Voici un article publié par le Myosotis Ligérien aussi édifiant qu’instructif.
Chacun pourra en tirer ses propres conclusions…
Sagesse des Grades
Le samedi 15 mai se déroulait à Versailles le Grand Chapitre de printemps, assemblée générale pour les hauts grades du Rite Français, avec pour cette année deux éléments majeurs : l’élection du nouveau Suprême commandeur et le vote sur la modification des statuts et du règlement général.
Le premier vit le vote favorable en faveur de Paul F. qui devient le premier à ce poste qui ne soit pas un fondateur du Chapitre, contrairement aux trois précédents Suprêmes Commandeurs.
Un éloge circonstancié et bien mérité au vu des actions réalisées fut adressé à Philippe T. Suprême Commandeur descendant de charge.
Le vote sur les modifications des statuts et du règlement général fut un plébiscite tant il apparaissait évident à l’ensemble des Frères présents qu’il fallait se protéger rapidement des effets dévastateurs d’une gouvernance qui viendrait à confondre les intérêts des Frères et les siens propres …..
Le matin même la parole avait circulé librement et les Frères présents avaient bien tous fait remonter l’idée commune, dans des tonalités différentes, d’une situation qui devenait intolérable.
Et si pour tous , l’appartenance à une maçonnerie régulière ( mot apparaissant dans les nouveaux statuts ) reste de fait la GLNF , il semblait se dessiner une volonté d’envisager sereinement les conséquences d’une situation qui irait en se dégradant avec des décisions et suspensions arbitraires tels que le Grand Chapitre avait failli en connaître la veille : Philippe T. , Suprême Commandeur sortant , venait de s’exprimer par courrier auprès des Frères du Chapitre Français pour leur faire part de son plaisir du temps passé ensemble , leur expliquer le pourquoi des modifications engagées tout en confiant toute son inquiétude des remous actuels et de ses conséquences . Il y ajoutait bien sur des propositions de dénouement de crise avec toutes les nuances requises par sa fonction.
Ces propos eurent le don de ne pas plaire à tous ! Suivez mon regard !
Aussitôt le futur Suprême commandeur et ses assistants furent convoqués derechef à Pisan pour s’entendre dire d’une façon que nous imaginons facilement, que Philippe T. allait être exclu purement et simplement de la GLNF pour avoir tenu des propos diffamatoires et contraires à l’éthique maçonnique.
Que de persuasion et de sagesse ont-ils fallu à notre représentant pour faire revenir FS sur sa décision initiale ! Nul ne le saura !
Le grave incident diplomatique venait d’être évité de justesse, et pourtant c'eût été peut-être un mal pour un bien, car une telle sanction n’aurait pas manqué de faire basculer définitivement les hésitants.
Un peu avant, un Frère du Val de Loire, Claude M. responsable du Rite Français dans le collège de Thierry P, suspendu lui aussi, avait vu son interdiction étendue aux Hauts Grades du Rite Français dont il était Grand Inspecteur, au prétexte que les statuts précédents l’imposaient. La GLNF avait bien sur communiquée abondamment sur le sujet en concluant un peu rapidement que le Chapitre était donc favorable et en accord avec FS, car elle appliquait les mêmes décisions que lui !
Ce Frère ayant fait appel de la décision auprès de la juridiction du Grand Chapitre, celle ci lui donna bien sur raison et le rétablit dans ses fonctions. Ce cas de figure ne s’étant jamais présenté, son dénouement permet de penser que la procédure et la décision rendue par la Chambre d’appel feront désormais jurisprudence, ce qui, dans la période trouble que nous traversons, devient une garantie non négligeable d’auto protection !
Ce qui ne sembla pas convenir totalement aux représentants de la GLNF mandatés par FS, pour assister au Grand Chapitre de Printemps. Au repas de midi, avant la tenue, nous eûmes la surprise de voir ce bon JP D. assistant GM, bien connu de nos Frères du Val de Loire pour avoir fait suspendre un certains nombre d’entre eux , pour avoir fait mettre en sommeil quelques Loges et pour avoir été prétendument séquestré ( je l’ai trouvé en bonne forme ) lors de sa seule visite de « reprise en main » provinciale à Tours.
Comme cela n’était pas suffisant il fut accompagné l’après-midi, du Député GM JC T. lui même (on ne se refuse rien au Rite Français).
Quand le premier apprit la présence du Frère Claude M à la réunion, il demanda au Suprême Commandeur de ne pas lui donner l’entrée du Temple en fonction des accords existants entre les deux juridictions. C’était plutôt vraisemblablement dans la continuité de ce qui l’avait amené à dire qu’il aurait « la peau » de ce Frère lors de sa fameuse visite Tourangelle !
La réponse du Suprême Commandeur Philippe T. fut ferme et sans équivoque : Il était hors de question de céder aux exigences de la GLNF !
Devant la fermeté des propos tenus par les dirigeants du Chapitre, les deux représentants délégués par Pisan durent se plier et accepter la volonté affichée clairement d’une relation qui serait maintenant différente dans la forme et dans le fond !
Aucun triomphalisme, car nous ne nous situons pas dans ce plan, mais plutôt la satisfaction de constater que les mentalités évoluent dans les Hauts Grades, et que sans vouloir imposer une ligne de conduite nous avons peut-être démontré que la volonté affirmée des Frères peut faire modifier des attitudes et des comportements sur lesquels nous avions jusqu’à maintenant fermés les yeux et que nous sommes désormais de plus en plus nombreux à rejeter !
J’ai toujours pensé que le Chapitre n’était pas en capacité d’avoir une attitude ferme et déterminée. Je me suis trompé et j’en suis heureux ! Mais restons vigilant car si nos grades de Sagesse représentent un « havre de paix » ou il fait bon vivre, comment ne pas penser que si rien ne bougeait ailleurs, ceux ci ne tarderaient pas à être également gangrenés par les émules de FS . Certains seraient déjà dans la place m’a-t-on dit !
Un de nos Frères, dont j’avais particulièrement apprécié l’engagement, m’avait dit ce jour là : La GLNF actuelle ne mérite pas le Grand Chapitre d’hier et d’aujourd’hui, mais combien de temps cela durera-t-il encore ?
Et bien mes Frères nous avons tous la réponse en nous ! Ce qu’a fait le Chapitre Français, d’autres juridictions peuvent le faire, et si elles ne veulent pas, obligeons-les tout simplement, car la représentativité d’une entité ou d’une communauté n’est et ne doit être que l’expression de celle ci !
Alors si nous voulons … nous pouvons !
Par Johaben