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10 juin 2021 4 10 /06 /juin /2021 15:26
Sceau de la Grande Loge d'Israël

Sceau de la Grande Loge d'Israël

Habitant depuis longtemps à Tel-Aviv, c’est un vrai plaisir de visiter des loges appartenant à d’autres provinces.

C’est ainsi qu’il m’a été possible de visiter la R.’.L.’. France n°77 à l’Or.’. de Rehovot, loge avec laquelle les Frères de la GLNF ne peuvent qu’avoir des affinités ne serait-ce que par le nom qu’elle porte et parce qu’elle pratique le Rite Ecossais Ancien et Accepté en français.

De plus, son Vénérable actuel, le T.’.V.’.F.’. Jean-Marc David, n’est autre que le Garant d’Amitié de la GLNF près la Grande Loge d’Israël, ce qui créé naturellement des liens privilégiés.

Autant dire que dans cette loge chaleureuse et accueillante, les Frères français se sentent chez eux.

Médaille de la RL France n°77

Médaille de la RL France n°77

Ce soir-là un Frère Ch’ti présentait un morceau d’architecture montrant une recherche très personnelle sur le sujet traité : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse », selon la parole du Président du Grand Sanhédrin, Hillel l’Ancien (Hillel hazaken).

De même, les Frères ont pu écouter les impressions d’initiation de Frères récemment admis au sein de cette loge, dont un, juif ultra-orthodoxe, nous a fait en 5 minutes un tour d’horizon philosophique stupéfiant, évoquant les philosophies grecques, allemandes et naturellement hébraïque, pour finis sur l’évocation d’Ordo Ab Chao !!!

La Loge n’a pas de souci à se faire, la colonne du septentrion est bien décorée, et par des Apprentis de grande qualité, pleins d’avenir.

C’est l’occasion de rendre un hommage à cette belle et prestigieuse loge et aux Frères qui la composent (parmi lesquels quelques ch’tis – qu’il est bon de pouvoir s’exprimer dans cette langue si chantante en rêvant à un bon Maroilles pas si loin de Gaza ! – et des Frères originaires de toutes les parties de la France).

Ancienne médaille de la RL France n°77

Ancienne médaille de la RL France n°77

Fondée en 1993 à Jérusalem dans les carrières où étaient taillées les pierres servant à l’édification du Temple, consacrée par le TRF Claude Charbonniaud alors Grand Maître de la GLNF secondé par le TRF Yves Trestournel, mon inoubliable parrain, ainsi que par le Grand Maître de la Grande loge d’Israël, Mordehaï Blazer, la Loge France a vu se succéder des Vénérables qui l’ont marquée, et dont les premiers, lorsque la loge se trouvait à Jérusalem étaient :

1993-1994 : le V.’.F.’. Alex Falcon, premier vénérable Installé lors de la consécration.

1994-1996 : le R.’.F.’. Yehouda Djaoui, notre sympathique médecin d’origine marseillaise qui est devenu par la suite Grand Inspecteur Régional de la Région de Jérusalem (équivalant de nos Grands Maîtres Provinciaux).

1996-1997 : le R.’.F.’. Alex Mer. lui aussi devenu par la suite Grand Inspecteur Régional. 1997-1999 : le R.’.F.’. Matti Ben Avraham, notre Frère corse, mémoire vivante de la Franc-Maçonnerie yérosolomitaine, devenu lui aussi Grand Inspecteur Régional de la Région de Jérusalem.

1999-2001 : le V.’.F.’. Christian Mac.

2001-2003 : le V.’.F.’.  Roland Sar.

2003-2004 : le V.’.F.’. Benjamin Lan.

La Loge France a ainsi accompagnée le T.’.R.’.F.’. Ephraïm Fuks alors Grand Maître de la Grande Loge de l’Etat d’Israël pour une visite à la GLNF.

Visite du TRF Ephraïm Fuks Grand Maître de la Grande Loge d'Israël (à droite en nœud papillon, au premier plan à droite, le RF Yehouda Djaoui VM dela RL France n°77, et à sa droite le TRF Claude Charbonniaud, Grand Maître de la GLNF.)

Visite du TRF Ephraïm Fuks Grand Maître de la Grande Loge d'Israël (à droite en nœud papillon, au premier plan à droite, le RF Yehouda Djaoui VM dela RL France n°77, et à sa droite le TRF Claude Charbonniaud, Grand Maître de la GLNF.)

A partir de 2004, la Loge a été mise en sommeil, faute de Frères francophones, jusqu’au 22 janvier 2020, où ses feux ont été rallumés, installée par le T.’.R.’.F.’. Victor Serezo Grand Maître honoraire, en présence du T.’.R.’.F.’. Suliman Salem Grand Maître de la Grande Loge d’Israël.

Par ailleurs, quel plaisir de visiter aussi des loges israéliennes à Jérusalem.

Hier encore, une très belle tenue commune entre la R.’.L.’. du Mont Sion n°2 sur le Tableau des loges de la Grande Loge de l’Etat d’Israël, et de la R.’.L.’. Rabbi Chimon Bar Yohaï (Rachbi) n°8 créée à l’époque du mandat anglais par des officiers britanniques qui voulaient étudier la Kabbale. Aujourd'hui, on y étudie bien ce domaine, mais naturellement sans les anglais...

Les sceaux des deux loges.

Les sceaux des deux loges.

Un jeune profane a été Initié au Rite Emulation, pratiqué de manière très rigoureuse par ces Loges. Très impressionnantes explications du tableau de loge et de la présentation des outils, avec des apports très profonds, directement tirés de la Kabbale…

Dans ces loges ou l’égrégore est très perceptible, se côtoient dans une grande fraternité des Frères juifs de tous les niveaux de pratiques religieuses – ou de non pratique – mais tous croyants, des Frères chrétiens, druzes ou musulmans.

Les Trois livres sur l'autel.

Les Trois livres sur l'autel.

Spécificité de la maçonnerie israélienne, à la Grande Loge d’Israël, sur l’autel ce n’est pas le Volume de la Loi Sacrée qui est ouvert, première des trois grandes lumières de la Franc-Maçonnerie. Non. Ce sont Les Volumes de la Loi Sacrée, qui sont ouverts, ensemble. Dans l’ordre chronologique, la Torah, les Evangiles et le Coran.

HISTOIRES MACONNIQUES…

Ici, pas de tensions, règnent la Lumière, la Paix et l’Harmonie. Quel beau message que délivre la Franc-Maçonnerie israélienne, dans une région affligée par le terrorisme, actuellement particulièrement celui du Hamas, qui entre autres preuves de paix et de tolérance bannit la Franc-Maçonnerie* et la punit de mort…

Mais le comble : en arrivant dans la loge, j’ai été renvoyé à ma jeunesse

En ce temps-là (au siècle dernier), lorsque j’effectuais mon service militaire dans un régiment de para-commandos, j’avais un sous-officier qui me pourrissait la vie, au point qu’à l’époque, s’il avait été heurté par une balle perdue malencontreusement échappée de mon « Galil » à l’insu de ma propre volonté, je n’aurais pas été particulièrement bouleversé…

Or, le Vénérable qui m’a accueilli, malgré son aspect rond et bonhomme, avait un regard très particulier, très perçant… Ce regard, jamais je n’aurais pu l’oublier ! C’était bien celui de mon sergent, et malgré les kilos et son visage arrondi, j’ai reconnu le regard de celui qui était autrefois un redoutable guerrier ! Et c’est ainsi que nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre, en affectueuse fraternité, faisant évidemment fi d’un passé lointain…car bien évidemment, par la suite, prenant moi-même des responsabilités, j’ai bien compris que c’est ainsi qu’il a forgé mon caractère comme celui de mes camarades, ce qui sans doute nous a servi toute notre vie, et pour certains, sauvé la vie !

Quelle belle chose que la Franc-Maçonnerie !

 

 

* L’article 22 de la « Charte d’Allah », la Charte du mouvement islamiste palestinien Hamas (« Mouvement de la résistance islamique »), rendue publique le 18 août 1988, fournit une frappante illustration de cette sombre vision de l’histoire moderne : « Depuis longtemps les ennemis complotent, habilement et avec précision, pour réaliser leurs objectifs. […] Avec leur argent, ils ont pris le contrôle des médias du monde entier : presse, maisons d’édition, stations de radio, etc. Avec leur argent, ils ont suscité des révolutions à travers le monde afin de servir leurs intérêts et de réaliser leurs objectifs. Ils étaient derrière la Révolution française, la Révolution communiste et toutes les révolutions dont nous avons entendu parler. Avec leur argent, ils ont créé des organisations secrètes à travers le monde pour saboter les sociétés et servir les intérêts sionistes. Ces organisations sont : les francs-maçons, le Rotary Club, les Lions Club, le B’nai B’rith, etc. […] Ils ont été derrière la Première Guerre mondiale quand ils ont aboli le Califat islamique, réalisant des gains financiers et contrôlant les ressources. Ils ont obtenu la Déclaration de Balfour, créé la Société des Nations pour diriger le monde. Ils ont été derrière la Seconde Guerre mondiale, dont ils ont tiré d’énormes profits en spéculant sur le matériel de guerre, et ont ouvert la voie à la création de leur État. Ils ont été les instigateurs de l’abolition de la Société des Nations pour la remplacer par les Nations Unies et le Conseil de Sécurité afin de gouverner le monde à travers ces deux organisations. Il n’existe aucune guerre dans n’importe quelle partie du monde dont ils ne soient les instigateurs. »

(Taguieff, L’Imaginaire du complot mondial, empruntée à la mythologie occidentale du grand complot : op. cit., p. 35-37.)

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5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 08:55
Regardez bien cette photo: il s'agit du visage de l'Empereur Napoléon reconstitué par intelligence artificielle par une start-up israélienne.

Regardez bien cette photo: il s'agit du visage de l'Empereur Napoléon reconstitué par intelligence artificielle par une start-up israélienne.

Le 15 aout 1769 naissait à Ajaccio en Corse, Napoléone Buonaparte, enfant dont le destin fascine jusqu’à aujourd’hui.

Né dans une famille de nobliaux désargentés, il s’est érigé à force d’un travail acharné jusqu’aux plus hautes fonctions, celles d’officier d’artillerie (jeune capitaine c’est par son action décisive que Toulon est repris aux anglais), de général (à 34 ans !), de 1er Consul, puis à celle incroyable d’Empereur des Français.

Ses détracteurs restent nombreux. A tel point que, même deux cents ans après sa mort, la République comme les médias se montrent incapables de rendre à ce grand français l’hommage qu’il mérite, lui qui a tant aimé la France et tant fait pour elle. Jusqu’à aujourd’hui, le pouvoir entend non pas « célébrer » la mémoire de l’empereur, mais la « commémorer ». Quelle étrange pudeur !

Les reproches qu’ils formulent n’ont pas à être ignorés, et ne sont pas toujours injustifiés, mais le principal ne semble pas fondé : la boucherie constituée par ce qui est appelé « les guerres napoléoniennes ». Or, à y regarder de près, le petit corse n’a jamais provoqué une guerre, mais à toujours dû subir et faire face à des coalitions de souverains étrangers qui déclaraient la guerre à la France. Deux exceptions à cela :

  • La campagne d’Egypte qui avait pour but de concurrencer la vieille Angleterre aux Indes.
  • La campagne de Russie, mais qui a été décidée en raison du fait que l’empereur Alexandre avait trahi sa parole de respecter le blocus continental à l’égard du vieil ennemi de la France à l’époque, l’Angleterre. C’est donc pour interdire les ports européens au nord et à l’est que l’Empereur s’est engagé vers ce qui s’avèrera être un désastre.

Qu’est-ce en comparaison des guerres provoquées par le roi François Ier ou Louis XIV ?

Certes, il y a 4 reproches qui peuvent objectivement être adressées à l’Empereur :

  1. Lorsqu’il n’était que le général Napoléon Bonaparte, lors de la campagne d’Egypte, il décide de remonter par le désert du Sinaï vers la Terre d’Israël pour prendre l’empire ottoman à revers. Lorsqu’il conquiert la petite ville de Jaffa, l’armée française massacre tout ce qu’elle peut. Une partie importante de la garnison arrive à se retrancher, ce qui fait perdre un temps précieux aux français. Pour en finir, des émissaires sont envoyés aux musulmans pour négocier une reddition contre la vie sauve. Une fois l’accord conclu, Bonaparte s’emporte et crie : « Que veulent-ils que j’en fasse ? ». Durant trois jours, les prisonniers sont exécutés de manière barbare, soit à la baïonnette, soit noyés, pour économiser les munitions. Un horrible crime de guerre, qui aura de graves conséquences lors du siège de Saint-Jean-D’acre, ou il sera vaincu. Un sort identique aurait d’ailleurs été réservé aux femmes. Sans vouloir justifier ces faits inqualifiables, il faut aussi rendre en considération que dans les mœurs de l’époque, et notamment dans cette région, ce n’était pas forcément unique.
  2. Le Décret infâme (curieusement cela n’a jamais choqué personne).
  3. Le rétablissement de l’esclavage, acte objectivement odieux, même avec la mentalité de l’époque. Mais, il n’a personnellement jamais disposé d’esclaves, et le regrettera à Sainte-Hélène.
  4. A Waterloo, son génie militaire ne s’exprime plus aussi magistralement que précédemment. L’Empereur a vieilli, il est malade. Il n’a plus l’allant de sa jeunesse. Il ne prend pas la peine, par exemple, de visiter les troupes pour les galvaniser, ni d’inspecter le terrain. Funeste erreur. S’il l’avait fait, il se serait rendu compte que le terrain était gorgé d’eau, boueux, et que donc les boulets de ses canons ne rebondissaient pas pour faire des trouées dans les rangs ennemis, mais restaient fichés dans la boue…Ce détail a notablement contribué à la défaite française. Notons que cette bataille a été la plus grande bataille de Francs-Maçons de l’histoire dont la fine fleur a été fauchée sur la morne plaine.

Mais…Même si ces évènements constituent des tâches à la gloire de l’Empereur Napoléon, il faut les situer dans le contexte de son œuvre au service de la France qui elle, est magistrale.

En effet, Napoléon, à fait entrer la France à son époque dans l’ère moderne tout en gardant les traditions qui ont fait la réputation de la France, il a bâti les fondements d’une société avancée en imaginant les socles éducatifs, juridiques, administratifs, économiques et même architecturaux qui servent toujours aujourd’hui à notre démocratie :

Son œuvre, son héritage :

Diffusion des idées de la révolution.

Le Code Civil. Le Code Pénal.

Les Lycées. Le baccalauréat.

La Banque de France.

Le Franc.

La Cour des Comptes.

Le Conseil économique et social.

Le Conseil d’état.

Le Conseil des Prud’hommes.

Les Préfets et les préfectures (134 départements !).

Les Chambres de Commerce.

La liberté des cultes.

Les consistoires organisant « le culte israélite ».

La Légion d’honneur.

Collier de Grand Maître de la Légion d'Honneur ayant appartenu à l'Empereur Napoléon.

Collier de Grand Maître de la Légion d'Honneur ayant appartenu à l'Empereur Napoléon.

Sur le plan architectural, il a embelli Paris :

L’arc de Triomphe, la colonne Vendôme, le Pont Napoléon, l’ajout d’une partie du Louvre, le numérotage des rues.

Bien-sûr, il y a le plan militaire où là aussi, il a pu exprimer son génie militaire et son talent :

Pour autant, comment oublier que ce génie militaire a sauvé la France à de multiples reprises :

Toulon le 20 décembre 1793 avec la batterie de canons qu’il commande en tant que capitaine d’artillerie, la « Batterie des gens sans peur ».

Lodi le 10 mai 1796

Arcole du 15 au 17 novembre 1796

Rivoli le 14 janvier 1797

Les Pyramides le 21 juillet 1798

Marengo le 14 juin 1800

Ulm le 19 octobre 1805

Austerlitz le 2 décembre 1805

Iéna le14 octobre 1806

Eylau le 8 février 1807

Friedland le 14 juin 1807

Wagram le 6 juillet 1809

La Moskova le 7 septembre 1812

Moscou le 14 septembre 1812

Leipzig le 19 octobre 1813

Champaubert le 10 février 1814

Montereau le 18 février 1814

Sous son impulsion et avec son aide, les sciences (il était membre actif de l’Académie des Sciences) ont fait un énorme bond en avant, la médecine particulièrement.

De même sous son règne, la Franc-Maçonnerie a pris un essor très important. Les loges se sont démultipliées et étaient même présentes au sein de la Grande Armée avec de multiples loges militaires.

On n‘a jamais su avec certitude si l’Empereur était Franc-Maçon ou pas. Les historiens se déchirent toujours entre ceux qui l’affirment et ceux qui le réfutent. Mais aucun d’eux n’a été en mesure d’apporter de preuve irréfutable dans un sens ou l’autre. Il n’existe pas de registre de présence signé de la main de Napoléon ni de Planche tracée relatant son initiation ni sa présence en loge. Ce qui est sûr c’est que la plupart de ses maréchaux – sans parler de ses généraux – « en étaient », comme ses frères, notamment Joseph, son frère aîné, Grand Maître du Grand Orient de France.

Mais surtout, il lui revient d’avoir coupé avec les mauvaises pratiques de l’Ancien Régime et même de la révolution à laquelle il a mis un terme en instituant la réussite au mérite et non en fonction de la naissance ou des relations…Ceci constitue l’une des beautés de la République Française jusqu’à aujourd’hui.

Armoiries de l'Empereur Napoléon Ier.

Armoiries de l'Empereur Napoléon Ier.

Enfin, on omet toujours de rappeler que l’Empereur Napoléon Ier aimait tellement les Français qu’il s’est sacrifié en se retirant à deux reprises, la première fois en 1814 après la campagne de France – il est vrai trahis par plusieurs de ses maréchaux - en abdiquant en faveur de son fils pour que d’une part les coalisés cessent leurs exactions et attaques tant contre l’armée française que contre les civils. Il ne voulait pas, en se maintenant, prendre le risque d’une guerre civile, et ne voulait pas que le sang français coule inutilement.

