Dans le cadre des Tribunes Libres que le Myosotis du Dauphiné-Savoie offre aux Frères qui désirent s’exprimer librement et respectueusement, voici une lettre qui vient du cœur et de l’âme de notre Bien Aimé Frère Marc Germain (qui est l’un des rares à s’exprimer ainsi sans pseudo), et dont la sincérité est très émouvante :
Lettre ouverte à Jean Pierre Servel
Très cher Jean Pierre,
Je me permets de t’écrire pour te dire le sentiment d’un maçon de base.
Tu vas être ratifié et cela ne se conteste pas, mais en revanche que feras tu après cette ratification ?
Ton âge réel proche du mien me laisse à penser que tu connais la France politique depuis assez de temps pour faire des comparaisons.
Veux être De Gaulle ou veux-tu être Sarkoland ? (mélange de nos deux derniers Présidents)
Veux-tu être celui qui va gouverner sans se soucier de qui l’a élu ? Ou veux-tu être celui qui ne gouvernera que pour ceux qui l’ont élu ?
Tu as cette chance comme De Gaulle en 58 de trouver une situation catastrophique, lui en a fait la Cinquième République en changeant tout dans notre vie et il a réformé profondément le pays ; cette chance que tu as, tu peux la saisir , la faire tienne et montrer que tu seras ce GM qui laissera dans l’histoire la marque d’un réformateur courageux, la marque du chef qui gouverne pour le bien commun et non pour le bien de certains.
Car comment allons-nous comprendre que tu ne changes pas les hommes qui sont en place aujourd’hui, ces hommes marqués par les décisions iniques qu’ils ont prises, ces hommes qui
n’ont su distiller que méfiance et haine au sein de leur province (il est évident que je ne parle pas de tous) !
Même si certains sont des hommes biens, tu ne peux les garder pour ne pas entendre pourquoi lui et pourquoi pas moi ?
Chaque Président change les ministres quand il arrive au pouvoir même si certains n’ont pas démérités, c’est ainsi et tous le savent, alors change tout le monde, et si certains osent te dirent « mais moi j’ai voté pour toi » alors c’est que son vote était pour lui et non pour toi, et rien que de le penser le discrédite comme un maçon qui devrait penser au bien de tous et non au sien.
Tu vois cher Jean Pierre, personne ne pourra te reprocher de changer tous les GMP et tout le collège en place actuellement, car ceux qui se risqueront à le faire se dévoileront comme de mauvais maçons.
Tu as cette chance d’être intelligent ce qui n’est pas donné à tous, tu as cette chance d’être un homme gentil (et je peux en témoigner personnellement), tu as cette chance de pouvoir compter à tes cotés un Michel Debré qui te réécrira la constitution, alors Jean Pierre saisi ces chances et sois cet homme qui va gouverner pour le bien de tous sans penser à toi.
Les réformes attendues, voulues par la base ne souffriront pas d’à peu près, de replâtrage, d’un effet miroir ; redonne à l’ordre que sont les loges leurs prérogatives d’être vraiment les chefs de l’ordre, redonnent de la simplicité dans la relation loge administration, redonne du lustre dans cette maison en changeant ces satellites (fondation, HA et OAF) qui ont parasité par leur manne financière le cerveau des frères. Redonne à l’obédience la beauté qui était la sienne pour que nous y soyons fiers d’y appartenir.
Si rien de cela n’était fait, tu pourrais toujours compter sur tes moutons qui te transfigureront la vérité pour te faire plaisir et te dire que tout va bien, tu pourrais même retrouver la reconnaissance auprès des Anglais, mais sache que la maison ne se relèvera pas pour autant de tout ce qui l’a entaché.
Je suis à tes cotés pour te dire ce que pense la base, je suis à tes cotés pour t’aider, même en restant en dehors de la maison, car c’est bien avec un libre arbitre et en n’étant lié à rien que l’on peut être efficace dans son aide.
Je serai à tes cotés si tu as besoin de moi pour t’apporter mes pensées, réflexions, et toute mon expérience professionnelle et humaine.
Mais je ne serai pas aux cotés des frères qui ont fermés des portes sans amour fraternel, sans raisons profondes, avec haine de l’autre.
Je ne serai pas aux cotés des frères qui pensent à sauver leur tablier au lieu de penser à sauver la maison, ils devraient tous t’apporter leur démission et tu devrais l’accepter, mais combien le feront, maçons repus de pouvoir et indignes de porter la bonne parole initiatique.
Une dernière chose, cher Jean Pierre, j’ai lu que tu avais écrit que les frères radiés comme moi devraient demander l’autorisation à la loge puis c’est la province qui décidera de la réintégration ou non ; alors je vais te dire simplement, j’ai été suspendu et radié pour de mauvaises raisons, je n’accepterai jamais de demander à être réintégrer, je vais juste attendre la lettre de pardon que l’obédience va m’envoyer et qui va me demander si je ne veux pas revenir !
Nous avons été les victimes et en nous demandant d’écrire, nous devenons des coupables en repentance, cela est inacceptable et fera que je ne reviendrai jamais si je dois écrire et demander pardon.
J’ai eu honte de ce que nous étions devenus et toi aussi, j’ai combattu dans la lumière et avec honneur il me semble, j’ai été condamné et tu voudrais que je supplie mon bourreau pour qu’il me reprenne. Mais alors que serais je devenu ? Un homme sans honneur.
Cher Jean Pierre, je te souhaite le plus grand bonheur du monde, celui-ci t’attends saisi le.
Je n’oublie pas tes mots d’amitié, je n’oublie pas ta gentillesse, mais te cacher mes pensées ne serait pas digne d’un ami.
Marc Germain