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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 09:30
(Photo: Micheldandelot1)

(Photo: Micheldandelot1)

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris vendredi dernier le 30 juin 2017, le décès de Madame Simone Veil, à l’âge de quatre-vingt-neuf ans.

 

Madame Simone Veil était réputée être la personnalité préférée des Français, certainement à juste titre, tant son intégrité et sa droiture étaient évidentes, dans un monde politique fait de petitesse, de magouilles et de compromissions.

Elle, ne parlait pas de morale, se contentant de l’incarner.

Dans sa vie, elle a connu l’indescriptible, la trahison de l’Etat français qui a livré sa famille aux nazis alors même que pour la famille Jacob (nom de jeune fille de Madame Simone Veil) la République Française était la référence absolue.

Elle et sa famille ont connue l’enfer concentrationnaire, les camps de la mort à Auschwitz et à Bergen-Belsen. Sa maman, son Papa, son frère n’en sont pas revenus, la traumatisant à vie. Les Faurisson et consorts pourront nier la réalité de la Shoa, Madame Simone Veil l’a vécu dans sa chair.

Puis, à la libération, revenue en France, subir encore l’indifférence, l'insensibilité et la désinvolture de français qui, somme toute, étaient eux, bien nourris et en très bonne santé.

Enfin, elle a dû se faire à la force du poignet, ou plutôt à la force du cerveau, jusqu’à devenir une magistrate française des plus écoutées pour sa sagesse, mais aussi pour son sens de la Justice.

Devenue ministre, elle a mené un combat – celui pour la légalisation de l’avortement – pour d’autres, qui se cachaient derrière elle pour ne pas prendre les coups.

Des coups, elle en a pris alors beaucoup. Des plus odieux, dans l’hémicycle, comme dans la rue, jusqu’au bas de chez elle.

Peu lui importait, elle faisait ce qu’elle croyait être juste, particulièrement pour les femmes en détresse.

De même, dès les lendemains de la guerre et de la Shoa, elle, la petite juive sortie des camps, s’est mise à œuvrer pour la réconciliation avec l’Allemagne, et pour la construction européenne.

Je n’ai pas partagé ces combats, mais d’une part je comprends que l’on puisse les mener, et d’autre part je respecte ceux qui avec sincérité et courage les mènent.

C’était le cas de Madame Simone Veil, et c’était son droit sacré de les mener : ancienne déportée, survivante de la Shoa et mère de famille, elle avait payé le prix pour parler et militer et pour représenter ces causes.

Toute sa vie aura été l’exemple de ce qu’est la dignité, l’honnêteté, la liberté et le courage.

Je voudrais lui rendre un hommage sincère dans les colonnes du Myosotis du Dauphiné-Savoie.

Mais comment ?

Il me semble que le meilleur moyen est de reproduire in extenso le discours qu’elle prononça le 18 mars 2010 à l’occasion de sa réception au sein de l’Académie Française, où elle devint la sixième femme devenue « immortelle » de l’histoire de cette si noble institution, et où elle occupa le fauteuil laissé vacant après le décès de Pierre Messmer, ancien premier ministre et Compagnon de la Libération, qui s’était tant battu pour la France Libre, au sein de la Légion Etrangère. Mais, ce fauteuil, surtout, avait aussi été celui du grand Racine !

A la suite, vous trouverez le discours de réponse de Jean d’Ormesson qui la reçut ce jour-là.

 

Adieu Madame Simone Veil, vous étiez une vraie « Grande dame »…

(Photo: Libération.fr)

(Photo: Libération.fr)

« Mesdames, Messieurs,

 

Depuis que vous m'avez fait le très grand honneur de me convier à frapper à la porte de votre Compagnie, qui s'est ouverte aussitôt, la fierté que j'éprouve ne s'est pas départie de quelque perplexité. En effet, même si l'Académie française, dès sa naissance, a toujours diversifié son annuaire, jusqu'à, pensez donc, s'ouvrir à des femmes, elle demeure à mes yeux le temple de la langue française. Dans ce dernier bastion, elle épouse son temps, sans céder aux dérives de la mode et de la facilité, et, par exemple, n'est-ce pas Madame le Secrétaire perpétuel, sans donner dans le travers qui consiste à faire semblant de croire que la féminisation des mots est un accélérateur de parité. Or, n'ayant moi-même aucune prétention littéraire, tout en considérant que la langue française demeure le pilier majeur de notre identité, je demeure surprise et émerveillée que vous m'ayez conviée à partager votre combat.

 

À bien y réfléchir, cependant, depuis que vous m'avez invitée à vous rejoindre, moi que ne quitte pas la pensée de ma mère, jour après jour, deux tiers de siècle après sa disparition dans l'enfer de Bergen-Belsen, quelques jours avant la libération du camp, c'est bien celle de mon père, déporté lui aussi et qui a disparu dans les pays Baltes, qui m'accompagne. L'architecte de talent qu'il fut, Grand Prix de Rome, révérait la langue française, et je n'évoque pas sans émotion le souvenir de ces repas de famille où j'avais recours au dictionnaire pour départager nos divergences sur le sens et l'orthographe des mots. Bien entendu, c'est lui qui avait toujours raison. Plus encore que je ne le suis, il serait ébloui que sa fille vienne occuper ici le fauteuil de Racine. Cependant, vous m'avez comblée en me conviant à parcourir l'itinéraire de ce héros de notre temps que fut Pierre Messmer.

 

J'évoquais à l'instant la naissance de l'Académie. Dans sa monumentale histoire de France, Jules Michelet la raconte ainsi : en 1636, une pièce de théâtre fait un triomphe à Paris. OEuvre d'un jeune avocat de Rouen, un certain Pierre Corneille, elle ne chante pas, comme l'exigeait la tradition de l'époque, les amours contrariées d'un dieu et d'une princesse antiques. La pièce exalte deux sujets que Richelieu a interdits de séjour, l'Espagne et le duel. Le cardinal est vite exaspéré par ceux qui ont pour Rodrigue les yeux de Chimène. Il prend cet engouement pour un affront et, à la cour et à la ville qui le défient, il veut opposer une assemblée du bon goût. Il sollicite ainsi les avis de Boisrobert, Conrart et quelques autres sur la pièce de Corneille. Vient ainsi de naître l'Académie française, c'est-à-dire, nous dit Michelet, une « société qui s'occupât de mots, jamais d'idées, et qui consacrât ses soins à polir notre langue ». Cette société fut-elle fidèle à la vocation que le cardinal de Richelieu lui avait assignée ? S'est-elle limitée aux seuls mots, à l'exclusion des idées ? Notre propos n'est pas d'en débattre. Observons seulement que ce sont des circonstances politiques autant que littéraires qui présidèrent à la création de votre Compagnie.

 

Au demeurant, si la première Académie est naturellement peuplée d'écrivains et de poètes, d'un historien évidemment, d'un grammairien, de scientifiques, elle s'enrichit aussi d'un militaire, d'un ambassadeur, de parlementaires, autrement dit d'hommes chargés d'administrer et de servir la chose publique. Est-ce parce qu'elle compte dès sa création des membres des parlements de Paris, Bordeaux ou Rennes, ou qu'elle accueillit plus tard de grandes figures de notre histoire parlementaire, tels Édouard Herriot ou Edgar Faure, que l'Académie française emprunte beaucoup à la tradition parlementaire ?

 

En tout cas, au-delà même de la proximité, sur notre rive gauche de la Seine, du palais Mazarin et du palais Bourbon, l'Académie française est solidement marquée par un compagnonnage entre l'esprit des lettres et l'esprit des lois, qui cheminent en France bras dessus, bras dessous. Il n'est pour se convaincre de leur parenté que d'observer autour de soi quand on est, comme en cet instant, assis sous la Coupole. Vous formez une magnifique assemblée, même si vous préférez à ce mot celui de compagnie, qui vous renvoie au temps du théâtre et des mousquetaires. Vous siégez dans un amphithéâtre, comme il sied aux représentants du peuple, depuis la Révolution, encore que la place de chacun d'entre vous en ces lieux ne soit nullement fonction de ses idées politiques, comme c'est l'usage au Parlement. Au perchoir - mais ce mot a-t-il cours chez vous ? - se tient un président de séance, secrétaire perpétuel ou directeur en exercice. En séance ordinaire ou extraordinaire, des discours sont prononcés, toujours brillants, parfois animés m'a-t-on dit. Bref, on croise ici toute une procédure et un vocabulaire qui me sont familiers, et m'inclinent à penser que je me trouve bel et bien au cœur d'une assemblée, c'est-à-dire dans un lieu où se réunissent des hommes et des femmes qui considèrent que l'avis de plusieurs sera plus riche et mieux motivé que celui d'un seul. Au fil de ma vie, membre du gouvernement, j'ai fréquenté l'Assemblée nationale et le Sénat, puis appartenu au Parlement européen, que j'ai présidé. J'y ai apprécié ces occasions d'échanges, de débats, de controverses, où s'exprime, quand ils se déroulent dans une atmosphère respectueuse, le meilleur de l'esprit humain. Est-ce pour cette raison que je me sens à l'aise parmi vous ? Je vous remercie en tout cas de m'offrir cet enrichissement.

 

L'univers parlementaire que je viens d'évoquer, Pierre Messmer l'a longuement fréquenté, comme ministre, comme député de la Moselle, bien avant de s'asseoir parmi vous, mais lorsqu'il aborda le débat politique, a fortiori le débat académique, il était déjà nanti d'un exceptionnel vécu des heures les plus sombres, mais aussi les plus glorieuses, de notre histoire contemporaine. Né à Vincennes au creux de la Première Guerre mondiale, Pierre Messmer était lesté d'un patriotisme familial venu de l'Alsace-Lorraine, cette province qui fut longtemps la pomme de discorde entre la France et l'Allemagne. Étrange destin que celui de cette région frontalière, sans cesse disputée entre nos deux pays, devenue par la grâce d'une jeune fille de Domrémy, mystérieuse et pugnace, le symbole de la résistance à l'envahisseur. Jean Jaurès avait bien vu ce que cette province avait de symbolique. « Jeanne d'Arc regarde bien au-delà des champs de Lorraine », avait-il écrit. La croix de Lorraine, qu'accompagnera longtemps Pierre Messmer, était de cette essence-là.

 

Quittant sa terre après la défaite de 1870, le grand-père de Pierre Messmer s'était réfugié à Paris pour échapper à l'occupation prussienne. Son petit-fils, à travers une éducation rigoureuse, est formé par ses parents dans l'idée que, dans la vie, rien n'est acquis que par l'effort. Après de solides études secondaires, avide de vastes horizons, il accède à ce qui était encore l'École coloniale. Il en sort à temps, en 1937, pour revêtir l'uniforme, qu'il ne quittera qu'en 1945. Tandis qu'au seuil de la guerre, rien ne le distingue des jeunes officiers de sa génération, c'est en pleine débâcle, le 17 juin 1940, je dis bien le 17, et non le 18, qu'il entre sans préavis et de plain-pied dans l'Histoire. Ce jour-là, en effet, comme toute la France, écrasée par le désastre, éparpillée sur les routes, il entend le vieillard étoilé qui sollicite l'armistice. Je l'imagine, à la fin du repas qu'il partage avec quelques autres jeunes lieutenants, dans un village de l'Allier, écoutant, médusé, la radio qui diffuse l'allocution du maréchal Pétain. Et voilà qu'aussitôt, je dis bien aussitôt, il décide avec son camarade Jean Simon d'échapper à la spirale de la défaite pour gagner tout endroit « où le combat fait signe », comme dit la chanson. Ainsi, avant même l'appel que Charles de Gaulle lancera de Londres le lendemain, 18 juin, et que du reste ils n'entendront ni l'un ni l'autre, ils prennent le large, entrant dans l'illégalité avec un ordre de mission rédigé par leurs soins, et signé par Messmer du nom de Canrobert. Ainsi, à un maréchal qui renonce, le jeune homme oppose un autre maréchal, héros de la conquête de l'Algérie et de la guerre de Crimée. À moto d'abord, puis en auto-stop et finalement en train, les voici qui gagnent Marseille et, dans le désordre qui y règne, ayant abandonné leurs uniformes pour des vêtements civils, recherchent un embarquement pour l'Afrique du Nord ou, mieux, la Grande-Bretagne. Se battre est leur idée fixe.

 

La suite de cette équipée est connue. Leur quête croise le destin d'un cargo italien, le Capo Olmo, saisi à Marseille le jour de l'entrée en guerre de l'Italie, avec son chargement d'aluminium et de farine et qu'un officier de la marine marchande, le commandant Vuillemin, a mission d'acheminer à Oran. Le 23 juin, le Capo Olmo prend la mer au milieu d'un convoi. À la barre, Messmer. Ce Parisien, d'origine alsacienne, est breton d'adoption. Durant ses vacances à Saint-Gildas-de-Rhuys, village auquel il demeurera attaché toute sa vie, il a appris à naviguer sur le Saint-Pierre, un petit bateau en bois que son père a fait construire et lui a offert pour son bac. L'éducation maritime du jeune homme a été confiée à un vieux pêcheur, qui l'emmène en mer et en profite pour jeter les filets. C'est donc tout naturellement que Pierre Messmer barre le Capo Olmo. Dans sa poche, son pistolet est chargé. Sait-on jamais ? D'accord avec Messmer et Simon, au prétexte d'une avarie, le commandant Vuillemin annonce à l'équipage sa décision de quitter le convoi et de gagner Gibraltar. Voici Pierre Messmer à Gibraltar, en route vers la France libre, où nous le retrouverons.

 

Revenons quai de Conti. À l'instant de son élection à l'Académie française, le nouvel élu prend place parmi vous, mais il accède aussi à une généalogie prestigieuse, formée de ceux qui l'ont précédé. Il y a un sentiment étrange, je l'avoue, à s'asseoir dans un fauteuil en percevant autour de soi la présence de mânes bienveillantes. Aucun de nos prédécesseurs ne ressemble à un autre. Chacun a eu ses mérites, en son temps. Certains noms des titulaires du 13e fauteuil sont ainsi parvenus jusqu'à nous, d'autres n'ont été connus que de leurs seuls contemporains. Est-ce injuste, est-ce mérité ? Racine, Crébillon, Feuillet, Loti, Claudel, Wladimir d'Ormesson et Maurice Schumann, telle est en tout cas, désormais, mon ascendance académique. Elle est prestigieuse, et me conforte dans l'idée que j'énonçais il y a un instant : un dramaturge, un romancier, un officier de marine, des ambassadeurs, un ministre, la diversité des talents est votre lot, et ce depuis toujours. De la marque indélébile des tragédies de Racine, fréquentées aux temps de mon adolescence, un souvenir anecdotique se détache. Dans les classes terminales du lycée de Nice, Phèdre n'avait pas droit de cité, entourée qu'était la fille de Minos et de Pasiphaé d'un halo incestueux, et donc à l'époque regardée comme non fréquentable par des jeunes filles !

 

Les deux derniers titulaires du 13e fauteuil appartenaient à l'ordre prestigieux de la Libération, et l'esprit de la France libre semble planer sur ce fauteuil. Pierre Messmer et Maurice Schumann furent de ces quelques hommes qui entendirent leur nom prononcé par le chef de la France libre, accompagné de cette phrase : « Nous vous reconnaissons comme notre compagnon, pour la libération de la France, dans l'honneur et par la Victoire. » Pierre Messmer a reçu la croix de la Libération le 26 mai 1941. Plus tard, il sera chancelier de cet ordre voulu par le général de Gaulle, ordre prestigieux, limité dans ses effectifs et dans le temps. Il a également été chancelier de l'Institut, et des plus actifs et efficaces, m'avez-vous dit. En l'élisant parmi vous, vous aviez voulu apporter à ce jeune ordre de la Libération le prestige multiséculaire de votre institution, mais surtout signifier que la gloire des compagnons devait avoir place en ces murs, comme hier celle des héros de la Grande Guerre. Je me rappelle, au début du mois de juin 1944, alors que j'étais à Auschwitz, avoir ramassé un fragment de journal allemand relatant le débarquement en Normandie. La révélation de cet événement avait suscité en nous, mes camarades et moi, une immense espérance. Parmi ces troupes avaient débarqué des Français. Qu'il me soit permis, devant François Jacob, de rendre hommage à ceux qui incarnèrent alors l'honneur retrouvé et l'action en vue de la liberté.

 

En juillet 1940, le Capo Olmo est en Angleterre. Sa cargaison est vendue, apportant à la modeste France libre ses premiers revenus. Les héros de cette aventure sont présentés au général de Gaulle. Si Messmer et Simon ont entendu le 17 juin le maréchal Pétain, le 18 juin, sur leur moto, ils n'ont, je l'ai dit, entendu personne. Messmer se souvient pourtant d'avoir lu à Marseille, le surlendemain, un journal qui relatait l'appel d'un certain général de Gaulle - « orthographié avec un seul l » avait-il noté. Un mois plus tard, il était devant lui.

 

L'entrevue entre le général de Gaulle et Pierre Messmer est brève, sobre. Elle ne dure que quelques minutes. Commence pourtant ce jour-là un long compagnonnage, que les deux hommes ne soupçonnent pas. À Londres, de Gaulle ne se perd pas en compliments : en le rejoignant, ces jeunes Français ont-ils fait autre chose que leur devoir ? Peut-être secrètement impressionné par leur épopée, il leur octroie néanmoins une faveur et propose à Messmer et Simon de choisir leur affectation. Pour l'un et l'autre, la réponse est immédiate et identique : la Légion étrangère. Plus tard, Pierre Messmer s'expliquera sur ce choix, d'une voix qu'on imagine bourrue et amusée : « Pourquoi la Légion ? Parce que je voulais faire la guerre avec des gens sérieux. » De fait, en cet été 1940, les légionnaires présents sur le sol britannique sont les rares Français libres aux états de service dignes de ce nom : six mois plus tôt, la 13e demi-brigade de la Légion étrangère a battu les troupes allemandes à Narvik. Son chef de corps, le colonel Magrin-Verneret, dit Monclar, a choisi sa devise : More majorum, « À l'exemple des anciens », à laquelle, toute sa vie, Pierre Messmer restera fidèle, comme il restera fidèle à cette institution singulière qu'est la Légion étrangère, que Lyautey appelait « ma plus chère troupe ». Le jour de sa réception parmi vous, il se présenta comme légionnaire et rendit hommage aux morts pour la France issus de ses rangs. En 2005 fut organisée, ici même, sous cette Coupole, une séance solennelle au cours de laquelle de jeunes légionnaires de la 13e demi-brigade lui rendirent les honneurs.

 

Vous étonnerai-je ? Je ne suis guère familière de ce monde. Mais au contact de Pierre Messmer, que vous avez provoqué en me désignant à sa succession, j'ai compris pourquoi cette troupe séduisait tant les écrivains. Blaise Cendrars, mais aussi Arthur Koestler ou Ernst Jünger, s'y engagèrent. Cendrars avouait : « Être un homme et découvrir la solitude. Voilà ce que je dois à la Légion. » D'autres, comme Joseph Kessel, fascinés par cette troupe romanesque, ont brossé d'admirables portraits de légionnaires. Dans L'Armée des ombres, un personnage a cette formule : « Tu jouais encore aux billes que je commandais des hommes de la Légion. » Ces mots pourraient avoir été prononcés par Pierre Messmer, lui qui fut conduit à commander à des vétérans de la campagne de France et de la bataille de Narvik, quand nombre de ses contemporains retrouvaient, dès l'automne 1940, le chemin du lycée ou de l'université.

 

Les légionnaires présents sous la Coupole en 2005 ne venaient pas d'Espagne ou d'Allemagne, comme ceux que le lieutenant Messmer avait eus sous ses ordres, mais plus probablement d'Ukraine, de Roumanie ou du Brésil. Pourtant, une commune envie de servir les animait. Avez-vous relevé cet après midi-là leur fort accent, lorsqu'ils chantèrent ou récitèrent les vers graves et émouvants de la poésie légionnaire ? Ils étaient, à leur manière, les ambassadeurs de la langue française, ayant renoncé à leur passé, à leur nom peut-être, pour se couler dans un nouvel uniforme, apprendre une nouvelle langue, adopter un nouveau pays, épouser une nouvelle histoire. Ce renoncement à soi-même, c'est l'effort que la Légion étrangère demande à ceux qui la rejoignent. Au terme de cinq années de services « avec honneur et fidélité » - c'est la formule -, un passeport leur est accordé. Pareil contrat moral passé entre la France et de jeunes étrangers doit être salué. Il honore une société désireuse de donner aux hommes une seconde chance. Le képi blanc qu'arborent les légionnaires symbolise d'ailleurs cette nouvelle vie. Chaque année, dans le défilé du 14 Juillet, c'est à la Légion qu'est réservé le plus vif succès. Chacun sait le rôle prioritaire qui demeure le sien dans toute intervention armée sous nos couleurs.

 

 

Tout cela est éminemment romanesque ; il est donc naturel que soit exaltée en ces murs la mythologie légionnaire. J'ai évoqué plus haut des noms d'écrivains engagés sous le képi blanc. À l'inverse, nombre de légionnaires furent d'authentiques écrivains, parfois d'admirables poètes. Connaissez-vous Allan Seeger, un Américain mort en 1916 sur la Somme ? Je me contente de vous dire ces vers : I have a rendez vous with death : « J'ai rendez-vous avec la mort quand le printemps ramènera les beaux jours azurés. » Dans les sables de Bir-Hakeim, le général Koenig se faisait lire des vers, alors qu'il tenait en ses mains le sort des 3 700 soldats français retranchés, chargés de fixer les troupes du général Rommel. L'un de ces légionnaires se nommait Pierre Messmer. Il commande alors une compagnie, au sein de la première brigade française libre, et attend l'ennemi dans la chaleur et l'incertitude. Qui sont les hommes qui l'entourent ? Il faudrait évoquer les mémoires glorieuses du général Koenig, du colonel Amilakvari, du colonel de Sairigné. L'histoire de la Légion étrangère - et l'histoire tout court - ont retenu leurs noms. Permettez-moi de citer d'autres soldats, dont la mémoire des hommes n'a rien su, mais qui furent, à n'en pas douter, présents dans le coeur de Pierre Messmer jusqu'à son dernier jour. Il dira d'eux qu'il ne pouvait rien en attendre, « hormis leur courage ». Empressons-nous d'ajouter que le courage ne leur fera jamais défaut. Je voudrais vous parler de l'adjudant Montbel, un ancien avocat au barreau de Paris, engagé à la Légion après le scandale Stavisky. Du lieutenant Svatkovski, un Russe blanc qui s'était battu pour le tsar, mais aussi en Chine et en Espagne ; le genre grand buveur et coeur romanesque. Du lieutenant Devé, un tempétueux syndicaliste qui avait servi en 14 puis rempilé en 40 à l'âge de 50 ans. Je voudrais encore citer le légionnaire Mamuric, un ouvrier agricole croate qui sauva la vie du lieutenant Messmer en Érythrée, et le légionnaire Dominguez, un militant anarchiste espagnol qui refusait par principe tout galon. L'un de ces hommes, qui devait être un poète - et sûrement un philosophe -, luttait contre la soif du désert en suçant des cailloux. À chaque fois qu'il effectuait ce geste, il portait un toast imaginaire à Démosthène. Un avocat douteux, un anarchiste, des hommes irréguliers, pour reprendre la belle formule d'Étienne de Montety, telle était la troupe à qui le destin avait confié, sinon le sort de l'Europe, du moins l'honneur de la France en armes. À Mamuric, Messmer demanda un jour pourquoi il se battait. La réponse fut immédiate : « Pour la liberté, mon capitaine. »

 

Après un long périple qui, de l'automne 1940 à la fin de 1941, conduit la 13e demi-brigade d'abord en Afrique noire, puis en Érythrée et en Syrie, participant à tous les combats, voici donc l'unité de Pierre Messmer enterrée, au début de 1942, dans les sables de Bir-Hakeim. Je crois bien que Pierre Messmer y est heureux. Quelques années plus tôt, il a choisi la voie d'administrateur de la France d'outre-mer pour connaître le rêve de René Caillé en Mauritanie et au Mali, celui de Charles de Foucauld dans le Sud saharien. C'est d'ailleurs les écrits de ce dernier qu'il a emportés dans sa cantine à Bir-Hakeim. On se demande souvent quel livre on emporterait sur une île, jamais quel livre on emporterait en plein désert. Pierre Messmer a choisi sa bibliothèque du désert : Pascal, Péguy, Psichari. Ces lectures lui inspirent alors des considérations sur la vie qu'il mène depuis plusieurs mois : « La guerre dans le désert est particulière, écrit-il, dure et belle. Les malheurs de la guerre ne frappent que les guerriers. C'est pourquoi la guerre du désert, si dure aux corps, ne salit pas les âmes. »

 

La bataille de Bir-Hakeim appartient désormais aux manuels d'histoire, comme Austerlitz ou la Marne. Elle s'est déroulée du 15 février au 10 juin 1942. À Koenig, Rommel a envoyé par trois fois des émissaires lui enjoignant de se rendre. Par trois fois, Koenig les a éconduits. Les Français, ancrés dans le sable, protégés par des champs de mines et des armes antichars, s'apprêtent à soutenir un siège contre une armée bien supérieure en nombre. Je laisse la parole à un témoin de la bataille : « Notre calvaire commença une nuit de pleine lune, en mai, quand retentirent des tirs d'armes lourdes, juste avant l'aube. Au nord le ciel flamba brusquement et on entendit des salves sporadiques et des explosions. » Ces lignes sont signées de l'adjudant Travers, Susan Travers. Oui, vous avez bien entendu : Susan Travers, légionnaire matricule 22.166. Une femme à la Légion étrangère ? Vous le savez mieux que quiconque, il arrive que des institutions soient créées et vivent longtemps, composées exclusivement d'hommes. Un jour une femme survient, et le visage de cette institution s'en trouve subitement modifié. C'est ce qui est arrivé à la Légion, quand Susan Travers, jeune Britannique engagée dans la France libre, devint chauffeur du général Koenig. Elle endura elle aussi le terrible siège de Bir-Hakeim et se distingua au volant d'une Ford, lors de la mémorable sortie qu'effectuèrent les Français pour échapper à l'encerclement dans la nuit du 10 juin 1942.

