S’agissant non pas d’une « tournée électorale » mais d’une visite ponctuelle à l’invitation de la Province de la Vallée du Rhône et de son Grand Maître Provincial Jacques Stu., le but de cette soirée était de permettre à tous de pouvoir poser le plus de questions précises au candidat désigné à la Grande Maîtrise, et de permettre à celui-ci d’y répondre de manière claire.
Chaque Loge de cette province était invitée à envoyer deux délégués. Visiblement il y en avait plus, certains venants de très loin (Valence et Pierrelatte).
Il est intéressant de relever que la grande salle des locaux de Rilleux-la-Pape était bondée.
L’ambiance était aussi chaleureuse que bon enfant dans cette Province qui, forte de 72 loges avant le début de la crise, en a gardée 51, alors qu’une autre doit encore être réveillée le 20 octobre. De plus, cette réunion informelle, s’est poursuivie dans une atmosphère décontractée, et très fraternelle autour d’un repas.
Le Myosotis du Dauphiné-Savoie avait des oreilles dans la salle permettant le compte-rendu suivant, assez complet, mais basé uniquement sur les principales questions, d’autres étant regroupées au sein de celles-ci.
Par souci de discrétion, il ne mentionnera ni le nom, ni la loge des Frères ayant posé des questions.
D’emblée, sur un ton humoristique, Jean-Pierre Ser. un peu tendu au début de l’exercice, a fait comprendre qu’il ne s’accorderait aucun Joker. Force est de reconnaître qu’il n’a effectivement esquivé aucune question, même si toutes ses réponses n’ont pas donné satisfaction.
- La première question posée, mentionnant que les loges de cette Province subissaient les difficultés de la crise de plein fouet, interrogea le candidat sur ce qu’il pensait de la souveraineté des loges. La réponse fut aussi claire que la question : « La notion de maçon libre dans la loge libre, n’est pas mon objectif, et n’est pas dans la Tradition de la GLNF. » Jean-Pierre Ser. a encore indiqué que son approche de la souveraineté était largement en accord avec l’article écrit par Francis Del. Grand Archiviste de la GLNF sur ce sujet. Précisant sa pensée, il a indiqué que le souci de l’obédience est de s’assurer que les Loges travaillent dans la régularité (respectent les interdictions de visites de membres des obédiences irrégulières, respectent les Rituels en œuvre au sein de l’obédience, et ont une patente). Selon lui, rien d’autre ne peut être imposé.
- Beaucoup de Frères posèrent des questions relatives à Monsieur Stifani, et chacun reçu une réponse claire.
- Un Frère a demandé à Jean-Pierre Ser. quel était son objectif en devenant Grand Maître. Réponse : « Ce qui compte, c’est l’avenir de la GLNF, tirer un trait et repartir ».
- Autre question : Comment comptes-tu retrouver la reconnaissance ? Jean-Pierre Ser. a développé sa réponse en indiquant qu’il fait le « vœux ardent de rétablir la reconnaissance avec les clefs données par la déclaration anglaise.» Il souhaite « donner l’image d’une Grande Loge régulière apaisée, ayant des idées saines, sans blog… ». « C’est à nous de faire la preuve que nous méritons la reconnaissance». A partir de ce sujet, le candidat à la ratification a aussi abordé un autre aspect, celui du retour des Frères partis vers d’autres horizons, mentionnant (pour la première fois), mais ne faisant que mentionner, que parmi ces frères qui nous ont quittés, il y avait des Frères meurtris. Il a toutefois précisé qu’il y a façon et façon de quitter une obédience, et que pour ceux qui, par exemple, ont « volé » trésors, décors ou matériels, cela prendra du temps s’ils veulent revenir. Quand aux autres, ils seront les bienvenus, même s’il n’entend pas faire de « campagne » a cette fin, au contraire de tel ou tel Grand Maître d’une autre obédience qui se permet d’écrire une lettre aux Frères de la GLNF pour les inciter à rejoindre son obédience. Sur la manière de réintégrer ces Frères (des cas pour minoritaires qu’ils soient se présentent de plus en plus), il indique que les FF.’. auront à déposer leur dossier dans leurs loges, lesquelles décideront souverainement. Les loges entières désirant revenir déposeront quant à elles leur dossier auprès de leur Province. Jean-Pierre Ser. a encore précisé qu’il souhaite le retour des Frères si les loges sont d’accord, car cela lui tient à cœur.