Le même schéma s’est produit à l’issue de la tragique défaite de Waterloo, et l’Empereur au lieu de réduire le Sénat hostile pour se maintenir, voire reconstituer une armée, s’est livré aux anglais qui ont trahis leur parole en l’envoyant dans la sinistre île de Sainte-Hélène au lieu de le laisser se retirer dans la campagne anglaise comme promis par le Capitaine du Bellérophon, navire à bord duquel il s’est constitué prisonnier.

L’Empereur laisse donc un souvenir et un bilan incroyable, faisant en comparaison pâlir de honte les dirigeants politiques contemporains. C’est probablement pour cela qu’ils cherchent méthodiquement à faire disparaître son souvenir.

Peine perdue, l’Empereur Napoléon, son histoire, son œuvre perceptible dans tous les pans de la société française est dans le cœur de tout bon français.

Puisse son exemple et son souvenir inspirer notre futur et guider nos pas, et que retentisse encore Le Chant du départ. 

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3 mai 2021 1 03 /05 /mai /2021 22:17
FRANCE : JUSTICE EN PERDITION…

Les deux derniers articles de ce blog se sont employés à démontrer à quel point des magistrats français peuvent être aveuglés, et se laisser entraîner dans l’inversion des valeurs.

En l’occurrence, faire du bourreau une victime. Précisément, il se trouve que par ailleurs, « Le Parisien Dimanche » publiait la nouvelle de la création d’un groupe de soutien au meurtrier de Sarah Halimi sur Facebook. Ce qui n’est pas surprenant puisque la justice a fait de la bête immonde et barbare, une victime. Voici où nous en sommes…

Sans évidemment vouloir mettre en cause l’intégrité de la totalité des magistrats français, il se trouve néanmoins qu’un courant important d’entre eux, soit qu’ils se laissent aller à leur inclinaison personnelle soit qu’ils substituent aux valeurs de justice, une idéologie pernicieuse et pour tout dire, perverse, plongent le pays dans une situation chaotique.

Outre l’exemple de l’affaire de Madame Sarah Halimi qui est le plus représentatif de cette grave dérive par son aspect réunissant tous les ingrédients du scandale poussé à son paroxysme, il se trouve tant d’autres exemples qui dans des domaines différents démontre la décomposition morale de la justice française.

Retenons 5 cas :

- Comment est-il possible que des tribunaux puissent prononcer la relaxe de personnes impliquées dans une attaque de policiers en service, qui a conduit à essayer de les faire brûler vifs ?

 - Comment est-il possible qu’un ancien Président de la République française (pour lequel ce blog n’a aucune sympathie particulière et pour lequel en aucun cas il ne prend parti) puisse être condamné sur la foi d’un faisceau de présomptions et non sur celle de preuves ?

- Comment se fait-il qu’alors que j’étais attaqué en justice par l’ancien Grand Maître radié, Monsieur François Stifani et par son ex exécuteur des basses œuvres, Sébastien Dulac ( qui a démissionné avant d’être lui aussi radié), et que personnellement je me réjouissais à cette perspective, certain de pouvoir démontrer la justesse de mon propos, l’un des avocats que j’avais à l’époque consulté, lui-même auxiliaire de justice, ait pu me resituer le problème ainsi : « Tu n’as rien compris, le sujet de fond sera certainement lié à l’antisémitisme, tu n’as aucune chance, tu vas tomber sur la même Chambre qui a quasiment relaxé systématiquement Dieudonné avant que le premier ministre Manuel Vals ne s’en insurge… » Et de fait, lorsque j’ai comparu en première instance, en écoutant le substitut du procureur, j’avais effectivement l’impression d’entendre une diatribe très idéologique, et en appel, j’ai été marqué par les regards quasi haineux que me lançaient les magistrats !

- Sur un autre registre, certainement pas moins grave, on apprenait la semaine dernière qu’à Dole, dans le Jura, un homme de 70 ans, surpris en train de photographier des enfants jouant dans le jardin attenant à leur maison, s’est vu demander des explications par leur père, à l’évidence maghrébin. Aussitôt, l’homme a injurié celui-ci en lui disant « Ah bicot, tu passes sous le capot aujourd'hui ! » et en le traitant de « sale bicot ». Puis, il a cherché à s’enfuir dans sa voiture, alors que le père de famille cherchait à le retenir jusqu’à l’arrivée de la police. Las, l’auteur des injures racistes, a réussi à prendre le large avec sa voiture. De ce fait, le père retourne à sa maison, et alors qu’il arrive à la hauteur de la palissade de son jardin, la voiture de l’agresseur surgit à tout vitesse, et tente de l’écraser. Par miracle, le père de famille a réussi à sauter sur le capot avant d’être propulsé par terre. Il s’en tire par de nombreuses blessures -plusieurs fractures au nez et aux doigts, une minerve autour du cou- et une incapacité de travail de 30 jours.

Placé en garde à vue lundi 26 avril, le septuagénaire sera jugé le 28 mai prochain pour faits de violences volontaires avec arme et injures racistes. Son avocat assure que c'est son « client qui est victime dans cette affaire », et plaide la légitime défense. Selon lui, ce dernier aurait simplement voulu prendre des photos du quartier avant que cela ne dégénère. S'il reconnaît les injures et dit le regretter, l'agresseur présumé assure « avoir percuté son interlocuteur sans le vouloir », à cause d'un éblouissement. La vidéo réalisée par l'épouse de la victime transmise à la police et à la justice est pourtant sans équivoque, vous en êtes juges. Dès lors, comment après cette tentative de meurtre avec préméditation, il est possible que l’agresseur ne soit pas immédiatement incarcéré, et ne soit pas jugé pour tentative meurtre mais seulement pour « violence aggravée »?!...

Soyons clairs : je suis de ceux qui luttent de toutes leurs forces et avec leurs faibles moyens contre le danger islamiste, contre l’islamisation de la France, mais ceux qui pensent que cela peut se faire par le racisme le plus primaire, le plus honteux, se trompent lourdement et ne sont pas dignes de cette lutte honorable. Le racisme, quel qu’il soit, n’est pas tolérable, ne correspond pas aux valeurs françaises, et encore moins aux valeurs maçonniques.

-Enfin, sur un autre registre mais lui aussi éloquent : En juillet 20016, une jeune femme, mère de deux enfants, enceinte de cinq mois de son troisième, est abandonnée par son mari qui se fait la belle avec une fille « légère ». Il part sans lui laisser le moindre argent et avec un frigo vide.

Une procédure de divorce s’ensuit. Le mari défaillant est condamné à payer un devoir de secours à sa future ex-épouse, ainsi qu’une pension alimentaire à ses enfants. Il se fait un point d’honneur à ne rien payer. De ce fait, il est attaqué en octobre 2017 en abandon de famille. En juillet 2020 il est condamné outre à des amendes, à huit mois de prison avec sursis. Il fait appel. Celui-ci est programmé pour le mois d’octobre 2021. Sans rentrer dans le conflit, qu’est-ce que c’est que cette « justice » qui peut donc laisser une mère de famille et trois enfants qui se sont confiés à elle, sans ressource durant cinq années ???

FRANCE : JUSTICE EN PERDITION…

Ce ne sont que 5 cas parmi des milliers d’autres, mais ils sont révélateurs de l’état de décrépitude total dans lequel se trouve notre justice. Le pire, c’est que les magistrats ne se rendent visiblement pas compte qu’ils hypothèquent eux-mêmes leur crédibilité et leur autorité. Un pays sans justice, une justice devant laquelle les citoyens ne sont pas tous égaux, n’est-ce pas là le signe que la démocratie s’efface ?

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 17:17
(Photo Geoffroy Van Der Hasselt/AFP)

(Photo Geoffroy Van Der Hasselt/AFP)

Hier, dimanche 25 avril 2021, de Jérusalem à Washington, en passant par Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Nice, Strasbourg, Rouen, Rennes, Nantes, Montpellier, Lille, Ajaccio en Corse, à Rome, Tel-Aviv et Londres, des milliers de manifestants se sont réunis devant les ambassades de France, les consulats de France, les préfectures pour protester contre le traitement sordide que la « justice française » a réservé à la malheureuse Madame Sarah Halimi.

La réprobation est quasi unanime face à la manière dont la « justice française », de la tête de l’état français, jusqu’à la presse européenne, israélienne et américaine : « Shame on France » (Traduction : Honte à la France), pouvait-on lire devant chaque représentation diplomatique française.

Il ne s’est trouvé que quelques réactions corporatistes de magistrats souvent très déplacées pour condamner ces réactions légitimement indignées.

C’est dans ce cadre qu’a eu lieu un rassemblement de de 25.000 personnes à Paris, selon les télévisions françaises et dans plusieurs villes de France, à l'initiative du collectif "Agissons Pour Sarah Halimi".

Premier constat :  pas une vitrine cassée, pas un magasin pillé, pas un policier insulté ou frappé, par opposition aux manifestations habituelles des islamogauchistes…

On remarquait différentes personnalités telles que Yvan Attal, Pascal Légitimus, Alexandre Arcady et Cyril Hanouna, qui ont témoigné de leur « solidarité » envers la famille Halimi, tout en appelant à « changer la loi ». Présent aussi, François Berléand, a pris la parole au micro de CNews, pour exprimer sa déception : « Je suis là aujourd'hui en tant que citoyen français athée (...) je trouve la décision de justice absolument scandaleuse. Pour la première fois de ma vie, j'ai honte d'être Français. J'ai honte de la justice de mon pays. Il y a 45% de Français qui pensent que la justice n'est pas bonne, je fais maintenant partie de ceux-là alors que j'ai un frère avocat et que j'ai toujours fait confiance en la justice de mon pays ».

Etaient aussi présents les écrivains et philosophes Bernard-Henri Lévy et Raphaël Enthoven, l’épouse de l’ancien Président de la République, Carla Bruni-Sarkozy, l’animateur et producteur de télévision Arthur, les chanteurs Enrico Macias, Patrick Bruel et Michel Jonasz, une délégation d’Imams de France et de musulmans conduits par l’Imam Hassen Chalghoumi, des politiques Nicolas Dupont-Aignant et Valérie Pécresse présidente du Conseil Régional d’Île-de-France.

A la tribune, Yonathan Halimi, le fils de Madame Sarah Halimi a tenu un discours poignant, et a exposé les problèmes par des questions précises et pertinentes, désignant les dangers qui pèsent sur les valeurs de la France, tout en appelant à la retenue. Pour autant, il a précisé que si la justice pour sa Maman n’est pas rendue en France, alors, flétrissure supplémentaire, il sera fait appel à la Cour européenne, et peut-être aussi, si nécessaire, à celle d’un pays étranger: "Ce serait un échec pour la France de devoir faire appel à une justice étrangère". Pour le moins...  

La maire de Paris, Madame Hidalgo lors de son discours a annoncé qu’une rue de Paris serait baptisée du nom de Madame Sarah Halimi, tandis que des musulmans venaient témoigner de leur solidarité et de leur dégout face au comportement des nazislamistes.

Nombreux, qu'ils soient chrétiens, musulmans ou juifs, les manifestants (ils auraient évidemment été bien plus nombreux sans confinement), exigeaient que la loi soit changée et qu’elle porte après réécriture, le nom de Madame Sarah Halimi. On remarquait aussi des pancartes portant l’inscription « Sans justice pas de République », « Agissons pour Sarah Halimi », « Pas de droit sans justice », « Justice défoncée ? » ou encore « Justice pour Sarah Halimi ». 

On remarquait surtout l’absence criante des partis de gauche, des associations habituellement promptes à prendre la défense des « opprimés » de tous poils… Une dame juive ne pouvant avoir un tel statut selon eux ?

Malheureusement, en effet, deux jours plus tôt, vendredi 23 avril 2021, une autre bête immonde, présentant les mêmes caractéristiques que celle qui a massacrée Madame Sarah Halimi (il a aussi écouté des chants religieux avant de passer à l’acte, et on évoque pour lui aussi un déséquilibre psychiatrique...comme à chaque fois!) a lâchement assassiné par derrière, en l’égorgeant, une policière qui rentrait dans son commissariat…

Dans ce contexte, m’est parvenu un témoignage prononcé par un élu de la région parisienne, qui ce dimanche 25 avril 2021, à l’occasion de la Cérémonie en mémoire des déportés, tient le discours républicain qu’on est en droit d’entendre, celui du cœur ET de la raison, celui de la France éternelle, celle que nous aimons tant.

De nombreux autres témoignages sont arrivés au Myosotis du Dauphiné-Savoie à l’occasion de l’article qui précède, sur le même sujet.

A tous les auteurs, votre blog préféré adresse ses plus chaleureux remerciements et les félicite de « penser sainement ».

Et parmi tous ces témoignages, une fois n’est pas coutume, le Myosotis du Dauphiné-Savoie rend aussi hommage à celui de l’un de ses « ennemis » historiques, Claude Galinier (puisqu’il a toujours eu au moins le courage de signer ses écrits de son nom), qui lui aussi, faisant fi de notre mutuelle mésestime, nous a fait parvenir un très beau témoignage de solidarité, dans un esprit de fraternité républicaine. Dont Acte ! Et main de la réconciliation tendue !

Enfin aussi, l’indignation d’un expert de la sécurité, un serviteur émérite de la République, un homme qui a eu pour vocation de servir la France, dont le « coup de gueule » parait ici sous forme de Tribune :

Le Hasch qui fâche

« En 2017 à Paris, Mme Sarah Halimi, médecin de 65 ans est rouée de coups puis défénestré du 3ème étage de son immeuble par un voisin de 27 ans aux cris de « Allah Akbar ! J’ai tué Sheitan ! » (satan en Arabe).

Dès le début de son arrestation, Kobili Traoré expliqua qu’il ne se souvenait de rien et qu’il était sous l’emprise du cannabis. C’est pour le moins étrange qu’il ait oublié le meurtre mais pas la prise de drogue.

Admis immédiatement en établissement psychiatrique, il ne fit même pas de garde à vue.

Pourtant le mot assassin vient bien de « Haschachin » (consommateur de haschich ou résine de cannabis…).

Une première expertise psychiatrique écarte l’abolition de discernement et Kobili Traoré est alors poursuivi pour séquestration, actes de torture et de barbarie à caractère antisémites et meurtre.

Deux autres expertises conduiront à l’abolition de discernement et le prévenu se retrouva alors en situation d’irresponsabilité pénale. L’affaire ira jusqu‘en cassation. Le 14 avril dernier, la cour confirma le jugement d’irresponsabilité pénale « sans rejeter le caractère antisémite du crime ».

M. Kobili Traoré, meurtrier antisémite reconnu, va donc être soigné dans un hôpital et continuer à bénéficier de toutes les aides sociales sur le dos du contribuable français.

En fait, nous dit-on, il fut victime (sic) d’une bouffée délirante après avoir consommé des produits illicites.

Il est tout de même bien surprenant de constater qu’aucune voix n’ait retenti à gauche pour, au moins, s’étonner d’un tel jugement. La conséquence en sera sûrement que certains de nos compatriotes juifs décideront de quitter la France (où se trouve encore la 3ème population de confession israélite du monde).

Ne pas protéger les citoyens est une trahison du premier des devoirs régaliens la sécurité des Français. Tolérer le meurtre de Mme Halimi c’est donner à la racaille une nouvelle occasion de piétiner nos lois. 

Comme on ne voit toujours pas de réaction de la part de notre Président ni de notre ministre de l’Intérieur sinon quelques tirades de Matamores qui ne font rire personne, il est légitime de se poser quelques questions :

Oserez-vous durcir la loi sur l’usage de produits illicites quand leur consommation a des conséquences abominables comme le meurtre de Mme Halimi ?

 On peut penser le contraire quand on voit que le camp qui se tait devant ce meurtre insupportable est souvent celui qui prône avec lâcheté la libéralisation du cannabis.

Cette décision de justice honteuse, fera-t-elle jurisprudence en risquant de provoquer d’autres bouffées délirantes ?

Alors voici les dernières questions tout aussi légitimes.

Si un policier se met à botter les fesses de M. Castaner au moment où celui-ci plie le genou devant l’émotion des partisans d’un autre Traoré, pourra-t-il évoquer une bouffée délirante pour se soustraire aux sanctions disciplinaires ?

Si un employé de la centrale de Fessenheim mettait une bonne fessée à Greta Thunberg en la ramenant par l’oreille à son école, pourra-t-il évoquer une bouffée délirante pour bénéficier d’une protection diplomatique de l’ambassade de France au Royaume de Suède ?

Si moi-même qui ne consomme pas de Haschich mais du pinard, j’allais gifler à l’Assemblée national M. Alexis Corbiere pour délit d’anachronisme envers l’Empereur des Français, pourrai-je plaider bouffée délirante ?

Le traitement atroce infligée à une dame âgée qui consacra sa vie à soigner les autres, mérite certainement une autre justice que la méprisable décision de la Cour de cassation.

Une autre justice que celle qui vient d’acquitter, en deuxième instance, trois des huit condamnés parmi les 16 auteurs de l’attaque au cocktail molotov d’une patrouille de police, en 2016, et qui fit de terribles victimes parmi les policiers.

Attention, le peuple français en a marre de l’inactivité gouvernementale face à l’insécurité… Et quand il en a marre… Bonjour les bouffées délirantes ! »

François H.

Officier de réserve

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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 21:43
LE SCANDALE ET LA HONTE FRANCAISE : LE NAUFRAGE DE SA « justice »
LE SCANDALE ET LA HONTE FRANCAISE : LE NAUFRAGE DE SA « justice »

A la mémoire de :

Ilan Halimi 24 ans

DJ Sébastien Selam 23 ans

Jonathan Sandler 30 ans

Gabriel Sandler 3 ans

Aryé Sandler 6 ans

Myriam Hanna Monsenego 8 ans

Yohann Cohen 20 ans

Philippe Braham 45 ans

François Michel Saada 64 ans

Yoav Hattab 21 ans

Sarah Halimi 65 ans

Mireille Knoll 85 ans

Enterrés à Jérusalem en Israël, car en France, les cimetières juifs sont régulièrement profanés…

J’aurais aimé ne jamais avoir à écrire cet éditorial…

 

Les protagonistes

Madame Sarah Halimi (Zal)

Madame Sarah Halimi (Zal)

- Madame Sarah Halimi (Zal) soixante-cinq ans. Elle est de confession juive, mère de trois enfants. Elle est tout d’abord médecin, puis directrice de crèche. C’est une femme de bien, exemple d’humilité, une femme qui a fait le choix de consacrer sa vie au bien de l’humanité, de soigner ses semblables, de les sauver, puis de contribuer à l’éducation des tous petits, auxquels elle prenait plaisir à transmettre les premières valeurs. Elle est connue de ses voisins pour sa générosité, souvent elle partage son repas de Shabbat avec eux.

