Alors que la décision de la cour d’appel de Paris se fait attendre, je ne résiste pas à l’envie de vous faire part de mon trouble en lisant la section hebdomadaire que lisent les hébreux chaque Shabbat, celle de cette semaine étant le chapitre dénommé « Korah » Chapitre XVI dans Les Nombres.
Encore faut-t-il préciser que pour les hébreux, cette répartition en cinquante-deux semaines n’est absolument pas dû au hasard de cette division, mais au contraire, constitue pour chacun de ses lecteurs un message signifiant pour son temps.
Or, dans ce texte, je relève la phrase suivante : « L’Eternel parla à Moïse et Aharon en disant : Ecartez-vous de cette assemblée et Je les exterminerai en un instant. Ils tombèrent sur leurs faces et dirent : D-ieu des esprits de toute chair : un seul homme est un pécheur et Tu t’irriterais contre toute l’assemblée ? ». (Chap. XVI, 20,21,22)
(Un fameux commentateur, Rachi, qui vivait à Troyes au Moyen-âge, explique, à propos de la formule « D-ieu des esprits… ». « Toi Qui connais les pensées, Ton attitude n’est pas celle d’un homme de chair et de sang. Lorsqu’une partie du pays se dresse contre un roi de chair et de sang, il ne sait pas qui a fauté et, de ce fait, quand il s’emporte, il les punit tous. Toi-même, en revanche, Tu as connaissance de toutes les pensées et Tu sais donc qui a fauté »).
D-ieu lui répondit : « Parle à l’assemblée en disant : écartez-vous d’autour des tentes de Korah, Datane et Aviram ».
Comment pouvons-nous comprendre ce qui précède ? Chacun le fera selon sa propre lecture, selon ses connaissances, et sa sensibilité.
Je vous propose les miennes :
Lorsqu’un roi de chair et de sang gouverne avec justice et droiture, il ne punit pas de nombreuses personnes lorsqu’une seule a fauté. Il nomme un juge, qui fait une enquête et désigne le coupable. Et même s’il n’est pas possible de l’identifier…un roi juste punirait-il le plus grand nombre ? Suivez mon regard….
Plusieurs précisions et explications s’imposent :
« Tu sais qui est celui qui a fauté » est au singulier, alors qu’il est dit au préalable « une partie du pays se dresse contre lui ». Or qui est « un seul homme» ? C’est celui qui se trouve à l’origine du péché, et Toi, Tu t’emporterais contre toute l’assemblée ? D-ieu lui dit : « Tu as bien parlé. Je sais et Je ferais savoir qui a fauté… ».
Répondant donc à l’argument que Moïse a soulevé, D-ieu le Grand Architecte, lui dit : « Ecartez-vous de la tente de Korah, Datan et Aviram » en précisant la punition qui incombe aux trois à la fois. Or, D-ieu lui dit : Tuas bien parlé », ce qui revient à dire que D-ieu accepte l’argument de Moïse, que la faute a été commise par « un seul homme ».
Puis, D-ieu fait savoir que les fautifs sont trois et non un seul !
Bien plus, de nombreuses personnes avaient pris part à la révolte : « Deux cent cinquante hommes parmi les Enfants d’Israël, se dressèrent et se réunirent contre Moïse et Aharon ».
De même : Moïse s’adressa et fit des reproches « à Korah et à toute son assemblée et enfin « Toi et toute ton assemblée qui vous dressez contre D-ieu » (Korah 16,2, 3,5,11)
Il est donc clair que plus d’une personne était mêlée à cette controverse, y comprit selon l’avis de Moïse. Dès lors, comment peut-il dire qu’ « un seul homme est pêcheur » ?
Une explication : Rachi relate : « Korah se rendit auprès des tribus et tenta de les persuader : « Pensez-vous que je fais tout cela pour moi ? Je le fais pour vous tous. De la sorte, tous furent convaincus ». Cela ne vous rappelle rien, mes Frères ?
C’est donc Korah qui parvint à convaincre ceux qui appartenaient à son assemblée. Par ses paroles, il arriva à les persuader qu’il agissait pour leur bien et les entraina ainsi dans ses plaintes contre Moïse et Aharon. De même, les principaux protagonistes de la dispute, Datan, Aviram et leurs deux cent cinquante « supporters ». Sans la persuasion de Korah, ils n’auraient jamais pris part à cette dispute de leur propre initiative.
Certes, le V.’.L.’.S.’. enseigne que l’on est tenu de l’éloigner d’un impie : pour autant, leur faute n’était pas si grave. Ils adoptèrent un comportement vil, mais ce n’était pas une révolte passible de mort.
Il en résulte qu’il doit y avoir parmi eux, un homme qui « commet la faute », qui incite les autres et les conduits à se dresser contre le roi–un homme qui « se révolte », à proprement parler. C’est ce qu’écrit rachi : « il ne sait pas qui a fauté », au singulier, c’est-à-dire celui qui incite les autres et le dresse contre le roi. Ce roi de chair et de sang, incapable d’identifier le coupable, les punira tous, dès lors qu’ils se sont dressés contre lui. Par contre, « Toi-même, Tu as connaissance de toutes les pensées et Tu sais donc qui a fauté ».
Il n’est donc pas concevable que ceux qui n’ont fait que se « dresser », soient punis aussi sévèrement. L’argument de Moïse à la suite de « Tu sais qui a fauté », car D-ieu à connaissance des pensées, et, en l’occurrence, un seul homme a « fauté ». Pourrait-Il s’emporter contre toute l’assemblée ?
En réponse à l’ensemble de l’argument de Moïse, le Grand Architecte lui dit : « Tu as bien parlé »- on ne peut punir que celui qui a commis la faute ; toutefois, par « Je sais et Je ferai savoir qui a fauté », Il repousse l’affirmation de Moïse avançant qu’un seul homme a fauté. D-ieu le fit savoir en disant : » Ecartez-vous de la tente de Korah, Datan et Aviram » : ces trois-là ont commis la faute !
Bien entendu toutes ressemblances avec des évènements présents n’est absolument pas fortuite !
Pourtant, les uns et les autres feraient bien de méditer ces paraboles, et chacun de nous de réfléchir à la présente situation à la lueur de cette histoire…
P.S.. Malheureusement, pour illustrer le début de ce commentaire, nous apprenons que François Stifani s'est encore commit, en décidant par ordonnance sans aucune motivation la dissolution de deux Respectables Loges. Or, l'une d'elle, la R.'.L.'. Kanissa avait reçue la protection formelle de Maître Legrand, laquelle, au mois de mars avait sérieusement sermonée Henri Sidery sur la disparition du trésor de cette loge, ainsi que concernant la suspension de son Vénérable Maître et de deux frères qui avaient commis le crime de lèse-majesté de ne pas aller rendre hommage à F.S. de passage dans cette île...