- Une autre question importante posée à Jean-Pierre Ser. : A-t-on un état précis des effectifs, et quel impact a celui-ci sur les cotisations ? La réponse, sur la base d’estimation reposant notamment sur les affirmations d’Henri Sid. directeur administratif et financier de la GLNF et se fondant sur la base des Installations réalisée en septembre 2012, donne une idée : il y aurait environ 26.000 FF.’. actuellement à la GLNF. Ce chiffre doit impérativement être affiné sur la base de la perception des cotisations. Poursuivant, Jean-Pierre Ser. a estimé que selon lui, la GLNF est viable avec un effectif de 20.000 Frères. Quoi qu’il en soit, il a affirmé que la situation ne permet vraisemblablement pas une réduction du montant des cotisations, et que le train de vie de l’obédience serait réduit, même s’il n’a aucune intention de loger, lors de ses déplacements à Paris, dans des hôtels borgnes… S’agissant du montant des cotisations, le Grand Maître Provincial de la Vallée du Rhône, Jacques Stu. a fait une parenthèse pour expliquer comment se ventilait les prélèvements et pour marteler que le montant prélevé par la Province demeurerait le même que depuis le début de la crise, sans la moindre augmentation, c’est-à-dire fixé à 60€, la cotisation nationale étant de 163€, les problèmes de gestion générés en raison du départ d’une vingtaine de loges, étant assumés par l’équipe provinciale.
- Changeant de sujet, un Frère, tout en félicitant Jean-Pierre Ser. de sa désignation par le Souverain Grand Comité par quelque 60% des voix, a exprimé ses regrets « qu’il n’y ait pas eu d’unité dans l’adversité ». Jean-Pierre Ser., comprenant le reproche contenu dans ce constat, a fourni quelques explications, certains les estimant embarrassées, d’autres non : Selon lui, il y aurait eu des tentatives, mais ce serait mal passé, notamment lors d’une rencontre à Lyon entre lui, Jean Murat et Serge Tof. et leurs équipes respectives. Ils auraient alors constaté que leurs idées n’étaient pas convergentes. A partir de cela, il a fait le constat que si lui, « éprouve une estime profonde pour Jean Murat », (ils se recevaient à l’époque où ils étaient tous deux Grands Maîtres Provinciaux), il avait néanmoins été heurté par différents articles émanant de son entourage. Ayant eut eu l’occasion d’avoir une explication avec tel ou tel auteur de ces articles, il a décidé de tourner la page. Il n’est pourtant pas sûr – selon ses dires – que Jean Murat soit bien entouré, et fait observer que pour ce qui le concerne, il n’a jamais rien dit contre son ancien « challenger ». Pour conclure sur ce sujet, Jean-Pierre Ser. a encore précisé qu’il a écrit à Jean Murat après sa désignation par le S.G.C., et qu’il espérait encore recevoir une réponse.
- Un Frère expérimenté intervient alors, et relève qu’il a bien noté que dans son programme, Jean-Pierre Ser. à l’intention de remanier le Souverain Grand Comité, mais demande pour quoi faire, car dans le passé, la procédure faisait de cette instance une simple chambre d’enregistrement. Dès lors, ce Frère demande de manière fort judicieuse, si dans l’avenir les Frères recevront le matériel permettant de travailler AVANT de se rendre à Paris pour les réunions du S.G.C., et non y aller pour se cantonner a devoir approuver ce qui leur est proposé au dernier moment ? Dans sa réponse, qui demeure peu précise, Jean-Pierre Ser. a fait plusieurs observations, indiquant que ce qui se passera dépendra du Grand Maître, et relevant que jusqu’à présent, effectivement, seuls les comptes étaient présentés avant, a l’exclusion de tout autre sujet. Il a aussi rappelé que l’ex Grand Maître ne réunissait plus le S.G.C. qu’une fois par an, alors que les statuts prévoient ces réunions à un rythme d’une fois par mois. Il a aussi fait part de sa conviction que si la procédure d’Impeachment avait existé, elle ne serait pas allée jusqu’au bout, dans le cadre de cette crise. En conclusion, il a indiqué qu’il va personnellement réécrire le Règlement Général (en se fondant sur son expérience de Maître de Conférences à la Faculté de Droit, et d’avocat), sur la base d’un Livre unique, dans lequel un seul Frère sera à la fois Grand Maître et Président de l’association, de façon à éviter le sillon voulu et creusé par l’ex sur ce sujet. De même il confirme que les nouveaux statuts incluront une procédure de destitution du Grand Maître, et que le mandat de celui-ci sera ramené à 3 ans renouvelables une fois, appliqué à lui-même. Il a d’ailleurs laissé entendre qu’il sera candidat à sa propre succession, ayant besoin de six ans pour mettre en application les réformes qu’il souhaite. Il a aussi indiqué, par ailleurs, que s’il n’est pas ratifié au mois de décembre prochain, il ne se représentera pas au prochain Souverain Grand Comité, mais que cette situation ne pourrait que plonger la GLNF dans le chaos (NDLR : ce que souhaite certainement un certain avocat…). Une précision a été apportée par un Frère, sur un tout autre sujet, concernant la situation actuelle d’un point de vue administratif : on a ainsi appris que pour une simple demande de remboursement, Madame Legrand demande de remplir quatre dossiers !!!