 

La compagnie Messmer est spécialement éprouvée. Le dernier jour, elle est encore aux avant-postes, chargée d'effectuer une contre-attaque au nord du dispositif. En quelques heures, elle perd la moitié de ses effectifs. Cette nuit-là, le général Koenig décide que les Français tenteront une sortie, mais il oublie d'en informer son subordonné. À minuit, Koenig et Amilakvari s'élancent, juchés sur le véhicule de l'adjudant Travers. Ce que voyant, Messmer comprend. Il se met alors en route précipitamment, à la tête de ses quarante légionnaires. D'incident en incident, il court toute la nuit. À l'aube sa compagnie rallie le point de rassemblement avec une colonne de secours anglaise. Pierre Messmer est indemne, mais les pertes sont lourdes. Mort, le capitaine de La Maze, qui fut son chef d'escadron. Mort, le lieutenant Devé. Morts aussi, Mamuric et Dominguez, qui luttaient pour la liberté. Sur les 3 700 français de Bir-Hakeim, 1 500 y laisseront la vie. Quelques heures plus tôt, à un officier qui lui disait : « Cette nuit, mon père, vous allez avoir à donner beaucoup d'absolutions », l'aumônier avait répondu : « Ce soir, tous les morts vont au Paradis. »

 

Pierre Messmer est encore en première ligne dans une autre bataille du désert, El-Alamein. Chargé de prendre le massif de l'Himeimat, il parvient au sommet, sans liaison radio, tient quelques heures avant d'être obligé de décrocher. Une nouvelle fois, les pertes sont lourdes pour les Français libres. Un de ses adjoints, le sous-officier Lacroix, qui l'année d'avant, en Érythrée, avait tardé à agir, se comporte en héros durant l'assaut : blessé durant la retraite, il se fait sauter avec une grenade, en lançant au légionnaire qui l'accompagne un mot digne des Spartiates aux Thermopyles : « Va dire au capitaine que l'adjudant chef Lacroix a fait aujourd'hui ce qu'il aurait dû faire à Keren l'année dernière. »

 

Le 18 juin 1942, au Royal Albert Hall de Londres, le général de Gaulle prononce un discours. Fidèle à son amour des lettres, il cite Chamfort : « Les raisonnables ont duré. Les passionnés ont vécu. » « Pendant ces deux années, affirme le chef de la France libre, nous avons beaucoup vécu, car nous sommes des passionnés. Mais aussi nous avons duré. Ah que nous sommes raisonnables ! » Passionné et raisonnable, tel apparaît Pierre Messmer tout au long de sa vie.

 

On se souvient qu'il avait choisi l'administration de la France d'outre-mer. Depuis sa petite enfance, il aime administrer. À Saint-Gildas, il organise des jeux pour ses contemporains. À Paris, l'adolescent s'implique dans un patronage de quartier. Pourquoi la France d'outre-mer ? Comme nombre de jeunes gens de sa génération, il croit à une France riche de valeurs qu'elle a le devoir d'apporter aux populations du monde entier. Il aime ces peuples si différents de lui, savoure le sentiment infini de la liberté à des milliers de kilomètres de sa terre natale.

 

À la fin de la guerre, Pierre Messmer réintègre son corps d'origine, qui entre-temps, courant derrière l'évolution du monde, n'est plus le ministère des Colonies, mais celui de la France d'outre-mer, intitulé qui lui-même se révélera très vite obsolète. Après quelques épisodes hauts en couleurs, en forme de va-et-vient avec le Vietnam, au début de ce qui va être la guerre d'Indochine, épisodes marqués notamment, s'il vous plaît, par une capture par le Vietminh, suivie évidemment d'une évasion. Il est alors nommé dans l'Adrar en Mauritanie, puis en Côte-d'Ivoire, et enfin affecté au Cameroun, qu'il avait brièvement traversé à l'automne 1940 avec les troupes de la France libre. À chacune de ces affectations, il met en oeuvre ses dons d'organisateur, s'appuyant sur les hommes, dont certains deviendront ses amis. Au premier rang de ceux-ci, Félix Houphouët-Boigny, dont Pierre Messmer, dans ses mémoires, a dressé un portrait chaleureux.

 

Sur l'immémorial continent noir, l'histoire semble se mettre en marche. Durant la période 1940-1945, le regard des Africains a changé. Devenu directeur de cabinet de Gaston Defferre, Pierre Messmer conçoit en quelques mois une importante loi-cadre destinée à associer les Africains à l'exercice du pouvoir exécutif. En 1958, Pierre Messmer reçoit le général de Gaulle, à peine revenu au pouvoir, et l'accompagne dans sa tournée en Afrique occidentale. En Guinée, un jeune dirigeant local, Sékou Touré, prononce à l'encontre de la France un véhément réquisitoire. De Gaulle repart furieux. Pour le vieil Africain qu'est désormais Pierre Messmer, c'est la fin d'un cycle historique. Le temps où les cartes scolaires Vidal de La Blache affichaient en rose les pays sous influence française a vécu. En cette fin des années cinquante, l'Afrique aspire à prendre en main son destin. Il faut l'accepter avec sagesse. Pourtant, cette réalité a certainement des accents douloureux pour Pierre Messmer. C'est au lecteur de Lawrence et de Psichari, à l'amoureux du désert qu'il revient de mener ces pays à l'indépendance. Il s'acquittera de cette mission avec abnégation, faisant taire en lui la voix de l'affectif, du romantisme, de l'émotion. Il n'en a pourtant pas fini avec l'Afrique.

 

Au lendemain des « barricades d'Alger », le général de Gaulle, décidé à régler le conflit qui fait rage en Algérie, l'appelle en effet au gouvernement comme ministre des Armées. L'ancien commandant de compagnie à la Légion étrangère effectue à ce moment une période d'officier de réserve. Nous sommes en février 1960. En quelques heures, le colonel Messmer quitte la Kabylie et le 8e régiment parachutiste d'infanterie de marine et troque le treillis léopard pour le costume cravate. Le voici à l'Élysée. L'analyse de de Gaulle est simple : l'Algérie est en guerre, et pour faire la guerre, il faut un soldat. Il en tient un - et de la plus belle allure - en la personne de Pierre Messmer. Le général choisit son ministre comme il choisirait son chef d'état-major. Il prend le plus compétent, sans aucun souci d'équilibre politique. Selon l'article 15 de la nouvelle Constitution, le président est le chef des armées. Il l'est à plus forte raison quand il est lui-même un ancien officier d'active, doté d'un caractère en acier.

 

Il faudrait entrer plus avant dans l'intimité de la relation qui lia l'ancien chef de la France libre et son ministre. Une relation faite d'admiration réciproque, d'estime mutuelle, d'appartenance commune à une confrérie, celle des compagnons de la Libération, mais aussi de soumission hiérarchique. Ce lien à toute épreuve, une anecdote l'illustre, rapportée par votre confrère Alain Peyrefitte dans son irremplaçable C'était de Gaulle : lors d'un conseil des ministres, le président de la République, qui s'apprête à se rendre en visite officielle au Mexique, précise que ce pays souhaiterait que la France lui restitue trois drapeaux. Le chef de l'État commente : « Je n'aime pas rendre des trophées que notre armée a arrachés au combat. Vous voyez de Gaulle arriver avec des drapeaux dans ses valises ? » Et Messmer donc : ces drapeaux, c'est sa chère Légion étrangère qui les a conquis, en 1863, signant là ses premiers faits d'armes. Une nouvelle fois, Messmer fait taire ses sentiments, ne cherchant que le sens de l'État et le service du chef. Il envoie discrètement un officier à Mexico pour rendre les drapeaux, facilitant ainsi le voyage du chef de l'État en Amérique centrale.

 

On s'en souvient, les deux hommes s'étaient rencontrés pour la première fois en juillet 1940 à Londres. Après leur longue coexistence des années soixante, ils se reverront, pour la dernière fois, en juillet 1969. Pierre Messmer a raconté la visite à Colombey, le rituel immuable du déjeuner, de la promenade sous les arbres du parc, le Général prenant ensuite congé de lui avant de s'asseoir devant son poste de télévision : ce jour-là, un vaisseau spatial s'apprête à poser un homme sur la Lune. Du Capo Olmo à Apollo, que de progrès techniques, que d'événements. Ce soir-là, Messmer prend la mesure du temps qui a passé, aux côtés de son chef.

 

Au gouvernement, il côtoie une autre figure indissociable de la geste gaullienne, André Malraux. Il n'y a pas plus dissemblables que les deux hommes. D'un côté, le soldat courageux de Bir-Hakeim, sobre autant dans sa mise que dans son expression, qui déclarait un jour à votre confrère Maurice Druon, en une formule toute militaire : « Je n'aime pas les coups d'encensoir, ça fait mal à la tête. » De l'autre, l'écrivain fantasque, imaginatif, ayant servi dans la Résistance et largement rêvé celle-ci. André Malraux est l'un de ceux qui ont fait entrer la France libre dans la littérature. Supériorité du verbe sur l'action ? Les hommes d'action n'ont pas besoin de parler, puisqu'ils agissent. Quand il évoque la guerre, Pierre Messmer n'est pas bavard, ou alors il s'en tient à des anecdotes, pour distraire son auditoire.

 

Pierre Messmer se souvenait aussi des combattants de la dernière heure à la libération de Paris. Il conservait dans son cœur le mot du poète : « Défense de déposer du sublime dans l'histoire. » Il s'en garda bien, estimant que la geste de la France libre se suffisait à elle-même. Ses mémoires précis et rigoureux, ses récits intitulés Les Blancs s'en vont ou La patrouille perdue sont captivants, fourmillant d'observations, de remarques narquoises. Mais ils attestent le souci de l'auteur de témoigner plutôt que d'exalter.

 

Nommé ministre des Armées, Pierre Messmer se retrouve chargé du sort de plus d'un million de Français sous l'uniforme. En 1960, l'armée est dans une situation psychologique délicate. Certains officiers font la guerre depuis 1940, ayant successivement combattu en Europe, puis en Indochine et enfin en Algérie. Depuis quinze ans, ils naviguent loin de la métropole dans d'âpres combats, entrelacés de considérations politiques sinon idéologiques. Beaucoup ne se sentent ni compris, ni aimés, ni soutenus par leurs compatriotes. En Algérie, l'enchaînement des événements depuis ce funeste 1er novembre 1954, qui a vu mourir sur la route de Biskra à Arris un couple de jeunes instituteurs, les Monnerot, ainsi que le caïd de M'Chounèche, Hadj Sadok, a conduit nos soldats à effectuer tous les métiers : policiers, maîtres d'école, assistantes sociales, officiers d'état civil, administrateurs. C'est beaucoup, trop disent certains. Contre la « rébellion », l'armée a remporté d'incontestables succès militaires, mais les victoires des centurions ne suffisent pas à régler la crise algérienne, qui a déjà emporté la IVe République. Il y a autre chose de plus profond qui se joue, et qui, dans l'histoire de France, dépasse la simple aventure coloniale. Sinon, comment expliquer les déchirements d'un Albert Camus, écartelé entre l'émancipation et l'amour de sa terre, entre la réforme nécessaire pour améliorer le sort des populations d'Algérie et ses souvenirs d'enfant de Belcourt, entre l'exil et ses émerveillements devant les matins de Tipaza ? Pourtant, il faut agir. Le général de Gaulle a été ramené au pouvoir pour régler cette crise, personne n'en disconvient. Comment ? Chacun a son avis. L'Algérie est le principal dossier du ministre des Armées. Il y passe quatre à cinq jours par mois, visitant les états-majors, les unités, les postes, répondant aux inquiétudes des officiers. Lors de la fameuse « tournée des popotes », il accompagne le général de Gaulle.

 

En avril 1961, il est au Maroc, pour assister, aux côtés du jeune roi Hassan II, au transfert des cendres du maréchal Lyautey vers le sol français. On ne pourrait imaginer circonstance plus significative : une cérémonie à la mémoire d'un des plus forts symboles de la présence française en Afrique du Nord. Lyautey, qui fut membre de votre compagnie, croyait passionnément à la grandeur civilisatrice du rôle de la France au-delà des mers, et, dans le même mouvement, pressentait que les temps conduiraient à changer le rapport de subordination entre la métropole et les peuples sous sa tutelle. Le retour de sa dépouille à cette date sonne comme un glas. À Rabat, le ministre des Armées est informé que quatre généraux - le fameux « quarteron », comme le qualifie aussitôt le Général, avec sa prodigieuse capacité à susciter le pouvoir des mots - soutenu par quelques unités, se soulèvent ouvertement contre l'autorité de la République. Le 1er régiment étranger de parachutistes investit Alger. Ce régiment, Pierre Messmer le connaît bien : c'est l'unité la plus prestigieuse de l'armée. Quelque temps plus tôt, il l'a visité sur le terrain, allant de compagnie en compagnie, écoutant les états d'âme des officiers, recueillant leurs doléances. À chacun, il a rappelé les consignes : faire la guerre, pas davantage. La politique doit rester l'affaire des politiques.

 

À l'annonce d'un événement qui pourrait dégénérer en guerre civile, Pierre Messmer n'a pas pu ne pas se souvenir de ces journées de 1941, en Syrie, où lui et ses hommes se trouvèrent face aux légionnaires du 6e régiment étranger d'infanterie fidèles à Vichy, sous le commandement du général Dentz. Cet affrontement fratricide, la Légion a voulu l'oublier. Il a d'ailleurs été décidé qu'aucune citation, aucune décoration ne serait décernée pour cette campagne, signe de l'embarras qu'ont éprouvé les protagonistes. Le lieutenant Messmer avait vécu l'épisode dans la douleur, les larmes même, avoue-t-il, lui pourtant si pudique.

 

L'histoire du putsch d'Alger est connue : c'est un coup d'État, un mélange de force et d'improvisation. Rapidement le 1er REP tient la ville ; mais après ? Le général de Gaulle prend la parole à la télévision et à la radio pour condamner une aventure où le désespoir a sa part. L'armée, dans son immense majorité, ne bouge pas, à l'instar des appelés qui demeurent dans leurs casernes. En trois jours, la sédition est à bout de souffle. Sitôt le putsch en échec, Pierre Messmer offre sa démission, parce qu'il considère qu'il a manqué à son devoir. Le président de la République la refuse. Pourtant, il ne décolère pas. Des officiers se sont dressés contre la légalité républicaine, ont entraîné dans cette désobéissance des soldats, notamment étrangers. Devant son ministre impavide, le regardant droit dans les yeux, il prononce ces mots terribles : « Il faudra dissoudre la Légion étrangère. » Comment ne pas imaginer les images qui surgissent dans la tête de Messmer ? Son arrivée à Morval Camp en 1940, où il fit la connaissance de la 13e demi-brigade. La noble figure du colonel Monclar. Les visages des braves Mamuric et Dominguez. Pierre Messmer serait donc l'homme qui bifferait d'un trait de plume le paraphe de Louis-Philippe créant la Légion étrangère, effacerait les grandes heures du Mexique, de la Crimée, de la Somme, de l'Indochine ? Pour la première fois, peut-être la seule, l'officier, célèbre pour son mutisme, le ministre, choisi pour sa solidité morale, se cabre : « Je ne le ferai pas, parce que je ne peux pas le faire. Pour moi c'est une question d'honneur. » De Gaulle n'insiste pas. Il décide la dissolution du seul régiment putschiste et épargne les autres.

 

Je n'évoque pas cette phase de la vie de Pierre Messmer sans difficulté ni sans prudence. La gravité des événements et leur extrême complexité nécessitent qu'on aborde cette époque avec tact. Il serait malvenu de juger du haut de notre chaire, nous qui bénéficions aujourd'hui du recul et de la sérénité. Mais il faut rappeler que ce fut un temps où l'on vit les dirigeants d'une grande démocratie intervenir dans le déroulement de la justice, dicter la composition du haut tribunal militaire chargé de juger les conjurés, convoquer le procureur pour lui inspirer les conclusions de son réquisitoire, tenter de peser sur le verdict. Jusqu'à la fin de sa vie, Pierre Messmer assumera publiquement cette attitude, fustigeant la désobéissance au chef de l'État, rappelant sans cesse la nécessité absolue du respect de la légalité républicaine. En privé, il se révèlera plus nuancé et, à la fin de sa vie, entreprendra des démarches discrètes pour rencontrer le commandant Denoix de Saint-Marc, l'homme qui commandait le 1er REP lors du putsch d'Alger. Quelque quarante ans après les faits, Pierre Messmer estimera venu le temps de la « paix des braves ».

 

Mesdames et Messieurs, on ne peut non plus évoquer ces temps de malheur sans aborder un douloureux dossier. Ancien magistrat, m'étant beaucoup investie pour améliorer la condition des prisonniers du F.L.N. en Algérie et en métropole, je n'en suis que plus à l'aise pour aborder une autre page tragique de notre histoire. En Algérie, des musulmans avaient accepté de servir dans l'armée française. On les appelait les « moghaznis », ou plus communément les « harkis ». Leurs effectifs s'élevèrent à 90 000 hommes et leurs familles. Les accords d'Évian stipulaient qu'aucun Algérien ne serait inquiété pour ses engagements passés, notamment dans l'armée française. Les autorités françaises voulurent croire à ce traité et mirent tout en oeuvre pour qu'il fût respecté. Pour nombre d'officiers français, ce fut un déchirement d'abandonner à leur sort des hommes qui avaient partagé leurs combats. Certains décidèrent leur rapatriement en métropole. Après y avoir un temps consenti, et ouvert des camps d'hébergement, les autorités françaises publièrent des instructions très strictes mettant fin au rapatriement. La plupart des harkis durent ainsi rester en Algérie, en butte à l'opprobre et souvent à d'horribles représailles. Quel fut le nombre de victimes ? Les historiens s'opposent encore sur ces chiffres. La tragédie de ces familles entières abandonnées laisse en tout cas une tache indélébile sur notre histoire contemporaine.

 

Une nouvelle fois, Pierre Messmer se plia à la rigueur d'État, au devoir d'obéissance. Plus secrètement, il souffrit de ce drame, évoquant même dans des entretiens ultérieurs avec Philippe de Saint-Robert une situation de « non-assistance à personne en danger ». Plus que quiconque à l'époque, il eut le redoutable devoir d'incarner l'autorité de l'État. La littérature nous a familiarisés avec la figure héroïque d'Antigone opposée à celle, plus austère, de Créon. L'émotion, l'idéalisme, la piété filiale, poussent à soutenir le combat de la fille d'OEdipe, plutôt que les sévères principes du roi de Thèbes. Antigone est de notre temps, et celui-ci vomit Créon. Mais Créon est-il si détestable ? Écoutons-le dans la pièce de Sophocle : « Si quelque criminel fait violence aux lois ou se met dans la tête de donner des ordres à ses chefs, il n'aura jamais mon aveu. C'est celui que la ville a placé à sa tête à qui l'on doit obéissance, et dans les plus petites choses et dans ce qui est juste, et dans ce qui ne l'est pas ». Oui, vraiment est-il si détestable, celui qui exige le respect des lois de la Cité, quel qu'en soit le prix ?

 

Un devoir parfois ingrat incombe à l'homme politique. Quand il accepte un mandat ou une mission, sa personne et ses sentiments doivent s'effacer. Il se doit de définir et d'appliquer la politique la plus conforme à l'intérêt général. Une part de la grandeur de ce métier est là. Cela s'appelle le courage. Il ne faudrait pas réduire le texte de Sophocle à un éloge inconvenant du cynisme en politique. Il est un plaidoyer pour la responsabilité. Un homme politique ne doit pas chercher à plaire, mais à agir. Pierre Messmer fut ce ministre inflexible, en des circonstances qui exigeaient l'inflexibilité. Des états d'âme, des scrupules, des déchirements, il en eut certainement. Mais il les garda par-devers lui. On peut être en désaccord avec les choix politiques qui furent les siens, désapprouver sa fidélité au général de Gaulle. Il est impossible d'en contester la dignité, qui est celle du serviteur de l'État.

 

On pouvait penser que Pierre Messmer avait accepté d'entrer en politique auprès d'un homme exceptionnel, dans des circonstances qui ne l'étaient pas moins, et qu'il se serait retiré sitôt réglé le conflit algérien, ou sitôt parti le général de Gaulle. C'eût été négliger le sens de l'intérêt général qui l'animait. Après l'Algérie et ses traumatismes, il lui faudra conduire la réforme de l'armée française. Il oeuvrera pour ajuster ses effectifs aux exigences du temps de paix. Il lui fera également prendre le grand tournant nucléaire. Et en mai 1968, lorsque Pierre Messmer s'opposera résolument au ministre de l'Intérieur, qui insiste pour envoyer la troupe contre les jeunes manifestants, c'est en songeant à l'Algérie et à ses erreurs qu'il refusera.

 

Après le départ du Général et l'élection de Georges Pompidou, Pierre Messmer observe, pendant deux ans, une sorte de retraite endeuillée dont le nouveau président de la République le tire en le priant d'abord d'accepter le portefeuille de l'Outre-Mer, puis, après la rupture avec Jacques Chaban-Delmas, la charge de Premier ministre. Pourquoi lui ? Les politologues se sont interrogés sur ce choix. D'autres personnalités de l'époque pouvaient prétendre à l'hôtel Matignon. Pierre Messmer y accède avec une image de sérieux, de rigueur et d'intégrité. Un an plus tard, c'est à lui que revient le mérite de la victoire aux élections législatives de 1973. Dans un contexte difficile, le soldat remporte cette nouvelle bataille. À la veille du premier choc pétrolier, il prend des mesures décisives pour assurer à la France son indépendance énergétique, grâce à un ambitieux plan de développement électronucléaire. En toutes choses, il reste fidèle aux préceptes du Général, qui requiert un « État pionnier » et non un « État suiveur ».

 

Pierre Messmer agit avec résolution, mais sans agitation. Il ne se départit pas de son calme légendaire, marmoréen. Georges Pompidou s'étonne de l'équanimité de son Premier ministre, ce révolté de 1940. Comme si le fait d'avoir pris des risques inconsidérés dans sa jeunesse le prémunissait contre les politiques aventureuses dans son âge mûr. Cette sagesse, cette indifférence au qu'en dira-t-on, à la loi des médias, ne vont pas sans un réel courage, politique celui-là, mais pas si éloigné de celui dont Messmer avait fait montre dans les sables de Libye.

 

 

 

 

 

C'est à Pierre Messmer qu'il revient de conduire le pays aux côtés d'un président de la République dont l'état de santé est de plus en plus préoccupant. J'ai eu moi-même, à cette époque, l'occasion de côtoyer Georges Pompidou, d'apprécier sa courtoisie, sa culture, aussi étendue dans le domaine de l'art contemporain que dans celui de la littérature classique. Relisant son anthologie de la poésie française, comment ne pas être frappé par la tristesse qui se dégage des dernières pages ? Les vers choisis, qu'ils soient de Chénier, Baudelaire ou Éluard, évoquent tous la même échéance

 

« O mort ! Vieux capitaine ! Il est temps ! Levons l'ancre !

 

Ce pays nous ennuie, O mort appareillons ! »

 

Le président se trouve atteint d'une forme rare de leucémie, la maladie de Waldenström. Face à la traque médiatique d'un homme malade, Pierre Messmer agit habilement, non seulement pour assurer la conduite de l'État, mais aussi pour protéger le président des pressions, des supputations, des prédictions. Une nouvelle fois, il s'acquitte de sa mission de bouclier.

 

Lorsque Georges Pompidou meurt dans l'exercice de ses fonctions, le voici en première ligne. Que faire ? Des appétits se font aussitôt jour. Pierre Messmer réfléchit, poussé par les uns, dissuadé par les autres. Un spectre le hante, celui de la division. Pour lui, sa candidature à la succession, à laquelle, en qualité de Premier ministre, il peut légitimement prétendre, ne se conçoit que dans l'unité. Les gaullistes offriront-ils le spectacle de deux compagnons de la Libération s'affrontant pour la magistrature suprême ? Pierre Messmer s'y refuse. Il n'ira pas. La suite est connue. En mai 1974, les Français élisent un nouveau président de la République. Une nouvelle ère s'ouvre. Sa décision, Pierre Messmer l'a expliquée avec simplicité et humilité. Je le cite : « Depuis le début de ma vie active, j'avais toujours eu conscience de dominer ma fonction, grande ou petite, donc d'être capable de l'assumer au mieux, ce qui me donnait assurance et autorité. Pour la première fois, je n'étais plus sûr de moi et je devais me poser la question : serais-je capable d'être président de la République ? La réponse n'était pas évidente. »

 

Il y a plusieurs façons de considérer la politique. Pour Pierre Messmer, elle n'était pas une ambition, mais un service. Une carrière, pensait-il, ne s'interrompt pas à la suite d'une défaite électorale, mais quand l'intéressé estime que sa mission est accomplie. Des hommes politiques, au premier rang desquels le général de Gaulle, sont entrés dans l'Histoire par cet acte fondateur qu'est la rébellion. Pierre Messmer n'a jamais démissionné, mais il a montré que la mesure et le renoncement personnel peuvent aussi être l'expression du courage. Il songeait à l'intérêt du pays avant de penser au sien. Je n'évoque que pour mémoire les éminents services qu'il a rendus à l'Institut, et que chacun de vous a pu apprécier. Ce que, peut-être, vous avez moins perçu, c'est la valeur inestimable de la bibliothèque que ce lecteur impénitent a léguée, dans une absolue discrétion, à sa ville de Sarrebourg. Là comme ailleurs, il nous laisse un héritage à méditer et à saluer.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Dans cette enceinte vouée à la défense et au rayonnement de la France, qu'il me soit permis d'évoquer une ambition à laquelle j'ai voué une partie de ma vie : l'Europe. Elle a été l'horizon qu'au lendemain de la guerre quelques pères fondateurs se sont fixé pour remiser à jamais les guerres fratricides. Ce projet, Pierre Messmer l'avait vu naître et l'a accompagné comme ministre, loyalement mais prudemment. Il a accueilli avec scepticisme certaines avancées de la construction européenne, et notamment la création de la monnaie unique. Les traités successifs de Maastricht, de Nice et de Lisbonne l'ont conduit à s'interroger sur le processus en cours. Son histoire personnelle le rattachait à la nation, et le cadre supranational ne lui était pas spontanément familier. Pourtant, lorsqu'en 2003 votre Académie fut consultée sur le projet de Constitution européenne, dans l'élaboration duquel votre confrère Valéry Giscard d'Estaing a joué un rôle éminent, Pierre Messmer s'y consacra avec le sens des responsabilités qu'on lui connaît.

 

Cette aventure européenne fut et demeure le grand défi de la génération à laquelle j'appartiens. Emmanuel Berl disait que l'Europe devait être tout à la fois une communauté de désirs et de doctrines. Peut-être Pierre Messmer estimait-il que les doctrines affadissent par trop le désir ? Ce défi lancé aux vieilles nations, je l'ai accueilli et accompagné avec plus d'optimisme que Pierre Messmer. Et l'ancienne présidente du Parlement européen que je suis est heureuse de devenir aujourd'hui, dans cette enceinte, l'un des porte-parole de cette idée européenne qu'illustre depuis ses origines l'Académie. Ne sommes-nous pas en train de discourir dans un lieu appelé « Collège des Quatre-Nations », appellation qui dit bien sa vocation à l'ouverture ?

