From: Jean-Pierre Servel
Sent: Friday, October 26, 2012 2:19 PM
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Subject: Lettre de Jean-Pierre Servel à la rencontre des Frères
Jean-Pierre Servel
Quelques réponses à vos questions
le 26 octobre 2012
Très Chers et Bien Aimés Frères,
Les installations sont achevées depuis un moment et le décompte des Loges actives est pratiquement terminé. Je me suis porté à votre rencontre à Lyon, à Narbonne et dans diverses Tenues où j’ai pu vous écouter. Je vous remercie de l’accueil chaleureux que, partout, vous m’avez réservé.
Je me suis efforcé de répondre sans détour à vos questions légitimes.
Comme vous, j’ai hâte de pouvoir résoudre certains problèmes mais, comme vous, je suis obligé d’attendre la date de l’Assemblée Générale de ratification et mon éventuelle Installation pour les résoudre. D’ici-là, je vous remercie de la compréhension profonde et du calme que vous manifestez.
Ne voulant pas user indûment des équipements de la GLNF, j’ai reporté sur le site jeanpierreservel.com un certain nombre des réponses à vos questions. Permettez-moi de vous les retracer ci-dessous.
Concernant la souveraineté des Loges.
Il n’est pas question de remettre en cause le statut des Loges tel qu’il existe, sans exception, depuis 1913. Les Loges détiennent cette souveraineté maçonnique de la Charte que leur remet l’obédience. Elles retrouveront rapidement une large autonomie financière et les instruments bancaires leur permettant de gérer leur trésor, avec la sagesse que la presque totalité des Loges a manifestée depuis des dizaines d’années. Il n’est pas question pour autant de transformer les Loges en associations indépendantes et de nous fourvoyer dans des rapports de force et une atmosphère électorale permanente.
Concernant la réintégration des Frères qui ont quitté la GLNF.
En fonction des conditions de leur départ, ceux qui le souhaitent trouveront une solution adaptée. Les Frères ayant quitté l’obédience, volontairement ou non, qui voudraient la rejoindre à nouveau, feront une demande de réintégration auprès de leur Loge, laquelle décidera de façon souveraine.
Les Frères ayant fait l’objet d’une mesure disciplinaire au niveau provincial ou national et qui souhaiteraient rejoindre la GLNF pour participer à son renouveau en feront la demande auprès des Grands Secrétaires Provinciaux, lesquels alerteront le Grand Maître Provincial ou moi-même en fonction du Rang que le postulant occupait. Chaque situation sera examinée soigneusement et fraternellement, au cas par cas, à l’échelon qui convient, par des commissions de réintégration.
Vous-vous inquiétez de la santé financière de la GLNF, au regard de la baisse de ses effectifs et de ses engagements financiers
La baisse de nos effectifs est très douloureuse, quoique très inégale en fonction des Provinces. Nous pensons à ces milliers de Frères qui nous ont quittés, bien souvent le cœur lourd et avec regret. Nous pensons à certaines Provinces sinistrées par des départs massifs, qui laissent les « survivants » bien seuls. Que ceux-ci soient assurés de notre soutien.
Notre dernier recensement à la matricule fait apparaître 33 000 Frères, mais plusieurs milliers d’entre eux, sans pour autant avoir démissionné formellement, sont membres F de Loges qui n’ont pas été réinstallées. Madame Legrand a envoyé à ces Frères une lettre les alertant de leur prochaine radiation, s’ils ne se déclaraient pas réaffirmer leur souhait de rester parmi nous.
Nous les engageons à se manifester auprès des Grands Secrétaires, ou au besoin de l’administration centrale, où ils recevront un accueil fraternel.
Lorsque nous aurons toutes les réponses, entre ceux qui ne répondent pas, ceux qui voudraient encore partir et ceux qui se manifestent pour rester ou revenir à la GLNF, nous estimons que la GLNF comportera 26 000 Frères, ce qui, sous réserve d’inventaire plus approfondi, constitue un effectif suffisant pour assurer les charges de l’obédience sur la base des cotisations - dont le montant reste le même - prévues au budget approuvé par l’Assemblée Générale du 23 juin dernier.
Le mandat du Grand Maître : sa durée, les procédures d’impeachment
Je me suis engagé à vous proposer une réforme profonde de nos textes (Statuts, Règlement Général, Constitutions), sans pour autant dénaturer le fonctionnement régulier de notre Ordre. Étant moi-même juriste, je m’entourerai des Frères les plus compétents pour rédiger les nouveaux textes, en un seul livre, pour éviter les problèmes qui nous ont si cruellement fait souffrir.
J’ai décidé, comme je vous l’ai dit, de réduire le mandat du Grand Maître à 3 ans renouvelable une seule fois, avec application immédiate au mandat en cours.
La réforme du Souverain Grand Comité visera à équilibrer sa constitution dans le sens d’une plus large part faite à la représentation des Loges et des Provinces. Les travaux de ses commissions seront réactivés. Il sera demandé à ses membres un travail plus organisé et soutenu. Certaines questions ne pourront être tranchées qu’avec l’accord du Souverain Grand Comité.
Enfin, le conseil des Sages sera très sérieusement réformé. Élu par le Souverain Grand Comité, il s’agira d’une véritable Autorité indépendante, gardienne des Traditions et susceptible de veiller efficacement au respect de nos Principes essentiels. C’est lui, précisément, qui pourra mettre en œuvre la procédure d’impeachment fondée sur un pouvoir de saisine directe du Souverain Grand Comité et organiser un vote sur la destitution éventuelle du Grand Maître.