- Une autre question importante posée par un Frère : Quel est l’avenir du R.’.E.’.A.’.A.’. au sein de la GLNF, et quel est le regard que porte Jean-Pierre Ser. sur le Suprême Conseil Pour la France ? La réponse a claqué du tac au tac : « Un avenir radieux, un regard attentif ». Explicitant sa pensée, il a d’emblée énoncé une nouvelle importante : il n’a pas l’intention de créer un nouveau Suprême Conseil ! Il forme au contraire le vœu que tout revienne dans l’ordre. De même, il n’a aucune intention d’exclure les Frères qui visitent le S.’.C.’.P.’.L.’.F.’. (NDLR : selon certaines informations, celui-ci, au contraire forcerait ses membres à quitter la GLNF avant la fin de l’année). Il se donne un délai de réflexion pour voire comment les choses vont évoluer, et se déclare ouvert à toutes discussions. Il va donc, proposer à chacun des responsables des Juridictions de les rencontrer, le moment venu. Il précise qu’il a déjà rencontré le Grand Prieur du Grand Prieuré Rectifié de France, et qu’il s’est déjà entretenu avec le Suprême Commandeur du Grand Chapitre Français Michel Descours. S’agissant de l’Arche Royale, et de son Grand Chapitre, Jean-Pierre Ser. a estimé que cela avait été une erreur que les Grands Maîtres Provinciaux aient été conduits à « chasser sur le terrain des Juridictions, puisque ce Rite est ouvert à tous les Maîtres Maçons de tous rites. Selon lui, cela a même été une erreur de confier aux GG.’.MM.’.PP.’. la direction de l’Arche Royale. Ne voulant pas, car n’en étant pas un spécialiste, trancher arbitrairement ce sujet, il a indiqué avoir confié à un membre de son entourage, Didier Gom. la responsabilité de mener une réflexion sur ce sujet. Au-delà de cette volonté, Jean-Pierre Ser. a précisé clairement qu’il ne s’intéresse qu’aux Loges bleues, car c’est cela « son boulot » !
- Un Frère a alors demandé à Jean-Pierre Ser. : « Qu’as-tu appris du passé » ? Réponse : « Il faut essayer de ne pas nuire ! » … Et encore « Vous êtes obligés de faire confiance au Grand Maître » !... Affirmation qui est apparue bien surprenante, dans le contexte de la crise actuelle… Cependant, il a révélé être habité par une question qui l’inquiète : « Voteront-t-ils pour moi par amour, ou par lassitude ? »…
- Puis un Frère a interrogé Jean-Pierre Ser. sur sa stratégie pour communiquer avec le monde profane ? Sa réponse a été conforme à sa posture jusqu’à présent. En effet, il veut « retrouver une discrétion certaine ». Ce qui ne veut pas dire qu’il ne communiquera pas et qu’il ne défendra pas la F.’.M.’., mais il prétend plus réfléchir à la communication avec les FF.’., qu’avec le monde extérieur.