 

Les pères de l'Europe ont voulu construire une réalité à partir du rêve d'un homme dont la voix a retenti nombre de fois sous cette Coupole. J'ai nommé Victor Hugo. En 1841, fraîchement élu à l'Académie, il se consacre à la rédaction d'un texte sur le Rhin, où il ébauche le projet d'une union européenne fondée sur ce qu'il est convenu aujourd'hui de nommer le couple franco-allemand. Il écrit : « La France et l'Allemagne sont essentiellement l'Europe. L'Allemagne est le coeur, la France est la tête. Le sentiment et la pensée, c'est tout l'homme civilisé. Il y a entre les deux peuples connexion intime, consanguinité incontestable. Ils sortent des mêmes sources ; ils ont lutté ensemble contre les Romains ; ils sont frères dans le passé, frères dans le présent, frères dans l'avenir. »

 

Fraternité et avenir, sous l'égide de ces beaux mots, qui ont naturellement cours chez vous, je suis fière d'être reçue par votre Compagnie. »

 

Source : Académie française

(Photo: Pure People).

(Photo: Pure People).

Réponse au discours de réception de Mme Simone Veil le 18 mars 2010 par Jean d’ORMESSON

 

Réception de Mme Simone Veil

 

« C’est une joie, Madame, et un honneur de vous accueillir dans cette vieille maison où vous allez occuper le treizième fauteuil qui fut celui de Racine.

 

De Racine, Madame ! De Racine !

 

Ce qui flotte ce soir autour de nous, ce sont les plaintes de Bérénice :

 

Je n’écoute plus rien ; et, pour jamais, adieu…

Pour jamais ! Ah ! Seigneur, songez-vous en vous-même

Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ?

Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,

Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?

Que le jour recommence et que le jour finisse

Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice…

 

ou l’immortel dialogue entre Phèdre et sa nourrice Œnone :

 

Œnone

Quel fruit recevront-ils de leurs vaines amours ?

                 Ils ne se verront plus.

Phèdre

                  Ils s’aimeront toujours.

 

Avec La Fontaine, qui fut son contemporain, avec Ronsard, avec Hugo, avec Nerval, avec Baudelaire et Verlaine, avec Péguy, avec Apollinaire et Aragon, Racine est l’un de nos plus grands poètes. Et peut-être le plus grand de tous dès qu’il s’agit de la passion – et surtout de la passion malheureuse. Je suis chargé ici de vous expliquer en trois-quarts d’heure, Madame, pourquoi nous sommes heureux et fiers de vous voir lui succéder.

 

Je ne voudrais pas que le vertige vous prît ni que la tâche vous parût trop lourde. Vous succédez à Racine, c’est une affaire entendue. Vous succédez aussi à Méziriac, à Valincour, à La Faye, à l’abbé de Voisenon, à Dureau de La Malle, à Picard, à Arnault, tous titulaires passagers de votre treizième fauteuil et qui n’ont pas laissé un nom éclatant dans l’histoire de la pensée et des lettres françaises. Ils constituent ce que Jules Renard, dans son irrésistible Journal, appelle « le commun des immortels ».

 

Depuis le cardinal de Richelieu, notre fondateur, l’Académie est faite de ces contrastes. Ce sont eux qui permettent à un autre de nos confrères, Paul Valéry, de nous décocher une de ses flèches les plus acérées : « L’Académie est composée des plus habiles des hommes sans talent et des plus naïfs des hommes de talent. »

 

Rassurez-vous, Madame. Ou, pour parler comme Racine :

Cessez de vous troubler, vous n’êtes point trahie.

 

Ce n’est ni pour votre naïveté ni pour votre habileté que nous vous avons élue. C’est pour bien d’autres raisons. Ne croyez pas trop vite que vous êtes tombée dans un piège.

 

Il est vrai que vous aviez le droit de le craindre. L’exercice rhétorique et traditionnel auquel nous nous livrons aujourd’hui vous et moi peut être redoutable. Quand Molé reçoit Alfred de Vigny, qu’il ne porte pas dans son cœur, il le traite avec tant de rudesse que l’auteur de La Mort du loup en demeura longtemps meurtri. Plus près de nous, Albert de Mun, catholique rigoureux, reçoit Henri de Régnier dont les romans, à l’époque – les temps ont bien changé –, passaient pour sulfureux. Dans sa réponse au remerciement d’Henri de Régnier, Albert de Mun lui lance, ici même : « Je vous ai lu, Monsieur, je vous ai même lu jusqu’au bout. Car je suis capitaine de cuirassiers. » Henri de Régnier encaissa le coup comme Vigny, mais des témoins assurent qu’à la sortie, là-haut, derrière nous, il aurait lâché entre ses dents : « Je le rattraperai au Père Lachaise. »

 

Vous n’avez pas à redouter aujourd’hui, Madame, des avanies à la Molé ou à l’Albert de Mun. De toutes les figures de notre époque, vous êtes l’une de celles que préfèrent les Français. Les seuls sentiments que vous pouvez inspirer et à eux et à nous sont l’admiration et l’affection. Je voudrais essayer de montrer pourquoi et comment vous incarnez avec plus d’éclat que personne les temps où nous avons vécu, où le Mal s’est déchaîné comme peut-être jamais tout au long de l’histoire et où quelques-uns, comme vous, ont lutté contre lui avec détermination et courage et illustré les principes, qui ne nous sont pas tout à fait étrangers, de liberté, d’égalité et de fraternité.

 

L’histoire commence comme un conte de fées. Il était une fois, sous le soleil du Midi, à Nice, une famille sereine et unie à qui l’avenir promettait le bonheur et la paix. Le père est architecte, avec des ancêtres en Lorraine. La mère a quelque chose de Greta Garbo. Vous avez deux sœurs, Milou et Denise, et un frère, Jean. Vous êtes la petite dernière de cette famille Jacob qui est juive et très française, patriote et laïque. L’affaire Dreyfus avait à peine ébranlé son insouciance. On racontait chez vous que lorsque l’innocence du capitaine Dreyfus avait été reconnue, votre grand-père avait débouché une bouteille de champagne et déclaré tranquillement : « Les descendants de 89 ne pouvaient pas se tromper. »

 

Alors que votre mère était plutôt de gauche, votre père était plutôt à droite. Il lisait un quotidien de droite, L’Éclaireur, et elle, L’Œuvre, Marianne ou Le Petit Niçois, de tendance socialiste.

 

Le plus frappant dans cette famille si républicaine et si française, c’est son caractère foncièrement laïc. Une de vos cousines italiennes, de passage chez vous, avait pris l’initiative de vous entraîner dans une synagogue. Votre père l’avait appris. Il prévint votre cousine qu’en cas de récidive, elle ne serait plus reçue dans votre maison. L’épisode m’a rappelé une formule de mon ami le plus intime. Il se promenait un dimanche dans Paris avec son fils qui est devenu de nos jours un de nos acteurs et de nos créateurs les plus célèbres. Passant devant une église, le petit Édouard manifesta le désir d’y entrer. « Allons ! viens ! lui dit son père qui pensait à autre chose et qui était pressé, c’est fermé le dimanche. » Il y a des catholiques sincères qui sont franchement laïques. Vous étiez juifs et laïques. Vous mangiez une choucroute le jour de Kippour.

 

Votre père avait quitté Paris pour Nice parce qu’il pensait que la Côte d’Azur allait connaître un développement spectaculaire. Dès le début des années trente, la crise, venue d’Amérique, frappait votre famille comme elle frappait tous les Français et même l’Europe entière. Vous étiez obligés de vous restreindre, mais la vie continuait, toujours aussi gaie et charmante, entre Nice et La Ciotat où votre père avait construit une maison de vacances. Votre mère jouait au tennis avec un jeune homme brillant qui revenait d’un séjour à Berlin : c’était Raymond Aron.

 

Le 3 septembre 1939, la guerre éclatait. Le 10 mai 40, l’offensive allemande se déclenchait. Le 13 mai, Winston Churchill prononçait à la Chambre des Communes un des discours les plus célèbres de l’histoire. « Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la sueur et des larmes. » Le paradis terrestre où vous aviez vécu s’engloutissait dans le passé.

 

Le 3 octobre 40, le premier statut des Juifs était édicté par Vichy. Votre père, très « ancien combattant », avait peine à admettre que le maréchal Pétain pût être responsable de ces honteuses dispositions. Il se vit pourtant retirer le droit d’exercer son métier. L’existence devenait difficile. Deux ans plus tard, les Alliés débarquaient en Afrique du Nord et l’armée allemande envahissait la zone libre. Nice et le Sud-Est de la France furent occupés par les Italiens qui adoptaient une attitude de tolérance à l’égard des Juifs français. Au point que le Midi constitua pour un bref laps de temps un refuge pour les Juifs. Nice vit ainsi sa population s’accroître, en quelques mois, de près de 30 000 habitants. Mais, une autre année plus tard, les Italiens évacuaient la région. En septembre 1943, avant même les troupes allemandes qui prenaient le relais des troupes italiennes, la Gestapo débarquait à Nice avec Aloïs Brunner, déjà célèbre à Vienne, qui dirigera plus tard le camp de Drancy. Le crime se mettait en place.

 

Le 29 mars 1944, vous passez à Nice les épreuves du baccalauréat, avancées de trois mois par crainte d’un débarquement allié dans le Sud de la France. Le lendemain, 30 mars, en deux endroits différents, par un effroyable concours de circonstances, votre mère, votre sœur Milou, votre frère Jean et vous-même êtes arrêtés par les Allemands.

 

Huit jours plus tard, vous arrivez à Drancy où les conditions matérielles et morales sont déjà très dures. Vous ne savez plus rien de votre père ni de votre sœur Denise. Vous êtes très vite séparées de votre frère. Une semaine encore – le calendrier se déroule impitoyablement – et le 13 avril, à cinq heures du matin, en gare de Bobigny, vous montez avec votre mère et votre sœur dans un convoi de wagons à bestiaux en direction de l’Est. Le voyage dure trois jours – du 13 avril à l’aube au 15 avril au soir. Le 15 avril 1944, en pleine nuit, sous les cris des SS, les aboiements des chiens, les projecteurs aveuglants, vous débarquez sur la rampe d’accès du camp d’Auschwitz-Birkenau. Vous entrez en enfer. Vous avez seize ans, de longs cheveux noirs, des yeux verts et vous êtes belle.

 

Des déportés vous attendent sur la rampe de débarquement. Ils vous crient en français : « Laissez vos bagages dans les wagons, mettez-vous en file, avancez. » Tout à coup, une voix inconnue vous murmure à l’oreille :

- Quel âge as-tu ?

Vous répondez :

- Seize ans.

Un silence. Puis, tout bas et très vite :

- Dis que tu en as dix-huit.

 

La voix inconnue vous a sauvé la vie. Des enfants et des femmes âgées ou malades sont empilés dans des camions que vous n’avez jamais revus. Votre mère, Milou et vous, vous vous retrouvez toutes les trois dans la bonne file – la « bonne » file ! –, entourées de kapos qui vous prennent vos sacs, vos montres, vos bijoux, vos alliances. Une amie de Nice, arrêtée avec vous, conservait sur elle un petit flacon de Lanvin. Sous les cheminées des crématoires d’où sort une fumée pestilentielle qui obscurcit le ciel, vous vous aspergez, à trois ou quatre, de ce dernier lambeau de civilisation avant la barbarie.

 

La nuit même de votre arrivée au camp, les kapos vous font mettre en rang et un numéro indélébile vous est tatoué sur le bras. Il remplace l’identité que vous avez perdue, chaque femme étant enregistrée sous son seul numéro avec, pour tout le monde, le prénom de Sarah. Vous êtes le n° 78651. Vous appartenez désormais, avec des millions d’autres, au monde anonyme des déportés. Et, à l’âge où les filles commencent à se détourner de leurs jeux d’enfant pour rêver de robes et de romances au clair de lune, vous êtes l’image même de l’innocence : votre crime est d’être née dans la famille honorable et très digne qui était la vôtre.

 

Dans l’abîme où vous êtes tombée, dans ce cauchemar devenu réalité, il faut s’obstiner à survivre. Survivre, à Auschwitz, comme à Mauthausen, à Treblinka, à Bergen-Belsen, est une tâche presque impossible. Le monstrueux prend des formes quotidiennes. À l’intérieur de l’industrie du massacre, des barèmes s’établissent : pour obtenir une cuiller, il faut l’organiser, selon le terme consacré, c’est-à-dire l’échanger contre un morceau de pain. Dans ce monde de la terreur et de l’humiliation, fait pour détruire tout sentiment humain et dont le spectre ne cesse de hanter notre temps, la charité vit encore. Vous portez des haillons. Une Polonaise, rescapée du ghetto de Varsovie, vous donne deux robes. Quel bonheur ! Vous en donnez une à une amie qui était architecte et qui parlait français − et aussi misérable que vous.

 

Car vous vous faites des amies : Ginette, qui a votre âge, Marceline Loridan, plus jeune de dix-huit mois, qui a quatorze ou quinze ans. Vous devez vous défendre de tout : de la faim, de la brutalité, de la violence, des coups – mais aussi de la compassion trompeuse et trop entreprenante.

 

Une des chefs du camp, une Lagerälteste, était une ancienne prostituée du nom de Stenia, particulièrement dure avec les déportés. Mystère des êtres. Sans rien exiger en échange, Stenia vous sauve deux fois de la mort, votre mère, Milou et vous : une première fois à Birkenau en vous envoyant dans un petit commando, une seconde fois à Bergen-Belsen en vous affectant à la cuisine. À la libération des camps, elle sera pendue par les Anglais.

 

Nous sommes en janvier 45. L’avance des troupes soviétiques fait que votre groupe est envoyé à Dora, commando de Buchenwald. Le voyage est effroyable : le froid et le manque de nourriture tuent beaucoup d’entre vous. Vous ne restez que deux jours à Dora. On vous expédie à Bergen-Belsen. Votre mère, épuisée, y meurt du typhus le 13 mars. Un mois plus tard, les troupes anglaises entrent à Bergen-Belsen et vous libèrent. Mais cette libération est loin d’être la fin de vos malheurs sans nom.

 

Les Anglais sont épouvantés du spectacle qu’ils découvrent dans les camps : des monceaux de cadavres empilés les uns sur les autres et que des squelettes vivants précipitent dans des fosses. Vous êtes accablée par la mort de votre mère et par la santé de votre sœur, qui n’a plus que la peau sur les os, qui est rongée de furoncles et qui, à son tour, a attrapé le typhus. Le retour à Paris, en camion d’abord, puis en train, demande longtemps, très longtemps, et il est amer. Plus d’un mois après la libération de Bergen-Belsen, vous arrivez enfin à l’hôtel Lutetia. Vous apprenez alors seulement le sort de votre sœur Denise, dont vous n’aviez aucune nouvelle depuis Drancy. Déportée à Ravensbrück, puis à Mauthausen, elle vient de rentrer en France. Le sort de votre père et de votre frère, vous ne le saurez que bien plus tard : déportés dans les pays Baltes, ils ont disparu à jamais entre Kaunas et Tallin.

 

Votre famille est détruite. Vous entendez des gens s’étonner : « Tiens ! elles sont revenues ? C’est bien la preuve que ce n’était pas si terrible… » Le désespoir vous prend.

 

En m’adressant à vous, Madame, en cette circonstance un peu solennelle, je pense avec émotion à tous ceux et à toutes celles qui ont connu l’horreur des camps de concentration et d’extermination. Leur souvenir à tous entre ici avec vous. Beaucoup ont péri comme votre père et votre mère. Ceux qui ont survécu ont éprouvé des souffrances que je me sens à peine le droit d’évoquer. La déportation n’est pas seulement une épreuve physique ; c’est la plus cruelle des épreuves morales. Revivre après être passé par le royaume de l’abjection est presque au-dessus des forces humaines. Vous qui aimiez tant une vie qui aurait dû tout vous donner, vous n’osez plus être heureuse. Pendant plusieurs semaines, vous êtes incapable de coucher dans un lit. Vous dormez par terre. Les relations avec les autres vous sont difficiles. Être touchée et même regardée vous est insupportable. Dès qu’il y a plus de deux ou trois personnes, vous vous cachez derrière les rideaux, dans les embrasures des fenêtres. Au cours d’un dîner, un homme plutôt distingué vous demande si c’est votre numéro de vestiaire que vous avez tatoué sur votre bras.

À plusieurs reprises, dans des bouches modestes ou dans des bouches augustes, j’ai entendu parler de votre caractère. C’était toujours dit avec respect, avec affection, mais avec une certaine conviction : il paraît, Madame, que vous avez un caractère difficile. Difficile ! Je pense bien. On ne sort pas de la Shoah avec le sourire aux lèvres. Avec votre teint de lys, vos longs cheveux, vos yeux verts qui viraient déjà parfois au noir, vous étiez une jeune fille, non seulement très belle, mais très douce et peut-être plutôt rêveuse. Une armée de bourreaux, les crimes du national-socialisme et deux mille cinq cents survivants sur soixante-seize-mille Juifs français déportés vous ont contrainte à vous durcir pour essayer de sauver votre mère et votre sœur, pour ne pas périr vous-même. Permettez-moi de vous le dire avec simplicité : pour quelqu’un qui a traversé vivante le feu de l’enfer et qui a été bien obligée de perdre beaucoup de ses illusions, vous me paraissez très peu cynique, très tendre et même enjouée et très gaie.

 

Ce qui vous a sauvé du désespoir, c’est le courage, l’intelligence, la force de caractère et d’âme. Et c’est l’amour : il succède à la haine.

 

Les Veil avaient le même profil que les Jacob. Par bien des côtés, ils évoquaient la famille que vous aviez perdue : des Juifs non religieux, profondément cultivés, ardemment attachés à la France, redevables envers elle de leur intégration. Ils aimaient les arts comme vos parents – et surtout la musique. À l’automne 46, vous épousez Antoine Veil. Il vous donnera trois fils : Jean, Nicolas, le médecin – malheureusement disparu il y a quelques années –, Pierre-François. Vous êtes maintenant mariés depuis près de soixante-cinq ans, vous avez une douzaine de petits-enfants et plusieurs arrière-petits-enfants, et Antoine est toujours attentif auprès de vous. Puisque nous parlons très librement et pour ainsi dire entre nous, laissez-moi vous assurer, Madame, au cas où vous en auriez besoin, que quelqu’un qui, comme Antoine, aime autant la musique et Chateaubriand ne peut pas être tout à fait mauvais.

 

L’histoire des hommes est tragique et risible : en rentrant des épreuves atroces de la déportation, vous apprenez que vous avez été reçue aux épreuves dérisoires de ce bac passé à seize ans, la veille même de votre arrestation, le 29 mars 1944. Vous avez toujours eu envie de devenir avocate. Après être passée par Sciences-Po, vous annoncez à votre mari, qui va être reçu, de son côté, à l’École nationale d’administration avant de se retrouver inspecteur des Finances, votre intention de vous inscrire au barreau. À votre stupeur, Antoine, qui a des idées bien arrêtées et qui ne nourrit pas une haute estime à l’endroit des avocats, vous répond : « Il n’en est pas question ! » C’est ainsi qu’abandonnant votre vocation d’avocat, vous décidez de passer le concours de la magistrature. Ajoutons aussitôt que votre fils aîné Jean et votre cadet, Pierre-François, sont devenus tous les deux des avocats célèbres. Ils participent l’un et l’autre à la plupart des grandes affaires judiciaires et des grandes causes de notre époque.

 

Votre parcours dans la magistrature n’est pas de tout repos. Vous êtes une femme, vous êtes juive, vous êtes mariée, vous avez trois enfants. Quelle idée ! Beaucoup tentent par tous les moyens de vous dissuader. « Imaginez, vous dit-on, qu’un jour vous soyez contrainte de conduire un condamné à mort à l’échafaud ! » J’aime votre réponse : « J’assumerais. »

 

Nommée à la direction de l’administration pénitentiaire, vous avez parfois le sentiment de plonger dans le Moyen Âge : les conditions de détention vous paraissent inacceptables. Vous découvrez la grande misère des prisons de France. Au lieu de permettre une réinsertion des délinquants condamnés, elle les enfonce plutôt dans leur malédiction. Vous comprenez assez vite que le problème des prisons se heurte à deux obstacles : les contraintes budgétaires et, plus sérieux encore, l’état de l’opinion. Les contribuables français ne sont pas prêts à payer des impôts pour améliorer le niveau de vie dans les prisons.

 

De la situation des Algériens emprisonnés à la lutte contre la délinquance sexuelle et la pédophilie, le plus souvent qualifiée à l’époque d’attouchement et trop rarement poursuivie, les dossiers difficiles ne vous manquent pas. De 1957 à 1964, ce sont sept années harassantes – et qui vous passionnent.

 

Dans cette période où j’admirais éperdument le général de Gaulle, vous n’êtes pas gaulliste. Vous vous situez plus à gauche. Votre grand homme est Mendès France et vous votez souvent socialiste. Vous vous prononcez surtout avec ardeur en faveur de la construction européenne, et le rejet par les gaullistes, par les communistes, par Mendès France lui-même du projet de Communauté européenne de Défense, la fameuse C.E.D., vous attriste, Antoine et vous. Vous observez avec intérêt le bouillonnement d’idées symbolisé par la création de l’Express, vous vous sentez proche de Raymond Aron, vous nourrissez l’espérance de voir émerger une troisième force entre gaullisme et communisme. Après mai 68 – auquel votre deuxième fils participe assez activement – et le départ du Général en 1969, Georges Pompidou vous nomme au poste prestigieux, mais franchement plus calme après les tumultes de l’administration pénitentiaire, de secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature.

 

Le 2 avril 1974, la mort de Georges Pompidou est un choc pour vous comme pour tous les Français. Des trois concurrents en lice pour lui succéder – Jacques Chaban-Delmas, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand –, le père de la « nouvelle société » vous apparaît comme le plus authentique réformateur. Vous vous apprêtez à voter pour lui lorsque soudain sa campagne s’enlise. Une émission de télévision où Chaban apparaît flanqué d’un Malraux éprouvé et à peine compréhensible donne le coup de grâce à ses ambitions. Au second tour, vous êtes tentée de vous abstenir. Contrairement à ce qui a été souvent colporté, après avoir hésité, vous votez pour Giscard.

 

C’est ici qu’apparaît un nouveau personnage, convivial et chaleureux : Jacques Chirac. Il venait de se rallier à Giscard et de lui apporter le soutien des fameux Quarante-trois venus du mouvement gaulliste. Vous étiez liée avec sa principale conseillère, magistrat comme vous, Marie-France Garaud. Un magazine féminin publie un article sur un éventuel et imaginaire gouvernement de femmes. Sur ce podium virtuel, à la surprise, il faut le dire, de beaucoup, et d’abord de vous-même, vous étiez propulsée au poste de Premier ministre.

 

Un soir, à un dîner chez des amis, où se fait sentir une certaine ironie à l’égard de l’improbable journalisme féminin et de ses vaticinations, le téléphone sonne. La maîtresse de maison vous fait un signe : c’est pour vous. Au bout du fil, Jacques Chirac qui vient d’être désigné comme Premier ministre par Giscard. Il vous offre d’entrer dans son gouvernement que le président Giscard d’Estaing, en novateur, souhaite aussi large que possible. Vous n’hésitez pas longtemps. Vous devenez ministre de la Santé. Vous êtes la seule femme ministre : Françoise Giroud, avec qui vous entretiendrez des relations qui ne seront pas toujours chaleureuses, est secrétaire d’État à la Condition féminine.

 

Il y a un homme, dont les idées politiques ne se confondent pas toujours avec les vôtres, avec qui vous allez vous entendre aussitôt : c’est le confident fidèle de Giscard, c’est le ministre de l’Intérieur, c’est le véritable Premier ministre bis de votre gouvernement : Michel Poniatowski. Il a été ministre de la Santé dans le dernier gouvernement Pompidou – qui était dirigé par Pierre Messmer dont vous venez de retracer l’héroïsme, la grandeur, les tourments et l’attachement à cette Légion étrangère qui, le matin de ses obsèques, défilera en silence, dans la cour des Invalides : il avait demandé – quelle leçon ! – qu’aucun discours ne fût prononcé.

 

C’est Michel Poniatowski qui vous parle le premier d’un problème urgent et grave : l’avortement clandestin. On pouvait imaginer que cette question relevât du ministère de la Justice. Mais le nouveau garde des Sceaux, Jean Lecanuet, pour désireux qu’il fût de traiter cette affaire, n’était pas convaincu de l’urgence du débat. C’est vous que le président de la République et le Premier ministre vont charger de ce dossier écrasant.

 

Depuis plusieurs années, la situation de l’avortement clandestin en France devenait intenable. L’avortement est toujours un drame. Avec la vieille loi de 1920 qui était encore en vigueur, il devenait une tragédie. Un film de Claude Chabrol s’était inspiré de l’exécution « pour l’exemple », sous le régime de Vichy, de Marie-Louise Giraud, blanchisseuse à Cherbourg. En 1972, une mineure violée avait été poursuivie pour avortement devant le tribunal de Bobigny. À la suite d’une audience célèbre, Gisèle Halimi avait obtenu son acquittement. En même temps, pendant que se déroulaient des histoires plus sordides et plus sinistres les unes que les autres, des trains et des cars entiers partaient régulièrement pour l’Angleterre ou pour les Pays-Bas afin de permettre à des femmes des classes aisées de se faire avorter.

 

À beaucoup d’hommes et de femmes, de médecins, de responsables politiques, effarés de voir les dégâts entraînés par les avortements sauvages dans les couches populaires, et à vous, cette situation paraissait intolérable. Mais les esprits étaient partagés, souvent avec violence. Chez les hommes, évidemment, plus que chez les femmes. Vous finissez par vous demander si les hommes ne sont pas, en fin de compte, plus hostiles à la contraception qu’à l’avortement. La contraception consacre la liberté des femmes et la maîtrise qu’elles ont de leur corps. Elle dépossède les hommes. L’avortement, en revanche, qui meurtrit les femmes, ne les soustrait pas à l’autorité des hommes. Une des clés de votre action, c’est que vous êtes du côté des femmes. Avec calme, mais avec résolution, vous vous affirmez féministe.

 

Les difficultés, souvent cruelles, auxquelles vous vous heurtez en 1974 ne se sont pas dissipées trente-cinq ans plus tard. Il y a à peine un an, une affaire dramatique secouait Recife, l’État de Pernambouc, le Brésil et le monde entier. Une fillette de neuf ans, qui mesurait un mètre trente-six et pesait trente-trois kilos, avait été violée par son beau-père depuis l’âge de six ans et attendait des jumeaux. L’avortement, au Brésil, comme dans la plupart des pays d’Amérique latine, est considéré comme un crime. La loi n’autorise que deux exceptions : viol ou danger pour la vie de la mère. Les deux cas s’appliquant, l’avortement avait été pratiqué. Aussitôt l’archevêque de Recife et Olinda, Dom José Cardoso Sobrinho, qui avait succédé à ce poste à Dom Helder Camara, porte-parole de la théologie de la libération, avait frappé d’excommunication les médecins responsables de l’avortement ainsi que la mère de la fillette. Le scandale est venu surtout de la décision de l’archevêque de ne pas étendre l’excommunication au beau-père de l’enfant sous prétexte que le viol est un crime moins grave que l’avortement.