-Une bête immonde dont je me refuse à articuler le nom (impossible de donner la moindre humanité à cette chose qui en est totalement dépourvue), même par écrit. Il a 27 ans et mesure 1m90, c’est une force de la nature, une « baraque », comme on dit vulgairement.

Il dispose d’un beau pédigrée, pour un « homme » qui se prétend musulman pratiquant :  trafiquant de drogue, 22 condamnations, deux ans de prison, il fréquente la mosquée salafiste d'Omar. Il s’y rendra à cinq reprises le jour du meurtre sauvage, dont la dernière fois à 22h, soit peu avant de commettre son massacre.

Les deux profils comparés, en disent déjà long sur qui est qui…

LE SCANDALE ET LA HONTE FRANCAISE : LE NAUFRAGE DE SA « justice »

Les faits

Alors que jusque là la bête immonde et sa famille qui habitent le même immeuble que madame Sarah Halimi rue de Vaucouleurs dans le 11e arrondissement de Paris, lui faisaient régulièrement peur en la traitant notamment de « sale juive », dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, la bête immonde, en passant par le balcon d’un appartement voisin dont les occupants sont des proches, s’introduit dans l’appartement de Madame Sarah Halimi qui dort paisiblement chez elle.

Commence alors une scène d’une violence extrême, un massacre en règle. La bête immonde, tout en psalmodiant des extraits du Coran en arabe, fracasse méticuleusement tous les os du visage de la vieille dame. Il s’acharne sur elle à coup de poings et à coups de pieds. Tout cela, en criant « Allah Akbar », « que Dieu me soit témoin », « J’ai tué le Sheitan (Traduction : le diable) », « J’ai tué un démon ».

Or, le calvaire de Madame Sarah Halimi se déroule alors les policiers sont présents derrière la porte, appelés par des voisins. Ils n’interviennent pas, ils laissent faire.

Puis la bête immonde traîne la vieille dame en train d’agoniser par terre jusqu’au balcon du troisième étage. A ce moment, des policiers sont en bas, et pour se justifier, la bête immonde dira : « elle cherche à se suicider ».

Puis, elle soulève Madame Sarah Halimi et la fait basculer dans le vide, la défenestrant vivante.

Madame Sarah Halimi agonise ensuite presque une demi-heure sur la chaussée au bas de sa fenêtre, les policiers n’interviennent toujours pas. « J'ai tué le sheitan » hurle encore la bête immonde après son acte. Il s’agit donc au sens littéral d’un crime rituel !

Lorsqu’enfin, les policiers procèdent enfin à son arrestation, il est réfugié dans l’appartement de voisins, ou il récite des prières en arabe.

On retiendra qu’étaient présents sur place neuf policiers armés jusqu’aux dents, ainsi qu’une vingtaine de témoins…

Autre scandale : seule la presse communautaire juive fera état de cet attentat terroriste antisémite.

La presse nationale mettra plus de quinze jours avant de le mentionner, timidement lors d’un journal de TF1.

Rassemblement de la communauté juive en hommage à Sarah Halimi, place de la République, à Paris, le 5 janvier 2020. ( Photo: Christophe Petit Tesson / EPA / MAXPPP)

Rassemblement de la communauté juive en hommage à Sarah Halimi, place de la République, à Paris, le 5 janvier 2020. ( Photo: Christophe Petit Tesson / EPA / MAXPPP)

La procédure

Une information est ouverte pour homicide volontaire et le procureur de la République François Molins est chargé de l'enquête.

Après avoir été interpellé sans résistance, le suspect est placé en garde à vue. Une analyse toxicologique révèle la présence de cannabis dans son sang. Le médecin juge son état psychiatrique incompatible avec la garde à vue et le fait interner sans qu'il ait été jamais entendu par la police (!).

Le 7 avril 2017, le procureur de la République de Paris, François Molins, déclare que « ce drame, en l’état de l’enquête, n’est pas un meurtre antisémite, mais que cette piste sera aussi explorée ». On croit rêver. Ou plutôt cauchemarder.

Le 22 mai 2017, les avocats de la famille de Sarah Halimi demandent la requalification de l’acte d’accusation, en incluant le motif aggravant d’antisémitisme, et reconstituent devant un parterre de journalistes « les dernières heures de la victime, les conditions de sa mise à mort, mais aussi le profil du meurtrier » dont sa radicalisation islamiste probablement due, selon eux, à un précédent séjour en prison, sa fréquentation d'une mosquée salafiste, ainsi que les relations délétères que sa famille entretenaient avec celle de la victime : « des insultes, des crachats par terre, une des filles de Mme Halimi a été traitée de « sale juive » par une des sœurs du suspect ».

Le 10 juillet 2017, la bête immonde est entendue par le juge d'instruction et reconnaît les faits tout en niant toute motivation antisémite : « je me sentais comme possédé. Je me sentais comme oppressé par une force extérieure, une force démoniaque ». Il attribue son état au cannabis. (NDLR : l’argument avait déjà eu du succès dans l’affaire similaire du DJ Sébastien Selam, il aurait eu tort de ne pas le resservir…)

Le 12 juillet 2017, la bête immonde est mise en examen pour « homicide volontaire au préjudice de Mme Attal-Halimi et pour séquestration » d’une famille voisine. Il est placé sous mandat de dépôt, mais reste toujours hospitalisé.

Le 16 juillet 2017, lors de la commémoration de la rafle du Vél d'Hiv, Francis Kalifat, président du Crif, souligne le caractère antisémite de ce meurtre, et le président de la République Emmanuel Macron demande à la justice de « faire toute la clarté » sur ce crime « malgré les dénégations » du meurtrier présumé.

Le 4 septembre 2017, le psychiatre Daniel Zagury rend son rapport concernant Kobili Traoré qui écarte l'abolition du discernement du mis en examen.

Le 6 juillet 2018, « Le Parisien » indique qu'une nouvelle expertise mandatée le 24 avril 2018 par les juges d'instruction à trois psychiatres, dont Paul Bensoussan, conclut à « l’abolition de son discernement au moment des faits, ainsi que du contrôle de ses actes », ce qui impliquerait que la bête immonde « serait irresponsable pénalement » ; les experts — observant aussi que le taux de THC étant « modéré » dans le sang de Kobili Traoré le jour du drame, et que ses idées délirantes ont persisté « longtemps après l’arrêt de l’intoxication » — estiment que la prise de cannabis n'a fait qu'aggraver un processus psychotique déjà amorcé.

En mars 2019, une nouvelle contre-expertise conclut à une « bouffée délirante aiguë d’origine exo toxique » ayant conduit à l’abolition du discernement.

Le 17 juin 2019, le parquet de Paris demande le renvoi aux assises de la bête immonde pour meurtre à caractère antisémite.

Cependant, dans leur ordonnance rendue le 12 juillet 2019, les juges d’instruction chargés de l'enquête estiment qu'il y a « des raisons plausibles » de conclure à son irresponsabilité pénale.

Le juge d’instruction, contre l’avis du procureur, a prononcé un non-lieu. La chambre de l’instruction est allée dans le même sens, cette fois-ci en accord avec le parquet général, qui s’est rallié à l’analyse majoritaire faite par les experts, dans une décision du 19 décembre 2019 qui retient l’irresponsabilité pénale de la bête immonde. C’est dans ces conditions, que la partie civile a formé un pourvoi en cassation, pour contester l’irresponsabilité pénale et, in fine, demander la tenue d’un procès.

Saisie d'un appel du parquet, le 19 décembre 2019, la cour d'appel de Paris conclut que son discernement était aboli, au sens de l'article 122-1 du Code pénal, et qu'il ne pouvait donc pas être jugé pour ce crime dont elle confirme les motivations antisémites. La cour d’appel de Paris ordonne également son hospitalisation assortie de mesures de sûreté pour vingt ans.

Le 14 avril 2021, saisie d'un pourvoi des parties civiles, la Cour de cassation confirme la décision de la Cour d'appel. Un assassinat d’une violence et d’une cruauté sans nom va rester impuni, par décision de la « justice française ».

LE SCANDALE ET LA HONTE FRANCAISE : LE NAUFRAGE DE SA « justice »

Réflexions

Devant pareil déni de justice, revient en mémoire le cinquième livre de la Thora, le Deutéronome XVI en ses versets 18,19,20 à la Paracha Choftim, Les juges :

« Tu établiras des juges et des policiers dans toutes tes portes. Que le Seigneur ton D-ieu te donne, pour tes tribus, et ils jugeront le peuple selon la justice. Tu ne détourneras pas le droit, tu ne feras acceptation de personne et tu n’accepteras pas de cadeaux corrupteurs, car la corruption aveugle les yeux des sages et fausse les paroles des justes.

La justice, c’est la justice que tu poursuivras (…) ».

Bien-sûr, la « justice française » n’a que faire de la morale de la Bible. A voir pareille situation, c’est d’ailleurs évident.

En fait, la question qui se pose, c’est de savoir si elle est encore animée par une morale ?

Devant une affaire autant de fois mal jugée, aboutissant à une injustice majeure, on se demande si on doit accepter de se taire, ou si au contraire on doit continuer à demander justice.

Photo: © Polymagou / Wikimedia Commons

Photo: © Polymagou / Wikimedia Commons

Or qu’est-ce demander justice ? Sur le fond, c’est demander réparation pour éviter de se faire justice soi-même. Or, puisqu’il n’y a pas eu réparation, puisque cela a été refusé, nous sommes donc en droit de persister à demander justice.

Chacun remarquera au passage que pour autant, les juifs de France, ne brûlent pas de voitures, ne brûlent pas de bibliothèques ou maisons de quartiers, n’attaquent pas de commissariats, et au contraire, respectent particulièrement la loi et l’ordre républicain.

Et c’est peut-être – malheureusement – une partie du problème : La lâcheté ambiante, soit qu’on ait peur d’eux, soit que l’on ne veuille pas les contrarier, fait qu’on donne plus de crédit aux criminels qu’a ceux qui respectent la loi.

Quand on peut voir que certains, notamment dans la presse, ont dit qu’« il ne faut pas contrarier la communauté musulmane ! ». Comme si justice rendue était une provocation !

Cela seul, montre de manière éclatante à quel niveau de perversion et de décadence nous en sommes. Et, du reste, dans cette affaire, ce n’est pas la communauté musulmane qui est en cause, mais un courant de nazislamistes. Ce n’est pas du tout la même chose.

Une autre question importante doit être posée, dans cette affaire : la scandaleuse défaillance de la police. On se souvient en effet que durant le massacre de Madame Halimi, la police, armée jusqu’aux dents était présente et a laissé faire. Pourquoi ?

A quel niveau a-t-on refusé de donner l’ordre d’intervenir. D’ailleurs, face à pareille situation a-t-on vraiment besoin d’un ordre pour sauver une vieille dame qui se fait massacrer ?

Devant l’acharnement de la « justice » à vouloir immédiatement psychiatriser l’assassin, à le faire passer pour fou, on peut penser qu’il y a une relation de cause à effet.

Le juge d’instruction s'est battu pour qu'il n'y ait pas de reconstitution.

Depuis le départ, la « justice » fait en sorte d’éviter un procès à la bête immonde.

Immédiatement, on avance le fait que comme il a fumé du cannabis, alors, cela devient une circonstance atténuante,  alors, que dans tous les autres cas, c’est une circonstance aggravante. En clair, selon ces magistrats, pour tout justiciable la consommation d’alcool ou de drogues est une circonstance aggravante, mais si la victime est une vieille juive, cela devient une circonstance atténuante ! Quel message édifiant post-Shoa la « justice française » envoie !

Songez qu’il y a un an, à Marseille, un homme ivre et sous cocaïne, avait tué le chien de sa voisine en le jetant par la fenêtre, il a été condamné à de la prison ferme, deux ans dont un avec sursis.

Pour un pauvre chien assassiné c’est un an de prison ferme, pour une vieille dame juive ! rouée de coups et jetée de son balcon à Paris, il n’y a aucun jugement sous prétexte que le tueur a été déclaré irresponsable pénalement.

Faut-il en conclure que pour la « justice française », la vie d’une vieille dame juive à moins de valeur que celle d’un chien ?

Comme à l’époque de l’Allemagne nazie et de l’Etat français du Maréchal Pétain.

 

Le prétexte à cette horrible gabegie de la « justice française » serait lié à une prétendue crise psychotique et a des bouffées délirantes.

Or la bête immonde n’a aucun antécédent psychiatrique. Aucun !  

Il est depuis trois ans à l'hôpital, il n'a pas de traitement, il est en parfaite santé, il n'est pas malade. L’un des experts, très connu, le Pr. Zagury dit qu'il est apte à être jugé.

Pourtant, le débat s’est axé sur la responsabilité pénale du mis en cause : son discernement était-il aboli au moment des faits ? Non, dit le Pr. Zagury, qui dans un long rapport explique sa position. Si la bouffée délirante et l’état psychotique de la bête immonde ne font aucun doute, celle-ci n’a pas été causée par une pathologie de type schizophrénique, mais par une consommation chronique, ancienne et excessive de cannabis. Depuis ses seize ans, a-t-il avoué, il fume une quinzaine de joints par jour. « En dépit de la réalité indiscutable du trouble aliénant, l’abolition du discernement ne peut être retenue du fait de la prise consciente et volontaire régulière du cannabis en très grande quantité. Il s’agit d’une appréciation légale constante », dit l’expert.

Dans ces circonstances, on peut, avec la famille de Madame Sarah Halimi, être indigné que la chambre de l’instruction ait déclaré la bête immonde irresponsable pénalement, car la toxicomanie n’est pas une maladie mentale et n’entre pas dans le champ des troubles psychiques ou neuropsychiques visés par l’article 122-1 du code pénal. De plus, l’acte volontaire de consommation de stupéfiants est constitutif d’un comportement fautif qui exclut l’irresponsabilité. « Celui qui consomme à l’excès des stupéfiants sait que cela va affecter son libre arbitre », a plaidé avec justesse Me Emmanuel Piwnica, tout en déplorant que la bête immonde « coule des jours heureux dans un hôpital psychiatrique en attendant sereinement d’en sortir ».

Car celle-ci a préparé parfaitement sa défense : dès son arrestation elle martèle qu’elle est sous l’emprise du cannabis.

Tiens ? Il aurait perdu le discernement, mais il n’a pas oublié qu’il est antisémite, et est capable de cibler une vieille dame parce qu’elle est juive et de la massacrer ? Et immédiatement après, il a assez de discernement pour ne pas attaquer qui que ce soit d’autre ? Et se souvenir que le cannabis pourrait le sauver d’une incarcération ?

C’est l’occasion de constater le profond malaise créé par cette « justice française » étonnamment généreuse avec les antisémites et les assassins de juifs :

Attentat de la rue Copernic : pas de procès, terroristes libres.

Attentat de la rue des Rosiers : pas de procès, terroristes libres.

Assassinat du DJ Sellam : pas de procès. Assassin libre.

Assassinat d'Ilan Halimi : procès et en quelques années, tous les complices sont libérés sauf Fofana.

Assassinat de Sarah Halimi : Pas de procès. L'assassin sera libéré très vite. Un psychiatre le libérera dans quelques mois.

Et cela sans évoquer les milliers d’agressions violentes contre des juifs qui ne se terminent pas par un meurtre !

Selon les chiffres du ministère de l'intérieur, « les Français juifs ont 25 fois plus de risque d'être agressés que leurs concitoyens musulmans ».

Pourtant, si des associations, les médias, les hommes politiques sont prompts à parler d’islamophobie en France, alors que la violence physique à l’égard de la communauté musulmane est rare, ou on ne recense – et c’est heureux ! - aucun meurtre à caractère raciste, jamais on n’entend parler de judéophobie. Pourquoi ? Les sentiments humains ou généreux sont-ils à géométrie variable ?

Conséquences

Ce qui précède, démontre qu’il y a matière à être inquiet pour les juifs de France.

Mais encore plus pour la France elle-même. Cette affaire n’est pas qu’une affaire juive, c’est d’abord une affaire française !

La « justice française » n’a pas seulement envoyée un signal pour les barbares de toutes espèces, en disant en substance « prend de la drogue, tu pourras tuer qui tu veux, tu seras pénalement irresponsable, tu ne seras jamais jugé, tu ne seras jamais condamné, et mieux, tu seras absous avant d’être libéré ». Dans ces conditions, un permis de tuer. Pas seulement des juifs.

Elle a surtout donné une image exacte de la décomposition de la société française, de sa décadence, de sa faillite et de son naufrage.

Et de son glissement progressif vers un antisémitisme somme toute entendu.

Les magistrats concernés ont dit aux juifs de France que les lois de la République ne sont pas destinées à les protéger, c’est-à-dire qu’ils ne sont plus en sécurité dans notre pays.

Autre observation, malgré les prises de paroles au plus haut niveau, malgré les paroles du Président de la République, les juifs français n’ont plus de raison d’avoir confiance. Les paroles, ils en sont abreuvés depuis des lustres, elles ne sont suivies d’aucun effet.

Les faits sont là, éloquents, eux. Les enfants juifs ne peuvent plus fréquenter les écoles de la République où ils subissent trop d’agressions violentes, et sont obligés de fréquenter des écoles privées confessionnelles, transformées en bunkers et gardées par l’armée. Est-ce cela le « rêve français » ?