- Survint alors la question que beaucoup attendaient : Que veux-tu faire avec les fondations ? Jean-Pierre Ser. a alors donné sa vision sur ce sujet – certains diraient ce problème – laquelle s’avère nuancée. En effet, le prochain Grand Maître pressenti, pense que sur le fond, les Fondations sont très intéressantes pour une obédience maçonnique, particulièrement pour recueillir les legs de Frères qui désirent faire de la GLNF leur héritier. Ainsi, il souhaite conserver la Fondation pour l’Homme, dans laquelle, rappelle-t-il il y a des représentants du Ministère de l’Intérieur. Concernant Hôpital Assistance International, il pense que l’idée était bonne, mais qu’elle ne plait pas aux Frères (NDLR : c’est le moins que l’on puisse dire ! ...), et que par conséquent, il va la détacher de la GLNF. Concernant Scribe, il indique que son gérant actuel, Paul Stu. ne souhaite pas continuer de la diriger, et que par conséquent, dans un premier temps, il engagera peut-être une femme en qualité de salariée (pour qu’on ne puisse la soupçonner d’être membre de la GLNF) pour s’en occuper, avant de procéder à sa vente. Intervint alors le G.’.M.’.P.’. de la Province de la Vallée du Rhône, pour plaider avec passion que dans les Fondations, « il n’y a pas que des pourris », qu’« il n’y a pas que les 54.000€ de frais d’hôtel d’un ex dirigeant de la GLNF révélés par le « Canard Enchaîné » et les blogs, et de rendre un hommage très appuyé aux Frères qui ont donné beaucoup de leur temps et de leur argent à l’O.A.F..
- Un frère s’est ensuite inquiété de savoir s’il y a une grande divergence entre Jean Murat et Jean-Pierre Ser. et de savoir si elle ne risque pas de resurgir ? Le candidat à la ratification a répondu que l’on peut résumer les positions ainsi : Jean Murat est dans une opposition dure (NDLR : sic ! On se demande alors ce qu’était FMR !), et lui-même dans une opposition de réconciliation, mais qu’il n’exclue pas que Jean Murat puisse participer à la reconstruction commune.
- La dernière question a été posée par un frère s’inquiétant de ne pas entendre Jean-Pierre Ser. parler des Frères qui, à quelque niveau que ce soit, se sont engagés pour contrer les dérives de l’ex gouvernance, et qui ont réalisés l’essentiel du travail qui permet aux uns et aux autres de se retrouver là…Jean-Pierre Ser. a balayé l’objection d’un revers en prétendant que ce Frère ne l’avait pas écouté, et qu’il s’était adressé aux « Frères meurtris ». Ce qui est inexact, car s’il les a effectivement mentionnés, il n’a pas eu de mots à leur endroit, ni remerciements, ni demande de pardon au nom de la GLNF pour ce qu’ils ont eu a subir. Il a fait comprendre que les nominations qu’il annoncera laisseront apparaître que ces Frères ne sont pas oubliés. Il faut mentionner, qu’il a été applaudi à ce moment.
La séance s’est arrêtée là, pour se poursuivre par un dîner qui s’est déroulé dans une atmosphère très chaleureuse. Au cours de celui-ci, un Frère est encore intervenu pour souhaiter à Jean-Pierre Ser. bonne chance pour la ratification, mais surtout pour la mise en place des nécessaires réformes institutionnelles. Dans sa réponse, Jean-Pierre a confirmé cette nécessité mais rappelé que ce ne sont pas ces réformes, si bonnes soient-t-elles qui pourront réellement changer le destin de la GLNF, mais que seul l’amour dont sont capables les Frères de l’Obédience les uns vis-à-vis des autres sera à même de faire évoluer les choses dans le fond…
Il n’est pas exagéré de dire que finalement, nombre de Frères sont repartis contents et satisfaits de ce qu’ils ont perçus ou entendus, même si quelques Frères sont demeurés inquiets…Reflétant les uns et les autres la situation vécue par l’ensemble de la GLNF.
Cependant, une chose ressort particulièrement de cette soirée, c’est la volonté de tous de reconstruire un futur commun à tous les Frères de la GLNF, tout en tournant définitivement la page de l’ère Stifani…D’ailleurs un symbole résume tout : dans les locaux de la Province de la Vallée du Rhône, à l’emplacement de la galerie des portraits des anciens Grands Maîtres, la photo de Monsieur Stifani ne figure plus.