 

Ce sont des réactions de cet ordre que vous affrontez en 1974. Elles ne viennent pas principalement des autorités religieuses. Les catholiques, les protestants, les juifs étaient très divisés. Les catholiques intégristes vous étaient – et vous restent – farouchement opposés. Certains luthériens étaient hostiles à votre projet alors que la majorité de l’Église réformée y était favorable. Parmi les juifs religieux, quelques-uns vous ont gardé rancune : il y a cinq ans, des rabbins intégristes de New York ont écrit au président de la République polonaise pour contester le choix de l’auteur de la loi française sur l’interruption volontaire de grossesse comme représentant des déportés au 60e anniversaire de la libération d’Auschwitz.

 

Une minorité de l’opinion s’est déchaînée – et se déchaîne encore – contre vous. L’extrême droite antisémite restait violente et active. Mais d’autres accusations vous touchaient peut-être plus cruellement. « Comment vous, vous disait-on, avec votre passé, avec ce que vous avez connu, pouvez-vous assumer ce rôle ? » Le mot de génocide était parfois prononcé.

 

L’agitation des esprits était à son comble. À l’époque, la télévision ne retransmettait pas les débats parlementaires. Au moment où s’ouvre, sous la présidence d’Edgar Faure, la discussion du projet à l’Assemblée nationale, une grève éclate à l’O.R.T.F. En dépit à la fois de la coutume et de la grève, des techniciens grévistes s’installent dans les tribunes et diffusent le débat en direct. Ce sont pour vous de grands moments d’émotion et d’épuisement. Beaucoup d’entre nous, aujourd’hui et ici, se souviennent encore de ce spectacle où la grandeur se mêlait à la sauvagerie. Je vous revois, Madame, faisant front contre l’adversité avec ce courage et cette résolution qui sont votre marque propre. Les attaques sont violentes. À certains moments, le découragement s’empare de vous. Mais vous vous reprenez toujours. Vous êtes une espèce d’Antigone qui aurait triomphé de Créon. Votre projet finit par être adopté à l’Assemblée nationale par une majorité plus large que prévu : deux cent quatre-vingt-quatre voix contre cent quatre-vingt-neuf. La totalité des voix de gauche et – c’était une chance pour le gouvernement – une courte majorité des voix de droite.

 

Restait l’obstacle tant redouté du Sénat, réputé plus conservateur, surtout sur ce genre de questions. Le gouvernement craignait l’obligation d’une seconde lecture à l’Assemblée nationale pour enregistrement définitif. La surprise fut l’adoption du texte par le Sénat avec une relative facilité. C’était une victoire historique. Elle inscrit à jamais votre nom au tableau d’honneur de la lutte, si ardente dans le monde contemporain, pour la dignité de la femme.

 

Le temps, pour vous, passe à toute allure. Pour moi aussi. Il faut aller vite. Après avoir été du côté de la liberté des hommes et de l’égalité des femmes, vous consacrez votre énergie, votre courage, votre volonté inébranlables à une cause nouvelle : la fraternité entre les peuples. Y compris la réconciliation, après l’horreur, avec l’Allemagne d’hier et de demain, celle de Bach, de Kant, de Goethe, de Hölderlin, de Schumann, d’Henri Heine, de Husserl, de Thomas Mann et celle de l’Union européenne.

 

Aux élections européennes de juin 1979, la liste que vous entraînez, sur proposition du président Giscard d’Estaing, en compagnie de Jean François Deniau, dont vous me permettrez de prononcer le nom avec affection, remporte une victoire éclatante : elle arrive première, assez loin devant celle du parti socialiste, plus de dix points au-dessus de la liste gaulliste. Vous voilà député à Strasbourg. Et, dès la première séance, à la mi-juillet, avec trois voix de plus que la majorité absolue, vous êtes élue, pour trente mois, à la présidence du Parlement européen.

 

Citoyenne de l’Europe au niveau le plus élevé, vous nouez des liens avec Helmut Schmidt, avec Margaret Thatcher, avec le roi d’Espagne, avec Ronald Reagan, avec le couple Clinton, avec le roi de Jordanie, avec Abdou Diouf, avec tant d’autres – avec deux hommes d’exception surtout, pour qui vous éprouvez une admiration particulière : Nelson Mandela et Anouar al-Sadate. Après son voyage historique à Jérusalem, vous invitez le dirigeant égyptien à prendre la parole devant le Parlement européen. C’était l’époque où l’hypothèse d’un État palestinien était pratiquement acquise. Elle n’a cessé, hélas, de s’estomper depuis lors.

 

Vous avez toujours été libre, véhémente et sereine. Vous le restez, tout au long de vos hautes fonctions, et au-delà. Sur plusieurs points, vous marquez votre indépendance : vous éprouvez des réserves à l’égard de l’idéologie des droits de l’homme, vous vous interrogez sur l’absence de prescription des crimes contre l’humanité. L’arrivée au pouvoir de François Mitterrand provoque chez vous des sentiments contrastés : admiration pour le discours présidentiel prononcé en 1984 devant le Bundestag, avec la fameuse formule sur les pacifistes à l’Ouest et les missiles à l’Est ; méfiance à l’égard du projet Mitterrand d’Europe confédérale qui, en 1991, à l’effroi des pays de l’Est, privilégiait outrageusement la Russie aux détriments des États-Unis. Vous ne tardez surtout pas beaucoup à mettre le doigt sur des problèmes qui, aujourd’hui encore, trente ans plus tard, pèsent sur les institutions européennes : les clivages politiques nationaux qui parasitent les débats communautaires ; l’éparpillement des instances européennes entre Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg ; la contradiction permanente surtout entre l’aspiration à la communauté et la fidélité aux racines ancestrales – au point que votre conception de l’Europe a fini par évoluer. Vous croyez moins désormais à un édifice européen monolithique qu’à un agrégat de nations.

 

Le 30 mars 1993, après avoir quitté la scène européenne, vous êtes sur le point de vous envoler pour la Namibie où vous appelle la lutte contre le sida quand un coup de téléphone vous surprend une fois de plus : Édouard Balladur, le tout nouveau Premier ministre de la deuxième cohabitation vous propose de revenir au ministère de la Santé, élargi ce coup-ci aux Affaires Sociales et à la Ville, avec rang de ministre d’État.

 

Avec la cohabitation, le paysage a changé. Les problèmes que vous allez rencontrer dans ces fonctions nouvelles ou renouvelées sont d’une actualité brûlante : déficit de la Sécurité sociale, quartiers réputés « difficiles », montée de communautés – notamment de la communauté musulmane – trop souvent repliées sur elles-mêmes. Vous faites face jusqu’à l’élection à la présidence de la République de Jacques Chirac, suivie, deux ans plus tard, du retour de la gauche au pouvoir avec la troisième cohabitation. Vous décidez alors de vous inscrire à l’U.D.F. Mais vos relations se révèlent vite difficiles – et c’est plutôt une litote – avec son secrétaire général, François Bayrou. Vous avez une passion pour la politique, mais dès qu’elle devient politicienne, elle cesse de vous intéresser. Vous n’hésitez pas longtemps : vous renoncez à la politique.

 

La vie, qui a été si dure avec vous, ne cesse, cependant, comme pour s’excuser, de vous offrir des chances qui sont autant d’hommages à votre personne, à votre intégrité et à votre talent. Créé par la Constitution de 1958 pour veiller à son respect, composé de membres de droit qui sont les anciens présidents de la République et de neuf membres nommés – trois par le président de la République, trois autres par le président du Sénat, trois autres encore par le président de l’Assemblée nationale –, le Conseil constitutionnel veille à la légitimité des lois et à la régularité des élections. Vous venez à peine de quitter l’U.D.F. que René Monory, président du Sénat, vous nomme, pour neuf ans, au Conseil constitutionnel.

 

Vous accomplirez au sein de la haute magistrature des tâches essentielles que le temps m’empêche d’énumérer dans le détail. Disons rapidement que vous y confirmez la loi sur la bio-éthique et que vous y tranchez le débat récurrent de la primauté du droit communautaire sur la législation nationale. À aucun moment, dans ces fonctions éminentes que vous exercez avec une loyauté parfaite, vous n’abandonnez vos convictions. Le rejet par les Français, en 2005, du projet de Constitution européenne vous consterne ; vous n’êtes guère favorable au quinquennat ; l’élection du président de la République au suffrage universel direct ne répond même pas à vos vœux profonds – ce qui ne vous empêche pas, il y a près de trois ans et en dépit de vos réserves sur la dérive présidentialiste de nos institutions, de vous déclarer pour Nicolas Sarkozy ; vous êtes ardemment en faveur de la parité et de la discrimination positive. Dans une longue interview accordée à Pierre Nora pour sa revue Le Débat, vous n’hésitez pas à déplorer l’absence en France d’un véritable dialogue démocratique. Lorsqu’il y a deux ans à peine vous quittez le Conseil constitutionnel, vous avez le sentiment d’avoir été fidèle à la fois à vous-même et aux devoirs de votre charge.

 

Au terme de ces instants trop brefs et déjà trop longs que j’ai eu la chance et le bonheur de passer avec vous, je m’interroge sur les sentiments que vous portent les Français. Vous avez été abreuvée d’insultes par une minorité, et une large majorité voue une sorte de culte à l’icône que vous êtes devenue.

 

La première réponse à la question posée par une popularité si constante et si exceptionnelle est liée à votre attitude face au malheur. Vous avez dominé ce malheur avec une fermeté d’âme exemplaire. Ce que vous êtes d’abord, c’est courageuse – et les Français aiment le courage.

 

Vous avez des convictions, mais elles ne sont jamais partisanes. Vous les défendez avec force. Mais vous êtes loyale envers vos adversaires comme vous êtes loyale envers vos amis. Vous êtes un modèle d’indépendance. Plus d’une fois, vous trouvez le courage de vous opposer à ceux qui vous sont proches et de prendre, parce que vous pensez qu’ils n’ont pas toujours tort, le parti de ceux qui sont plus éloignés de vous. C’est aussi pour cette raison que les Français vous aiment.

 

Avec une rigueur à toute épreuve, vous êtes, en vérité, une éternelle rebelle. Vous êtes féministe, vous défendez la cause des femmes avec une fermeté implacable, mais vous n’adhérez pas aux thèses de celles qui, à l’image de Simone de Beauvoir, nient les différences entre les sexes. Vous êtes du côté des plus faibles, mais vous refusez toute victimisation. Quand on vous propose la Légion d’honneur au titre d’ancienne déportée, vous déclarez avec calme et avec beaucoup d’audace qu’il ne suffit pas d’avoir été malheureuse dans un camp pour mériter d’être décorée.

 

La clé de votre popularité, il faut peut-être la chercher, en fin de compte, dans votre capacité à emporter l’adhésion des Français. Cette adhésion ne repose pas pour vous sur je ne sais quel consensus médiocre et boiteux entre les innombrables opinions qui ne cessent de diviser notre vieux pays. Elle repose sur des principes que vous affirmez, envers et contre tous, sans jamais hausser le ton, et qui finissent par convaincre. Disons-le sans affectation : au cœur de la vie politique, vous offrez une image républicaine et morale.

 

Il y a en vous comme un secret : vous êtes la tradition même et la modernité incarnée. Je vous regarde, Madame : vous me faites penser à ces grandes dames d’autrefois dont la dignité et l’allure imposaient le respect. Et puis, je considère votre parcours et je vous vois comme une de ces figures de proue en avance sur l’histoire.

Oui, il y a de l’énigme en vous : une énigme claire et lumineuse jusqu’à la transparence. Elle inspire à ceux qui ont confiance en vous des sentiments qui les étonnent eux-mêmes. Vous le savez bien : ici, sous cette Coupole, nous avons un faible pour les coups d’encensoir dont se méfiait Pierre Messmer. L’admiration est très répandue parmi ceux qui se traitent eux-mêmes d’immortels. Nous nous détestons parfois, mais nous nous admirons presque toujours. Nous passons notre temps à nous asperger d’éloges plus ou moins mérités : nous sommes une société d’admiration mutuelle, que Voltaire déjà dénonçait en son temps. Cette admiration, vous la suscitez, bien sûr, vous-même. Mais, dans votre cas, quelque chose d’autre s’y mêle : du respect, de l’affection, une sorte de fascination. Beaucoup, en France et au-delà, voudraient vous avoir, selon leur âge, pour confidente, pour amie, pour mère, peut-être pour femme de leur vie. Ces rêves d’enfant, les membres de notre Compagnie les partagent à leur tour. Aussi ont-ils choisi de vous prendre à jamais comme consœur. Je baisse la voix, on pourrait nous entendre : comme l’immense majorité des Français, nous vous aimons, Madame. Soyez la bienvenue au fauteuil de Racine qui parlait si bien de l’amour ».

 

Source : Académie Française.

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Published by Emmanuel S.19864 - Fidèle d'Amour
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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 21:32
FÊTER LE TRICENTENAIRE DE LA FRANC-MACONNERIE ET LES TRENTE ANS DE LA PROVINCE DE PARIS!

En ce mois de juin 2017 les Francs-Maçons du monde entier célèbrent le tricentenaire de leur Ordre, et ceux appartenant à la Province de Paris, au sein de la Grande Loge Nationale Française, rajoutent à cela le trentième anniversaire de leur Province.

En effet, il y a déjà trente ans (j’y étais !) différentes loges des Provinces de Lutèce, Rouvray et d’Ile de France se sont réunies pour constituer une nouvelle Province, la Province de PARIS.

Ce n’est pas un mince honneur que de porter fièrement le nom de la capitale de la France !

Depuis sa consécration, la Province de Paris, n’a cessé de croitre, sous l’autorité de ses Grands Maîtres successifs, les TT.’.RR.’.FF.’.Claude Vin., Jean-Claude Glo. Marc Sul. et Yves Pen.., pour devenir une des plus belles Provinces de la GLNF, forte de 68 loges !

Puis ce furent les années noires des Profanes en Tablier dont le chef radia Yves Pen. et qui saccagèrent cette si belle Province, laissant celle-ci exsangue avec pas moins de 36 Loges mises en sommeil.

Mais Paris « fluctat Nec Mergitur ». Réintégré et réinvesti dès l’Installation du nouveau Grand Maître Jean-Pierre Servel en décembre 2012, le T.’.R.’.F.’. Yves Pen. à nouveau Grand Maître Provincial s’est immédiatement attelé à la tâche, et a constitué une équipe talentueuse qui le secondera sur un Chantier où tout était à reconstruire…

C’est ainsi que le T.’.R.’.F.’. Yves Pen. imprimera sa marque dans la Province de Paris :

Pétri des valeurs acquises dans le creuset des Loges qu’il fréquente assidument comme au sein des Rites qu’il pratique à un très haut niveau, il investit considérablement sur la formation de tous, sur le travail en profondeur, mais aussi dans le Travail dans l’humilité et la discrétion, prêchant par l’exemple. Combien de fois ne l’avons-nous vu officier par exemple en qualité de Grand Directeur des Cérémonies lors d’Installations, laissant l’honneur de siéger à l’Orient à son représentant.

Lui qui Sait et se Tait, quel exemple pour ceux qui se penseraient le droit d’y avoir une place attitrée dans le temps ?...

Le résultat est là. Avec force et douceur, entouré de son équipe de GG.’.OO.’.PP.’., le T.’.R.’.G.’.M.’.P.’. a réussi à faire rejaillir l’ordre du chaos, restaurer la lumière après cette trop longue nuit, et même à rallumer les feux de plusieurs Loges. Parmi celles-ci, la première, dès janvier 2013, la R.’.L.’. Menorah n° 526 revenue de la GLAMF, « ma » loge…

Il convenait donc de fêter le trentième anniversaire de notre Province, avec le panache auquel cet évènement s’associe naturellement.

Au cours de la réflexion qui s’est ouverte l’année dernière pour savoir comment et où il faudrait organiser cette fête, l’Assistant Grand Maître Provincial Bertrand de L. a proposé un endroit chargé d’une lourde et longue histoire, l’Abbaye des Vaux-de-Cernay.

Avec tempérance et persévérance, il s’employa à lever les doutes et réticences, plaidant notamment les symboles de cet édifice dédié à la lumière, détruit et reconstruit à travers les âges ; lieu d’harmonie, de beauté, d’exception : digne d’un tricentenaire, d’un trentenaire, d’une Saint Jean, dans un budget maitrisable et maitrisé.

Abbaye des Vaux-de-Cernay. (Tous droits réservés)

Abbaye des Vaux-de-Cernay. (Tous droits réservés)

Mais au-delà de cela, aux-dires mêmes de notre Grand Maître Provincial Yves Pen., « cet anniversaire célèbre le trait d’union entre les Frères qui ont fait vivre notre Province depuis sa naissance, ceux qui la font vivre aujourd'hui et ceux qui nous succèderont lorsque le temps n’aura plus de limites pour nous.

Au-delà, ce trait d’union relie tous les Frères de la GLNF, ainsi que tous les Maçons à travers le temps et à travers le monde, particulièrement en cette année de tricentenaire de la Franc Maçonnerie Régulière ».

Abbaye des Vaux-de-Cernay. (Tous droits réservés).

Abbaye des Vaux-de-Cernay. (Tous droits réservés).

Ce site, son prestige, comme avec son histoire, symbolise donc particulièrement le poids des différents messages que nous voulons faire passer.

Abbaye des Vaux-de-Cernay (Avec l’aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti – Tous droits réservés).

Abbaye des Vaux-de-Cernay (Avec l’aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti – Tous droits réservés).

« Ce Solstice est la date où la lumière est la plus forte, celle qui honore Saint-Jean-le-Baptiste.

Le Feu qui lui est associé est un symbole important dans notre parcours initiatique : flamme intérieure, feu de l'athanor qui permet notre transformation spirituelle, et surtout flammes de l'Amour du prochain qui doivent embraser nos cœurs ». (T.’.R.’.F.’. Yves Pen., Grand Maître Provincial de la Province de Paris.)

Du reste, l’immense parc du domaine de l’Abbaye, recèle-lui aussi de petits trésors, qui feront le ravissement des frères et de leurs familles présentes pour cet évènement :

Abbaye des Vaux-de-Cernay (Avec l’aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti – Tous droits réservés).

Abbaye des Vaux-de-Cernay (Avec l’aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti – Tous droits réservés).

C’est donc le samedi 17 juin que nous nous sommes retrouvés pour des célébrations qui d’emblée promettaient d’être mémorables.

Le premier évènement, était organisé par le T.’.R.’.F.’. Député Grand Maître Provincial de la Province de Paris, Jacques Immele, qui en est aussi le Grand Hospitalier depuis bien longtemps.

C’est dans ce cadre qu’il se dépense sans compter pour venir au secours de tous les Frères (ou de leur familles) qui en ont besoin, ne ménageant pas son temps, et s’occupant aussi de recueillir des dons partout où il le peut (ce blog peut mettre toute personne qui le souhaite en contact avec notre T.’.R.’.F.’. Jacques).

Jacques est aussi Secrétaire Général de l’Œuvre d’Assistance Fraternelle au plan national et dans la Province de Paris.

Assumant ses responsabilités avec ferveur et dynamisme, pétri de Foi, de Charité et d’Espérance, il a développé des projets innovants : c’est ainsi que depuis 5 ans, il anime des rallyes pédestres à Paris qui sont très prisés par les participants, au profit de l’O.A.F.

C’est donc tout naturellement que pour cette formidable occasion, il a déplacé le 5ème rallye pédestre de la Province de Paris à proximité de l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, plus précisément à Chevreuse.

Cette année, comme les précédentes, le rallye était organisé au profit de l’O.A.F., avec comme surprise, à l’arrivée, les félicitations du Grand Maître / Président de l’O.A.F., accompagné du Grand Hospitalier de la GLNF et Président délégué de l’O.A.F., le T.’.R.’.F.’. Philippe Jouve

Ce 17 juin, il faisait très chaud quand la cinquantaine de participants, dont le TRGMP, s’est élancée à 15h au travers de Chevreuse, dans une course effrénée pour résoudre les multiples défis proposés. Ces épreuves affrontées en équipes, créent des liens forts bien qu’informels entre les participants puisqu’en dehors des ateliers.

Cependant, la course - comme la montée ! - a été sélective, car à 18 heures, à l’arrivée des plus courageux au château fort de La Madeleine, les rangs s’étaient clairsemés…

Les derniers participants entourant le TRGM, ainsi que les TTRRFF Jacques Immele et Philippe Jouve. (Tous droits réservés).

Les derniers participants entourant le TRGM, ainsi que les TTRRFF Jacques Immele et Philippe Jouve. (Tous droits réservés).

Pourtant, tout le monde était content et fier non seulement d’avoir passé une bonne après-midi pour « la bonne cause », mais aussi d’avoir la surprise d’être accueillis non seulement par notre T.’.R.’.F.’. Jacques Immele, infatigable Grand Ordonnateur de toutes les Œuvres de secours au sein de notre Province, mais aussi par notre Grand Maître (non moins infatigable pour promouvoir les Œuvres de générosité de la GLNF, et notamment au travers de sa Fondation) et son Grand Hospitalier.

Après le rallye, le temps était venu de rejoindre l’Abbaye des Vaux de Cernay pour le cocktail organisé…

Un vrai plaisir que d’y accéder, par des chemins qui nous rappellent tous quelque chose :

 

 

FÊTER LE TRICENTENAIRE DE LA FRANC-MACONNERIE ET LES TRENTE ANS DE LA PROVINCE DE PARIS!

Et les Frères accompagnés de leurs compagnes et parfois de leurs enfants affluaient de toutes part. Il est vrai que tout le domaine était fléché :

Abbaye des Vaux-de-Cernay (Avec l’aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti – Tous droits réservés)

Abbaye des Vaux-de-Cernay (Avec l’aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti – Tous droits réservés)

Les Francs-Maçons ne se cachent en effet plus…

Abbaye des Vaux-de-Cernay (Avec l’aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti – Tous droits réservés).

Abbaye des Vaux-de-Cernay (Avec l’aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti – Tous droits réservés).

C’est donc auprès d’une colonne nommée (... ? ) que nous avons trouvés notre salaire nos rafraîchissements ! :

FÊTER LE TRICENTENAIRE DE LA FRANC-MACONNERIE ET LES TRENTE ANS DE LA PROVINCE DE PARIS!

Ils étaient nombreux les Frères de la Province avec leurs familles !

(Avec l’aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti – Tous droits réservés).

(Avec l’aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti – Tous droits réservés).

Tous, étaient heureux de se retrouver, de présenter, leurs compagnes, leurs enfants…

(Tous droits réservés).

(Tous droits réservés).

Une photo vaut parfois tous les discours… Celle-ci n’est-elle pas révélatrice de la sérénité, de la confiance, de la bienveillance qui règnent désormais à la GLNF ? :

De gauche à droite : Le T.’.V.’.F.’. Georges Vac. Grand Tuileur Provincial, le Grand Maître Jean-Pierre Servel, et le Grand Maître Provincial, Yves Pen.. (Tous droits réservés).

De gauche à droite : Le T.’.V.’.F.’. Georges Vac. Grand Tuileur Provincial, le Grand Maître Jean-Pierre Servel, et le Grand Maître Provincial, Yves Pen.. (Tous droits réservés).

Bienveillance qui se retrouve aussi dans les yeux de l’Assistant Grand Maître Provincial, le R.’.F.’. Patrick Aubart :

Le R.’.F.’. Patrick Aubart (Avec l'aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti - Tous droits réservés)

Le R.’.F.’. Patrick Aubart (Avec l'aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti - Tous droits réservés)

Ou encore dans le regard du T.’.R.’.G.’.M.’.P.’. envers les représentants de la R.’.L.’. Menorah n°526 :

Le V.’.M.’. de la R.’.L.’. Menorah n°526, en conversation avec l’administrateur de ce blog (à droite de la photo), ainsi qu’avec le Grand Maître Provincial, Yves Pen. au milieu. (Photo: Tous droits réservés).

Le V.’.M.’. de la R.’.L.’. Menorah n°526, en conversation avec l’administrateur de ce blog (à droite de la photo), ainsi qu’avec le Grand Maître Provincial, Yves Pen. au milieu. (Photo: Tous droits réservés).

Les épouses, quant à elles, ne se sont pas privées de faire honneur à la légendaire élégance française :

(Photo:Tous droits réservés)

(Photo:Tous droits réservés)

Et tandis que tous savourent cette journée…

 Abbaye des Vaux-de-Cernay (Photo:Tous droits réservés)

Abbaye des Vaux-de-Cernay (Photo:Tous droits réservés)

D’autres, règlent leurs problèmes en faisant une démonstration de Karaté devant le Grand Maître interloqué :

De gauche à droite : le TRF Philippe Jouve, le VF Vincent Wap., sa compagne et le Grand Maître, Jean-Pierre Servel. (Photo: Tous droits réservés).

De gauche à droite : le TRF Philippe Jouve, le VF Vincent Wap., sa compagne et le Grand Maître, Jean-Pierre Servel. (Photo: Tous droits réservés).

Le dîner devait avoir lieu dans la magnifique salle des moines, aux voutes impressionnantes :

 

Salle des Moines Abbaye des Vaux-de-Cernay. (Avec l’aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti –  Photo : Tous droits réservés).

Salle des Moines Abbaye des Vaux-de-Cernay. (Avec l’aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti – Photo : Tous droits réservés).

Toutes les places avaient été prises, et c’est donc près de 400 personnes qui se pressaient dans la salle.

Une autre perspective sur cette salle immense :

Salle des Moines Abbaye des Vaux-de-Cernay. (Photo: Tous droits réservés).

Salle des Moines Abbaye des Vaux-de-Cernay. (Photo: Tous droits réservés).

Le Grand Maître, Jean-Pierre Servel, et le Grand Maître Provincial de la Province de Paris, Yves Pen. à leur arrivée dans la salle des moines, où le dîner était servi :

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

L’organisation avait prévu une Table d’Honneur, celle du Grand Maître Provincial Yves Pen. qui recevait en compagnie de son épouse Madame Laurence Pen., où était assis le Grand Maître invité d’honneur et ses Grands Officiers actifs, l’Assistant Grand Maître et Grand Orateur (issu de la Province de Paris) Jean-François Variot, et Madame, le Grand Premier Surveillant Guy Bruendet et Madame, le Grand Maître Provincial de la Province de Lutèce, Serge Barthélémy. et Madame, le Grand Hospitalier Philippe Jouve, le Directeur Administratif et Financier Henry Sidery. et Madame, le Député Grand Maître Provincial de la Province de Paris, Jacques Immele. et Madame, ainsi que le T.’.P.’.S.’.G.’.C.’. du Suprême Conseil National de France, le Très Illustre Frère Jacques Pra.