Il est aussi particulièrement inquiétant de remarquer qu’une fois de plus, la communauté juive se retrouve seule, dans une indifférence générale, et parfois une hostilité : il n’est pas de bon ton de déranger la tranquillité, d’éveiller la mauvaise conscience, comme si c’était les juifs qui semaient le trouble alors, qu’ils sont en France, insultés, injuriés, calomniés, attaqué physiquement, violées, assassinés tout cela en tant que juifs, et comme si cela ne suffisait pas, leurs cimetières régulièrement profanés.

Les âmes généreuses, si promptes à manifester habituellement, les mouvements antiracistes extra-communautaires, les associations défendant les droits des femmes, les politiques (à part quelques-uns trop rares amis de la communauté juive) où sont-ils ?

L’indifférence, c’est assassiner les victimes une deuxième fois, disait Elie Wiesel, écrivain immense et prix Nobel de la paix.

Et c’est un homme à l’automne de sa vie, issu d’un très vieux peuple, qui a subi force persécutions, massacres, viols, accaparements, mais qui a donné à l’humanité sa morale universelle, la Bible, ou plutôt la Thora, peuple doté de nombreux prophètes et dont les prophéties se réalisent aujourd’hui sous nos yeux qui vous le dit : la République est en danger, au travers des juifs, se sont les fondements mêmes de la France qui sont attaqués.

Jusqu’à présent, les juifs de France ont voulu envers et contre tout garder foi dans la République, foi dans ses institutions.

Désormais, le radar anti-persécution donne une information claire : elles ne nous protégeront pas ou plus. IL FAUT PARTIR ! C’est bien la première fois que c’est aussi évident et qu’il faut le dire à tous. Il faut vous sauver, sauver les enfants et leur avenir. Car la France est le seul pays au monde où l’on tue des juifs parce qu’ils sont juifs !

Et tant pis si les élites défaillantes privées du « tampon » que constitue la communauté juive, se retrouve face-à-face avec ceux qu’elle a tant favorisés… Ils seront leur miroir.

Emmanuel Ser.

Macron veut changer la loi après la décision de la Cour de cassation dans l'affaire Sarah Halimi (Marche symbolique en hommage à Sarah Halimi assassinée en avril 2017, son meurtrier vient d'être déclaré irresponsable aux moments des faits, le 5 janvier 2019, Paris, France. Photo par Fred VIELCANET/Gamma-Rapho via Getty Images)

Macron veut changer la loi après la décision de la Cour de cassation dans l'affaire Sarah Halimi (Marche symbolique en hommage à Sarah Halimi assassinée en avril 2017, son meurtrier vient d'être déclaré irresponsable aux moments des faits, le 5 janvier 2019, Paris, France. Photo par Fred VIELCANET/Gamma-Rapho via Getty Images)

Documents pour compléter la réflexion :

1)Boualem Sansal. Des voix dans le désert. A propos de Sarah Halimi

Voici ce qu’écrivait en 2018 Boualem Sansal grand écrivain et conscience de l’Algérie moderne :

« Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de France. Le pays est gangrené par l’islamisme qui l’a élu terre de djihad, il est martyrisé par le terrorisme, abîmé dans ses valeurs et son mode de vie, mais rien n’y fait, la France laïque et bêtement généreuse maintient la ligne, elle protège et promeut l’islam, cheval de Troie de l’islamisme, et honore grassement ceux-là, les agents de l’UOIF, du CFCM et autres groupuscules, qui se sont autoproclamés gouverneurs de l’islam de et en France. Quel formidable succès pour eux, en peu de temps ! Encore une marche ou deux et ils seront les maîtres du pays, de très méchants maîtres, de vrais daéchiens, on peut s’en douter.

Librement ou contraint et forcé, par opportunisme ou par bêtise, ou tout simplement à son insu, on ne sait trop, l’Etat français s’est inscrit dans cette division du travail. Il participe à sa manière et selon ses moyens au plan de conquête de la planète par la soumission islamique de ses habitants. Le point de non-retour n’est plus loin d’être atteint… mais peut-être a-t-il été franchi puisque tout va à son rythme, fervent et violent.

L’antisémitisme français traditionnel qui avait reflué dans les marges obscures de la société reprend du poil de la bête à la faveur de la montée vertigineuse de l’antisémitisme islamique. Quand l’orage est là, les vents soufflent tous dans la même direction.

L’antisémitisme islamique, c’est de la haine pure, une obligation dogmatique conforme, rémunérée par des jouissances suprêmes, mais c’est aussi de la politique, des affaires. A ce train, il deviendra rapidement la valeur centrale de la France, sa colonne vertébrale. Il l’est dans certaines enclaves où on ne vit plus que dans et par la haine bienheureuse du juif.

L’assassinat de Sarah Halimi s’inscrit dans ce cadre d’évolution. Sa mort était en quelque sorte programmée. La France étant élue terre de djihad, il y a comme une fatwa naturelle sur la tête de tous les juifs de ce pays. Il y a eu les clients de l’Hyper casher à Paris, les enfants de l’école Ozar Atorah à Toulouse, Ilan Halimi à Bagneux, c’était le tour de Sarah Halimi, et demain d’autres seront la cible de l’antisémitisme islamique. Un jour, il y aura des massacres de masse, préfigurant ce à quoi beaucoup rêvent : la grande extermination finale.

Le rêve est déjà là, implanté, il travaille les esprits. La France ne le voit pas, elle refuse de comprendre qu’en la matière le rêve fait partie de la réalité, il la conçoit, l’annonce, la magnifie, l’organise, la fructifie.

Mais voilà, la France n’a jamais été très forte pour voir arriver les tempêtes. Quand elle décille, elle est déjà sinistrée, jetée sur les routes de la défaite.

Revenons à notre pauvre Sarah Halimi pour voir que dans cette affaire, il n’y a pas que l’antisémitisme islamique. Il y a la bêtise, l’aveuglement, l’entêtement, la lâcheté, la méchanceté au quotidien.

Un jeune musulman tenté par le djihad de quartier entre nuitamment chez elle par le balcon des voisins, la bat, puis prenant plaisir à la chose, la torture longuement, puis soudainement lassé la défénestre au cri de « Allah akbar ! ».

Soit dit en passant, Allah akbar n’est pas Allah est grand comme on le traduit en France, mais Allah est le plus grand, akbar est un superlatif. Les anglais qui sont de meilleurs traducteurs disent Allah the greatest. Cela veut dire qu’une sentence émise par Allah, via le coran, ne peut jamais être révoquée que par lui, aucune puissance au monde ne lui est égale ou supérieure.

Les représentants autoproclamés des musulmans et du culte musulman en France n’ont rien dit et ne disent rien. La France officielle, pareille, elle ne dit rien. Deux silences indifférents… coupables… complices.

La juge chargée d’instruire l’affaire ne voit apparemment que d’un œil, elle a refusé de qualifier le crime dans toutes ses dimensions. Elle y voyait simplement un homicide volontaire. Bon sang, on le lui a répété, c’est un abominable crime antisémite, il y a eu assassinat, séquestration, torture, barbarie, le tout au nom Allah. Mieux, elle s’est persuadée que le meurtrier était un peu dérangé sur les bords, qu’il était malade, qu’il a agi sous l’effet de la drogue, et l’a envoyé se reposer à l’hôpital. De son côté, la police n’a pas cherché très loin, elle a tellement à faire par ailleurs.

Les semaines et les mois passent. La famille est au désespoir. Des voix hurlent dans le désert. Des gens se mobilisent, des intellectuels, des écrivains, des amis. Qui les entend, qui les écoute ? Personne. L’affaire est une affaire crapuleuse et doit le rester. On ne va pas stigmatiser la religion de paix et de tolérance et faire des amalgames pour si… pour un banal homicide commis par un débile mental, drogué et oisif. Le parquet finit quand même par s’émouvoir et prie le juge d’instruction de revoir sa copie. Et là, le miracle se produit ou tout simplement la raison l’emporte : la juge reconnaît que le crime a un caractère antisémite. Il reste à souhaiter qu’elle le considère comme un facteur indiscutablement aggravant.

On en est là en France, on gère ces affaires et les dossiers afférents comme on gère des contentieux administratifs, et ainsi l’antisémitisme est en voie de retrouver le chemin de la banalité et de la petite bureaucratie qui lui a si bien réussi en d’autres temps.

Cette affaire a une autre dimension qui me terrifie. J’y vois l’expression d’un antisémitisme que je qualifierais de fondamental : tuer un juif c’est bel et bon mais tuer une juive c’est déjà un beau génocide, l’assassin coupe ainsi à la racine, car c’est par la mère, par la femme, que la judéité se transmet. En la torturant et en la défénestrant, il ne fait pas que prendre son pied, il la châtie pour avoir transmis le sang juif à des enfants. Les femmes juives sont doublement en danger.

Reculer sur cette affaire, se taire, c’est très directement se comporter en complices des Merah, des Coulibaly, des Fofana, et pis de ceux qui les arment aux plans religieux et idéologique et leur désignent les cibles. La justice en la matière est de punir sévèrement le coupable matériel, de dénoncer les maîtres à penser mais aussi et surtout d’agir fermement pour faire reculer l’idéologie qui fabrique aujourd’hui de l’antisémitisme au grand jour, en masse, et en toute légitimité.”

Boualem Sansal

Alger, janvier 2018

2)Le Grand Rabbin de France, le Rav Haïm Korsia a confié une Tribune au Figaro :

 «Pourquoi l’absence de procès du meurtrier de Sarah Halimi est si choquante»

TRIBUNE - La Cour de cassation vient de confirmer l’irresponsabilité pénale de Kobili Traoré, qui, en avril 2017, à Paris, a agressé et défenestré une femme de 65 ans, Sarah Halimi. Le grand rabbin de France* critique vivement cette décision de justice.

Par Haïm Korsia

« Le ministre britannique des Affaires étrangères, sir Edward Grey, déclara prophétiquement à l’entrée en guerre du Royaume-Uni en 1914: «Les lumières s’éteignent dans toute l’Europe, nous ne les reverrons plus s’allumer de notre vivant.» On sait ce qu’il en fut du XXe siècle.

Faut-il transposer cette formule en lisant l’arrêt du 14 avril dernier de la Cour de cassation, notre plus haute juridiction de l’ordre judiciaire, qui vient de porter un coup d’étouffoir à l’affaire du meurtre de Sarah Halimi ?

Les lumières sont-elles sur le point de s’éteindre depuis les instances de base jusqu’au plus haut échelon de la hiérarchie judiciaire française, dans quel état sera notre République, et dans quel État vivrons-nous lorsque, après les ténèbres, ces lumières s’allumeront à nouveau ? Car elles s’allumeront à nouveau un jour, je ne veux pas perdre foi en notre humanité ni en notre nation.

3)Depuis des mois des chaînes de télévisions et de radio interrogent le professeur Cyrille Cohen de l’université Bar-Ilan pour expliquer comment Israël a géré de manière exemplaire la crise du Covid 19 et est sorti le premier de celle-ci. Dès le rendu de la Cour de cassation, celui-ci a publié un billet d’humeur :

« Une soirée de paradoxe… d’un côté, le pays ou je suis né, dans lequel on peut en toute impunité torturer un être innocent parce qu’elle est juive, la rouer de coups, l’assassiner, la défenestrer en jurant par le nom divin et « s’en sortir » en plaidant un semblant d’irresponsabilité pénale parce qu’on a fumé un peu de cannabis – quelle honte, quelle parodie de justice, et quel message que cette cour de… justice (???) communique aux citoyens: un petit « joint », une « bouffée délirante » ouvrent la portent à tout crime raciste, antisémite, ou « crime » tout court… et ne vous inquiétez pas, si vous « planez » un peu, faites ce que vous voulez, commettez des crimes immondes… tout ira bien, vous serez exonéré. Le pays des droits de l’homme ou le pays des droits de l’assassin ?

Et de l’autre, le pays où j’ai choisi de vivre, où on célèbre la vie et où cette dernière est une valeur qu’on défend et qu’on honore chaque jour, où le corps médical qui pendant un an s’est battu pour sauver des vies est loué et mis en avant lors de la cérémonie nationale du jour de l’indépendance, où un soignant musulman dit le « Chéma Israël» à son patient et compatriote juif qui succombe à la Covid19 et allume un flambeau en disant « LéTiféret Médinat Israel » (NDLR : Traduction : A la splendeur de l’état d’Israël) , où on aspire à une vie meilleure ensemble malgré nos différences, nos problèmes et nos défis… ou peut-être grâce à ces défis. La route est encore longue, personne n’est parfait, mais ici, on progresse.

J’ai quitté mon pays natal pour partir vivre dans ma patrie ancestrale, je n’ai jamais regretté cette décision, et ce soir encore moins.

Am Israel Hai ».

Professeur Cyrille Cohen

4)Une lettre ouverte au Président de la Cour de cassation de mon ami Elie Lévy, Vice Président du Conseil Consulaire de la circonscription de Tel-Aviv-Haïfa:

LE SCANDALE DE L'AFFAIRE SARAH HALIMI

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA COUR DE CASSATION

Monsieur le Président,

La Cour que vous présidez est l'instance suprême des juridictions françaises.

Vous êtes appelés à dire le Droit.et à le faire appliquer lorsqu'une juridiction subalterne s'est fourvoyée dans des décisions iniques.

Avec la décision prise aujourd'hui avec l'arrêt « Sarah Halimi » votre Cour a ressuscité les tribunaux d'exception que nous avons connus pendant les heures sombres de l'occupation allemande.

Au lieu de dire le Droit, vous avez exonéré le criminel de son crime.

Il y a une semaine exactement, nous avons, ici, en Israël, à Roglit, commémoré le jour de la Shoah. On a honoré la mémoire de 80.000 juifs (de France NDLR) qui furent assassinés par les nazis parce qu'ils étaient juifs.

Aujourd'hui, 70 ans après, vous avez ajouté à cette longue liste une juive de plus.

Celui qui laisse faire est aussi coupable que celui qui a commis le crime.

Jamais plus jamais n'est qu'un slogan pour vous.

A côté de la France éternelle, celle de l'honneur et du devoir, celle de la lumière et du courage, vous avez rappelé l'autre France, la France  douteuse, celle de la honte et du déshonneur.

Au lieu de dire le Droit, vous avez exonéré le coupable de son crime.

Le faisant, vous êtes devenu son complice.

Comment peut-on oser affirmer qu'une infraction pénale mineure peut exonérer son auteur de la responsabilité de son crime ?

Vous avez osé déclarer Kobili Traoré pénalement irresponsable au motif qu'il était atteint d'une « bouffée délirante » parce que sous l'emprise de la drogue.

Et pourtant, il avait choisi sa victime, il l'avait torturé lui disant qu'elle allait mourir parce que juive. Sa drogue était sûrement l'antisémitisme aggravé par le canabis

En prenant un tel arrêt vous vous êtes disqualifiés pour rendre la Justice,car vous êtes les complice de ce crime odieux et antisémite.

Ah ! La drogue !!

Peut-être que vous même, les juges de la cassation, étiez drogués d'antisémitisme ou drogués par le « surtout pas de vague » ?

Le criminel appartient à une communauté qu'il ne faut surtout pas provoquer.

Les Juifs sont plus civilisés, policés, on peut donc continuer à leur taper dessus, ils ne réagiront pas.

Funeste calcul Monsieur le Président, ceux dont vous garantissez l'impunité finiront par vous coloniser, par vous imposer LEUR droit.

C'est peut-être même déjà fait.

Vous avez aujourd'hui montré que la puissance régalienne qui est la vôtre s'était soumise.

Je vous le dis, votre honneur s'est couvert aujourd'hui d'une tache indélébile, celle de la honte.

La Justice mérite mieux que ce que vous valez.

Chamfort avait déjà tout compris lorsqu'il a dit «  En France on laisse au repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin »

J'ai l'honneur Monsieur le Président de ne pas vous présenter ma considération qui ne sera plus dorénavant parfaite.

Elie LEVY

Vice-président du Conseil consulaire

Circonscription de Tel-Aviv- Haïfa

5) Un film court mais très intéressant sur les assassinats antisémites en France : Square artiste - Carte blanche à Alexandre Arcady - Regarder l’émission complète | ARTE

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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 17:21
HOMMAGE A SON ALTESSE ROYALE LE FRERE PHILIP DUC D’EDIMBOURG.

C’est par ce tweet (!) que la famille royale d’Angleterre a annoncé le décès du Duc d’Edimbourg, époux de la reine d’Angleterre.

En voici la traduction : « C’est avec une profonde tristesse que Sa Majesté la Reine a annoncé la mort de son mari bien-aimé, Son Altesse Royale le Prince Philip, Duc d’Édimbourg. Son Altesse Royale est décédée paisiblement ce matin au château de Windsor. La famille royale se joint à des gens du monde entier pour pleurer sa perte. D’autres annonces seront faites en temps voulu. » 

Cette annonce n’a pas étonné grand monde au Royaume-Uni, tant la récente hospitalisation du mari de la reine pour de graves problèmes de cœur qui avaient nécessité une intervention chirurgicale, avait attiré l’attention sur la santé précaire, à 99 ans, du Duc d’Edimbourg.

Cependant, la plupart des Britanniques en ressentent une profonde tristesse. Nous aussi.

C’est pourquoi le Myosotis du Dauphiné-Savoie se joint à tous ceux dans le monde et en Grande Bretagne qui présentent leurs sincères condoléances à Sa Majesté la reine, à sa famille et aux peuples écossais et anglais pour la perte du Prince Philip Mountbatten, Duc d’Edimbourg, Prince du Royaume-Uni et …Franc-Maçon fidèle.

Le Myosotis du Dauphiné-Savoie présente donc aussi ses condoléances aux Frères de la Grande Loge Unie d’Angleterre et en particulier aux membres de la Navy Lodge n°2612.

Une enfance compliquée.

Il est fort probable que le mari de la reine, né Philippe de Grèce et de Danemark, n’ait pas gardé un souvenir impérissable de son enfance.

