombre de profanes d’être introduits parmi nous, sans qu’objectivement, ils n’aient quoi que ce soit à y faire.
Des mentalités profanes se trouvent donc être parmi nous, et non des meilleures. De ce fait, elles influencent nos comportements.
Si par exemple nous pouvons le constater au quotidien du côté de l’Acacia par des caricatures et des écrits au goût répugnants, force nous est de reconnaître, que nous, « résistants » et opposants de la première heure au système incarné par François Stifani, nous ne sommes pas exempts de tous reproches, loin de là. Nous savons qu’il nous faut nous aussi nous regarder dans notre miroir !
Or, devant nos propres dérives, il convient de tailler notre propre pierre. Je m’emploie à le faire depuis un certain de temps, ce qui ne peut être que bénéfique tant pour moi-même que pour la crédibilité de notre cause, et tâchant d’être aussi objectif que possible vis-à-vis des autres, tout en étant conscient des limites de l’exercice.
Quoi qu’il en soit, nous ne nous sommes pas lancés depuis le début de ce combat corps et âme, nous n’avons pas luttés contre le trio Claude C. Jean-Charles Foellner et François Stifani, en dénonçant leur dérives et leur arbitraire, pour l’admettre de notre propre camp.
Il faut le dire tout net, notre façon de faire, même si elle trouve (parfois) sa raison dans l’arbitraire de la gouvernance actuelle, est aussi dangereuse qu’injuste, parce qu’elle bafoue tout esprit de mesure, de justice et d’humanisme.
Certains objecterons (comme cela m’a été effectivement opposé), que « c’est la guerre, et que dans la guerre, la pitié n’existe pas ! ». Certes. Mais, en qualité d’ancien combattant, je rappelle qu’il faut raison garder, que, précisément, ce n’est pas ca la guerre (heureusement !) et que nous nous trouvons dans une Fraternité, et que ce n’est pas parce que le camp opposé s’est mal comporté, que cela nous autorise à adopter certaines de ses méthodes.
Le Volume de la Loi Sacrée que nous ouvrons à chacun de nos Travaux, ne dit-t-il pas « Ton camp Israël doit demeurer pur… ».
De fait, j’aimerais beaucoup voir notre avenir, surtout à l’aune des Assises de la Refondation du 5 février prochain, sous les auspices de la phrase bien connue du Lévitique (XIX, 18) « ...Aime ton prochain comme pour toi-même : je suis l’Eternel ».
Ceci devrait être un principe de base, car en lui, reposent toutes les autres prescriptions du Volume de la Loi Sacrée, et il résume entièrement celle-ci.
C’est la raison pour laquelle, ce verset, après avoir demandé d’ « aimer son prochain comme soit même » poursuit par l’affirmation, ou pourrait même dire l’exclamation : « Je suis l’Eternel ». On peut se demander pourquoi, qu’est-ce que cette deuxième partie de phrase vient faire là ? Hé bien pour les croyants en D-ieu que sont les Frères de la GLNF, c’est l’affirmation qu’aimer son prochain en qui on voit l’image de D-ieu, c’est en même temps aimer D-ieu et le vénérer.
Dès lors, l’Amour d’autrui devient ainsi l’un des facteurs de notre communion avec le G.’.A.’.D.’.L.’.U.’.. Or sa sagesse toute entière, n’à qu’un seul propos : nous enseigner à aimer, à transcender nos contingences matérielles et à atteindre ainsi à davantage de spiritualité. Un tel parcours, n’est possible qu’à travers l’âme, et c’est son langage qu’il faut à apprendre à parler tout-au-long du chemin.
Ainsi, l’amour est-t-il bien plus que le fait de traiter une autre personne avec égard et gentillesse, et bien au-delà du simple échange de sentiments chaleureux.
C’est aussi bien davantage qu’agir envers autrui comme on agirait envers soi-même. Aimer est un acte Divin, la façon la plus noble de nourrir l’âme d’autrui en même temps que la nôtre
Comme le disent les Psaumes (89,3) « Car, dis-je, la bonté aura une durée éternelle ; dans les cieux tu as rendu immuable ta fidélité ».
Toutes nos Institutions et nos Réglements, toutes nos interactions devraient émaner de cet unique principe, de son Esprit surtout.
L’amour, dans son sens noble évidement, est la racine de tous les bons usages et de la moralité. Sans lui, il est impossible de vivre les uns avec les autres en bonne intelligence, de respecter les besoins d’autrui et de traiter les autres avec la compréhension dont nous voulons être l’objet nous même.
Pour mieux me faire comprendre, cette histoire Hassidique : Un jeune enfant demanda un jour à un Rabbin pour quelle raison l’homme a été créé avec deux yeux, plutôt qu’un seul, alors qu’il n’a qu’un nez et qu’une bouche.
« C’est de l’œil gauche qu’il faut se regarder soi-même et voir ainsi comment on peut se parfaire, lui expliqua le rabbin. L’œil droit, lui, doit servir à regarder les autres avec sollicitude et à toujours voir en eux ce qu’ils ont de meilleur…
Si nous voulons, demain, nous doter d’institutions fortes et pérennes, il nous faudra donc nous replacer dans ce qui fait à la fois notre particularité mais aussi notre centralité, cet Esprit, qui n’aurait jamais dû nous quitter !
Nous ne pouvons pas faire l’économie de cette remise en question…