De même se trouvait à la Table d’Honneur le T.’.R.’.F.’. Laurent Tou. Ancien Grand Maître Provincial de Rouvray - lui aussi une ancienne victime de l’ère Stifani - actuel Grand Précepteur National du R.’.E.’.A.’.A.’. dans le collège du Grand Maître.

Un TRF si apprécié dans notre Province pour le travail qu’il effectue dans le cadre national, mais aussi pour l’œuvre formidable qui est la sienne dans le cadre de la R.’.L.’. Menorah

n° 526 au sein de laquelle il a notablement contribué à la formation des compagnons et des jeunes Maîtres, qui tous manifestent leur reconnaissance : il est en effet rare d’avoir la chance de bénéficier d’un tel Maître aux connaissances encyclopédiques sur le R.’.E.’.A.’.A.’. .

Je me permets moi aussi de lui rendre ici un hommage mérité, lui qui montre aussi l’exemple de ce qu’est un authentique Franc-Maçon, ardu sur le chantier, travaillant en toute discrétion et humilité, n’aspirant qu’à l’honneur de la foi et de la chevalerie, pèlerin inconnu, qui connaît le monde et que personne ne connaît…

De gauche à droite, à partir du Grand Maître, Madame Jacques Immele, le TRF Philippe Jouve, le TIF Jacques Pra., le TRF Guy Bruandet, Madame Bruandet, le TRF Jean-François Variot, la compagne de ce dernier, le TRF Laurent Toubol, sa compagne, le DAF Henry Sidery, Madame Sidery, Madame Barthélémy, le TRF Serge Barthélémy GMP de la Province de Lutèce, Madame Laurence Pen.. (Photo: Tous droits réservés)

De gauche à droite, à partir du Grand Maître, Madame Jacques Immele, le TRF Philippe Jouve, le TIF Jacques Pra., le TRF Guy Bruandet, Madame Bruandet, le TRF Jean-François Variot, la compagne de ce dernier, le TRF Laurent Toubol, sa compagne, le DAF Henry Sidery, Madame Sidery, Madame Barthélémy, le TRF Serge Barthélémy GMP de la Province de Lutèce, Madame Laurence Pen.. (Photo: Tous droits réservés)

Il avait été décidé que les Grands Officiers Provinciaux de la Province de Paris, plutôt que de dîner à la même table se répartiraient chacun sur une table afin d’animer celle-ci et de tisser ou renforcer des liens avec les différents Frères et Loges.

Au premier plan à droite, le T.’.R.’.F.’. Yonnel Ghernaouti que je remercie pour ses magnifiques photos dont certaines sont ici publiées. (Photo: Tous droits réservés).

Au premier plan à droite, le T.’.R.’.F.’. Yonnel Ghernaouti que je remercie pour ses magnifiques photos dont certaines sont ici publiées. (Photo: Tous droits réservés).

Notre Grand Trésorier Provincial Michel Bla.-Jac. avec son épouse. (Photo : Tous droits réservés).

Notre Grand Trésorier Provincial Michel Bla.-Jac. avec son épouse. (Photo : Tous droits réservés).

Ci-dessous à droite avec des lunettes, l’un des principaux Maîtres d’œuvres de cette magnifique célébration, le R.’.F.’. Bertrand de L., Assistant Grand Maître Provincial qui, aux côtés du GMP, travailla d’arrache-pied des mois durant à la réussite de cette soirée mémorable.

De droite à gauche le R.F. Bertrand de L. Assistant Grand Maître Provincial, l’un des trois Maîtres d’œuvre de cette soirée, le R.F. Jean-Luc Ber., le F.’.Tab., le T.R.F. Patrick Bol. (Photo :Tous droits réservés).

De droite à gauche le R.F. Bertrand de L. Assistant Grand Maître Provincial, l’un des trois Maîtres d’œuvre de cette soirée, le R.F. Jean-Luc Ber., le F.’.Tab., le T.R.F. Patrick Bol. (Photo :Tous droits réservés).

Le dîner a donc pu commencer sans qu’une seule place ne soit libre :

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

Il faut dire que le menu était motivant :  Foie Gras (Salade de crudités pour ceux qui ont commandé des repas Kasher…😒), filet de Bar parfaitement cuit et servi chaud à tous en même temps, etc.

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

Dès le début du dîner, le T.’.R.’.G.’.M.’.P.’. Yves Pen. a tenu à dire quelques mots pour célébrer cet enchaînement de commémorations, à rendre hommage au Grand Maître venu honorer de sa présence les Frères de la Province de Paris malgré les fatigues cumulées de voyages incessants tant dans nos différentes Provinces, que de voyages plus lointains autour de la planète pour faire face à nos responsabilités internationales, dans la chaîne de la fraternité maçonnique universelle.

Voici quelques phrases retenues dans va brève allocution :

« (…) Les rites pratiqués à la GLNF font parfois allusion au feu. Ce feu représente pour certains le feu purificateur ou la flamme qui nous anime, et pour d'autres le feu de l'Athanor alchimique qui va nous nous transformer lors de nos réunions nocturnes.

Pourquoi un athanor ? c'est parce que la Loge est un creuset où règne la fraternité et l'amour des Frères qui la composent.

Ce creuset met en œuvre les conditions de notre transformation et de notre épanouissement. Et le feu sous ce creuset et qui nous transforme est l'Amour que nous nous portons.

Cet Amour nous souhaitons le partager avec vous, Mesdames, même si nous n'osons l'exprimer souvent. Cet amour pour vous est symbolisé, lors des cérémonies d'initiation, parfois par une deuxième paire de gants, mais souvent par une rose.

En vous témoignant à nouveau cet amour ce soir, il vous sera remis tout à l'heure une rose du rouge ardent le plus éclatant (…) ».

Puis, le T.’.R.’.F.’, Yves Pen., a salué particulièrement l’action de son Député Grand Maître Provincial, le T.’.R.’.F.’. Jacques Immele., qui avait organisé le Rallye pédestre au profit de l’O.A.F. dans l’après-midi.

Le TRF Jacques Imm. avec le TRF Yves Pen.. (Photo: Tous droits réservés).

Le TRF Jacques Imm. avec le TRF Yves Pen.. (Photo: Tous droits réservés).

Lui donnant la parole, celui-ci a alors donné les résultats du concours de l’après-midi.

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

Surprise, le gagnant est…L’équipe du Grand Maître Provincial, Yves Pen. !

Yves gêné insiste pour que le prix soit donné au F.’. Rev., ce que fait immédiatement le T.’.R.’.F.’. Jacques Immele :

(Photo: Tous droits réservés)

(Photo: Tous droits réservés)

C’est alors au tour du T.’.R.’.G.’.M.’. de prendre la parole :

(Photo: Tous droits réservés)

(Photo: Tous droits réservés)

(Photo: Tous droits réservés),

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(Photo: Tous droits réservés),

Le T.’.R.’.F.’. Jean-Pierre Servel, en quelques mots, avec l’éloquence de l’avocat pénaliste qu’il a été et du tribun qu’il demeure, a captivé immédiatement l’auditoire…Et avec beaucoup de tact, n’a parlé que quelques brèves minutes – tout comme les autres intervenants - pour permettre à l’assistance de dîner tranquillement et de profiter du repas.

 

On distingue de gauche à droite, le TRF Jean-François Variot Assistant Grand Maître et Grand Orateur, le TRF Laurent Toubol Grand Précepteur National du REAA, le TRF Henri Sidery, DAF et son épouse, Madame Barthélémy, le TRF Serge Barthélémy GMP de la Province de Lutèce et grand ami de notre Province, Madame Laurence Pen., le Grand Maître Jean-Pierre Servel et le Grand Maître Provincial de la Province de Paris, Yves Pen.. (Photo:Tous droits réservés).

On distingue de gauche à droite, le TRF Jean-François Variot Assistant Grand Maître et Grand Orateur, le TRF Laurent Toubol Grand Précepteur National du REAA, le TRF Henri Sidery, DAF et son épouse, Madame Barthélémy, le TRF Serge Barthélémy GMP de la Province de Lutèce et grand ami de notre Province, Madame Laurence Pen., le Grand Maître Jean-Pierre Servel et le Grand Maître Provincial de la Province de Paris, Yves Pen.. (Photo:Tous droits réservés).

De droite à gauche, le Grand Maître Provincial, Yves Pen., l’Assistant Grand Maître Provincial, Patrick Aubart, et le R.F. Pierre Cou. (Photo: Tous droits réservés).

De droite à gauche, le Grand Maître Provincial, Yves Pen., l’Assistant Grand Maître Provincial, Patrick Aubart, et le R.F. Pierre Cou. (Photo: Tous droits réservés).

Avant de conclure la soirée, le Grand Maître Provincial Yves Pen. a tenu à offrir une rose à chacune des dames présentes :

(Photo: Tous droits réservés)

(Photo: Tous droits réservés)

A la veille du second tour des législatives cette distribution était-elle un message subliminal en faveur d’un parti politique en perdition ?

Dans cette mission, il a notamment reçu l’aide de son Grand Directeur des cérémonies Provincial, le R.F. Jam. Ass. :

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

Repus, nous nous sommes retrouvés dans la joie, dans le parc de l’Abbaye, par une chaude nuit d’été.

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

Les TT.’.RR.’.F.’. Guy Bruandet et Philippe Jouve (Frenchmen super lovers). (Photo: Tous droits réservés).

Les TT.’.RR.’.F.’. Guy Bruandet et Philippe Jouve (Frenchmen super lovers). (Photo: Tous droits réservés).

Le principal Maitre d’œuvre ce cette soirée très réussie, le T.’.R.’.G.’.M.’.P.’. Yves Pen. a aussi tenu à remercier personnellement celui sans qui elle n’aurait pas été possible ainsi, celui qui as eu l’idée de l’organiser dans ces lieux, celui qui a travaillé sans compter pour sa réalisation, le R.’.F.’. Bertrand de L. Assistant Grand Maître Provincial, et Grand Intendant National.

Le RF Bertrand de L. Assistant Grand Maître Provincial de la Province de Paris. (Photo: Tous droits réservés).

Le RF Bertrand de L. Assistant Grand Maître Provincial de la Province de Paris. (Photo: Tous droits réservés).

C’est aussi l’occasion de féliciter ce dernier pour l’implication totale dans la Province de ce Frère multi facettes, qui sait vouloir lorsqu’il le faut, qui sait faire ce que la Maçonnerie demande, à savoir promouvoir la Justice, excellent dans tout ce qu’il prend en charge, qui se retrousse les manches pour régler tous les problèmes que rencontre la Province, quelle qu’en soient la nature.

Il est de ceux sur lequel chacun peut compter, et chacun peut l’apprécier.

A titre personnel, je puis aussi témoigner qu’au-delà de sa légendaire efficacité, c’est aussi le plus profond, le plus dévoué et le plus agréable des Frères. Un Frère, un vrai Frère. Un homme vrai, véritable, en toutes circonstances. Un des rares qui réussit à traduire l’esprit de la chevalerie française dans la vie contemporaine.

Et puis, c’est aussi le seul qui, alors que j’étais mis en examen à la suite de la plainte des con-sorts Stifani et Dulac m’attendait pour me soutenir au bas des marches du palais. Cela ne s’oublie pas.

De gauche à droite, le TRF Yves Pen., deux frères que je ne connais pas, Madame Laurence Pen., et le RF Bertrand de L. (Photo: Tous droits réservés).

De gauche à droite, le TRF Yves Pen., deux frères que je ne connais pas, Madame Laurence Pen., et le RF Bertrand de L. (Photo: Tous droits réservés).

De même, le Grand Maître Provincial a eu des mots de reconnaissance envers un autre acteur important de cette soirée, le T.’.V.’.F .’. Eric Mon. qui lui aussi s’est beaucoup investi pour l’organisation et la réussite de notre trentenaire:

Le T.’.V.’.F.’. Eric Mon. (Photo: Tous droits réservés).

Le T.’.V.’.F.’. Eric Mon. (Photo: Tous droits réservés).

Le Grand Maître lui-même était épaté par cette soirée et l’ambiance qui s’en dégageait, conscient que même dans des Provinces aux effectifs nettement supérieurs à ceux de la Province de Paris, on ne réussissait pas à réunir autant de Frères pour une St- Jean.

Mais, la soirée n’était pas terminée.

Il ne faut pas oublier qu’elle était placée sous le signe de la Lumière et des feux de la St-Jean.

Et Bertrand de L. a eu là aussi une superbe idée pour ceux-ci : au lieu du traditionnel bûcher interdit en Vallée de Chevreuse, il a remplacé celui-ci par un feu…d’artifice ! (Étrangeté de l’administration française : feu non. Feu d’artifice oui).

C’est donc en apothéose que la soirée s’est achevée - dans sa partie officielle -  par un déchaînement de feux et de lumières, qui a comblé les Fils de la Lumière que sont les Francs-Maçons.

Voici quelques photos qui donneront une idée – très limitée – de la magnificence de ces feux :

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Photo: Tous droits réservés).

(Avec l'aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti  - Photo: Tous droits réservés).

(Avec l'aimable autorisation de Yonnel Ghernaouti - Photo: Tous droits réservés).

Beaucoup en regardant ce déchaînement de lumières, pensaient : « Igne Natura Renovatur Integra » **….

Après une Saint-Jean aussi réussie, avec un tel retentissement dans toute l’obédience, je ne serais pas surpris si l’année prochaine, d’autres Provinces parisiennes, à l’image de la Province de Paris restaurent la Tradition des St-Jean provinciales.

Alors qu’au moment de devoir nous quitter en cette fin de soirée , me présentant de mon prénom « Emmanuel » il me fut répondu « Pax Vobis », c’est ce que je souhaite à mon tour à tous mes lecteurs !

 

*NDLR : Vous n’avez vu ici que quelques photos parmi des centaines que vous pourrez visionner sur Régius. Pardon à tous les Frères qui ne se retrouvent pas sur ce mini-reportage, ils sont bien trop nombreux pour que je puisse les faire tous figurer…

** : « La nature est renouvelée entièrement par le feu ».

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Published by Emmanuel S.19864 - Fidèle d'Amour
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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 09:37
(Sarah Halimi zal - Photo: jforum)

(Sarah Halimi zal - Photo: jforum)

Il y a deux ans, dans ces mêmes colonnes, je dénonçais, dans le but d’éveiller les consciences, au moins celles de mes lecteurs Franc-maçon ou non, le massacre des chrétiens d’orient, qui s’accomplit dans le silence complice de l’occident et du Vatican qui semblent terrorisés par les nazislamistes.

Malheureusement, les choses n’ont pas changé d’un pouce, ajoutant à la culpabilité des nations chrétiennes qui laissent massacrer leurs frères sans accourir à leur secours, plus occupées à dénoncer la construction d’immeubles par des juifs en Judée ou en Samarie…

Or, au-delà de ces évènements qui se déroulent à quelques milliers de kilomètres de la métropole, il se trouve que les mêmes horreurs se déroulent à Paris, la capitale de la France, alors que les autorités et la presse se sont une fois de plus donné le mot pour ne pas nommer les choses, et surtout faire en sorte que l’on ne sache pas !

 

Plusieurs écrivains ont déjà tenté d’attirer l’attention, en vain.

Le 25 mai dernier, Alexandra Laignel-Lavastine Docteur en philosophie, historienne des idées, essayiste, longtemps critique au Monde, auteur de La pensée égarée, Islamisme, populisme, antisémitisme : essai sur les penchants suicidaires de l'Europe (Grasset, 2015) et qui vient de publier Pour quoi serions-nous encore prêts à mourir ? (Éditions du Cerf, 2017) a publié dans « Atlantico » une lettre ouverte au Ministre de l’intérieur, Monsieur Gérard Collomb dont je vous propose de prendre connaissance, et d’intérioriser :

 

LETTRE OUVERTE A GERARD COLLOMB : D’ILAN A SARAH HALIMI, LA FRANCE INDIGNE

 

"Dix ans plus tard, nous en sommes donc au même point. D’un Halimi à l’autre, d’Ilan à Sarah, nous sommes même devant un cas d’école auquel ceux qui scrutent l’inconscient collectif et ses pathologies seraient bien inspirés de s’intéresser."


Monsieur le ministre,

Une femme juive, médecin, surprise dans son sommeil, est atrocement torturée pendant plus d’une heure. Elle a 65 ans et elle vit dans un modeste immeuble du XIe arrondissement de Paris, rue Vaucouleurs. Le meurtrier, qui s’introduit chez elle par le balcon, s’acharne avec une violence inouïe sur sa victime, provoquant une vingtaine de fractures au corps et au visage, avant de la défenestrer, agonisante, du troisième étage.

 

Pendant ce temps, la police (aussitôt prévenue) est sur le palier. Les trois hommes armés n’interviennent pas.

 

Les voisins (plusieurs dizaines de personnes) entendent ses hurlements. Ils ne bronchent pas.

 

Les médias nationaux sont alertés. Ils n’enquêtent pas et passent le meurtre sous silence.

Elle s’appelait Sarah… Sarah Halimi.

 

Cette scène épouvantable ne s’est pas déroulée en 1942, avant ou après la Rafle du Veld’hiv, mais… dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 aux cris de « Allah Akbar », dans un minuscule HLM situé à quelques encablures du Bataclan. Une marche blanche à sa mémoire sera organisée le dimanche d’après à Belleville.

 

Elle s’est heurtée à des « Mort aux Juifs ! » de la part de jeunes des cités avoisinantes, certain ajoutant : « On a nos kalach ! ».

Dans la foulée, le procureur de Paris, François Molins, s’est empressé d’expliquer qu’il fallait attendre le résultat de l’enquête avant de se prononcer sur la nature du crime.

 

Sait-on jamais : une femme juive âgée sauvagement massacrée par un vigoureux islamiste de 27 ans au lourd passé de délinquant (condamnations multiples pour trafic de drogue et violences) pourrait bien relever d’une simple querelle de voisinage…

 

D’autant que le criminel, Kada Taoré, d’origine malienne, la traitait régulièrement de « sale juive », si bien qu’elle avait confié à son entourage la crainte qu’il lui inspirait.

« Nous sommes en guerre », annonçait Manuel Valls le 13 janvier 2015, « pour que les musulmans n’aient plus honte et pour que les Juifs n’aient plus peur ». Remarquable bilan.

 

Vous venez donc, Monsieur le ministre, de prendre vos fonctions dans un pays où il est redevenu possible d’assassiner des Juifs sans que nos compatriotes ne s’en émeuvent outre mesure. À cet égard, vos prédécesseurs, de droite comme de gauche, ont eux aussi préféré ne pas regarder plus loin que le bout du balai avec lequel ils enfouissaient la poussière sous le tapis.

Aucun n’a été la hauteur. Le serez-vous ?

 

Ce dimanche 21 mai, sur la chaîne de télévision i24News, le frère de Sarah Halimi déclarait avec une extraordinaire dignité : « J’ai attendu sept semaines avant de m’exprimer. Le silence de mort qui continue d’entourer l’assassinat de ma sœur est insupportable ».

 

Un fait divers ? Même pas. Dans l’atmosphère déliquescente qui règne au pays de Dieudonné, pour qui « les Juifs sont des chiens » (on se tord de rire), il faut croire qu’un chien écrasé mérite effectivement plus d’attention qu’une Juive assassinée.

 

En votre âme et conscience, je sais, Monsieur le ministre, que vous partagez ce diagnostic. Je me souviens vous avoir accompagné en Roumanie au début des années 90, peu après la chute du communisme, pour y promouvoir la démocratie, en général assez peu compatible avec l’antisémitisme.

 

À l’époque, nous nous inquiétions ensemble de voir certaines élites d’Europe de l’Est renouer avec leur vieille passion antijuive. Mais voilà que la judéophobie qui fait désormais couler le sang en Europe ne vient plus de l’extrême droite : elle est de facture musulmane.

 

Beaucoup plus embarrassant… Malgré cette mutation, je me prends à espérer que votre fermeté et vos convictions d’alors sauront arracher la France d’aujourd’hui à son somnambulisme.

 

Car comme le remarque l’un des deux avocats de la famille Halimi, Maître William Goldnadel, « le meurtrier aurait été blond aux yeux bleus, toute la France serait descendue dans la rue. Il est islamiste, toute la France rase les murs ».

 

C’est ainsi que de ce crime antisémite, il ne fut pas question pendant la campagne présidentielle. Quant aux journalistes, qu’on a vu autrement plus zélés dans l’ « affaire Théo », tous se sont mis au garde-à-vous — une première ! — devant les appels à la prudence de Monsieur le procureur.

 

Hormis la presse juive, seul un journal texan en a parlé. Or, le rapport de police vient de tomber et les avocats ont tenu une conférence de presse ce lundi 22 mai pour s’étonner de la « chape de plomb » qui pèse sur cette affaire. De fait, l’enquête confirme ce que nous savions déjà sur le calvaire de la malheureuse.

 

En pire. Son bourreau l’a massacré en récitant des sourates du Coran et en la traitant de « Satan » en arabe (l’attaque a été enregistrée par un voisin). Après l’avoir achevée à la barbe des trois policiers de la BAC présents dans l’immeuble dès 4 heures, mais qui attendaient… des renforts, le tueur est repassé chez les voisins par le même balcon et s’est remis à prier.

Les renforts sont arrivés. L’interpellation a eu lieu à 5 heures 35. L’homme n’a pas résisté. Sarah Halimi, elle, gisait, morte, sur le trottoir.

 

Ces faits sont gravissimes. Mais on trouve une fois de plus, contre vents et marées, le moyen de se rassurer à bon compte. Tout comme le massacreur de Nice, le djihadiste de Belleville serait « fou ». Ouf, on respire !

À ce titre, et parce qu’il était un peu « exalté », les policiers ne l’ont pas incarcéré, mais envoyé dans un hôpital psychiatrique où il est toujours soigné au frais du contribuable. Dans ce domaine, on ne lui connaît toutefois aucun antécédent.

 

Vous vous souvenez peut-être, Monsieur le ministre, que ce déni a déjà tué sur le sol français. On comment ne tirer aucune leçon des errements policiers durant la séquestration (23 jours) du jeune Ilan Halimi, kidnappé, martyrisé et assassiné parce que Juif par le Gang des barbares en 2006.

 

Le quai des Orfèvres s’était entêté à suivre la piste, absurde mais moins dérangeante, d’un règlement de compte entre bandes. Le patron de la PJ lui-même n’en démordait pas, y compris après la capture de Youssouf Fofana qui s’était tranquillement enfui en Côte-d’Ivoire (où des agents du Mossad l’arrêteront) : Il n’y a pas et il ne saurait y avoir d’antisémitisme en France !

Pas de chance, la justice retiendra l’antisémitisme comme circonstance aggravante.

 

Dix ans plus tard, nous en sommes donc au même point. D’un Halimi à l’autre, d’Ilan à Sarah, nous sommes même devant un cas d’école auquel ceux qui scrutent l’inconscient collectif et ses pathologies seraient bien inspirés de s’intéresser. Vous aussi, M. le ministre, et de très près.

 

Deux Juifs suppliciés dont la mort aurait pu être évitée avec un brin de jugeote, cela commence à faire beaucoup. Alors oui, c’est insupportable et c’est désormais votre affaire.

 

C’est insupportable pour les Juifs, mais cela devrait l’être plus encore pour les non-Juifs.

Du moins dans une démocratie « normale » et bien portante. Car la recrudescence de l’antisémitisme constitue toujours un baromètre infaillible s’agissant d’évaluer la santé morale d’une société.

 

Or, qu’avons-nous sous les yeux en 2017 ? La haine autorisée et le passage à l’acte décomplexé des uns. La cécité volontaire et l’approbation, silencieuse ou joyeuse, des autres. Et, last but not least, la tragique indifférence du plus grand nombre.

 

Il est vrai que si le bourreau n’avait pas le bon profil, la victime non plus. À cet égard, auriez-vous remarqué, M. le ministre, l’étrange phénomène que voici ? Aussi longtemps que nos barbares de fabrication locale ne tuaient que des Juifs — Ilan Halimi en 2006, les enfants de Toulouse en 2012, un couple au Musée juif de Bruxelles en mai 2014, des gens faisant leurs courses Porte de Vincennes en janvier 2015, la réplique de Copenhague juste après et déjà oubliée, ce n’était pas bien grave.

 

Ils devaient quand même être un peu « coupables » puisque cela fait deux mille ans qu’on le dit. Dans le lot, il y avait certes quelques soldats « arabes » et autres journalistes « islamophobes » qui l’avaient peut-être un peu cherché. On n’allait pas en faire une histoire.

 

Mais au Bataclan, des « Français innocents », pour reprendre le lapsus de Raymond Barre après l’attentat antisémite de la rue Copernic en 1980, c’était inacceptable ! Ce refrain, sans que ceux qui l’entonnent pensent nécessairement à mal, nous y avons eu droit sur tous les tons au lendemain du 13 novembre : « Mais pourquoi nous ? Pourquoi la France ? Pourquoi des innocents ? »

Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin au beau milieu du sanglant été 2016 ?

Le 31 juillet, une tribune signée par une centaine de personnalités musulmanes procédait ainsi à une soustraction bizarre. Elles réclamaient une réorganisation de l’islam de France « après l’assassinat de caricaturistes, après l’assassinat de jeunes écoutant de la musique, après l’assassinat d’un couple de policiers, après l’assassinat d’enfants, de femmes assistant à la célébration de la fête nationale, aujourd’hui l’assassinat d’un prêtre célébrant la messe ».

Cherchez l’erreur… Tous les attentats récents étaient énumérés, sauf ceux ayant visé des Juifs, collectivement massacrés ou individuellement poignardés et blessés. Sans doute par distraction.

Des réactions outrées ? Si peu…

 

Que comptez-vous faire, Monsieur le ministre, pour secouer cette terrifiante apathie ? Il ne suffira pas, cette fois, de briser les avertisseurs d’incendie, forcément « néo-réactionnaires », pour que le feu s’éteigne de lui-même. Un tour de passe-passe où nos bien-pensants de service s’illustrent depuis 2002.

 

À moins que vous ne choisissiez d’avoir tort avec les djihadistes plutôt que d’avoir raison avec les réalistes ? On ne s’en sortira pas non plus à pratiquer la pensée magique et à communier dans ce catéchisme antédiluvien selon lequel le Mal ne saurait en aucun cas surgir du camp du Bien, celui des anciens « damnés de la terre ».

Votre mandat sonnera-t-il, dans ce domaine, la fin de la récréation ?

 

Car vous le savez bien : persister à ne pas appeler un chat un chat, à minimiser (« actes isolés » et « loups solitaires »), à euphémisme (« les enfants perdus du djihad »), à excuser, à banaliser et — en désespoir de cause — à psychiatriser, nous mènera droit dans le mur.