En effet, celle-ci a été marquée par la fuite et l’exil. Petit fils du roi de Grèce, Georges Ier, il est abandonné avec sa maman et ses sœurs par son père, le prince André de Grèce. Sa mère est gravement malade. Elle sera « hospitalisée » de longues années, et ne donnera pas de nouvelles durant sept longues années, entre les 8 et 15 ans du Prince. Autant dire qu’il en a certainement été très marqué.

Il va endurer la vie les pensionnats et leurs lots de dureté, de froideur, et de souffrances.

Lorsqu’il en sort, « parrainé » par son oncle Lord Mountbatten, il s’engage dans la marine de guerre britannique, dont il devient un brillant officier.

Il fait la rencontre de celle qui n’est alors qu’une jeune princesse de 13 ans, Elizabeth d’Angleterre. Elle a immédiatement un coup de foudre, et. Adolescente, impose l’élu de son cœur à son père, le Roi Georges VI.

Un amour jamais démenti.

Tombée sous le charme du Prince Philip, l’amour réciproque des deux jeunes gens, Elizabeth et Philippe, ne s’est jamais démenti.

Ils auront été ainsi unis pendant 74 ans, une union solide, triomphant de la rigueur du protocole anglais.

En 1947, Philip abandonne ses titres de prince grec et danois et change de nom pour adopter celui de sa mère – celui de Mountbatten – et est naturalisé britannique.

Jusqu’au bout, il aura été le confident de la reine, mais aussi son conseiller, sa force, son « roc » dira-t-elle.

La perte de son amour de jeunesse, de maturité, doit donc être une épreuve terrible pour la souveraine, amplifiée par le fait qu’en sa qualité, elle ne peut montrer ses émotions. Pour Sa Majesté, le deuil est privé, il ne faut rien montrer en public.

(Photo : AFP.com Justin Tallis)

(Photo : AFP.com Justin Tallis)

Juste Parmi les Nations.

Peu de gens le savent, mais la Maman du prince Philip, la Princesse Alice de Battenberg a sauvée des juifs pendant la Shoa, ce qui lui a valu le titre le plus honorifique qui soit au sein du monde juif, mais en Israël plus particulièrement, de « Juste parmi les Nations », attribué par l’Institut « Yad Vashem » pour la mémoire de la Shoa.

HOMMAGE A SON ALTESSE ROYALE LE FRERE PHILIP DUC D’EDIMBOURG.

Peu de temps avant son décès survenu en 1969 à l’âge de 84 ans, la Princesses Alice demanda à être enterrée à Jérusalem, aux côtés de sa tante Elizabeth. Au départ, ses souhaits furent ignorés et la princesse eut droit à des funérailles royales en Angleterre. Mais en 1988, ses restes furent transférés dans la crypte familiale au cimetière du mont des Olivers à Jérusalem, en Israël.

HOMMAGE A SON ALTESSE ROYALE LE FRERE PHILIP DUC D’EDIMBOURG.

Bien que la famille royale anglaise n’ait jamais effectué de visite d’État officielle dans l’État juif, le prince Philip, ainsi que sa sœur Margarita, firent le déplacement en Israël à l’occasion de la cérémonie d’hommage à leur mère. Le prince Philip planta un arbre pour commémorer le courage de la princesse Alice et fit un discours poignant : « La Shoah fut l’événement le plus horrible de toute l’histoire juive et il restera ancré dans la mémoire de toutes les générations futures. C’est donc là un geste très généreux que l’on se souvienne également, ici, des millions de non-Juifs qui, comme ma mère, partagèrent votre douleur et votre angoisse et firent ce qu’ils purent pour alléger la souffrance ».

Et d’ajouter : « Je suppose qu’il ne lui a jamais traversé l’esprit que son acte avait quelque chose d’exceptionnel. Elle considérait sans doute cela comme une attitude parfaitement naturelle envers des prochains en détresse ».

 

La famille unie autour de la reine.

Fidèle à la dignité qui la caractérise tant et qui est la marque de la fonction qu’elle incarne si bien, la reine, est restée silencieuse.

Elle a reçu la visite de ses fils, les princes Andrew et Edward, au château de Windsor samedi.

Le prince Charles, héritier de la couronne britannique, a rendu hommage au prince Philip, son père, et a déclaré que son « cher papa » lui « manquera énormément » rendant hommage à son « service remarquable et dévoué » à son pays.

« Comme vous l'imaginez, mon père manquera énormément à ma famille et moi », a-t-il dit, remerciant le public pour son soutien « dans ce moment particulièrement triste ».

 

Une personnalité particulière.

Les Anglais sont nombreux qui appréciaient cet homme doté d’une personnalité très forte, même si, respectueux du protocole, il semblait effacé. Lorsqu’il était amené à s’exprimer, il faisait montre à la fois d’un humour parfois grinçant, mais aussi d’une légèreté qui pouvait en déconcerter plus d’un.

Certes, le Duc d’Edimbourg pouvait ne pas avoir sa langue dans sa poche. Il s’est aussi fait remarquer pour ses propos provocateurs parfois teintés de ce quelques-uns avaient estimé être du racisme ou du sexisme. Mais les Britanniques retiennent aussi son inlassable dévouement à une monarchie qu'il a contribué à moderniser et humaniser, et sa présence, en retrait mais sans faille, aux côtés de la souveraine.

Interrogée par l’AFP, Hather Bridge a déclarée « Il représentait la stabilité mais aussi le plaisir, le sens de l'humour, que nous donnons parfois l'impression d'avoir perdu. « Il avait ce joli sens britannique de l'amusement », a-t-elle ajouté, se disant désolée pour la reine : « C'est une perte dévastatrice pour elle ».

 

Un Franc-Maçon discret.

Comme de nombreux membres de la famille royale, Philip d’Edimbourg était Franc-Maçon.

On se souvient que l’actuel Grand Maître de la Grande Loge Unie d’Angleterre n’est autre que son cousin le duc Edward de Kent.

Obligé de quitter la marine pour demeurer auprès de son épouse reine du Royaume Uni et du

Commonwealth, le Prince Philip, qui s’est vaillamment battu en tant qu’officier de marine durant la deuxième guerre mondiale, choisit de se faire initier au sein d’une loge très prestigieuse, consacrée à la marine, la Navy Lodge n° 2612 au Tableau des Loges de la Grande Loge Unie d’Angleterre, peu après le couronnement de SA reine.

C’est au sein de cette loge militaire qu’il effectuera son parcours maçonnique.

Le 6 mars 1953, trois mois avant le couronnement officiel de son épouse, le duc d’Édimbourg devenait compagnon, accédant au second degré.

Le 4 mai 1953, un mois avant le couronnement, le prince Philip accédait au 3e grade, celui de maître.

La GLUA rappelle dans son éloge funèbre que l’époux de la reine « était connu pour se rendre à des réunions de sa loge presque à l’improviste ».

HOMMAGE A SON ALTESSE ROYALE LE FRERE PHILIP DUC D’EDIMBOURG.

Une loge prestigieuse.

Le site de la loge du Prince Philip, indique que le c’est à l’initiative de l’amiral Markham et d’officiers de marine de haut rang que la Navy Lodge à reçu sa Patente, portant le numéro 2612 au tableau des loges de la U.’.G.’.L.’.E.’.

La Navy Lodge fut consacrée le vendredi 12 juin 1896.

Selon l’amiral Colville, « c’est entièrement grâce à l’amiral Markham que SAR le prince de Galles, avec son amour pour la Marine, honora la Loge en devenant aussi son Maître ».

Ce fait est commémoré par les plumes du prince de Galles qui ornent le joyau des Passé-Maîtres.

La Loge est fière d’être la première loge navale au monde, avec une histoire sans précédent qui englobe quatre monarques (les rois Édouard VII, Édouard VIII, George VI et George II de Grèce) et d’autres membres de la famille royale (S.A.R. le Prince Edward, duc de Kent; SAR le Prince Philip, Duc d’Édimbourg), trois Frères distingués de la Victoria Cross, des amiraux, des généraux, des vice-amiraux et des officiers supérieurs ainsi que des notables tels que Shackleton, Scott de l’Antarctique et bien d’autres.

La Navy Lodge se réunit au Freemasons' Hall, Great Queen Street à Londres.

Deuil national.

Le pays a débuté un deuil national, qui durera jusqu'au lendemain des funérailles.

Depuis la Tour de Londres au bord de la Tamise, les châteaux d'Edimbourg ou Belfast, dans l'enclave britannique de Gibraltar, sur les navires de la Royal Navy, où il a servi pendant la Seconde guerre mondiale, le bruit des canons a retenti samedi midi.

Cette salve, première d'une série de 41 (une par minute), a rendu hommage à celui qui était devenu le patriarche de la famille royale britannique, après être né prince de Grèce à Corfou.

Dès vendredi soir, les cloches de l'abbaye de Westminster, où son mariage a été célébré en 1947, ont sonné 99 fois, une fois par minute, en hommage au prince de 99 ans.

(Photo : AFP.com Tolga Akmen)

(Photo : AFP.com Tolga Akmen)

Les funérailles.

Le Palais de Buckingham a annoncé que les funérailles du prince Philip se dérouleront samedi 17 avril à 15h à la chapelle St George du château de Windsor, où il s'est éteint.

La cérémonie privée sera retransmise à la télévision.

Seules 30 personnes, sans doute ses quatre enfants (Charles, Anne, Andrew et Edward), ses petits-enfants et d'autres proches – devraient être présentes, en vertu des règles liées à la pandémie de coronavirus.

Une minute de silence sera observée dans tout le pays au début de la cérémonie.

Pourquoi un blog français, confidentiel, devrait-il rendre hommage au Prince Consort de la monarchie britannique ?

Il pourrait en effet sembler indécent que le – ou les – rédacteur(s) d’un blog s’intéressant en particulier à la Franc-Maçonnerie, à diffusion confidentielle (environ 4.000 références) s’arroge le droit de présenter des condoléances.

Ce n’est pas notre vision des choses.

Outre qu’un livre de condoléances en ligne est disponible, c’est la personnalité du Duc d’Edimbourg, indissociable de celle de la reine, qui justifie cette démarche.

Le Prince Philip et Sa Majesté la reine, étaient des acteurs convaincus de « l’Entente Cordiale », d’authentiques amis de la France, dont ils maniaient la langue dans toutes ses subtilités.

Aimer une personnalité étrangère, ne veut pas dire trahir son pays, loin de là. Après tout, sous la IVème République, le Président du Conseil de la République Française, Guy Mollet n’avait-il pas proposé à la reine un projet secret visant à unir la France et l’Angleterre et Sa Majesté Elizabeth II reine de cette nouvelle entité ?

Ils ont traversé plus de la moitié du XXème siècle et déjà une bonne partie du XXIème siècle en montrant constamment un exemple emprunt de dignité, de hauteur et d’honneur.

A une époque où, en comparaison nous avons en France un Président de la République récemment décédé qui durant son mandat, au petit matin, en galante compagnie, percute un camion de laitier, ou l’un de ses successeurs dans les mêmes conditions est surpris en scooter en train d’aller visiter une de ses maîtresses, l’exemple de la reine et de son époux remettent – si je puis me permettre cette expression – l’église au milieu du village.

Oui, la dignité, cela ne s’improvise pas, ce n’est pas une affaire de circonstances, c’est une façon d’être…

Pas question de se satisfaire d’une phrase pour se disculper, telle que « c’était une autre époque », il ne tient qu’à chacun d’insuffler un minimum de dignité dans les fonctions régaliennes. La dignité n’est pas un phénomène de mode.

Il est donc légitime d’exprimer sa peine et de rendre hommage à sa mémoire, à chaque fois que disparait quelqu’un de bien…

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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 17:25
LE SOUVERAIN GRAND COMITE DE LA GLNF S’EST TENU CE JOUR EN WEBINAIRE.

Un Souverain Grand Comité inaccoutumé qui s’est tenu ce jour, vendredi 12 mars 2021, puisqu’en webinaire, en raison de la pandémie persistante de Covid 19.

Bien entendu, le but de cet article n’est pas de rendre compte de celui-ci, toutefois, certains points peuvent être connus :

  • Le Très Respectable Grand Maître, le T.’.R.’.F.’. Jean-Pierre Rollet, en ces temps durs et incertains, soucieux à la fois des deniers de la GLNF et des mesures prises pour lutter contre la pandémie, à choisi de réunir le Souverain Grand Comité par Webinaire, sachant que ceux qui le voulaient, pouvaient  naturellement être présents dans le Grand Temple de Pisan. L’expérience est un succès, mis-à-part quelques incidents techniques au début de la séance, rapidement circonscrits grâce aux talents d’ingénieur que Grand Maître Provincial de la Province de Paris (Cocorico !) le T.’.R.’.F.’. Bertrand de Lau.
  • Le Très Respectable Grand Maître, a ouvert les Travaux à la manière accoutumée, après avoir invoqué la protection sur ceux-ci du G.’.A.’.D.’.L.’.U.’., et a fait observer une minute de silence à la mémoire des quatre Frères partis à l’Or.’.Et.’., parmi lesquels le Grand Maître d’Honneur, le T.’.R.’.F.’. Claude Charbonniaud, et l’ancien Souverain Grand Commandeur du S.C.P.L.F., le Très Illustre Frère Henri Baranger. Occasion de montrer son sentiment fraternel, son intelligence et son ouverture d’esprit, quand on sait la direction prise par cette association, vers la rupture avec la régularité maçonnique.
  • Le T.’.R.’.F.’. Yves Pen., Grand Secrétaire de la GLNF a donné lecture des différentes Planches tracées de précédents Travaux ainsi que du rapport moral de l’année écoulée : un travail très précis, mais habilement synthétique.
LE SOUVERAIN GRAND COMITE DE LA GLNF S’EST TENU CE JOUR EN WEBINAIRE.

A cet égard, devant la multitude d’activités des différents responsables de la Grande Loge Nationale Française dans la réorganisation nécessaire visant à protéger les Frères et leur venir en aide, tout comme pour continuer à assurer la transmission maçonnique par les différents canaux (Villard de Honnecourt et ses publications, Scribe), ainsi que devant tous les systèmes mis au point par nos Frères pour assurer le Lien, le Grand Maître a eu raison de souligner que ceux qui ont cru que l’année 2020 serait une année blanche se sont bien trompés !

  • Le Grand Maître a aussi insisté sur le fait que la décision de fermer les Temples de la GLNF lui a été très difficile à prendre car la dernière fois que cette situation s’est produite, c’était en en 1940, à cause du régime du maréchal Pétain.
  • Depuis la réouverture des temples, en septembre 2020, les mesures sanitaires prises pour protéger les Frères, avec les conseils avisés du T.’.R.’.F.’. Jacques Per. Assistant Grand Maître mais aussi médecin de renom, non seulement les autorités nous ont fait confiance, mais surtout, il n’y a jamais eu de « cluster » à la GLNF !
  • Les Frères de la région parisienne, pour respecter les mesures du couvre-feu, se réunissent intensément à Pisan : tous les Temples sont occupés le samedi matin comme l’après-midi: 20 loges le matin, 20 loges l'après-midi, et en province, des loges se réunissent le dimanche…
  • Parallèlement, les Grands Maîtres Provinciaux, ont fait d’importants efforts pour maintenir le lien entre les Frères de leurs Provinces. C’est dans cet esprit que le T.’.R.’.G.’.M.’. rencontre par visio les VV.’.MM.’. de différentes Provinces.
  • Le TT.’.RR.’.FF.’.Etienne Lat.’. Grand Trésorier et  Henri Sid. Directeur Administratif et Financier ont présenté les différents rapports financiers, ainsi que les propositions de budget et de cotisations pour l’année à venir. Soumis aux votes, toutes ont été adoptées quasi unanimement à deux abstentions un vote négatif près .
LE SOUVERAIN GRAND COMITE DE LA GLNF S’EST TENU CE JOUR EN WEBINAIRE.

Dans son rapport, le Grand Chancelier a mis en relief l’enseignement maçonnique, la promesse de solidarité et de fraternité de la totalité des Grandes Loges, qui ont mis en place des groupes WhatsApp., des Conférences par Zoom, des Webinaires permettant d’aider les frères libanais après le drame survenu en septembre 2020 dans le port de Beyrouth. La seule visite du Grand Chancelier s’est faite dans des conditions de sécurité sanitaire, au Grand Orient d’Italie, avec une parfaite préparation du T.’.R.’.F.’. Gaspare Gia. 

LE SOUVERAIN GRAND COMITE DE LA GLNF S’EST TENU CE JOUR EN WEBINAIRE.

Pour le reste, la GLNF participe avec les moyens de communication modernes ci-dessus mentionnés aux réunions mensuelles des Grands Maîtres européens, à la Conférence des Grands Secrétaires et des Grands Chanceliers pour échanger – notamment – sur les moyens à mettre en action pour lutter contre la pandémie.

Il a par ailleurs précisé que la GNF poursuivra sa démarche visant à reconnaître les Grandes Loges Prince Hall américaines, partout où cela sera possible.

Avant de clôturer les Travaux, le T.’.R.’.G.’.M.’., Jean-Pierre Rollet a souligné qu’un important fond de solidarité Covid alimenté de diverses manières a été mis en place pour les Frères en difficulté qui ont des problèmes pour régler leur cotisations : Il ne veut pas, que ceux-ci nous quittent pour cette raison, et dans la discrétion il tient à ce que les Frères soient soulagés.

LE SOUVERAIN GRAND COMITE DE LA GLNF S’EST TENU CE JOUR EN WEBINAIRE.

Le T.’.R.’.F.’. Jean-Pierre Rollet a aussi signalé que cette année, pour la première fois, l'intégralité des fonds collectés par l’O.A.F. a été distribuée : Le Grand Maître estime que c'est notre devoir.

Puis il a remercié l’équipe des Frères dévoués pour contrôler nos dépenses (lui-même est réputé être réfractaire aux dépenses inutiles).

A tous les Frères il a adressé un message : « Merci de nous faire confiance. Vous ne pouvez pas savoir le bonheur que j’ai eu d’être là avec vous, Vivement qu’on puisse tous se retrouver ! »

Le prochain souverain Grand Comité en présentiel aura à l’ordre du jour la désignation du prochain Grand Maître.