Les relations avec les Juridictions
Des contacts ont été pris avec les chefs des juridictions, dans un esprit d’apaisement et d’ouverture. Pour nous, comme pour chacun d’entre eux, la situation n’est pas simple. Il ne sera pas facile d’inverser instantanément des tendances regrettables et la situation ne se résoudra certainement pas immédiatement. Bien entendu, je ne souhaite pas priver nos Frères de la possibilité de poursuivre leur chemin maçonnique dans le Rite qu’ils affectionnent.
Je considère que la charge de Grand Maître s’applique pleinement et entièrement aux trois grades de la Maçonnerie symbolique. C’est déjà beaucoup. Il nous appartient de vivifier le travail dans nos Loges en encourageant dans nos travaux le niveau d’exigence maçonnique qu’ils méritent. Cela veut dire une grande attention portée à la formation maçonnique propre à l’obédience, une grande ambition de rayonnement culturel et intellectuel de celle-ci à travers les Loges de recherche, nationales et locales, une revalorisation de nos archives, de notre musée, de nos publications, de notre corpus de bibliothèque.
Les meilleurs supports d’instruction initiatiques seront, pour leur part, mis au point au service des officiers des Loges, en bonne intelligence je le souhaite, avec les juridictions.
Lareconnaissance internationale : comment la retrouver ?
Je veille à m’entourer des meilleures compétences sur ce sujet et me suis déjà exprimé à plusieurs reprises la concernant. Vous avez remarqué sans doute que depuis la Quarterly Communication de la GLUA, le 12 septembre, loin de s’aggraver comme nous pouvions le redouter, les suspensions ou retraits de reconnaissance de la part des Grandes Loges étrangères se sont taris. La GLNF est toujours considérée comme régulière par la GLUA et encore reconnue par plus de cent Grandes Loges régulières, de par le monde.
Ce constat étant fait, mon premier souci est de rétablir d’abord les conditions requises, pour la GLUA, de nous « re-reconnaître », selon ses propres termes, à brève échéance.
Ce ne sera pas une simple formalité. J’ai besoin pour cela de votre concours et de votre concorde. L’harmonie, l’ordre, des comportements respectueux des « basic principles » adoptés par les Grandes Loges Régulières, sont des éléments indispensables pour retrouver la reconnaissance de ceux qui nous l’ont retirée.
Cela veut dire que, plus que jamais, nous devons respecter la règle de l’inter-visite exclusivement avec des obédiences régulières et reconnues.
Cela veut dire aussi que notre parole, sans être bâillonnée, au contraire, doit être maçonnique et seulement maçonnique, dans le fond comme dans la forme, dans les blogs comme dans nos réunions. Certains ex-membres de la GLNF, quelquefois membres d’une autre obédience, continuent de s’exprimer de façon virulente et déplacée. J’ai bien compris dans mes rencontres avec vous, que vous leur aviez retiré votre attention et votre crédit.
C’est certainement la meilleure des choses à faire pour reprendre sereinement notre travail et ouvrir ainsi les voies qui nous ont été tracées pour retrouver la reconnaissance.
Concernant l’OAF, HAI, Fondation, Scribe
Derrière les questions de certains d’entre vous sur ces sujets se profile une forme de suspicion. Pour laver de tout soupçon les admirables Frères qui se sont dévoués à l’OAF et dans ces différentes « unités satellites » de la GLNF, j’ai prévu de tenir à la disposition de tous, sous une forme à déterminer, les livres de compte de la GLNF et de ces organismes.
Cela étant dit, l’OAF a bien évidemment vocation à rester pour ainsi dire non seulement au sein, mais au cœur de la GLNF. La Fondation pour l’Homme est, quant à elle, un organisme qui revêt un caractère d’utilité publique incontestable, aux yeux de tous et de l’administration publique. Elle paraît en outre adaptée pour permettre aux Frères qui le souhaitent, de léguer de leur vivant ou au moment de leurs dispositions successorales, des fonds et des biens qui pourront concourir à nos équipements : immobiliers (temples et lieux de réunion, centres d’accueil de vieux Maçons) ou autres (musée, bibliothèque, équipements documentaires, etc.). Toutes les grandes obédiences, y compris la GLUA, disposent de leur propre fondation.
Quant à eux, HAI et Scribe sont des organismes qui pourront, le cas échéant, donner matière à une révision de leur place au sein de notre organisation, afin que soient nettement tranchées les questions d’utilité publique, d’activité commerciale ou celles qui consistent à offrir à tous les Frères les meilleures conditions d’achat de leurs équipements maçonniques ou des livres qu’ils souhaitent se procurer.
De nombreux autres sujets sont au cœur de mes préparatifs pour garantir un renouveau ferme et rapide de l’obédience. Je vous en ai retracé quelques-uns, pour résumer ce que nous nous sommes dit. J’aurais énormément de bonheur à vous rencontrer tous. Cela ne tardera pas maintenant. En attendant, je ne veux pas perturber le fonctionnement normal de nos Provinces et de nos Loges. Soyez sûrs que je me concentre sur mon travail, à votre service.
Gardons en nous cette lueur d’espoir qui renait au fond de nos cœurs.
Recevez, mes Bien Aimés Frères, l’assurance de ma fraternelle affection.
Jean-Pierre Servel
ps : si autour de vous des Frères s'étonnent de ne pas recevoir les courriels de Jean-Pierre Servel, merci de nous donner leur adresse email ou de leur dire de le faire eux-mêmes à contact@jpservel.fr