Il se trouve en effet que nos ennemis de l’intérieur ne sont ni fous ni nihilistes. Ils sont islamistes.

 

Et qu’ils haïssent au moins autant la France laïque que les Juifs dans leur ensemble, logés à la même enseigne. Nous comptons sur vous pour le rappeler haut et fort. Et oser nommer clairement l’ennemi pour cesser d’ajouter à la confusion des esprits et au malheur du monde.

Il y faudra un peu de courage car vous ne vous ferez pas que des amis au sein de votre famille politique. Mais cela vaudra toujours mieux que de rester dans l’histoire comme un compagnon de route de ce que Jacques Julliard, l’icône de la Deuxième gauche, appelle « le parti collabo ».

 

Ce parti aux yeux duquel « tout est bon pour suggérer que ces crimes [djihadistes] ne sont pas des crimes, mais des conséquences » (de l’exclusion, du chômage, du racisme). Par où le politiquement correct fait cause commune avec le politiquement abject.

 

On attend de vous, M. le ministre, que vous incarniez le parti de la France réveillée et non plus celui de l’angélisme face à la haine antijuive qui gangrène le cerveau de nombreux jeunes musulmans français — paumés ou radicalisés.

 

L’historien Georges Bensoussan, l’auteur d’Une France soumise (Fayard, 2017), n’a pas dit autre chose au micro d’Alain Finkielkraut sur France-Culture. Ce pourquoi un extravagant procès lui a été intenté cet hiver pour « incitation à la haine raciale », procès dans le cadre duquel le Parquet a réussi l’exploit de requérir contre lui.

 

Brisons le thermomètre pour croire le malade guéri ! C’est dire si vous n’aurez pas la tâche facile dans un contexte où nous avons franchi, depuis « Charlie », un pas supplémentaire dans l’art de se crever les yeux : au refus de voir ce que l’on voit s’est ajouté le refus de savoir ce que l’on sait.

 

Car vous n’ignorez pas ce que montrent depuis trois ans toutes les enquêtes d’opinion, à savoir que les stéréotypes antijuifs sont les plus répandus en France au sein de trois catégories de la population : les sympathisants du Front national, les militants d’extrême gauche et les musulmans (auto-définis comme tels). Et vous en conviendrez, abdiquer de la plus élémentaire lucidité ne saurait faire, en l’espèce, une politique. Car sans problème, point de solutions.

 

Une lourde charge, Monsieur le ministre, pèse sur vos épaules. Il y va de votre honneur. Et de celui de la France.

 

Cette tribune a initialement été publiée par Atlantico, le 25 mai 2017

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Published by Emmanuel S.19864 - Fidèle d'Amour
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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 09:08
(Crédit photos: Tous droits réservés).
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C’est sous le soleil radieux du mois de mai que le Grand Maître Provincial de la Province du Dauphiné-Savoie, Jean-Paul Moachon a emmené un important groupe de Frères, représentant les 4 coins de sa Province, mais aussi les représentants de 11 autres Provinces, dont un autre Grand Maître Provincial actif, Philippe Fontaine, Grand Maître Provincial de la Province d’Aquitaine, (c’était le deuxième voyage avec moi en Israël) ainsi que l’ancien Grand Maître Provincial de Bretagne, Christian Degny, particulièrement actif au sein du groupe des 15 premiers Grands Maîtres Provinciaux à ne plus reconnaitre l’autorité de Monsieur Stifani lors de la crise de la GLNF. Notons aussi qu’un Frère s’était joint à nous, venant de la Grande Loge Suisse Alpina.

 

Habitué à organiser des voyages en Israël pour des loges de la GLNF comme pour différentes Provinces qui m’en font la demande et qui me font surtout confiance (avec plusieurs fois la participation du T.’.R.’.G.’.M.’. Jean-Pierre Servel et de son Député et Grand Chancelier le T.’.R.’.F.’. Jean-Pierre Rollet), le concept est maintenant imité par d’autres dans certaines Provinces, mais aussi dans d’autres obédiences, qui me demandent conseil à cet effet…

 

Cette année, pas moins de soixante personnes s’étaient inscrites, et nous avons dû refuser du monde, car il n’y a pas de bus pouvant contenir plus de passagers.

Tous les ingrédients étaient réunis : la joie de vivre, l’humour, le sentiment de fraternité, l’amitié, la bienveillance, le désir de découvrir les racines à la fois des principales religions monothéistes, les lieux où se situent la mythologie maçonnique.

 

Le groupe s’est constitué à l’Aéroport de Lod - Ben Gourion, certains arrivant de Genève, d’autres de Paris, de Marseille, ou encore de Zürich, avant de rejoindre notre superbe autobus, de luxe, frappé des armes de la GLNF et de la Province du Dauphiné-Savoie.

Notre autobus de luxe - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Notre autobus de luxe - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Aussitôt, nous avons pris la direction du Nord, vers la Galilée, ou nous avons passé quelques nuits dans un très beau Kibboutz :

(Crédit photos: Tous droits réservés).

(Crédit photos: Tous droits réservés).

Après le repas dans le réfectoire du Kibboutz, chacun est allé se coucher en ayant hâte de commencer le lendemain la découverte du pays…

Ce premier jour, coïncidait avec le « Yom Hazikaron » le jour de la commémoration de la mémoire des 23.544 soldats tombés dans les guerres d’Israël pour la défense du pays (Il y a aujourd’hui 9.157 familles endeuillées dans le pays).

A 11 heures, comme pour le Yom Hashoa, le jour de commémoration de l’Holocauste perpétré par les nazis, le pays s’est figé, chacun descendant de sa voiture ou des bus, au moment où les sirènes ont retenti, pour se recueillir durant une minute.

 

Nous nous trouvions à ce moment-là à Beit Shean, ville plusieurs fois millénaire, qui a connu un important développement durant l’occupation romaine, et qui fut détruite par un tremblement de terre, laissant toutefois d’importants vestiges.

Beit Shean - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Beit Shean - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Très impressionnés, les membres de notre délégation ainsi que leurs épouses et compagnes conduits par Youssouf notre chauffeur d’élite arabe de Galilée ont ensuite sillonné l’ensemble du plateau du Golan, découvrant les superbes cultures, mais aussi quelques installations militaires, très discrètes au demeurant.

Nous nous sommes aussi rendu à l’endroit où Israël a des frontières avec trois pays arabes, La Jordanie, la Syrie et le Liban.

Puis, nous nous sommes rendu par un temps assez Mossad à quelques arpents de Kouneytra, la capitale syrienne du Golan, où 48h avant, Tsahal avait détruit quelques positions syriennes jugées menaçantes.

A 200m de Kouneytra la capitale syrienne (au 2ème plan) - .(Crédit photos: Tous droits réservés).

A 200m de Kouneytra la capitale syrienne (au 2ème plan) - .(Crédit photos: Tous droits réservés).

Puis, sur la route du retour, nous nous nous sommes arrêté à Nazareth, visiter la basilique de l’Annonciation:

Basilique de l'Annonciation à Nazareth - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Basilique de l'Annonciation à Nazareth - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Ce même soir, de retour au Kibboutz, commençaient les festivités du soixante-neuvième anniversaire de l’indépendance d’Israël, et nous avons pu participer avec les membres du Kibboutz à la cérémonie qu’ils avaient organisé.

Lever du drapeau à la célébration du 69ème anniversaire de l'Etat d'Israël. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Lever du drapeau à la célébration du 69ème anniversaire de l'Etat d'Israël. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Tous remarquant la transmission faite aux jeunes, ont été éblouis par la ferveur avec laquelle les israéliens ressentaient et célébraient l’évènement, les enfants participant avec pas moins de conviction que leurs aînés.

Plus particulièrement, beaucoup de nos frères et leurs épouses se sont sentis impressionné par l’amour palpable qu’ont les israéliens pour leur peuple et leur pays, sentiment qui, en comparaison, leur semble généralement perdu en France.

Célébration de l'indépendance d'Israël au Kibboutz. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Célébration de l'indépendance d'Israël au Kibboutz. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Puis tout le monde s’est retrouvé à danser les danses folkloriques israéliennes. Et, je vous l’assure certains de notre groupe ont tout de suite trouvé le rythme, et ont dansé sans avoir à rougir !

 

Le jour suivant, était consacré à la visite des lieux saints chrétiens, situés en Galilée.

Dès le matin, nous avons visité l’église du Mont des Béatitudes (construite par l’Italie fasciste en 1938) ou Jésus de Nazareth aurait prononcé le sermon de la montagne.

Eglise des Béatitudes - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Eglise des Béatitudes - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Notre groupe, rassemblé à l’entrée de l’église devenu un peu bruyant (des français, quoi !), une franciscaine italienne le rappela fermement à l’ordre. Heureusement, nous avions un « sédutore italiano » en la personne de notre T.’.V.’.F.’. Luigi Rab., ce qui permit d’apaiser la religieuse…

 

Puis, ce fut la visite de l’église de la multiplication des pains, Tabgha.

Tabgha - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Tabgha - (Crédit photos: Tous droits réservés).

La visite n’aurait pas été complète sans la visite de la synagogue de Capharnaüm, ou Jésus prêchait, et à proximité de laquelle se trouvait la maison de l’apôtre Pierre…

Synagogue de Capharnaüm - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Synagogue de Capharnaüm - (Crédit photos: Tous droits réservés).

En quittant les lieux nous eûmes la chance de voir le défilé aérien se mettre en place pour les célébrations du jour de l’Indépendance. Ce fut une succession d’aéronefs des plus modernes, hélicoptères Apaches, F15, F16, et même, les fameux F35 les seuls à voler sous d’autres couleurs qu’américaines.

Ravitallement en vol H'eyl Haavir - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Ravitallement en vol H'eyl Haavir - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Formation de combat F16 H'eyl Haavir - (Crédit photos: Tous droits réservés)..

Formation de combat F16 H'eyl Haavir - (Crédit photos: Tous droits réservés)..

C’est donc un repas bien mérité que nous avons pu prendre dans un restaurant situé sur les bords du lac de Tibériade (autre lieu où Jésus accomplis des miracles).

Nous avons ainsi troqué les bords du lac Léman contre ceux du lac de Tibériade…

Le lac de Tibériade - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le lac de Tibériade - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Puis, nous avons pu effectuer une croisière sur le lac, sur un bateau où, mais oui, a retenti la Marseillaise, tandis que le drapeau français était hissé par notre G.’.M.’.P.’. Jean-Paul Moachon:

Lever des couleurs françaises sur le lac de Tibériade - (Crédit photos: Tous droits réservés).
Lever des couleurs françaises sur le lac de Tibériade - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Lever des couleurs françaises sur le lac de Tibériade - (Crédit photos: Tous droits réservés).

C’est d’une seule voix, que nous entonnâmes les paroles de la Marseillaise, au garde-à-vous comme il se doit (je voudrais vous y voir sur un bateau !) :

Entonnant la Marseillaise sur le lac de Tibériade - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Entonnant la Marseillaise sur le lac de Tibériade - (Crédit photos: Tous droits réservés).

De même, lorsque les couleurs de l’état hébreu furent hissées et que retentit la «Hatikva », l’hymne national israélien, nous accompagnâmes les notes avec conviction :

Le drapeau frappé de l'étoile de David sur le lac de Tibériade. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le drapeau frappé de l'étoile de David sur le lac de Tibériade. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Par la suite, grisés par le bonheur d’être ensemble, l’ambiance était des plus décontractée à bord :

Danses sur le lac de Tibériade - (Crédit photos: Tous droits réservés).
Danses sur le lac de Tibériade - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Danses sur le lac de Tibériade - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Revenus sur la terre ferme, nous nous sommes rendus à Yardenit lieu de baptême ou quelques-uns d’entre nous ont soit nagés soit demandé à être (re ?) baptisés.

Le Jourdain - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le Jourdain - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le soir, après le dîner, le groupe a écouté une conférence donnée par un membre du Kibboutz sur la vie en communauté dans ce cadre, et a pu poser nombre de questions.

 

Le lendemain matin, toujours sous la conduite du taciturne Youssouf, nous avons quitté ce superbe kibboutz, pour visiter Akko (la Saint-Jean-d’Acre des croisés), ville qui commandée par Jazzer el Pacha a résisté avec succès au siège mis par le général Napoléon Bonaparte.

A notre arrivée, nous avons pu participer à un cocktail donné par une unité de commando d’élite de Tsahal, les Golani, qui nous a généreusement invité.

Puis, nous avons visité les vestiges presque intacts de la cité des croisés :

Akko La citée fortifiée des croisés - (Crédit photos: Tous droits réservés).
Akko La citée fortifiée des croisés - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Akko La citée fortifiée des croisés - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Akko  La cité fortifiée des croisés  (Crédit photos: Tous droits réservés).

Akko La cité fortifiée des croisés (Crédit photos: Tous droits réservés).

Après une visite passionnante, la faim se faisant sentir, nous nous mimes en quête d’un bon restaurant. C’est ainsi que nous avons découvert que notre R.’.F.’. Franck Miq. propriétaire de la Cayenne à Pisan, avait ouvert une succursale à Akko :

Restaurant Akko - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Restaurant Akko - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Quel cachotier ce Franck ! C’est Chichi qui va tenir les lieux ?

 

Après un excellent repas au bord de la mer, nous avons repris la route côtière, vers Césarée, cité romaine, capitale des procurateurs romains, et cité des croisés :

Amphithéâtre romain de Césarée - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Amphithéâtre romain de Césarée - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Poste de garde de la cité croisée - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Poste de garde de la cité croisée - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Il fut alors temps de prendre la route de Tel-Aviv, et de visiter Jaffa, le plus vieux port du monde :

Vue du littoral de Tel-Aviv - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Vue du littoral de Tel-Aviv - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Enfin, après cette visite, nous sommes montés à Jérusalem…

 

Effectivement, dès le lendemain, nous avons visité la maquette reproduisant exactement la ville de Jérusalem à l’époque d’Hérode, jusqu’à sa destruction en 70 de l’ère courante, puis le Musée d’Israël avec le dôme abritant les fameux manuscrits de la mer morte :

Le sanctuaire du Livre au Musée d'Israël - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le sanctuaire du Livre au Musée d'Israël - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Puis nous avons sillonné la vieille ville...et notamment la grotte de Sédécias, qui selon la légende était la carrière d’où étaient extraites les pierres servant à l’édification du Temple de Jérusalem, ce qui fût l'occasion d'une émouvante chaîne d'union.

Chaîne d'Union dans la Grotte de Sédécias - (Crédit photos: Tous droits réservés).
Chaîne d'Union dans la Grotte de Sédécias - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Chaîne d'Union dans la Grotte de Sédécias - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Puis, ce fut le moment tant attendu : celui de la Tenue avec nos Frères israéliens, avec la participation d’une délégation de quelques frères autrichiens, dans une loge de Jérusalem.

Pour faire honneur à notre délégation, les frères israéliens s’étaient donné beaucoup de mal, l’un d’eux (notre Frère Matti ben Avraham d’origine corse), présentant un morceau d’architecture en français, et un autre, le T.’.R.’.F.’. Yaakov Trostler, (le Souverain Grand Commandeur du R.’.E.’.A.’.A.’. passé immédiat) présentant un travail à notre intention en anglais, mais avec sa planche traduite en français, remise à tous.

 

Mais surtout, le T.’.R.’.G.’.M.’. de la Grande Loge de l’Etat d’Israël, le T.’.R.’.F.’. Suliman Salem, avait fait le déplacement de Haïfa spécialement pour nous recevoir et nous honorer, accompagné de son Député Grand Maître, et, par ailleurs, le garant d’amitié de la GLNF auprès de la G.’.L.’. I.’., le R.’.F.’. Jean-Marc David. Notons aussi que le R.’.F.’. Richard Ouk., Grand Trésorier de la Province de Neuilly-Bineau (GLNF) s’était joint à notre délégation pour cette occasion. De même, quelques Frères de la R.’.L.’. La Lumière n°42 à l’Or.’. de Tel-Aviv (jumelée à ma loge, la R.’.L.’. Menorah n°526 à l’Or.’. de Paris) s’étaient joins à l’évènement.

Tenue Ein Hashiloah - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Tenue Ein Hashiloah - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Au cours de cette Tenue mémorable, le T.’.R.’.F.’. Jean-Paul Moachon, Grand Maître Provincial de la Province du Dauphiné-Savoie a remis la médaille d’honneur de sa Province au T.’.R.’.G.’.M.’. de la Grande Loge d’Israël, au T.’.R.’.F.’. Yaakov Trostler, au T.’.V.’.F.’. Matti ben Avraham, ainsi qu’au V.’.M.’. de la R.’.L.’. Ein Hashiloah, le Frère Paul Tur.

Remise de la médaille d'honneur de la Province DS - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Remise de la médaille d'honneur de la Province DS - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Après cette belle Tenue à la fois emprute de sollenité et d’émotions, nous nous sommes retrouvés pour une superbe soirée des dames dans un hôtel yérosolomitain.

 

Le Grand Maître israélien, le T.’.R.’.F.’. Suliman Salem, fit une intervention très chaleureuse pour souhaiter la bienvenue en Israël à notre délégation, notant le que nombre particulièrement important de ses membres, ainsi que la qualité des Frères qui la composent sont à l’image des relations particulièrement étroites entre la GLNF et la GLI.

Le Grand Maitre de la Grande Loge d'Israël, le T.'.R.'.F.'. Suliman Salem - (Crédit photos: Tous droits réservés)..

Le Grand Maitre de la Grande Loge d'Israël, le T.'.R.'.F.'. Suliman Salem - (Crédit photos: Tous droits réservés)..

De même, le Maître des Cérémonies de cette soirée, le T.’.Ill’.F.’. Yaakov Trostler, qui a travaillé très dur pour son organisation, fit un petit discours dont chaque mot était signifiant pour dire l’affection qui est portée aux frères français :

Le T.'.Ill.'.F.'. Yaakov Trostler Souverain Grand Commandeur passé immédiat du Suprême Conseil du R.'.E.'.A.'.A.'. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le T.'.Ill.'.F.'. Yaakov Trostler Souverain Grand Commandeur passé immédiat du Suprême Conseil du R.'.E.'.A.'.A.'. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Cela a été l’occasion, pour le jeune V.’.M.’. de la R.'.L.’. Ein Hashiloah – Ari n° 26, Paul Tur. de remettre au T.’.R.’.G.’.M.’.P.’. de la Province du Dauphiné-Savoie le T.’.R.’.F.’. Jean-Paul Moachon visiblement ému, les trois roses symboliques,

Le T.'.R.'.G.'.M.'.P.'. Jean-Paul Moachon - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le T.'.R.'.G.'.M.'.P.'. Jean-Paul Moachon - (Crédit photos: Tous droits réservés).

ainsi qu’au T.’.R.’.G.’.M.’.P.’. d’Aquitaine, le T.’.R.’.F.’. Philippe Fontaine, non moins touché (vous imaginez, lui, pour qu’il prenne un homme dans ses bras !...)

Le T.'.R.'.G.'.M.'.P.'. de la Province d'Aquitaine, le T.'.R.'.F.'. Philippe Fontaine. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le T.'.R.'.G.'.M.'.P.'. de la Province d'Aquitaine, le T.'.R.'.F.'. Philippe Fontaine. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Et enfin, il fut temps de procéder au toast du Tuileur, qui fut dit alternativement en Français par le T.’.R.’.F.’. Philippe Fontaine, G.’.M.’.P.’. de la Province d’Aquitaine, et en anglais par le F.’. J.William Tav. des R.’.L.’. Masonry Universal n°40 et St Georges n° 85 à l’Or.’. de Genève, Grande Loge Suisse Alpina

Le T.'.R.'.F.'. Philippe Fontaine et notre B.'.A.'.F.'. William Tav. disent le Toast du Tuileur. (Crédit photos: Tous droits réservés).
Le T.'.R.'.F.'. Philippe Fontaine et notre B.'.A.'.F.'. William Tav. disent le Toast du Tuileur. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le T.'.R.'.F.'. Philippe Fontaine et notre B.'.A.'.F.'. William Tav. disent le Toast du Tuileur. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Bien entendu, à Jérusalem, les principaux lieux saints furent aussi visités, du Tombeau du Roi David, père du Roi Salomon,

Tombeau du Roi David. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Tombeau du Roi David. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Jusqu’au Mur Occidental (dit Mur des Lamentations):

Le Kotel Hamaaravi, le Mur Occidental. - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le Kotel Hamaaravi, le Mur Occidental. - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Et en passant par la Mosquée d’Omar, située sur le Mont du Temple :

La Mosquée d'Omar, sur le Mont du Temple. (Crédit photos: Tous droits réservés).

La Mosquée d'Omar, sur le Mont du Temple. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Mais le moment sans doute le plus poignant pour tout le groupe de Frères et leurs épouses, fut sans doute vécu à Yad Vashem, au mémorial commémorant la Shoa, lorsque le T.’.R.’.G.’.M.’.P.’. Jean-Paul Moachon déposa, au nom des Frères de la Province du Dauphiné- Savoie, une gerbe de fleurs à la mémoire des victimes de la barbarie nazie, et particulièrement ceux assassinés dans les camps d’extermination :

Gerbe au nom de la Province DS à Yad Vashem. (Crédit photos: Tous droits réservés)..
Gerbe au nom de la Province DS à Yad Vashem. (Crédit photos: Tous droits réservés)..

Gerbe au nom de la Province DS à Yad Vashem. (Crédit photos: Tous droits réservés)..

Nous avons eu aussi l’occasion de découvrir le reste de la vieille ville de Jérusalem, notamment les lieux saints chrétiens. Une vue magnifique, prise du Mont des Oliviers, par notre frère William Tav. illustre particulièrement bien la beauté de Jérusalem :

Jérusalem, vue du Mont des Oliviers. (Crédit Photos: Tous droits réservés)

Jérusalem, vue du Mont des Oliviers. (Crédit Photos: Tous droits réservés)

Nous avons aussi pu visiter l’Institut du Temple, où son directeur, dans un français parfait (un ancien strasbourgeois) nous a donné des explications sur la signification spirituelle du Temple de Jérusalem, sur son utilité et aussi sur son fonctionnement, allant jusqu’à détailler chacun des ustensiles qui servait au service des prêtres.

 

Au sortir, et après avoir déjà fait des visites au 4 coins de la ville, certains d’entre nous se sont scandalisé en pensant que la France avait voté une résolution de l’UNESCO, cet organe de l’O.N.U. devenu lui aussi révisionniste, niant tout lien du judaïsme avec ses lieux les plus saints (Mur Occidental, Mont du Temple) mais aussi accessoirement tout lien de la chrétienté avec la sainteté de Jérusalem… (Pour ceux que le sujet intéresse : https://vimeo.com/217720890 )

 

Israël dispose aussi d’autres atours, notamment le charme de sa police, qui font que certains parmi nous ont semblé hésiter à retourner en France, et ont même envisagé de s’y engager :

Pilou en pince pour la police!...(Crédit Photos: Tous droits réservés).

Pilou en pince pour la police!...(Crédit Photos: Tous droits réservés).

Puis, nous avons partagé le Shabbat, la centralité du judaïsme… Un moment intense lui aussi ou chacun a pu poser des questions…et reçevoir des réponses.

L’un des plus grand cantor contemporain menant la liturgie, le groupe a pu entendre les prières du Shabbat dans le salon de l’hôtel telles qu’elles se disaient dans les « Shtetles » hassidiques de Pologne au siècles derniers :

Hassidim - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Hassidim - (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le samedi, la plupart des participants à notre voyage se rendirent à Bethlehem, pour visiter l’église de la nativité…Leurs commentaires étaient des plus mitigés, et beaucoup ont été choqué de la manière dont ils ont été traités par les policiers de l’autorité palestinienne.

 

Le lendemain, le dimanche, dix d’entre nous repartirent en France et en Suisse, les 50 restants prenant le chemin du désert de Judée, en commençant par Qumran, la cité des esséniens, près de laquelle furent découverts les manuscrits de la mer morte.

Mikvé, Bain rituel à Qumran (Crédit photos: Tous droits réservés).

Mikvé, Bain rituel à Qumran (Crédit photos: Tous droits réservés).

Puis nous sommes montés à Massada, la forteresse qui résista un an face à la Xème Légion Romaine, la fameuse Fretensis. Lorsque sa chute devint inévitable, les défenseurs préférèrent mourir par un suicide plutôt que de tomber en esclavage et voir leurs femmes violées. Aujourd’hui encore, le symbole reste très fort auprès des juifs du monde entier.

Vue sur Massada. (Crédit photos: Tous droits réservés)

Vue sur Massada. (Crédit photos: Tous droits réservés)

Vestige du principal camp romain, celui du légat Lucius Flavius Silva, Général commandant les troupes de Judée. (Crédit photos: Tous droits rés

Vestige du principal camp romain, celui du légat Lucius Flavius Silva, Général commandant les troupes de Judée. (Crédit photos: Tous droits rés

Puis, nous sommes allés déjeuner à Sodome, avant que chacun passe quelques heures au soleil, et prenne un bain dans la mer morte…

La mer morte. (Crédit photos: Tous droits réservés).

La mer morte. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Vint le moment qui promettait d’être un autre point fort de ce voyage, le passage en Jordanie :

Poste frontière jordanien. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Poste frontière jordanien. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Celui-ci fut moins sympathique que prévu, et on sentit immédiatement le changement d’ambiance. En effet si les formalités de sécurité à subir sont normales dans un pays qui a une frontière avec l’Irak et une autre avec la Syrie, nous avons pourtant été heurtés par le fait que les fouilles de quelques Frères aient amené les policiers jordaniens à vouloir confisquer le tablier et la chaîne d’un Grand Maître Provincial, au prétexte qu’il importait de l’or dans le pays…Il a donc fallu les convaincre que ce n’était pas de l’or, et après longues palabres, cela a prévalu. Ouf !

Pourtant, les policiers jordaniens n’ont pas voulu en démordre, et ils ont tout de même confisqué la kippa que ce G.’.M.’.P.’. avait acheté en Israël !

De même, à un autre frère pourtant non juif, ils ont confisqué un châle de prière juive, une bible en français, et une autre en hébreu, tout cela acheté par lui en Israël. Si les gabelous jordaniens ont finalement consenti à rendre la Bible en français, ils ont confisqué le reste. Conclusion, pas de trace de judaïsme ne doit être introduite en Jordanie !

Ambiance !

Enfin, nous avons été autorisés à rentrer dans le pays, et à pénétrer avec nos guides en Jordanie !

Nos guides…folkloriques, au français plus qu’approximatif, mais cherchant constamment à avoir notre accord après chacune de leurs explication…d’accord ?