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11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 10:42
DECES DU TRGM DE LA CÔTE D’IVOIRE, LE TRF HAMED BAKAYOKO DES SUITES D’UNE MALADIE FOUDROYANTE.

Le jeune Grand Maître de la Grande Loge de Côte d’Ivoire est mort hier mercredi 10 mars 2021 à l’âge de 56 ans des suites d’un cancer très rare, dans un hôpital Freiburg im Breisgau en Allemagne.

Dans le monde profane, il était le premier ministre de la République de Côte d’Ivoire.

Monsieur Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire, lui a rendu un hommage vibrant dans un communiqué : « Je rends hommage au premier ministre, Hamed Bakayoko, mon fils et proche collaborateur, trop tôt arraché à notre affection ».

Né le 8 mars 1965 à Abidjan, dans une famille musulmane de de la classe moyenne, originaire du nord du pays, il s’était intéressé dès sa jeunesse au journalisme et à la politique.

Fondateur à 25 ans, du journal « Le Patriote », devenu le quasi-organe du Rassemblement des républicains (RDR), le parti de M. Elhassane Ouattara, auquel il avait adhéré dès sa fondation, en 1994.

En 1993, il avait dirigé la radio Nostalgie Côte d’Ivoire, la première station commerciale du pays, en plein printemps de la presse ivoirienne, ce qui l’avait fait apprécier des milieux artistiques, de la musique et du show-business.

Il était devenu ministre au début des années 2000. Il avait été ensuite de tous les gouvernements pendant près de vingt ans.

M. Bakayoko avait été évacué en France par avion spécial pour « raisons de santé », avant d’être transféré en Allemagne le week-end dernier.

Nommé chef de gouvernement en juillet dernier, il était aussi ministre de la défense.

Beaucoup voyaient « HamBak », populaire y compris au-delà de son camp politique, comme un possible successeur du président Alassane Ouattara.

En effet, il avait pu exprimer son talent d’homme de paix, quand, après avoir été ministre des télécommunications et des nouvelles technologies ( poste qu’il gardera dans tous les gouvernements d’union nationale, sous le régime de l’ex-président Laurent Gbagbo), il était devenu ministre de l’intérieur avec l’arrivée au pouvoir du Président Alassane Ouattara en 2011, poste qu’il avait conservé jusqu’en 2017, réussissant à maintenir l’ordre dans un pays revenant à la paix, notamment grâce à ses nombreuses relations dans tous les milieux, aussi bien parmi les anciens chefs de la rébellion que dans l’opposition.

En juillet 2017, il avait été nommé ministre d’Etat, ministre de la défense et numéro deux du gouvernement, où il avait eu la lourde tâche de gérer plusieurs mutineries dans l’armée.

En 2018 il avait été élu maire d’Abobo, l’une des deux grandes communes populaires d’Abidjan, au terme d’un scrutin cependant terni par des violences.

En 2020, son nom avait circulé comme présidentiable, avant la désignation du premier ministre Amadou Gon Coulibaly comme candidat du parti au pouvoir pour l’élection présidentielle d’octobre. Après la mort inattendue de ce dernier d’un infarctus, qui a conduit M. Ouattara à revenir sur son engagement et à se faire réélire, M. Bakayoko avait d’abord été désigné pour assurer l’intérim, puis nommé premier ministre. Après la présidentielle du 31 octobre, marquée par le boycottage de l’opposition et des violences ayant fait une centaine de morts, « HamBak » avait ramené l’opposition à la table des négociations, ce qui a permis des élections législatives apaisées, avec la participation de toutes les forces politiques. Quatre jours avant sa mort, il avait lui-même été largement réélu député dans son fief de Séguéla (Nord) aux législatives du 6 mars.

C’était un grand ami de la France. Ne l’oublions pas.

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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 13:40
Sceau du Grand Orient Du Maroc

Sceau du Grand Orient Du Maroc

Malheureusement passé – volontairement ? – inaperçu de la plupart des sites de la « blogosphère maçonnique », il convient pourtant de saluer le communiqué du Grand Orient du Maroc, publié le 20 décembre dernier.

Même si cette obédience n’est ni régulière ni reconnue par les puissances maçonniques régulières de la planète, la teneur de son message est de la plus haute teneur maçonnique : un message de fraternité sincère et désintéressé.

 

 

COMMUNIQUE DU GRAND ORIENT DU MAROC SALUANT LA REPRISE DES RELATIONS DIPLOMATIQUES ENTRE ISRAËL ET LE MAROC.
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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 11:17
EVENEMENT : INTERVIEW DU SOUVERAIN GRAND COMMANDEUR DU SUPRÊME CONSEIL NATIONAL DE FRANCE, LE TRES ILLUSTRE FRERE CHRISTIAN HER. 33EME.

Dans le cadre de ses rencontres avec ceux qui par leur personnalité et leurs fonctions ont la possibilité d’influer sur la Franc-Maçonnerie contemporaine, c’est un dialogue rare, avec la volonté d’éviter toute langue de bois, que le Myosotis du Dauphiné-Savoie vous livre aujourd’hui, entre son administrateur et un Frère connu pour sa grande discrétion : le nouveau Très Puissant Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil National De France pour le Rite Ecossais Ancien et Accepté, le Très Illustre Frère Christian Her. 33ème  dont c’est ici la première expression publique.

Deuxième T.’.P.’. S.’.G.’.C.’. du S.C.N.D.F. et l’un de ses trois 33èmes fondateurs, il a en effet été élu le 9 octobre dernier pour un mandat de trois ans, renouvelable.

C’est donc un jeune Souverain Grand Commandeur, à la tête d’une jeune Juridiction, puisque celle-ci a été créée en 2014.

Cependant, le Suprême Conseil National De France, pour jeune qu’il soit, n’en bénéficie pas moins d’une longue et prestigieuse filiation : La plupart de ses premiers membres sont issus du Suprême Conseil Pour La France qu’ils ont quitté en raison des dérives passées orchestrées par les dirigeants de cette association devenue de ce fait irrégulière et ayant donc perdu sa reconnaissance auprès de la plupart des Suprêmes Conseils de la planète.

Avant ces évènements déplorables, ce même Suprême Conseil Pour La France était lui-même issu de la scission de quelques centaines de Frères qui, menés par le Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil De France de l’époque, le T.Ill.F. Charles Riandey 33ème (1892-1976), avaient quitté tout à la fois cette Juridiction et la Grande Loge de France pour venir fonder le S.C.P.L.F. dans le cadre d’un accord avec la G.L.N.F., lui permettant de ne recruter que des maçons réguliers au sein de celle-ci.

La filiation remonte donc à 1821, date de la création du Suprême Conseil de France.

Le Suprême Conseil National De France pour le Rite Ecossais Ancien et Accepté compte un effectif d’environ 2.000 membres, répartis ainsi:

71 Loges de Perfection,

28 Chapitres,

20 Aréopages,

2 Souverains Tribunaux et

1 Grand Consistoire,

Soient 122 Ateliers répartis sur tout le territoire national.

Bijou de 33ème.

Bijou de 33ème.

Le Rite Ecossais Ancien et Accepté, très présent dans la Franc-maçonnerie des pays latins et particulièrement en France, est aussi le plus pratiqué dans l’univers assez vaste des Hauts Grades. Mis en forme au XVIIIème siècle en France, sous l’appellation de « Rite du Royal Secret » système en 25 grades, il est amené aux Antilles et à Saint-Domingue (plaques tournantes du commerce vers les Amériques) puis aux Etats-Unis par des Francs-Maçons français, avant de revenir en France dès le début du XIXème siècle grâce au comte de Grasse-Tilly, qui fonda le premier Suprême Conseil en France.

C’est aux Etats-Unis qu’il prend sa forme actuelle en trente-trois degrés.

Rappelons aussi que pour être régulier, un Rite, quel qu’il soit doit voir ses trois premiers grades (Apprenti, Compagnon-Maître) gouvernés par une Grande Loge, seuls les degrés supérieurs (à partir du 4ème degré) étant dirigés par les Juridictions de Rites, les deux étant donc complémentaires mais obligatoirement distincts.

C’est donc avec un grand intérêt que le Myosotis du Dauphiné-Savoie interroge Le T.Ill.F Christian Her., le Très Puissant Souverain Grand Commandeur du seul Suprême Conseil du R.’.E.’.A.’.A.’. à être régulier et reconnu en France:

Le T.Ill.F. Christian Her. Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil National De France pour le REAA.

Le T.Ill.F. Christian Her. Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil National De France pour le REAA.

Très Puissant Souverain Grand Commandeur, merci beaucoup d’accepter de répondre aux questions du Myosotis du Dauphiné-Savoie, et de l’avoir choisi pour t’exprimer ainsi pour la première fois.

Alors que ce blog a déjà publié pour ses lecteurs plusieurs entretiens avec des Grands Maîtres de différentes obédiences, c’est la première fois qu’il ouvre ses colonnes à un Très Puissant Souverain Grand Commandeur, en l’occurrence le seul à être reconnu par ses pairs de la plupart des Suprêmes Conseils réguliers à travers le monde, notamment les plus importants.

Comment te présenterais-tu à tes Frères (et sœurs) lecteurs du Myosotis du Dauphiné-Savoie ?

Depuis mon initiation, j’espère être le plus authentique possible dans mes rapports avec les frères autant dans l'ordre que je dirige qu'avec les autres juridictions, et par ailleurs, dans le domaine privé, avec les sœurs.

J'ai 71 ans, suis maçon depuis 1978 et ai bénéficié de grandes rencontres, ces dernières participent à l’explication du développement de ma vision de la vie. Celle avec Jean Bernard, mon maître médecin, à celle avec de grands personnages qui m’ont alimenté dans la construction de ma propre pensée, Paul Ricœur et Edgar Morin. Ce sont des personnes que j'ai fréquentées assidûment, ainsi que le sociologue Michel Maffesoli, lequel de collègue à l’Université est devenu un ami. Enfin, j’ai partagé, à un moindre niveau, l’excellence du parcours du chrétien qu’est celui de Xavier Emmanuelli (aide aux plus pauvres et aux plus vulnérables dans la société).  

En ce qui concerne la maçonnerie, des liens très forts se sont tissés avec trois Grands Commandeurs : Jean Mourgues, Claude Salicetti (tous deux du Grand Collège des Rites GODF) et surtout Henri Baranger (SCPLF), lequel m'incitera à rejoindre la Grande Loge Nationale Française et bien sûr Jacques Pra., que tout le monde connaît.

J’aime la même femme depuis 40 ans, ainsi puis-je me déclarer fidèle. Tous deux médecins, nous sommes consacrés à la médecine (elle est pédiatre et anesthésiste réanimatrice). De mon côté de la réanimation d'urgence, j'ai dérivé vers l'enseignement et la recherche en éthique médicale et en intégrité scientifique à l'Université de Paris, ce que j'essaie d'appliquer à l'hôpital.

Quel genre d’enfant as-tu été…et continues-tu peut-être d'être ?

Enfant, la mère d'un de mes copains dit à la mienne : « il est nature votre garçon ! » J'étais nature à 13 ans, j'accepte de ne pas être fini à cet âge, ne pas correspondre à une moyenne et j’accepte la diversité. En ce sens j'ai compris ce caractère « nature » en lisant Fichte. Heureusement, progéniture d'un couple très lié, avec une différence d'âge, je me suis éventuellement évertué à rendre à mes parents ce qu’ils m’avaient donné comme bonheur. Ce retour bienveillant prodigué à ma mère notamment, fût une joie mais aussi un devoir ; elle vécût en état de vulnérabilité pendant près de 10 ans et me retînt auprès d'elle, n'en déplaise à Mr Freud.

Tu le sais, le caractère du Myosotis du Dauphiné-Savoie est iconoclaste, et pour tout dire, sans complaisance exagérée envers les Juridictions, quelles qu’elles soient. Aussi, c’est sur ce ton que voici cette question : Même si cela a été bref, tu as été élu Grand Maître du Grand Orient De France en 1994 alors que tu as été Initié en 1978 ; tu as été aussi Vénérable Maître de la loge nationale de recherche Villard de Honnecourt (GLNF) après avoir été régularisé en 1997 et voici que maintenant, depuis octobre 2020, tes pairs t’ont élu Très Puissant Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil National de France. As-tu dès le départ décidé de faire un parcours d’excellence qui te mènerait aux plus hautes responsabilités sur toutes les facettes de la Franc-Maçonnerie, ou alors es-tu né sous une bonne étoile ?

J’en ai conscience. Comme je pense que nous sommes sur terre pour accomplir une espérance humaine ou un destin à transformer en destinée, je remercie cette félicité qui me permet ces rencontres qui me façonnent une personnalité et m’offrent à l’élection. Que ce soit au GODF ou à la GLNF, comme au SCNDF, ce sont mes pairs qui m’ont investi et ont ouvert des portes conduisant dans des parcours bien décrits dans nos rituels. Ces parcours, en effet, sont parsemés de heurts et de malheurs, lesquels m’ont construit une personnalité qualifiée pour diriger une juridiction qui corresponde en son fonds cultuel et culturel aux valeurs qui me motivent. Cette adéquation compliquée d’un homme et d’un collectif de pairs donne sens au mot « élection » dans son double sens. Ce n’est alors qu’une entrée pour une voie espérée mais inconnue de tous, y compris de celui qui en bénéficie. Le jugement ne s’effectue qu’au terme de chaque parcours ; peut-être est-ce la condition pour rendre crédible la possibilité de plusieurs parcours comme je les ai vécus et le vis intensément ? Je pense que l’authenticité et le don de soi sont des postures qui aident, dans cette voie espérée à construire ensemble, à l’évitement des embuches par leurs transformations en bonheur, finalité du REAA.  A mon avis, comme tous les autres Grands Commandeurs, nous incarnons l’espérance du groupe, ce qui nous donne la respectabilité attendue dans l’élection effectuée par des pairs.

Selon toi, quelle est ta vocation en tant que Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil National De France ?

La question sous-tend qu'il y a une vocation. J'en suis également persuadé, cela m’apparait même nécessaire sachant qu’il a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Nous sommes, comme cela l'a été annoncé, une jeune juridiction, aussi il m’apparait fondamental que la personne choisie soit « animée ». Pour parler franc, ce qui est demandé, je ne me rends pas bien compte pourquoi j'ai pu être « repéré » par ces Grands Commandeurs, Salicetti en 1994, Baranger en 2004 et Pra. en me reconnaissant fondateur du SCNDF en 2014, lesquels ont reconnu cette vocation, à ce qu'ils m'ont dit - sûrement par amitié, mais je l'ai cru, quel orgueil ! -  compter sur moi pour « l'avenir du rite ». Leurs propos mêmes conventionnels, leurs encouragements, s’ils l’étaient, m’ont amené à envisager d’accepter d’exercer les responsabilités pour lesquelles j’ai été élu.

Comme finalités de mon commandement, mes visées éthiques sont de faire régner la justice, l'amour fraternel des frères et alors, leur procurer les conditions propices à chacun pour la réalisation de leur voie spirituelle, voire mystique.

As-tu une philosophie de vie ? Si oui, laquelle (stp, ne me réponds pas la philosophie du R.’.E.’.A.’.A.’. !) ?

Comme chacun je me suis construit une philosophie basée sur le travail, lequel a pris tant d’importance dans ma vie si bien qu'à un moment je me suis demandé si ce n'était pas devenu pathologique.

J'ai la conviction que c'est la source de mon bien être personnel, si bien que je ne suis pas inquiet pour ma santé mentale...ce rythme, je le propose à mes collaborateurs, lesquels ne s'en plaignent pas jusqu'au moment où ils sont amenés à prendre leur envol professionnel, se sentant mûrs pour affronter seuls les collègues dans les institutions universitaires.

Les hobbies sont aussi développés dans ma vie : la musique classique, l'opéra (je suis abonné, depuis que j'ai 17 ans, à l'opéra-comique, à Garnier et à Bastille). J'ai la chance que ma compagne aime ces arts en plus des musées dont elle se trouve friande, de même faire la cuisine. Nous nous réalisons ainsi…

Professeur émérite de médecine, tu as acquis une solide expérience dans le domaine de l’anesthésie et de la réanimation puis en santé publique tu es devenu le grand spécialiste français de la réflexion éthique en médecine. Est-ce que ces dimensions ont contribuées à forger le maçon que tu es, ou est-ce l’inverse ?

A l’origine du fonctionnement des SAMU, élève et adjoint de Pierre Huguenard, pionnier avec Louis Lareng et Maurice Cara dans la prise en charge des polytraumatisés, je me suis retrouvé à participer dans les années 80 à des techniques de réanimation extrêmes, lesquelles auraient été considérées aujourd’hui comme de l'acharnement thérapeutique. Ces techniques permettaient cependant une survie de 50% de ces personnes polytraumatisées, souvent jeunes. Mais pouvaient être contestées certaines obstinations dans de tels traitements, aussi manquait-il un discernement clinique, ce qu’apporte aujourd’hui la réflexion éthique au cours de ces pratiques. La loi Leonetti, véritable « leçon » l’apporte sur les conditions de la fin de vie ; elle a résolu presqu’exclusivement ces situations critiques qui n’avaient pas de solution humainement acceptée et posaient problème.

Ainsi ai-je été particulièrement confronté, certes à la maladie, à la souffrance et à la mort, laquelle prenant en compte les familles, les personnes de confiance et les proches. De même, cela a été de prendre en compte dans les décisions, les soignants et même maintenant les représentants des associations de malades, jusqu’aux malades eux-mêmes.

Nos parcours au sein de la maçonnerie sont des parcours de vérité nous aidant de notre spiritualité pour qualifier nos actions. Ecouter l’autre malade et en grande vulnérabilité par rapport à des savoirs (notamment médicaux) s’impose comme parole de vie particulière ainsi que celle des personnes qui participent à son destin. L’accueil et l’aide envers les personnes vulnérables sont des notions qui doivent être pensées. Les textes bibliques les mettent au centre de leurs préoccupations. La visée maçonnique vers le bonheur de chacun et de l’humanité convoque nos attitudes et actions. Elles nous appellent à un approfondissement de ce que nous sommes pour apporter cet essentiel aux autres et notamment à ces personnes vulnérables ou souffrantes que nous sommes tous en réalité, si nous considérons notre finitude humaine dans l’infini du monde. Telles sont les forces que nous pouvons recruter pour incarner les vertus prodiguées dans nos rituels, nous référant à la dignité inaliénable et singulière de toute personne.