Un autre choc : hébergé dans un 5 étoiles de la chaîne suisse Moëvenpick, au repas, les boissons été proposées par les serveurs de la manière suivante : la bouteille de 1,5 litre d’eau locale à 5€, les bières à 11 € ! Jusqu’à ce qu’un frère dise qu’il n’avait plus d’argent liquide sur lui, et qu’il voulait mettre la consommation sur le compte de la chambre, et qu’il réglerait à la réception…là, la bière ne coutait plus que 5€ !!! Symptomatique de l’esprit qui nous a accompagné tout au long de notre périple jordanien.

Par contre, nous avons été éblouis par la beauté du désert jordanien, dès le lever :

Monts de Moab, Jordanie. (Crédit photos: Tous droits réservés).
Monts de Moab, Jordanie. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Monts de Moab, Jordanie. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Arrivé au site archéologique de Petra, nous avons eu confirmation de la manière dont beaucoup d'autochtones peuvent traiter les touristes :

Entrée du site de Petra. (Crédit Photos: Tous droits réservés).

Entrée du site de Petra. (Crédit Photos: Tous droits réservés).

Mais là aussi, nous avons été épatés par la beauté et la majesté des lieux :

Petra (Crédit photos: Tous droits réservés).

Petra (Crédit photos: Tous droits réservés).

Si certains avaient peur d’un attentat possible, ils ont immédiatement été rassuré : la garde nabatéenne veillait sur l’entrée de la passe :

Garde à l'entrée de la passe de Petra. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Garde à l'entrée de la passe de Petra. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Nous nous engageâmes dans celle-ci…

La passe de Petra. (Crédit photos: Tous droits réservés).

La passe de Petra. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Continuant notre progression…

La passe de Petra (Crédit photos: Tous droits réservés).

La passe de Petra (Crédit photos: Tous droits réservés).

Jusque…Le trésor !!! La septième merveille du monde!

Petra, la septième merveille du monde. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Petra, la septième merveille du monde. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Soumis à la garde nonchalante de la Légion Jordanienne, prête comme on le voit à faire face à tous dangers, nous avons continué notre progression.

Soldats de la Légion arabe jordanienne. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Soldats de la Légion arabe jordanienne. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Site de Petra. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Site de Petra. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Toujours rassurés par la protection de la garde montée à cheval prête à parer à tout danger terroriste :

Police montée jordanienne. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Police montée jordanienne. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Sur l’un des sites, un commerçant jordanien prospère, en plein travail :

Commerçant jordanien. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Commerçant jordanien. (Crédit photos: Tous droits réservés).

C’est sûr, en Jordanie, les RTT, ils ne connaissent pas…

Les muletiers non plus.... (Crédit photos: tous droits réservés).

Les muletiers non plus.... (Crédit photos: tous droits réservés).

A couper le souffle....(Crédit photos: Tous droits réservés).

A couper le souffle....(Crédit photos: Tous droits réservés).

Temple Petra. (Crédit photos: Tous dtoits réservés).

Temple Petra. (Crédit photos: Tous dtoits réservés).

Temple Petra. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Temple Petra. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Au retour, certains d’entre nous décidèrent de rentrer à dos d’âne…en criant « Allez du lac, avance » !!!

Les bretons à dos d'ânes. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Les bretons à dos d'ânes. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Manifestement, les commerçants sur le site, sont épuisés par le travail (où les effets de la loi El Khomry):

Commerçant bédoin. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Commerçant bédoin. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Coucher de soleil à Petra dans le Wadi Moussa:

Coucher de soleil sur le wadi Moussa. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Coucher de soleil sur le wadi Moussa. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Notre dernier jour en Jordanie était consacré à une randonnée au travers du Wadi Rum, lieu où le fameux Lawrence d’Arabie établit ses quartiers afin de mener ses opérations dans le cadre de la révolte arabe qu’il suscita contre les ottomans…

 

Avant cela, sur la route nos guides nous amenèrent dans un magasin pour touristes, ou nos frères, firent quelques emplettes, et où certains se laissèrent quelque peu aller :

Un officIer de la Province Dauphiné-Savoie (Crédit photos: Tous droits réservés).

Un officIer de la Province Dauphiné-Savoie (Crédit photos: Tous droits réservés).

La classe…Ne ferait-il pas un excellent Grand Directeur des Cérémonies ?

 

Enfin, nous sommes arrivés…

Wadi Rum (Crédit photos:Tous droits réservés).

Wadi Rum (Crédit photos:Tous droits réservés).

C’est en 4x4 que nous avons traversé une portion du désert :

Wadi Rum en 4x4. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Wadi Rum en 4x4. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Traversant des endroits époustouflants de beauté:

Wadi Rum (Crédit photos: Tous droits réservé).

Wadi Rum (Crédit photos: Tous droits réservé).

Croisant parfois quelques autochtones :

Dromadaires dans le désert.(Crédit photos: Tous droits réservés).

Dromadaires dans le désert.(Crédit photos: Tous droits réservés).

Ou des moins autochtones :

Un officier de la Province de Paris. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Un officier de la Province de Paris. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le même, en quête de Myosotis. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le même, en quête de Myosotis. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Traversant des canyons :

Canyon au Wadi Rum. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Canyon au Wadi Rum. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Pour arriver chez de sympathiques bédoins, qui nous offrent le thé….

Thé chez les bédouins. (Crédit photos: Tous droits réservés).
Thé chez les bédouins. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Thé chez les bédouins. (Crédit photos: Tous droits réservés).

C’est sous la tente de ces bédouins, qui n’est pas sans rappeler celle d’Avraham mon père, que j’ai surpris ce moment de fraternité entre l’ancien Grand Maitre Provincial de la Province de Bretagne, le T.’.R.’.F.’. Christian Degny et l’un des Officiers actuels, le R.’.F.’. Olivier Leq., symbole d’une Province qui a tourné la page des vieille brouilles : Que la paix soit dans les cœurs !

 

Les bretons sous la tente de la paix. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Les bretons sous la tente de la paix. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Il était temps alors de repartir en direction de la frontière israélienne. En passant, un Mirage (ou peut-être était-ce un Mystère) nous fit voir le train transportant une unité turque, que Lawrence d’Arabie prit d’assaut avec ses cavaliers arabes :

Le train fantôme. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le train fantôme. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Pour regagner Israël, il nous fallut traverser la ville jordanienne d’Aqaba :

La ville d'Aqaba. (Crédit photos: Tous droits réservés).

La ville d'Aqaba. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Enfin le poste frontière :

Le poste frontière jordanien. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Le poste frontière jordanien. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Incontournable, Sa Majesté Abdallah II nous raccompagne (avec une groupie) :

S.M. le roi Abdallah de Jordanie. ((Crédit photos: Tous droits réservés).

S.M. le roi Abdallah de Jordanie. ((Crédit photos: Tous droits réservés).

Revenus en Israël, nous nous sommes installés exactement en face, à Eilat dans un magnifique hôtel en bord de mer :

La baie d'Eilat, vue de l'hôtel. (Crédit photos: Tous droits réservés).

La baie d'Eilat, vue de l'hôtel. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Après un copieux petit-déjeuner (trois immenses buffets), nous avons repris la route du désert, pour rejoindre Tel-Aviv.

Un premier arrêt à Timna, dans les fameuses mines dites du Roi Salomon :

Timna. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Timna. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Puis un arrêt dans le Kibboutz de Sde Boker en plein désert du Neguev, pour rendre hommage à David ben Gourion, l’un des pères fondateurs d’Israël enterré à cet endroit, à côté de son épouse. Cet endroit, illustre parfaitement la prophétie « Et ils feront fleurir le désert… » :

Sde Boker, Bouquetins. (Crédit photos: Tous droits réservés).
Sde Boker, Bouquetins. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Sde Boker, Bouquetins. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Sde Boker, Tombe de David ben Gourion (Crédit photos: Tous droits réservés).
Sde Boker, Tombe de David ben Gourion (Crédit photos: Tous droits réservés).

Sde Boker, Tombe de David ben Gourion (Crédit photos: Tous droits réservés).

Sde Boker (Crédit photos: Tous droits réservés).

Sde Boker (Crédit photos: Tous droits réservés).

Traversant le Néguev, a différentes reprises, nous vîmes encore de nos yeux la réalisation moderne de cette prophétie plusieurs fois millénaire :

"Et ils feront fleurir le désert...." (Crédit photos: Tous droits réservés).

"Et ils feront fleurir le désert...." (Crédit photos: Tous droits réservés).

Et même des vignes en plein désert, ou le miracle israélien :

Les vignes du désert. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Les vignes du désert. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Puis nous assistâmes à un exercice de chars :

Exercice de chars. (Crédit photos: Tous droits réservés).
Exercice de chars. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Exercice de chars. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Exercice de chars. (Crédit photos: Tous droits réservés).
Exercice de chars. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Exercice de chars. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Exercice de chars. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Exercice de chars. (Crédit photos: Tous droits réservés).

Avec un Merkava qui vint nous « renifler » :

Merkava en mouv(Crédit photos: Tous droits réservés).

Merkava en mouv(Crédit photos: Tous droits réservés).

Voici qui laissera à tous des souvenirs mais aussi des émotions inoubliables…

Les uns et les autres ont découvert un pays qui souvent leur a fait vaincre leurs a priori, et découvrir le gouffre qu’il y a entre la présentation qui en est faite par les médias et la réalité telle qu’ils ont pu la constater de visu…et de touchu !

 

Tous ont pu avoir une compréhension profonde de la réalité d’Israël grâce à la considérable érudition de Richard, notre guide d’élite, qui est un élément indispensable à la réussite de notre voyage, comme à l’habitude.

Richard, maintenant mon vieux complice, mérite qu’on lui rende un hommage sincère.

Richard (Crédit photos: Tous droits réservés).

Richard (Crédit photos: Tous droits réservés).

Bien-sûr, bien sûr, il est un peu bolchevique sur les bords, 😜 mais nul n’est parfait, et l’archéologie est très prisée ici!

Plaisanterie mise à part, Richard est sans doute le meilleur guide du pays, et sa bonté comme sa gentillesse, mais aussi sa sincérité, lui donnent droit d’avoir toutes les opinions politiques possibles…sauf celles lui permettant de manger n’importe quoi du côté des homards !

 

Je ne peux publier ici tous les mots que j’ai reçu des Frères après leur retour, aussi je laisse le mot de la fin à un seul de nos frères qui m’a envoyé le commentaire suivant, qui résume bien le miracle israélien et ses réalisations si nombreuses en 69 années d’existence :

 

« Tout d’abord un grand MERCI pour ces photos magnifiques de notre séjour dans ce beau pays. Une grande surprise pour moi tu as fait aimer Israël a M... -C….. qui s’imaginait ne voir que des monuments et des pierres .

Mais ce beau pays a une Âme et des Croyances. Que l’on ressent partout où l’on se trouve et son peuple est incomparable a d’autres car on sent la présence de D-ieu qui les aide dans leurs tâches si complexes et nous avons envie de nous unir à eux. Pour moi c’est mon deuxième séjour mais il y en aura d’autres.

Quant à toi Emmanuel j’ai été heureux de faire ta connaissance en tant qu’Homme et Frère. On te remercie pour ta gentillesse, ta serviabilité et ta Culture sur ton pays et toujours avec une petite pointe d’humour quand il le fallait.

Connaître des personnages comme toi ne peut que nous faire progresser et grandir. Encore un grand MERCI car les mots ne suffisent pas pour t’exprimer notre joie d’avoir partagé avec toi ce séjour.

Au plaisir de se retrouver dans une TENUE.

Fraternellement BBB » …

 

Et vive la Franc-Maçonnerie !

 

 

*Merci à tous ceux, professionnels ou non qui m'ont confiés leurs photos pour aider à la réalisation de cet article.

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 14:33
LA R.’.L.’. SAINT-LEGER ORGANISE UNE OPERATION AU PROFIT DE LA FONDATION GLNF : REUNIR DES FONDS POUR L’ACHAT DE CHIENS D’AVEUGLES.

Le Grand Maître de GLNF Jean-Pierre Servel, dès sa première installation avait promis de s’impliquer dans l’œuvre de la Fondation de la GLNF « afin de lui rendre sa vocation ».

Et en effet, outre les importantes actions développées par ses dirigeants, il avait activement participé à une action visant à collecter des sommes d’argent permettant d’offrir des chiens d’aveugles pour des enfants non-voyants.

 

Le projet a aussi séduit notre T.’.R.’.G.’.M.’.P.’. Jean-Paul Moachon, qui a décidé de le relayer au sein de la Province du Dauphiné-Savoie.

 

Ainsi, une première étape aura lieu le samedi 10 juin 2017 avec l’organisation par la R.’.L.’.Saint-Léger d’une grande manifestation caritative au profit de la Fondation GLNF.

 

Cette journée aura pour but de participer à l'achat d'un chien guide d'aveugle, souhaité par notre Grand Maître Provincial Jean-Paul MOACHON.

 

Ceux qui ne pourront se rendre à cette manifestation, pouvent participer à la collecte des fonds en envoyant un chèque au V.’.M.’. de la R.’.L.’. Saint-Léger dont ils peuvent obtenir les coordonnées par le biais du blog Myosotis Dauphiné-Savoie, libellé à l'ordre de FONDATION GLNF, qui vous renverra un justificatif fiscal pour déduire jusqu'à 60% de votre don.!

 

La manifestation commencera à 10h 45 par la prestation d'une chorale interprétant des chants des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle.

Le concert se déroulera dans l'église du XIIème siècle de Saint-Hymetière (Jura 39240)

 

La suite de la journée se déroulera dans notre salle habituelle d'Oyonnax.

 

Au programme, barbecue géant, et tombola avec de nombreux et magnifiques lots à gagner. Parmi ceux-ci, un téléviseur écran plat, un salon de jardin...

 

Le triangle est fixé à 30€ par personne.

 

Soyons nombreux à participer à cet évènement, grand moment de partage et de solidarité.

 

Inscrivez-vous par le biais du Myosotis du Dauphiné-Savoie, qui transmettra.

 

A la suite de cette première étape, une seconde suivra en février 2018, avec une ampleur considérable.

 

 

* http://fondationglnf.com/

 

** La fondation de la GLNF est reconnue d’Utilité Publique. Votre don vous donne droit à un reçu fiscal permettant de déduire de ses impôts : 66% de la somme donnée sur l’I.R., 60% sur l’I.S., 75% sur l’ISF.

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 11:56

Nous avons le très grand plaisir de transmettre, à l'attention des FF:. de la GLNF en général et de ton atelier en particulier, une invitation à une conférence fermée qui se tiendra au Temple Ruchonnet, (Petit-Beaulieu 1, à Lausanne). Cette conférence est organisée par les loges de saint Jean travaillant A:.L:.G:.A:.D:.L'U:., à l'orient de Lausanne et sous les auspices de la GLSA, sous les signes distinctifs Eôs et Liberté. Nous accueillerons

 

Madame Edith Favoreu, Coordonnatrice de GNH Switzerland / Bonheur National Brut Suisse - Directrice adjointe, enseignante-chercheuse au CERAH (Université de Genève)

 

Le Progrès au XXIème siècle : un paradigme de développement

 

Sous ce titre, Mme Favoreu explorera avec nous les dimensions intellectuelle, spirituelle, morale et matérielle - les outils, aptitudes, pratiques et réalisations du Bonheur National Brut (Gross National Happiness - GNH).

 

En pièces jointes: l'invitation, une note de lecture (15mn de lecture facile pour appréhender le sujet) et une brève biographie de l'orateure.

 

Nous nous en remettons à toi pour communiquer cette invitation aux FF.. de ton atelier et de ton Obédience si et comme tu le jugeras à propos.

 

Nous nous réjouissons de vous accueillir en nombre dans notre temple et vous serons reconnaissants de vous annoncer sur par le biais de la touche contact du Myosotis du Dauphiné-Savoie pour la conférence et ici [ http://doodle.com/poll/f6rmebz6tudqka6z ] pour l'agape.

 

Avec les très fraternelles salutations des FF:. SecSec:. des RR:.LL:. Liberté et Eôs, à l'Or:. de Lausanne

 

CONFERENCE DE MADAME EDITH FAVOREU : LE PROGRES AU XXIEME SIECLE : UN PARADIGME DE DEVELOPPEMENT.
CONFERENCE DE MADAME EDITH FAVOREU : LE PROGRES AU XXIEME SIECLE : UN PARADIGME DE DEVELOPPEMENT.
CONFERENCE DE MADAME EDITH FAVOREU : LE PROGRES AU XXIEME SIECLE : UN PARADIGME DE DEVELOPPEMENT.
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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 06:39
TRIBUNE DE LA MACONNE : FRANC-MACONNERIE, INITIATION ESOTERISME.

Une petite révolution aujourd’hui sur le Myosotis du Dauphiné-Savoie : pour la première fois depuis sa création, il donne la parole à une sœur, oui, vous avez bien lu, à une femme, ces créatures bizarres, que nous comprenons si difficilement, mais qui pourtant, nous sont tellement indispensables (si, si !).

Pas à n’importe quelle sœur. A notre sœur La Maçonne, dont le blog a, depuis sa fondation, acquis une position incontournable au sein de ce que certains appellent la « blogosphère maçonnique ».

Cette situation ne doit rien au hasard. Par ses analyses fouillées, documentées, La Maçonne a prouvé qu’elle peut aborder les sujets (maçonniques) les plus divers de la manière la plus intelligente qui soit, démêlant parfois les fils les plus emmêlés des situations que certains dirigeants compliquent délibérément pour mieux tromper leurs ouailles.

C’est ainsi que, appartenant pourtant au courant de la franc-maçonnerie libérale et féminine, elle a par elle-même compris où étaient les vérités et les mensonges dans la crise compliquée qui a secoué le paysage maçonnique français il y a quelques années, ne se laissant pas impressionner par les insultes et pressions qui fusaient à son encontre au fur et à mesure de ses articles. Au contraire, elle n’en a que plus appuyé ses analyses par des documents à l’authenticité incontestable en guise de preuve, ce qui a plongé quelques dirigeants d’obédience dans l’embarras, leur mensonges et manipulations apparaissant aux yeux de tous. Ceux-ci, au lieu de s’excuser, lui en ont tellement voulu que pour la faire taire, ils sont allés jusqu’à menacer de supprimer le financement d’un symposium ou elle devait prendre la parole.

Les dirigeants de sa propre obédience cédant aux pressions des précédents, sont allés jusqu’à faire en sorte qu’elle soit exclue. L’affaire est portée devant la justice maçonnique de cette obédience, et pourrait aboutir en justice civile, à défaut de décision juste.

Tout cela ne fait que mieux mettre en relief l’action de La Maçonne : de manière intelligente et sensible, elle porte les valeurs humanistes et de justice de la Maçonnerie, elle s’attache à la vérité même quand celle-ci n’est pas la sienne (cf : la GLNF) et fait montre de courage, face aux terribles pressions et campagnes de calomnies dont elle fait régulièrement l’objet.

C’est pour cela que le Myosotis du Dauphiné-Savoie est très fier qu’elle accepte d’intervenir dans ses colonnes.

Bien-sûr, la vision qu’elle développe ci-dessous, est éloignée de celle que mes lecteurs peuvent lire habituellement sur ce blog. Bien-sûr. La Maçonne exprime une vision qui est la conséquence de son vécu au sein d’une maçonnerie libérale. Elle est athée, c’est son droit. Nous avons une autre sensibilité, basée sur notre foi dans le G.’.A.’.D.’.L.’.U.’., et sur la Tradition qui nous est transmise depuis des siècles. Mais il n’est pas inutile de confronter nos approches, car sur bien des points nous nous retrouvons. C’est en tout cas ce que j’éprouve régulièrement devant ses différentes prises de position.

Mais tous, nous pouvons lui être reconnaissants : pour adapter une phrase du Talmud, bénie soit celle qui donne à penser !

 

*

**

 

FRANC-MACONNERIE, INITIATION ET ESOTERISME.

 

Notre frère Fidèle d'Amour m'a offert la possibilité de publier un article sur son blog.

Saluons son courage et son abnégation !

Je pouvais ainsi traiter d'une leçon de féminisme ou, pire encore, faire une étude sur l'athéisme à l'intention des « réguliers ».

Comme je sais très bien le faire sur mon blog « la Maçonne », je vous propose ici un travail que je ne publie pas sur mon blog...

« L'écrit fige la pensée ». C'est ainsi que l'écriture était considérée par les Celtes. Ce qui signifie que ce que j'écris aujourd'hui, je ne le penserais peut-être pas demain – du moins pas en totalité, pas sous cette forme, pas sous cette condition. La pensée évolue.

C'est d'ailleurs, en partie, pour ce motif que je réserve ce genre de travail et de sujet à la loge – car même si le texte est écrit, il est lu et tout autant volatile.

Or, les circonstances ont fait que je suis « une maçonne sans loge » comme, on le sait, l'ont été dans le passé d'autres avant moi. Cet état n'empêche nullement la continuité d'une démarche initiatique. Si une loge pouvait la nourrir, permettant d'éviter un effet d'épuisement, ma démarche est exclusivement de mon fait.

 

Je suis, par ailleurs, convaincue que la franc-maçonnerie possède une base commune qui permet de réunir, d'unir, d'associer, qui font que « nous nous reconnaissons », qui ne sont pas des landmarks, Anderson, un rituel… Il y a « autre chose » qui est impossible à définir. C'est de cela que traite mon article afin de tenter d'en cerner, au moins, les contours.

 

La franc-maçonnerie, un ésotérisme à part entière ?

 

De temps à autre, j'affirme sur mon blog que la franc-maçonnerie est ésotérique, sans jamais l'expliquer. Comme aucun contradicteur ne hurle, je n'ai jamais souhaité présenter ce qui me conduit à cette étonnante (?) conclusion. Pour Pierre A. Riffard, (in L'ésotérisme, éditions Robert Laffont, bouquins), une société ésotérique (ou une pensée ésotérique) se structure par plusieurs éléments :

  • le secret, ce qu'il appelle la discipline de l'arcane, qui consiste à cacher le mystère, d'une part en écartant le profane, et d'autre part en occultant le message,
  • et présente un certain nombre d'invariants , dont je retiendrais :
        • Une opposition entre le profane et l'initié autrement dit le « Sacré »,

        • L’impersonnalité de l'auteur du message, (les rituels ne sont pas signés),

        • La croyance au « subtil » qui est la chose cachée, qui n'est ni visible, ni invisible juste voilée,

        • L’analogie (et les correspondances), ce qui serait pour nous « le symbole »,

        • Le nombre (n'avons-nous pas des « nombres » … dès notre plus jeune âge ?),

        • Les sciences et arts occultes, (long débat que je n’engagerai pas ici …),

        • Et bien sûr l'initiation.

           

          La franc-maçonnerie posséderait, ainsi, tout ce qu'il faut pour être un ésotérisme à part entière.

          La difficulté de l'analyse de la franc-maçonnerie en tant que société initiatique est qu'elle est aussi une structure sociale, composée d'individus, qui ne sont pas nécessairement dans une démarche ésotérique et initiatique dont on détermine d'ailleurs mal les éléments, faute d'analyse de ceux-ci et un certain refus d'y voir, effectivement, cette dimension ésotérique.

           

          On peut, effectivement, considérer que la franc-maçonnerie est un catalogue d'ésotérismes plus anciens. Or, elle est « spéculative » non pas au sens profane du terme, mais au sens ésotérique. Pour exemple, l'alchimie peut être opérative (avoir un laboratoire et faire des expériences) ou spéculative (d'utiliser les textes et grands principes alchimistes pour construire une réflexion/médiation).

Refus de doctrine. Ésotérisme de surface. Ésotérisme de profondeur.

 

« On retrouve cette idée que l'ésotérisme n'est pas une doctrine : il est moins la doctrine des analogies que la réalisation des concordances. L'ésotérisme ne semble prendre signification que dans la perspective ou derrière la quête de connaissance on découvre une homologie en œuvre. […] L'ésotérisme de surface est l'analogie ; l'ésotérisme de profondeur, c'est la syntonie. » (In « l'Esotérisme » de Pierre A. Riffard).

 

L'absence de doctrine est la base de l'initiation et de toute société initiatique. Ce n'est pas, pour moi, de discuter si une doctrine est bonne ou mauvaise, juste ou fausse, inoffensive ou dangereuse. Peu importe leur fond, l'initiation et l'ésotérisme ne peuvent en supporter aucune même si elles peuvent les utiliser toutes.

 

Un exemple tout simple (ou presque). Les athées (dont je suis) considèrent que la science expliquera tout, tôt ou tard, faisant reculer la religion à des confins obscurs et oubliés de l'humanité. Aujourd'hui, la science – même si on ne peut réfuter ses avancées dans tous les domaines – n'explique pas tout. On constate qu'il y a entre l'élément scientifique une grande part d'hypothèses basée sur des croyances. Les médecins considéraient jusque fin des années 1970 que les nourrissons ne connaissaient pas la souffrance. Selon eux, leurs systèmes nerveux signalant la douleur n'étaient pas terminés et, de toute manière, ils n'avaient ni conscience, ni souvenir d'une opération à vif. Ainsi, on opérait des nourrissons sans anesthésie les laissant hurler sur les tables d'opérations en les attachant soigneusement. Ils n'étaient pas traités non plus pour juguler les douleurs …. C'est seulement à partir des années 80 qu'il a été observé que les nourrissons traités contre la douleur guérissaient mieux que les autres. Bien évidemment, l'hypothèse qui estimait qu'un bébé ne pouvait pas ressentir la souffrance physique est basée sur une perception sociale du bébé comme étant un non-être, un être indéfini …. Un humain « en devenir », donc pas encore humain. Il n'y avait aucune preuve scientifique qui laissait penser que le système nerveux à la naissance n'était pas « complet » ou « terminé ». Il s'agissait, tout au plus, d'une hypothèse médicale.

Ceci pour expliquer qu'il y a nécessité de relativiser la science en tant que modèle de pensée ou de société – voir même que la science repose à la fois sur des doctrines, des croyances établissant des hypothèses scientifiques. Ainsi, lorsqu’un athée estime de son côté que la science peut tout expliquer – la question n'est pas que ce soit vrai ou faux – la question est que cela n'est pas le cas, qu'en sus la science repose aussi sur un système de croyance, et que donc, l'athéisme – s'il engendre un scientiste – est aussi basé sur une doctrine.

Cela soulève aussi une deuxième particularité qui apparaît dans la construction de la pensée ésotérique, que j'expliquerais plus avant : il n'existe pas de modèle de pensée supérieur à un autre.