Je te sais lecteur passionné aussi bien de Levinas que de Ricœur… Justement, Levinas interroge : « Pourquoi sommes-nous allés chercher l’essence sur son Empyrée ? Pourquoi savoir ? Pourquoi problème ? Pourquoi philosophie ? ». As-tu une réponse ?

Sur le sens, Ricœur l’exprime dans « La métaphore vive » par les mots, les phrases qui constituent la langue et par-delà des mondes. Il le précise dans sa petite éthique incluse dans son livre – « Soi-même comme un autre » - visée éthique comprenant l'estime de soi, la sollicitude pour l'autre et l'institution qui pérennise les valeurs d'engagement social, chacun devenant un être de réponse contre le mal et l'injustice, prônant une reconnaissance mutuelle avec les autres et qui se met sous la règle de l'institution basée sur la justice.

Selon Levinas, qui jugeait la communication entre les êtres irréductible, l'incommunicabilité demande un retournement, lequel constitue une véritable épiphanie du visage permettant une re-création de l'autre, de la vision que l’on a de l’autre dans le cadre d’une vision transcendante. Celle-ci s’étend au-delà de son visage partageant le ressenti de l’essence individuelle de l’autre et de l’idée de Dieu qui vient à l’esprit.  Aucune réciprocité alors, contrairement à la conception de l’éthique de Paul Ricœur qui la suppose dans le respect mutuel. Pour Levinas, cette passivité envers l’autre et ce retournement du moi auquel il est alors astreint, est une conception humaine qui m’incite à la difficile humilité. Chez Levinas, cela peut évoluer jusqu'à une soumission à l'autre, jusqu’à en être l’otage !

A cette mort potentielle dans la rencontre avec l'autre, martèle le commandement « Tu ne tueras pas » alors impératif et respecté. L’un, Paul Ricoeur, était de tradition protestante, Emmanuel Lévinas, de tradition juive, tous deux impliqués dans l’évolution des croyances et des actes individuels et collectifs.

De cela, dans une conception métaphysique de leurs philosophies, j’ai reconnu le monde de la Révélation sous plusieurs formes, véritable socle de la maçonnerie de tradition ouvrant vers un monde spirituel que j’intègre dans l’ordre de la gratuité des actions et constitue un vrai paradigme, sous les formes d’actions et de pensées à acquérir et à perpétuer dans une transmission engendrant l’éveil.

La Franc-Maçonnerie, est très vivante en France : Il n’y a jamais eu autant de francs-maçons – et de franc-maçonnes – dans notre pays. Selon toi, qu’est-ce que nos traditions peuvent apporter à un monde moderne très égocentré et relativement désenchanté ?

Il ne s'agit pas de transmission de savoirs, bien qu'ils soient indispensables tels le trivium et le quadrivium de nos rituels au REAA, mais la recherche de la connaissance. En fait, j'insisterai sur le travail nécessaire à faire sur soi à partir de textes bibliques ancestraux et de rituels qui véhiculent des formes de penser et d’interpréter utiles à l’élévation spirituelle de chacun. Il est alors indispensable de les appliquer dans les comportements avec les autres frères et sœurs, puis de manière adaptée dans la société en usant de la politesse pour ne pas être trop vulnérable. Au fur et à mesure de notre parcours maçonnique, nous acquérons la capacité de prôner les attitudes vertueuses et de constituer des exemples, finalité espérée de nos êtres en capacité de transmettre nos secrets acquis par l’expérience. La recherche de la vérité est alors, à mon sens, non pas une épreuve philosophique pure mais le vécu des valeurs que l'on a acquis en Loge et que l'on traduit dans ses comportements en humanité. C'est également bâtir un espace personnel qui soit le lieu d’une progression dans l’initiation et ainsi construire avec ses frères un monde de vie pratique et de compréhension ouverte, permettant à la faculté prophétique inhérente au REAA de s’exercer.

Dans leur histoire, les Suprêmes Conseils nous ont habitués à de fréquents conflits. En cas de conflit ou de disputes comment les vis-tu ?

Je succède à un Grand Commandeur, lequel a construit notre juridiction de façon admirable et a permis de manière inespérée, tant elles furent nombreuses et rapides, la survenue de reconnaissances de la part des juridictions internationales. Ces acquis se sont effectués avec le concours des Souverains Grands Inspecteurs Généraux 33ème du Rite, bien évidemment et surtout de l’un d’entre eux qui se reconnaitra. Notre premier Grand Commandeur nous a montré la voie et nous la poursuivons grâce à son action résolue et indéfectible, mais aussi à sa pertinence dans le choix de ses collaborateurs (NDLR : il éclate de rire !). La succession est un énorme défi pour moi. J'ai la chance de bénéficier d'une très bonne équipe de membres actifs que je respecte dans leurs différences et pour leur capacité à s’unir autour d’un même idéal, condition indispensable pour construire et faire progresser notre Juridiction.

Nous sommes confrontés à cette capacité de vivre la pluralité, d’accepter que nous ayons des conceptions du monde différentes et de progresser ensemble malgré cela, et alors d'atteindre l'unité ou de nous en approcher, c’est-à-dire de faire ensemble ce chemin spirituel pour le seul bien de notre Ordre. A la quête d’un sens qui nous échapperait …

La Franc-Maçonnerie a-t-elle selon toi la possibilité de changer cet état de fait ?

Les disputations sont indispensables, elles sont un moyen de trier l'épais et le subtil. Elles permettent de mettre en question nos certitudes et à refuser la violence et de choisir l'action médiatrice, face à notre ego incommensurable. Vivre dans l'incertitude aiguise la responsabilité et révèle les finalités de nos décisions, nous rendant plus sensibles aux intuitions et aux potentialités fondatrices. Elles appellent les valeurs aristotéliciennes, les grandes vertus dont le courage. Affronter les conflits comme des épreuves, permet ainsi de ne pas être hypocrite, de ne pas tomber dans la violence et d'admettre nos insuffisances et nos vulnérabilités réelles, souvent minorées par nous-mêmes, négligées voire occultées.

A notre époque, des milliards de gens n’ont pas de quoi manger à leur faim, pas d’eau à boire, qu’est-ce que cela t’inspire ?

La dignité humaine égale pour chacun est une des bases des philosophies actuelles, elle s'intègre comme une valeur universelle depuis la déclaration du même nom.

Le 17 décembre dernier j'organisais un colloque à l’Université de Paris sur la dignité humaine appliquée aux migrants en France. Le programme montrait comment les médecins, par leurs pratiques d’accueil et de prise en charge des personnes souffrantes avaient réussi à dépasser leurs peurs de « l'étrange en médecine ». Cette peur et cette incompréhension est augmentée en cas de personnes de cultures différentes venant consulter. L’ethnomédecine a répondu à cette difficulté par l’adjonction de savoirs culturels et pratiques ancestrales. Toutes ces situations cliniques sont abordées sans peur dans le cadre d’une philosophie hippocratique qui sous-tend le respect d'une dignité singulière et inaltérable pour chacun, comme la désigne Emmanuel Levinas.

Cela m’apparait un exemple pour tous les hommes de la société d’accepter l’autre, et de transcender dans la rencontre une sensation d’étrangeté vis-à-vis de l’autre, voire une peur. C’est le cas des migrants. Au-delà des débats politiques pour ou contre l’immigration, une fois ces individus sur notre sol, l’accueil dans la société comme la nécessité de témoigner de leurs dignités peut prendre exemple de cette attitude hippocratique des soignants, proche des visées levinassiennes.

Une honte se développe à voir dans quelles conditions notre pays « accueille » les individus de ces populations et hésite à les considérer comme personnes ! L’implication de Xavier Emmanuelli dans ses actions, notamment en créant Médecin Sans Frontières et le Samu Social, est un exemple.

Personnellement, dans ma fonction hospitalière, durant 20 ans, à l'hôpital de Nanterre, j'ai accueilli, médicalement et socialement, ces populations en état de vulnérabilité sociale, personnes précaires souffrantes. Quelle expérience humaine enrichissante !

Nourrir les affamés, n’est-ce pas une cause qui devrait unir toutes les obédiences ?

Les obédiences ? Je ne peux en parler en raison de l'indépendance que nous avons vis-à-vis de leurs activités. Cependant, s’agissant des juridictions, plus elles prônent des comportements moraux animés par une dimension spirituelle, plus il est nécessaire qu’elles puissent s'en soucier. Pour être plus crédibles, elles devraient remplir dans les formes adoptées par nos frères américains, financièrement ou par des actions de nature éthique, leurs actions collectives en rapport avec les valeurs que le REAA véhicule, par leurs rituels. Heureusement les frères comme les sœurs qui les composent, participent individuellement à ces actions, comme je le mentionnais pour moi-même.

Quelle utilité y-a-t-il à avoir des Hauts Grades ? Les Maîtres ne sont-ils pas supposés avoir atteint le summum, la Maîtrise de leur art ? Qu’est-ce qui les empêche d’étendre à ce degré le champ de leurs recherches et de leurs études ?

Cette question est majeure. Nous sommes un lieu de liberté au service des motivations des frères et de leurs désirs de se réaliser. N’oublions pas que la Loge qui permet d’entrer dans les Hauts Grades s’appelle Loge de Perfection, elle communique une série de degrés qui éclairent l’implication des mystes, acceptant ce nouvel état, à commencer par celui de lévite au 4ème degré. Aussi, le REAA, rite scalaire en 33 degrés permet ainsi un approfondissement de la voie écossaise. Il s’agit d’un perfectionnement à disposition des Frères Maitres dans la recherche de la connaissance. Certains Frères préfèreront ne pas emprunter ce parcours, estimant avoir saisi parfaitement la voie amenant à la vérité qu’ils cherchent. D’autres désirent, voire ont besoin, de poursuivre leur quête à la recherche de cet accomplissement qu’ils ne trouveraient pas aussi complet jusqu’à présent dans leur cheminement. Quelle que soit le parcours, la recherche de l’harmonie personnelle et collective est toujours la finalité. Le rite propose ces grades supplémentaires selon les potentialités de chacun ou les désirs d’approfondissements différents. En ce sens le rite en 33 degrés a une vocation universelle, rassemblant la pluralité dans un désir d’unicité.

Tu es l’un des trois fondateurs du Suprême Conseil National De France. Dans quelles circonstances et dans quel état d’esprit s’est déroulée cette création ?

Il s’est agi d’une création de crise. Il était nécessaire, pour nous – en tant que souverains grands inspecteurs généraux, garants du rite et de son message, véritable dépôt à préserver - qui n’avions pas choisi de partir de l’obédience qui nous insère dans la franc-maçonnerie traditionnelle - de réunir les brebis qui se trouvaient ainsi abandonnées. Réunir ce qui était épars des frères écossais au sein de la GLNF a été ainsi impératif. Des actions multiples regroupant des chevaliers écossais durent être orientées vers la création juridique de la juridiction par Jacques Pra. qui vînt me chercher et Gérard Jar. que je choisis comme troisième Grand Inspecteur Général pour créer, selon les règles édictées par les Grandes Constitutions, le Suprême Conseil National de France, toujours souché pour son recrutement à la franc-maçonnerie, et notamment à la GLNF, dans la régularité. 

En 2018, quatre juridictions européennes (Allemagne, Suisse, Tchéquie et Luxembourg) ont accepté de tisser avec nous des liens d'amitié. C'est pourquoi nous les remercions avec une grande chaleur fraternelle : ainsi, elles nous ont permis de partager des liens d'amitié avec les autres juridictions internationales du REAA, particulièrement les Juridictions Nord et Sud des Etats-Unis.

Evoquons un sujet qui pourrait fâcher, mais ce n’est pas notre genre d’évacuer les questions que certains croient dérangeantes : des ennemis du Suprême Conseil National De France (suivez mon regard), outre des attaques calomnieuses contre ta personne, se sont aussi livrés à pareil procédé envers le SCNDF, notamment en prétendant qu’il est inféodé à la Grande Loge Nationale Française. Qu’as-tu à opposer à ce genre d’affirmation ?

Nous sommes civilement deux associations distinctes et maçonniquement dirigées tout autant indépendamment ; et liées par ce que l’on appelle des relations d’amitié. Le fait est que notre Règlement Intérieur impose à nos membres d’appartenir à une Obédience reconnue régulière, l’on ne peut reprocher d’être fidèle à cette obédience, mais il faut savoir distinguer les plans d’action, c’est ce que nous faisons, nous discernons nos appartenances dans les différentes décisions et comportements à adopter, toujours fraternels. Nos rapports sont fréquents et cordiaux avec le Grand Maître, mais chacun respecte les prérogatives comme les décisions de l’autre, qui lui sont propres.

Quelle est selon toi la vocation moderne du Suprême Conseil National De France, au milieu de la démultiplication des Suprêmes Conseils irréguliers ?

J’ai la tentation de dire qu’il vaudrait mieux réunir ce qui est épars, encore faut-il que ce soit possible, au-delà des intérêts conjoncturels. Ceux qui obéissent à l’entropie actuelle paradoxalement vont, à mon avis, en contre-sens. Les constitutions de la Franc-maçonnerie et nos Grandes Constitutions sont claires : procurer le bonheur de chacun et œuvrer à celui de l’humanité. En ces temps difficiles socialement, où la violence et le mal particulièrement prévalent, où les dissensions s’expriment et l’Unité est remise en question au profit du multiple, notre œuvre d’écossais est majeure et conséquente.

Quelles sont les relations entre le Suprême Conseil National De France et les autres Suprêmes Conseils réguliers de la planète ? A quoi servent ces relations ?

Nous avons des relations étroites avec ces juridictions amies puisque que ce sont elles qui nous ont reconnus, la pandémie ne facilite malheureusement pas les visites pour le moment. Récemment installé, un de mes devoirs sera de cultiver avec elles au niveau mondial, l’esprit du rite.

S’agissant des autres et dans un esprit d’union, j’espère que des liens culturels pourront s’effectuer, respectant nos différences désormais acquises.

As-tu un programme à mettre en œuvre ?

La réflexion éthique est un véritable questionnement, une réflexion sur le sens de nos actions et nos pensées. Je pense qu’il y a une spécificité écossaise, nous devons la vivre intensément vers des états de conscience qui doivent nous permettre d’approcher la vérité que nous recherchons, travaillant les rituels qui transcendent le monde des apparences. Il n’y a pas, à mon avis de programme à mettre en œuvre littéralement ; il y a à être authentique parmi les autres dans nos actions, à être vertueux et à vivre ce qui est en nous. Le partager avec les autres dans nos spiritualités respectives en un même lieu pour créer une entité de liberté : le Saint Empire. Ainsi le construire en nous et par devers nous parmi nos frères maçons, enfin si possible incarner nos valeurs dans la vie courante et être cités comme exemples. Cette alchimie ne peut se réaliser que dans un climat d’amour fraternel, en pleine conscience, recréant le monde. C’est une œuvre de responsabilité et de travail de nos racines passées, aujourd’hui bousculées, remises en question voire contestées dans une société en risque de décadence si elle ne se rétablit pas. Ce n’est que par la construction de mystes, bénéficiant d’une transmission de qualité, pour que perdure le dépôt de nos valeurs véhiculées dans le rite, que sont envisageables les finalités éthiques des constitutions du REAA, le bonheur de chacun et de l’humanité.

Quel sera ton principal chantier ?

Celui de continuer la construction d’une juridiction donnant aux frères la liberté de leur expression dans une voie de conciliation avec l’Autre sans se renier, transcendant par l’amour fraternel et la reconnaissance de la dignité essentielle des croyances de chacun pour œuvrer ensemble dans l’Unité. Autant une juridiction qui ne s’interrogerait pas sur ses acquis ne répondrait aucunement aux finalités du rite, autant une remise en question des apports de chacun dans la tradition transmise le nierait. Nous sommes en responsabilité d’un organisme vivant et autant la forme que le fond de sa vie doit contribuer collectivement à l’harmonie et à l’équilibre. Cela pour donner les conditions d’accéder à chacun à la Parole, dans l’acquisition d’états spirituels qu’engendrent les degrés de notre rite.

Tablier de Souverain Grand Inspecteur Général

Tablier de Souverain Grand Inspecteur Général

As-tu le pouvoir de décider seul, ou te faut-il l’assentiment du Suprême Conseil pour décider de toute chose ?

En fait, il s’agit d’un règne, la société en a perdu ses conditions et ses fondements. En se consacrant aux autres, en se donnant littéralement, la finalité ultime est que les autres frères vous suivent. L’autorité n’est donc pas synonyme d’« autoritas » mais d’ « auctoritas », c’est-à-dire celui que l’on suit, le Commandeur pour ses œuvres et son éthique, en charge d’incarner les valeurs qu’il professe. Cette posture doit être partagée par tous les membres du Suprême Conseil. Ce dernier est le lieu où l’expression de chacun est attendue. Les différences d’interprétation en ce qui concerne des textes ou des manières de vivre sa spiritualité, doivent se résoudre dans un état d’esprit transcendant les contradictions, permettant la résolution des contraires naturels et quotidiens. Aussi, tout doit être partagé en ce sein à mon sens, ouvert à la discussion, personne ne possédant la vérité, la décision me revenant en termes de responsabilité, justice et amour de la juridiction. Aussi, j’ai besoin de temps et de réflexion pour construire le parcours que mes frères, mes pairs attendent de moi. Je dois les consulter en cet état de Grand Commandeur, bien différent de celui que je fus, pour définir en responsabilité la voie que prend notre juridiction durant mon mandat.

Il m’a été rapporté par différentes sources dont certaines sont d’éminents dignitaires du SCPLF, que certains d’entre eux ont, dans le passé, fait campagne contre un candidat à la charge de Souverain Grand Commandeur, prenant pour prétexte qu’il est inconcevable qu’un Souverain Grand Commandeur du R.’.E.’.A.’.A.’. puisse être juif… Quelle est ton opinion sur ce sujet ?