 

Pour en revenir à la définition de Riffard, deux « pratiques » ésotériques, qui ramenées à la franc-maçonnerie, peuvent se traduire ainsi :

  • L'ésotérisme de surface est le symbolisme – l'étude symbolique puisque se contentant de décrire, réfléchir sur les symboles – souvent d'ailleurs en les prenant un derrière l'autre de manière isolée. Cet « ésotérisme de surface » fut remis à l'ordre du jour par Oswald Wirth au début du 20ème siècle au sein de la très sociétale Grande Loge Symbolique Écossaise dont il était membre.
  • L'ésotérisme de profondeur consiste à entrer en harmonie avec l'univers, d'être en fusion avec ce dernier. Comme le mot « syntonie » est un mot aujourd'hui utilisé pour le son, je peux ajouter à cette brève définition « être sur la même longueur d'onde » que l'univers.

Le lecteur et la lectrice pourront se dire que la promesse de l'initiation est bien maigre se trouvant tout autant dans une religion ou une philosophie, voir un mode de vie quelconque. De nos jours, le web permet de combler n'importe qui. Il propose autant de tests, de méthodes en 5 points, pour « entrer en accord avec l'univers ». Or, toutes ses offres sont basées sur des doctrines.

 

Si la définition de Riffard est séduisante, je préfère, quant à moi, parler d'état : l'état symbolique conduit à un autre état d'entente et d'accord avec l'univers – à défaut d'obtenir un autre état : celui de compréhension complète de ce dernier comme son origine et sa finalité.

Ainsi, si on compte bien, il y aurait deux façons d'être « ésotériques » et de concevoir l'initiation en franc-maçonnerie. Il existe peut-être une troisième.

 

Les revendications de francs-maçons sont connues : un retour à une démarche spirituelle, plus de symbolisme, plus de sociétal, plus de modernité ou plus de tradition, ou encore moins de ceci ou de cela.... Or, quoique puissent être ces revendications, rien n'interdit à un frère ou une sœur de suivre la démarche qu'il ou elle souhaite puisqu'elle demeure de l'ordre de l'intime et du personnel.

Au pire des cas, c'est une typologie de planches qui peut être interdite … et encore !

La totalité de ces revendications sont doctrinales. Il ne s'agit pas, au travers d'elles, de constater une impossibilité pour soi de mener une démarche spécifique mais de vouloir en imposer une (la sienne) à tous et toutes.

Jamais d'ailleurs, il n'est réclamé ou souhaité plus d'ésotérisme en franc-maçonnerie. En franc-maçonnerie libérale et adogmatique, le mot est tabou depuis que la commission parlementaire anti-secte de 1995 a fait une liste de soi-disant sectes y mentionnant l'AMORC. L'injustice faite à l'AMORC a été reconnue. La justice française comme d'ailleurs les gouvernements successifs ont reconnu que toute insinuations dans ce sens au sujet de l'AMORC est diffamante et mensongère. Cela n'empêche pas une catégorie de francs-maçons – dits « laïques » - d'accuser tous les francs-maçons désireux de donner à la franc-maçonnerie un caractère ésotérique d'être traités de « sectaires » !

La démarche maçonnique de ces maçons s'arrête au mieux à un « ésotérisme de surface ». Le mot « ésotérisme » est mal compris – d'ailleurs jamais prononcé – préférant une terminologie plus politiquement correcte qui a le défaut aussi de neutraliser le caractère ésotérique et toute réflexion sur le sujet.

Or, pourtant – quoique l'on puisse penser du mot lui-même – l'ésotérisme en franc-maçonnerie et une réflexion à ce sujet, à défaut d'une pratique, permettrait de réunir ce qui semble s'opposer sinon de réconcilier. On ne peut, en effet, prétendre d'un côté que ce qui différencie la franc-maçonnerie d'une association lambda est l'initiation et rejeter de l'autre ce qui constitue l'initiatique. On ne peut, non plus, postuler pour une franc-maçonnerie adogmatique en voulant imposer un caractère sociétal, spirituel, symbolique … et en déplorant soit une perte de tradition, soit un retour à celle-ci, sans jamais envisager que la franc-maçonnerie, si elle est ésotérique, n'en a cure. La difficulté d'une telle approche tient au système de pensée lui-même.

 

La discipline des arcanes.

 

La pensée ésotérique – sa construction – ne peut pas être séparée de l'ésotérisme lui-même dont une des caractéristiques est le « secret », appelé par Riffard la discipline de l'arcane et dans un langage commun, la culture du secret. Or, pour parler de secret, avoir une culture du secret, il faut encore en avoir un – de secret -. Les francs-maçons ne cessent de dire « qu'il n'y en a pas ».

 

Il y a, en fait, une erreur de fond. On ne devient pas « initié » suite à une cérémonie disponible à tous depuis l'invention de l'imprimerie. On travaille à le devenir. Ce n'est pas un secret qu'il faut cacher – qui au demeurant ne l'est pas – mais un secret qu'il faut découvrir. Ce n'est pas un sacré qu'il faut préserver, mais un sacré qu'il faut construire. Ceci ne dit pas – et je me garderais bien de le faire – ce qui est à trouver, à construire et à devenir. J'oserais dire que c'est cela « le secret » - pas un secret collectif transmis un jour pluvieux – mais un secret appartenant à l'intime. Chaque cherchant a sa propre quête.

L'initié a un job : celui de découvrir le secret. Ce secret, une fois découvert, ne doit pas être gardé et préservé pour les autres initiés, mais divulgué à toute l'humanité. En effet, on ne peut imaginer que des individus puissent posséder une connaissance sans la partager avec d'autres. Cela consiste à imaginer que si demain une découverte scientifique importante était faite, elle serait gardée, inutilisée, au fond d'un carton. Son découvreur resterait un inconnu. L'humanité n'en bénéficierait pas. Les autres chercheurs ne pourraient pas, eux, à leur tour, l'utiliser pour compléter les recherches.

« Malheur à moi si je révèle ces Mystères, et malheur à moi si je ne les révèle pas ! » (Rabbi Siméon bar Yohai) résume assez bien cette ambiguïté.

 

L'initié avait la même perception de sa mission que le scientifique d'aujourd'hui. Une attitude, en somme, tout à fait normale. Ce qui ne l'est pas est, donc, de cacher le « secret », la découverte, voire même les travaux menés. Or, le problème est que ces travaux ou ces découvertes ont été souvent ridiculisés, incompris … Les ésotéristes ont été taxés d'hérétiques, emprisonnés, excommuniés – on connaît le sort réservé au célèbre Giordano Bruno – et se protéger a été une nécessité.

Les systèmes d'occultation sont si nombreux qu'il me paraît ici fastidieux de les lister tous. L'un d'entre eux fut usité par les alchimistes qui consistaient à truffer leurs (précieux) traités sous une forme syntaxique particulière de fantaisies. Cela permettait, selon l'étude menée par Franck Greiner, de distinguer les maîtres de l'art des profanes – ces derniers ayant tendance à avaler n'importe quoi – Or, pour aller plus loin, l'une des techniques d'occultation est d'utiliser la ruse, par exemple le jeu (comme par exemple le jeu de l'oie), ou encore de se marginaliser en cachant sa vocation première en se faisant passer pour un groupe d'anarchiste, des usuriers, des libertins, … ou en ridiculisant leur œuvre, en les transformant en récit de type épopée, (on connaît le succès ésotérique des romans arthuriens) ou encore en mythe fabuleux), etc. Ces ruses permettaient d'écarter le profane, tout comme en l'impliquant dans la quête. Ce n'était pas le « secret » qui est caché – puisqu'il est dit d'une manière ou d'une autre – mais l'ésotérisme lui-même, le cœur ésotérique …

 

Des historiens se sont penchés et se penchent encore pour nous restituer les rituels « originaux ». Philippe Michel dans « Genèse du Rite Ecossais Ancien & Accepté » présente un travail approfondi dans ce sens. Ce livre montre que les souhaits de renouer avec la « pureté du rite » de certains les obligeraient à des modifications si profondes de l'esprit d'aujourd'hui que cela en est ridicule. Par exemple, les tenues dans Jakin & Boaz (1760) se tenaient autour d'une table. Brièvement, on peut citer la disparition des diacres, du frère terrible, de la « sellette de réflexion », des places des surveillants, des inversions de J&B, …. et des apparitions et disparitions successives de la triple acclamation Houzzé (ou Houzza) et de la bible (disparue en 1829 … si, si!) , comme la couleur des tabliers … ceci sans même entrer dans le détail des textes des rituels eux-mêmes.

 

Comment estimer que le « cœur ésotérique » peut (encore) exister dans des rituels maintes fois remaniés ? Ils peuvent, en effet, avoir été modifiés (et l'être encore) par ceux qui sont censés en être « écartés » (si toutefois on admet son existence). En effet, en reprenant les systèmes d'occultation, ce qui paraissait ridicule, imbécile ou même fou était peut-être ce qu'il fallait préserver. Question à laquelle je n'ai pas de réponse mais qui montre que les débats d'aujourd'hui au sein des convents, dont la plupart n'ont pas le temps matériel de travailler sur ces modifications, en sus de ne pas posséder une culture suffisante sur l'histoire de leur rituel, confinent à la bêtise. De même vouloir revenir à une prétendue « pureté du rite » consiste à oublier autant ces modifications comme l'origine de la franc-maçonnerie, que ces mêmes historiens remettent en cause (lire à ce sujet « l'invention de la franc-maçonnerie » de Roger Dachez) – qui tient au mieux de l'hypothèse pour ne pas dire du mythe.

 

Le secret n'est, donc, pas une cachotterie qui, dans ce sens, se résume à un énoncé factuel et logique compréhensible par tous. Les secrets de l'armée, de la mafia ou d'un état, ne sont que des cachotteries qui ne peuvent être comparables et comparées à l'ésotérisme. Si c'est comparable, c'est que, dans le fond, il ne s'agit pas d'un ésotérisme mais d'un exotérisme.

Le secret est un état naturel – il est secret parce que pas découvert, connu de personne – alors que la cachotterie, en sus d'être factuelle et facilement énoncée, n'est pas secrète parce qu'elle est connue de quelques- uns. Par ailleurs, le secret chez l'ésotériste n'est compréhensible que par lui – peu importe la forme qu'on lui donne, ses divulgations ou ses occultations. Or, les secrets militaires ou d'un état le sont de tous sans nécessité l'analyse d'une épopée ou d'un symbole.

Pour faire une analogie, le secret est autant ce qui est dans la boîte que la boîte elle-même, le fond comme la forme, le contenant et le contenu. Ce qui est visible est l'invisible.

 

En franc-maçonnerie, il est évident que cela s'est complètement perdu. Le secret est devenu une cachotterie, empruntée et ridicule, associée à tout et n'importe quoi, faisant encore recette. Il peut être le budget d'une obédience comme une circulaire d'un grand maître sur l'organisation des agapes ! En effet pour avoir un secret – donc quelque chose à cacher – il faut, à la base, avoir découvert quelque chose.

La pensée ésotérique.

 

Or, l'initié ne découvre rien. Nous dit-on.

Du moins, est-ce nous pouvons en être certains ? Ce n'est pas parce que nous – francs-maçons du 21ème siècle – ne sommes pas capables de sortir une seule idée nouvelle que ce fut toujours le cas ! L'alchimie a donné naissance à la chimie moderne. Entre quelques errements, il y a eu certainement de la part des alchimistes – qui considéraient que la chimie était une partie de leur science – quelques découvertes notables et suffisantes. De même, c'est encore Paracelse, un ésotériste à part entière, qui a modernisé la médecine. Si aujourd'hui Newton est classé parmi les savants – au sens moderne du terme – n'était-il pas plus un ésotériste ? Il fut alchimiste, l'ayant étudié durant 30 années, et ayant même constitué un réseau d'alchimistes …. Son secrétaire n'était-il pas Desaguliers ? Et n'était-il pas lui aussi franc-maçon ? Bien évidemment, à part quelques historiens des sciences qui ont l'ouverture d'esprit nécessaire, ces apports de l'ésotérisme aux sciences modernes sont souvent occultés (ou décriés) faisant tout au plus office de récits fantaisistes.

Néanmoins, c'est suffisant pour relativiser le « rien trouvé » sur le front irrationnel de l'ésotérisme.

 

La divulgation constante et minutieuse des secrets (ou éléments du grand secret) a des fins strictement politiques : ils permettaient d'enseigner une connaissance, considérée comme aboutie, ou ayant un certain niveau d'aboutissement, aux non-initiés, c'est-à-dire aux profanes. Ces profanes devenant de facto les initiés, puisque possédant ainsi une connaissance commune avec les premiers initiés. Tant et si bien que l'initié d'hier est le profane d'aujourd'hui.

« L'amélioration de l'humanité » est, bien évidemment, la clef comme l'objectif de tout ésotérisme qui se respecte. Il faut, d'ailleurs, entendre, par-là, autant l'amélioration de l'humanité que celle de l'être humain. Que cette amélioration soit morale, sociale, physique, spirituelle, … peu importe, il y en a pour tous les goûts et les dispositions de chacun.

De même, plusieurs ésotérismes envisagent un « Homme parfait », comme le soufisme, le taoïsme …

C'est dans le pseudonyme de notre frère Fidèle d'Amour que je trouve l'exemple de ce qui peut être le « tout » ou « tout autre chose » que la logique, voir même la raison – qui constitue les éléments de la pensée ésotérique. Les Fidèles d'Amour étaient une société initiatique dont le plus célèbre membre serait Dante et dont le maître à penser était Guido Calvacanti (poète italien).

 

« Ainsi les symboles de l'amour pur, de l'amour divin, devinrent les symboles - d'une doctrine secrète, RELIGIEUSE et politique. Les mots prirent des acceptions nouvelles, obscures pour le vulgaire, connues des seuls adeptes. Ou n'en saurait douter en lisant les poètes gibelins de l'époque de Dante. Sous des formes convenues, mystérieuses, ces fidèles d'Amour, ainsi qu'ils se nommaient entre eux, se communiquaient leurs pensées, leurs espérances, leurs craintes, en concourant, à divers degrés, au développement de la vaste conspiration formée au moyen âge contre la Rome papale et qui aboutit à la Réforme du XVIe siècle. Les lettres de Pétrarque, ses églogues et celles de Boccace

ne laissent sur ce point aucune incertitude. Quelle que fût d'abord la multiplicité des doctrines et des associations différentes, le même esprit éclate partout avec les mêmes précautions de langage. Les figures de l'Apocalypse, les fictions païennes fournissent tour à tour des images sur le sens lesquelles aucun initié ne se méprenait. Le pape est l'antique serpent, etc. » explique un certain Lamennais (je présume qu'il s'agit de Robert de Lamennais, homme d'église et politique) repris par Eugène Aroux (en 1856) dans une traduction des œuvres de Dante en trois volumes… travail qui fut félicité par Guénon.

Les Fidèles d'Amour seraient le trait d'union entre l'Orient et l'Occident. Société de gens de lettres, dont on n'a pas vraiment la preuve de l'existence, on estime que s'y trouveraient : Marcile Ficin (traducteur de Platon), Pétrarque, Marguerite de Navarre et Paracelse …. On arrêtera là la liste des membres (supposés). Comme on en manquerait, les Fidèles d'Amour seraient aussi les héritiers des Templiers.

L'initiation se faisait en deux temps : 1) tomber amoureux – 2) se faire rejeter. Le mieux – pour que l'initiation soit complète – est que la jeune femme décède prématurément et brutalement (les longues maladies manquent de poésie) afin de sceller définitivement le chagrin d'amour. L'initié est, bien sûr, poète et, tout au moins, exprime son chagrin d'amour transfiguré et transcendant (forcément).

 

Le chagrin d'amour devient une expérience mystique où la bien-aimée devient un idéal – et dans le cas des chrétiens – un idéal marial. Bref, si de nos jours on soigne volontiers les chagrins d'amour à coup d'antidépresseurs, ils sont – pour cet ésotérisme particulier – à l'origine de l'initiation voir même constitue sa démarche.

Certes, cela ne donne guère envie. Cependant, ceci montre que ce qui constitue une pensée ésotérique est autant une expérience de vie qu'un sentiment heureux ou malheureux – qui, fort heureusement, n'a nul besoin d'être transcendé pour être transformé. Le second point auquel je tiens personnellement tout particulièrement est que les Fidèles d'Amour n'étaient pas des scientifiques, des savants, mais des artistes – dans notre jargon des « créatifs » - qui n'utilisaient pas un savoir encyclopédique mais une relation à l'autre, une perception du monde, de leur place dans ce monde, pour créer une pensée.

 

Une des manies des ésotéristes est de trouver ésotérique un peu tout et n'importe quoi. Du conte de fée à la simple image d'un parapluie abandonné sur la chaussée, tout est occasion d'une réflexion. C'est le fameux « tout est symbole », véritable leitmotiv, pris au pied de la lettre. Non pas que tout est symbole (quoique), mais tout peut être utilisé pour enrichir sa pensée. L'ésotérisme est irrationnel. C'est à la fois sa force et ce qui lui est reproché. Non pas qu'un ésotériste refuse la logique, la raison, mais ne considère pas que cela soit suffisant. L'ésotérisme recycle autant une intuition, un sentiment, une expérience, un souvenir, un rêve... ce qui est en haut est ce qui est en bas, et ce qui est visible est l'invisible, l'ineffable est le plus commun … du moment que ce tout soit porteur d'une idée, d'une étincelle, de quelque chose. De quoi rendre chèvre n'importe quel être attaché à la raison et au monde du rationnel.

Conclusion (ou presque)

 

Pourquoi cela peut réconcilier les tenants d'un « sociétal » ou d'un « spirituel » ? Tout simplement, parce que l'idée – le résultat – peut être n'importe quoi. L'ésotériste sait quand il commence, mais pas comment il termine sa pensée, où cela va le conduire. Du coup, déterminer que cela sera « philosophique » ou « spirituel », c'est un peu gâter la surprise – gâcher son plaisir – C'est une conception difficile à comprendre à l'heure où tout doit être maîtrisé et rien laissé au hasard – où tout doit être productif, avoir un objectif bien défini et ne pas se laisser encombrer par des détails. La pensée ésotérique est justement n'avoir pas de but, ne pas se vouloir productive, et de s'encombrer de détail.

Certaine loge fixe un temps limité à une planche symbolique (10 mn) prétextant que cela permet d'aller « à l'essentiel ». Comment peut-on imaginer qu'en 10 mn on puisse dépasser le stade de « l'ésotérisme de surface », utiliser tout ce qui est à notre portée et prétendre apporter « du nouveau » ? Comment un apprenti peut apprécier l'exercice le chrono en main et se devant de liquider les ¾ de sa pensée ? Pourquoi ne pas imposer un nombre de mots comme pour un article de journal profane pendant que nous y sommes ? Ces loges n'initient pas, elles se contentent de faire ânonner ce qui a déjà été entendu 10 000 fois auparavant.

Limiter la pensée est criminel. Que ce soit en limitant les sujets, en limitant son expression par une durée, en définissant des règles les plus absurdes les unes que les autres la censurant, pour n'importe quel initié – qui a un peu de dignité – ceci doit être combattu. L'initiation n'est pas se limiter à un pré-carré confortable, c'est aussi prendre des risques.

Si la franc-maçonnerie est en crise, c'est bien parce qu'elle a traité l'ésotériste comme un ennemi. Celui qui apportait confusion, avec son odeur de soufre, sa rébellion perpétuelle, sa quête insensée de bonheur, son besoin d'aller jusqu'au bout de ses idées, son goût pour la contradiction …

Et si, vous vous reconnaissez dans ce portrait, je vous souhaite la bienvenue.

 

Lilithement vôtre,

 

Sources :

Pierre A. Riffard, L'ésotérisme – éditions Robert Laffont, Collection « Bouquins »

 

Greiner Frank. Écriture et ésotérisme dans un traité alchimique de la fin de la Renaissance : Le De Alchemiae difficultatibus de Theobald de Hoghelande. In: Bulletin de l'Association d'étude sur l'humanisme, la réforme et la renaissance, n°38, 1994. pp. 45-71; doi : 10.3406/rhren.1994.1962

http://www.persee.fr/doc/rhren_0181-6799_1994_num_38_1_1962

 

Joly Bernard, « À propos d'une prétendue distinction entre la chimie et l'alchimie au xviie siècle : Questions d'histoire et de méthode », Revue d'histoire des sciences, 1/2007 (Tome 60), p. 167-184.
URL: http://www.cairn.info/revue-d-histoire-des-sciences-2007-1-page-167.htm
DOI : 10.3917/rhs.601.0167

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 08:24

Les Frères de la Province sont venus nombreux, et même ceux de la province voisine de la Vallée du Rhône, à Arbent, dans la salle de notre frère Jawad, afin d’assister à la conférence du T.R.F. Jean Pierre Rol., Député Grand Maître et Grand Chancelier de la Grande Loge Nationale Française, qui avait pour thème « la Maçonnerie en Europe ».

 

Avec l'aide des frères de la R.’.L.’, Saint Léger, supervisés par nos Frères Michel Ver. et Claude MUC., la salle était prête, le café et les viennoiseries aussi. Les frères se sont retrouvés avec plaisir, la tasse à la main, échangeant à bâtons rompus.

 

Notre T.’..R.’.G.’.M.’.P.’. Jean Paul Moachon avait proposé au T.’.R.’.F.’. Jean Pierre Rol. afin qu’il vienne développer ce sujet devant les Frères de la Province, et donc, celui-ci a répondu favorablement.

C’est dans une atmosphère de fraternité et de convivialité que s’est déroulée cette conférence d’une très grande qualité.

 

En deux heures, qui passèrent comme quelques minute, le T.’.R.’.F.’.. Jean-Pierre Rol. précisa les notions de régularité et de reconnaissance qui sont souvent des notions assez floues pour beaucoup de frères, avant de leur faire découvrir ou redécouvrir les aspects du paysage maçonnique européen, ainsi que les interactions entre GG.’.LL.’..

 

Nous avons pu apprécier l’éloquence et la qualité d’orateur du T.’.R.’.F.’. Jean Pierre Rol. mais surtout la méthodologie avec laquelle il a disséqué les différentes périodes de notre évolution, accompagnée d’anecdotes et de dates clé quant à la situation géographique et européenne de notre Institution.

 

Avant la deuxième partie de la journée ou le T.’.R.’.F.’. Jean Pierre Rol. s’est volontiers soumis aux questions des Frères évoquant entre autres les différents sujets d’actualité, un buffet de qualité est venu agrémenter cette belle manifestation.

 

Vers 15h00, tous se séparèrent heureux d'avoir passé une belle journée de fraternité et de transmission, qui restera pour beaucoup de nos Frères présents un RDV qu’il ne fallait pas manquer.

 

Les Frères présents unanimes adressent un grand Merci à la R.’.L.’. St- Leger !

 

JP-P.

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 08:19

Les Frères de la Province sont venus nombreux, et même ceux de la province voisine de la Vallée du Rhône, à Arbent, dans la salle de notre frère Jawad, afin d’assister à la conférence du T.R.F. Jean Pierre ROL., Député Grand Maître et Grand Chancelier de la Grande Loge Nationale Française, qui avait pour thème « la Maçonnerie en Europe ».

 

Avec l'aide des frères de la R.’.L.’, Saint Léger, supervisés par nos Frères Michel Ver. et Claude MUC., la salle était prête, le café et les viennoiseries aussi. Les frères se sont retrouvés avec plaisir, la tasse à la main, échangeant à bâtons rompus.

 

Notre T.’..R.’.G.’.M.’.P.’. Jean Paul Moachon avait proposé au T.’.R.’.F.’. Jean Pierre Rol. afin qu’il vienne développer ce sujet devant les Frères de la Province, et donc, celui-ci a répondu favorablement.

C’est dans une atmosphère de fraternité et de convivialité que s’est déroulée cette conférence d’une très grande qualité.

 

En deux heures, qui passèrent comme quelques minute, le T.’.R.’.F.’.. Jean-Pierre Rol. précisa les notions de régularité et de reconnaissance qui sont souvent des notions assez floues pour beaucoup de frères, avant de leur faire découvrir ou redécouvrir les aspects du paysage maçonnique européen, ainsi que les interactions entre GG.’.LL.’..

 

Nous avons pu apprécier l’éloquence et la qualité d’orateur du T.’.R.’.F.’. Jean Pierre Rol. mais surtout la méthodologie avec laquelle il a disséqué les différentes périodes de notre évolution, accompagnée d’anecdotes et de dates clé quant à la situation géographique et européenne de notre Institution.

 

Avant la deuxième partie de la journée ou le T.’.R.’.F.’. Jean Pierre Rol. s’est volontiers soumis aux questions des Frères évoquant entre autres les différents sujets d’actualité, un buffet de qualité est venu agrémenter cette belle manifestation.

 

Vers 15h00, tous se séparèrent heureux d'avoir passé une belle journée de fraternité et de transmission, qui restera pour beaucoup de nos Frères présents un RDV qu’il ne fallait pas manquer.

 

Les Frères présents unanimes adressent un grand Merci à la R.’.L.’. St- Leger !

 

JP-P.

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 08:01
(Photo Les Influenceurs)

(Photo Les Influenceurs)

L’agression dont a été victime Christophe Habbas, le Grand Maître du Grand Orient de France pouvant être qualifiée à la fois d’antisémite et d’antimaçonnique, a été rapporté par de nombreux blogs appartenant à la « blogosphère maçonnique », certains d’entre eux agissant d’ailleurs comme s’ils étaient les propriétaires de l’information, alors que le Myosotis du Dauphiné-Savoie a été le premier à l’annoncer dans ce registre.

Un blog se détache nettement et mène une réflexion sur le sujet. Il s’agit – une fois de plus – du blog de la Maçonne, et je vous engage vivement à lire son édito « Antisémitisme ou anti-maçonisme ».

Toutefois, il manque un sujet à l’analyse : quid des maçons antisémites ?

« ANTISEMITISME OU ANTI-MACONNISME ? »
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Présentation

  • : Le Myosotis du Dauphiné Savoie - Le Blog de Fidèle d'Amour -
  • : Tribune créée dans un premier temps pour restaurer les valeurs éthiques et morales de la Franc-maçonnerie de Tradition dans la GLNF. Désormais, ayant contribué au succès de cet objectif, elle se consacre à la défense de ceux-ci, à la défense de la GLNF contre des attaques extérieures, et à promouvoir une vision de la Franc-maçonnerie régulière. Par ailleurs, seront présentés des articles reflétant mon étude, mes lectures, mes engagements, et mes sympathies.
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Référence et remerciements:

 

Par arrêt en date du 20 mai 2015, la cour d’appel de Paris a confirmé le jugement rendu le 6 mai 2014 par la chambre de la presse du tribunal de grande instance qui m'a déclaré coupable de diffamation publique envers François Stifani et Sébastien Dulac, à raison de la diffusion d’un message diffusé le 22 septembre 2010 sur le blog le myosotis-dauphine.savoie.over-blog.com. Je considère cet évènement comme l'attribution d'une Légion d'Honneur.

Merci aux soeurs et frères très nombreux qui m'ont soutenu dans ce combat de cinq années dont je m'honore, et dont je ne regrette rien.

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