C’est une aberration dans ma conception de l’écossisme. L’ostracisme, le rejet de l’autre en raison de ce qu’il est, ou de ce qu’il croit, tout comme toute forme d’intégrisme religieux, quel qu’il soit, à mon sens n’est pas compatible avec la compréhension de ce qu’est notre rite qui tend à l’universalité. L’humilité étant la qualité cardinale des mystes de l’écossisme, aucune ségrégation n’est possible, dès lors que les frères qui se soumettent aux comportements et valeurs lors de leur entrée en Loge de Perfection, tous se perfectionneront dans leurs voies respectives vers l’Unicité et l’Unité attendues, véritable projet d’une réalisation spirituelle. 

Compte-tenu de ton parcours et de ton expérience, qui est grande, comment vois-tu l'évolution de la franc-maçonnerie en France, toutes obédiences confondues ?

Je viens d’arriver comme Grand Commandeur. Il serait prétentieux de prédire un avenir dont toutes les forces ne passent pas par ma compréhension. Le fait est que de devant la violence des extrémismes et de la barbarie qui pourrait s’installer si nous n’y prenions pas garde, extrémismes idéologiques, sociétaux et religieux, la franc-maçonnerie devra participer au combat pour la libération de l’homme, plaider pour garantir une vie apaisée ne serait-ce qu’à nos successeurs et participer à cette re-création perpétuelle du Royaume, et de cette humanité crédible humainement et spirituellement.

Peut-on considérer que par certains aspects, le Rite Ecossais Ancien et Accepté - comme d’ailleurs les autres Rites – est un dogme ?

Non, dans la forme. En effet, selon la définition du Larousse : « au sens de celui qui a des opinions bien arrêtées, qui les considère comme des vérités absolues, et les exprime d'une manière péremptoire, autoritaire, catégorique ; doctrinaire : Un ton dogmatique » Oui, dans le fond de la posture initiatique. En effet, la croyance en Dieu est un dogme, ainsi que notre référence aux trois grandes lumières de la franc-maçonnerie. La croyance en Dieu nous guide vers une réalité que nous ne reconnaissons pas encore et que nous devons découvrir par cette compréhension de ce que nous sommes chacun parmi les autres et de ce que nous créons alors. Ces dogmes ouvrent vers un monde de liberté de penser où leurs finalités se réunissent.

Quelle est la finalité, le but du cheminement au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté ?

Je la perçois comme étant la construction d’un nouveau paradigme, une manière de penser et de vivre différente ; en particulier de penser l’autre différent en toute humanité. Pour moi, c’est ce que révèle cette idée de Saint Empire. Son édification, à laquelle participe chaque Frère dès son entrée dans la juridiction, est en quelque sorte le prolongement tout autant symbolique de la construction du Temple de Salomon que proposent les trois premiers degrés.

Peut-on dire que le Rite Ecossais Ancien et Accepté constitue un cheminement vers D-ieu ?

Oui, totalement dans toutes les acceptions des convictions religieuses de chacun dans une hétéronomie assumée, mais où le rite conjugue toutes formes d’expression spirituelle de la même Foi.

Répandre à l’entour les lumières entrevues dans les opérations de la loge : comment est-ce aujourd’hui possible ?

C’est une difficulté. Par la sécularisation, notamment en Europe, vivre sa foi peut devenir très difficile quand la société ne se préoccupe pas, voire décrédibilise, les valeurs traditionnelles et en privilégie d’autres profanes comme l’argent et le profit, le jeunisme et la rupture d’une vision intergénérationnelle de la société et l’exploitation des hommes sous quelques formes que ce soient.

Les valeurs actuelles, quand elles sont poussées à l’extrême comme une tendance nous les présente, deviendraient antithétiques à celles prônées dans le REAA. La pratique du rite aide à la réalisation d’hommes et de femmes plongés dans une telle société dont les manifestations des valeurs traditionnelles peuvent être ou seraient bafouées. Ainsi, le Rite nous aide de manière à ce qu’une clairvoyance éclaire pour survivre.

Prenons un exemple : la bioéthique est la discipline de la survie et de la préservation de la qualité vie des hommes et de l’espèce humaine selon Van Rensselaer Potter, qui en a la paternité. Dans son expression actuelle, elle s’en trouve paradoxalement à des manifestations bousculant celles des valeurs ancestrales, voire les inversant, sous le régime de la technoscience, par un relatif abandon de la prudence. Reniant une hétéronomie créatrice, à base d’une philosophie des techniques et de leurs avancées, elles se définissent par elles-mêmes (d’où la saine lecture de Hans Jonas, et la récente vision écologique reprise actuellement par l’Eglise). Elles ordonnent désormais l’évolution du monde.

D’autres formes de connaissance, intégristes prétendent inculquer la vérité à toutes les autres, ce n’est pas la forme d’enseignement et d’extériorisation par les adeptes de notre rite. C’est alors notre devoir d’exemplarité, honnête et en toute humilité, de faire réfléchir les autres devant nos positionnements, dans le dialogue et sans prétention. C’est la seule voie qui permette l’espoir, mettant en marge les excès et les temporisant. Pour cela nous devons répondre autrement aux aspirations des nouvelles générations d’initiés, aux formes de vies différentes, décalées des nôtres, et ne pas nous fixer uniquement sur nous-mêmes.

Je précise ici de manière peu objective, puisqu’il s’agit de mon Rite de naissance, que le R.’.E.’.A.’.A.’. est inégalable par sa philosophie du questionnement, par sa propension à susciter la recherche personnelle, indispensable pour progresser et par son universalisme.

Or, ce Rite, comme les autres en Franc-Maçonnerie, trouve ses principales sources à la fois dans la Thora, et dans les Evangiles qui sont appelés sous le terme générique soit de Bible, soit de Volume de la Loi Sacrée, ce qui n’exclue en rien, par ailleurs, un apport, sinon une influence de courants philosophiques tels que les présocratiques ou les néo-platoniciens, Pythagore, ou encore des alchimistes comme des hermétistes.

Très fréquemment aussi, profanes comme maçons évoquent la place de la Kabbale en Franc-Maçonnerie, et particulièrement s’agissant du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

A titre purement personnel, je m’élève à mon très modeste niveau, mais fermement néanmoins, contre cette prétention, à moins qu’on accepte qu’il puisse s’agir de « Kabbale de comptoir ». J’ai en effet la conviction qu’il n’y a pas de kabbalistes en Franc-Maçonnerie, qu’il ne peut y en avoir et il faut bien admettre qu’en cette manière, ceux qui savent ne parlent pas, et surtout à n’importe qui, et ceux qui parlent, ne savent pas…

Es-tu d’accord ?

Je pense que le REAA n’est lié ni étranger à aucune religion particulière. Il a justement la prétention de réunir ceux qui, sans renoncer à leurs convictions religieuses, veulent accéder à des états de pensée et de vie et à les partager avec leurs semblables initiés, même s’ils ne donnent pas la même signification à Dieu. Le danger des syncrétismes est là. Rester soi dans ses convictions mais capable de partager ce qui est commun entre convictions différentes de ce qu’est la Vérité. L’approfondissement des apports inclus dans le REAA, participe d’un enseignement vers cette progression commune, dans la recherche de cette Vérité. Notre Rite trouve ses sources dans de nombreux courants de pensée spirituelle et de philosophie qui le constituent, la kabbale notamment, mais aussi la gnose, le soufisme, l’alchimie, la philosophie présocratique, les néoplatoniciens et bien d’autres encore.

Il n’a pas pour autant la prétention de ne s’adresser qu’à des kabbalistes, des gnostiques, des soufistes, des alchimistes, des philosophes…et n’impose rien ; il ne s’interdit pas davantage de faire mention de ces apports qui font sa particularité de tendre vers l’universalité et en fait sa richesse conciliatrice.

Tablier de Sublime Prince du Royal Secret.

Tablier de Sublime Prince du Royal Secret.

Qu’est-ce qui fait qu’un Rite tel que le Rite Ecossais Ancien et Accepté vieux de deux cents ans puisse être encore adapté au monde contemporain et permette à chacun qui le pratique, d’avoir une connaissance de lui-même et du monde qui l’entoure ?

Paul Ricœur, que j’avais interrogé sur la réalité que des valeurs pouvaient être fanées m’a opposé le fait que les valeurs étaient toujours présentes. Mais ce sont leurs manifestations qui peuvent se faner. Alors, me dit-il, c’est par les pratiques qu’il faut passer, telle la phronésis d’Aristote, pour entrevoir cette visée éthique qui permettra que le jour se lève plus clairement dans nos conceptions pour la réalisation sur terre, en pratique de ces valeurs. Ce parcours de sagesse pratique à emprunter est une lecture que je propose. Aussi, les textes ont été modifiés par nos prédécesseurs en fonction de leurs situations faisant appel à des manifestations différentes, d’où cette volonté de revenir aux sources et à la fois redonner vie aux manifestations de ces valeurs, bafouées ou fanées, dans nos comportements. Une telle voie suppose en définitive la prétention d’orienter la société tout entière dans une éthique pratique de paix, les états de paix prônés par Paul Ricœur.

Penses-tu que nos Rituels, de tous Rites confondus puissent apporter des réponses aux grandes questions actuelles ?

Je le pense fortement. La liberté c’est le sacré dans sa conception universelle et non communautaire et la paix parmi les hommes passe par cette voie difficile, à nous d’être prosélytes et de convaincre les autres hommes en ce sens, par notre exemple…

Au grade de Chevalier Kadosh (30ème) entre autres, il est fait allusion à « celui qui préside aux mystères du Père et du Fils, prétendant sortir « porteur de la Lumière du Fils et du Père », tout cela devant le Volume de la Loi Sacrée (notamment à Luc XII,35), et où le Très Puissant Grand Maître, arme Chevalier en invoquant « A la Gloire de D-ieu au nom de Saint Michel et de Saint Georges ». Faut-il donc être chrétien ou croire en la Tradition chrétienne pour accéder à ce degré ?

Tout dépend de la faculté des frères et du groupe à progresser dans leurs différences. Dès lors qu’un homme a la Foi et que cela ne veut pas dire qu’il possède la Vérité, la présence parmi nous est possible, cependant dans ces conditions de tradition judéo chrétiennes ici exprimées.

Ainsi, ce que l’on teste à l’entrée possible d’un frère, est certes sa croyance en D-ieu mais aussi sa largesse d’esprit de reconnaissance des autres sens portés à cette croyance. En recourant à la faculté d’utiliser les rituels, non comme des vérités issues des mots et des phrase (en somme de la lettre des textes) mais comme un sens à découvrir (en somme l’esprit des textes) par des métaphores, des analogies en rapport avec des imaginatives et intuitives, cette approche permet de jouer sur les deux registres du texte et de l’esprit. Ce dernier traite la métaphore dans le cadre de la prédication, cette qualité se retrouvant dans l’analogie, méthode inhérente au rite.

Ainsi, grâce au véhicule représenté par les rituels maçonniques, caractéristique de sa dimension universaliste ; il n’est pas davantage nécessaire d’être Juif pour être lévite au 4e degré que d’être chrétien pour être 18e ni 30e, dont le titre de Chevalier Kadosh illustre parfaitement la conjonction indissociable des traditions et valeurs judéo-chrétiennes et autres apports au sein de notre rite.

C’est là un nouveau témoignage le REAA rejette toute conception dogmatique confessionnelle imposée comme lettre, tout en prônant la pratique spirituelle, n’admettant pas les intégrismes et les idéologies extrémistes, mais reposant au contraire dans un esprit orienté sur l’ouverture et la tolérance.

Bijou de Chevalier Rose-Croix.

Bijou de Chevalier Rose-Croix.

Quelle est ta propre définition de l’appellation « Grand Architecte De L’Univers » selon ta sensibilité ?

C’est celui dont nous procédons dans toutes ses formes possibles et nous le vivons dans l’Unité. Nous ne pouvons le percevoir que dans la manifestation de Sa création et notre quête est ainsi celle de l’invisible dans le visible, la recherche du Monde d’en-haut dans le Monde d’en-bas.

La statue d’Albert Pike déboulonnée aux U.S.A. en juin 2020, qu’est-ce que cela t’inspire ?

Si l’on veut tendre vers des états de paix, ce n’est pas par l’épuration a posteriori, sans compréhension de ce que l’homme possède en lui-même actuellement comme impuretés, comme si ceux l’invoquant étaient eux-mêmes purs. Au contraire une introspection peut nous libérer nos passions, désirs et peurs qui nous enchainent et limitent la réalisation dans nos comportements des valeurs qui constituent la personne humaine.

Il n’y a pas de modèle d’homme parfait, il y a des hommes qui sont conscients de leurs failles et ceux qui les projettent sur les autres.

Le REAA met en exergue dans ses rituels ces produits du mal en nous, pour les transformer en Bien. Aussi, à notre sens, l’action n’est pas de croire que nous sommes mieux que nos ascendants mais d’enseigner et transmettre dans un processus de mémoire, montrant le mal inhérent des actions humaines, sans l’occulter et surtout en ne s’illusionnant pas en faisant croire que nos actions dans la société dont nous sommes comptables seraient meilleures !

Le REAA nous montre que l’homme devra continuellement travailler sur ses propres scories et n’y arrivera qu’en intégrant cette dimension spirituelle qui le transforme personnellement et que son action en dehors du temple fera évoluer par cet apport la société.

Vouloir agir sur le mal sans se remettre en question soi-même serait alors une illusion d’avoir vaincu le mal …

Peux-tu expliquer cette référence constante au « Saint-Empire » qui fait tant fantasmer quelques esprits qui, pour faibles qu’ils soient, n’en sont pas moins animés d’une féroce haine vis-à-vis de la Franc-Maçonnerie ?

Tout ce qui participe de la haine ne me semble pas procéder d’un Saint Empire…

J’en ai donné l’explication dans la réponse à une question précédente sur le rite. C’est le prolongement, tout aussi symbolique, de la construction du Temple de Salomon que proposent les trois premiers degrés.

Ceux qui ne le comprennent pas sont par nature étrangers à notre démarche et comme bien souvent, la haine provient de l’ignorance.

N’observes-tu pas une baisse relative de la qualité des travaux, une compromission avec la mode contemporaine consistant à aller vite, toujours plus vite. Aujourd’hui, par exemple, on entend dire qu’une planche ne doit pas durer plus de dix minutes, sinon les auditeurs s’ennuient. Qu’en penses-tu ?

Les personnes qui vont à la messe, également se plaignent de s’ennuyer, parait-il et cela inquiète l’Eglise. La facilité de l’accès aux techniques participe de ce changement d’attente. Nous faut-il trouver d’autres moyens de faciliter la compréhension et de susciter la motivation des personnes que nous devons accompagner, ou devons-nous changer la forme nous assurant que le message passe totalement ? Quelle qu’en serait cette forme nouvelle, elle demandera toujours en complément, travail et effort personnels.

Concomitamment, n’observes-tu pas une baisse du niveau de culture générale des générations contemporaines ?

Bien sûr, ce qui me fait parler d’une certaine décadence que je définis par le retour à la violence entre les êtres et entre les mondes qui constituent l’universalité possible à travailler. La sociologie des francs-maçons a toujours évolué. Nous avons à repérer ceux qui, parmi nos semblables, ont encore ce désir de connaissance, qu’ils possèdent ou non une culture générale étendue. Nous devons leur faire sentir ce qui est caché et se dévoilera alors par la volonté de connaitre.

A ton avis et selon ton expérience, que viennent chercher ses membres dans la Franc-Maçonnerie ?

Se trouver eux-mêmes, mais parmi les autres, un des moyens de parvenir à D-ieu.

Un instant de détente : ou as-tu l’habitude de passer tes vacances ?

Avec mes parents, près de Menton, au Cap Martin près de Roquebrune et son château. Maintenant en Bretagne, à Saint Malo, chez ma compagne…quand je ne vais pas de festival en festival d’opéra avec elle…

Quels sont tes livres de chevet ?

J’adore lire, souvent décrypter ce que Maitre Eckart, Gadamer, Gabriel Marcel, Ricœur et Levinas ont voulu faire passer comme message…

As-tu un message pour les Frères et Sœurs de tous rites et de tous grades ainsi que pour les profanes qui lisent le Myosotis du Dauphiné-Savoie ?

Oui, j’espère que ma lecture ne les aura pas ennuyés. Qu’ils s’y retrouveront eux-mêmes dans leurs recherches et qu’ils essaieront de comprendre combien il est difficile de répondre à ces questions et simultanément faire savoir que l’on doute de beaucoup de choses, même si on les a souvent affirmées ! De l’indulgence donc…et merci à toi.

Que puis-je, en tant que maçon de la GLNF, te souhaiter pour l’accomplissement de ta mission ?

De faire un bon mandat, à la fois pour la juridiction en particulier, mais aussi pour la franc-maçonnerie en général…

 

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Présentation

  • : Le Myosotis du Dauphiné Savoie - Le Blog des Fidèles d'Amour -
  • : Tribune créée dans un premier temps pour véhiculer un combat en faveur de valeurs éthiques et morales au sein de la Franc-Maçonnerie de Tradition. Désormais, ayant contribué au succès de cet objectif, elle se consacre à la défense de celles-ci. Par ailleurs, seront présentés des articles reflétant études, lectures, engagements, et sympathies.
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Référence et remerciements:

 

Par arrêt en date du 20 mai 2015, la cour d’appel de Paris a confirmé le jugement rendu le 6 mai 2014 par la chambre de la presse du tribunal de grande instance qui m'a déclaré coupable de diffamation publique envers François Stifani et Sébastien Dulac, à raison de la diffusion d’un message diffusé le 22 septembre 2010 sur le blog le myosotis-dauphine.savoie.over-blog.com. Je considère cet évènement comme l'attribution d'une Légion d'Honneur.

Merci aux soeurs et frères très nombreux qui m'ont soutenu dans ce combat de cinq années dont je m'honore, et dont je ne regrette rien.

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